04 septembre 2009
Le traitement éditorial de la page d'accueil
Vitrine de l'entreprise, carrefour de l'information, la page d'accueil web est la page de tous les scans. Sa conception représente souvent un exercice délicat et monopolise toutes les compétences web. Alors, comment optimiser l'ergonomie éditoriale sur sa page d'accueil Internet ?
Le règne des moteurs de recherche et la montée en flèche des flux RSS ont certes diminué la toute-puissance de la page d'accueil. Muriel Vandermeulen a d'ailleurs écrit un article très intéressant sur ce sujet l'année dernière Le grand déclin de la home page. Mais dans la majorité des cas, la home page reste quand même la page la plus visitée d'un site web. C'est le hall d'entrée, l'endroit où l'on revient lorsque l'on s'est perdu dans les couloirs vituels.
Alors comment travailler l'ergonomie éditoriale d'une page d'accueil web ? Voici quelques retours d'expérience (que j'espère compléter avec votre aide).
1- "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement" : ayez les idées claires.
La page d'accueil est LA page de scan par excellence. Les internautes ne prendront pas le temps de lire tous les contenus. En un seul coup d'oeil, ils doivent saisir :
> ce que propose le site Internet
> la navigation
> les informations les plus intéressantes pour eux
et tout cela de préférence "above the fold" c'est à dire sans voir besoin de scroller.
Avant de mettre les mains dans le cambouis HP, vous devez donc connaître :
> les objectifs prioritaires de votre site
> les informations/killer applications que viennent chercher vos internautes
> vos objectifs de positionnement en terme de référencement
Ecrivez tout cela dans un document fondateur, un cahier des charges.
2- Une architecture d'information bien pensée = un contenu bien organisé, aussi bien en terme de navigation qu'en terme de mise en avant de l'information. De nombreux spécialistes de l'écrit web comme Jean-Marc Hardy se sont spécialisés sur ce créneau, lire son article Architecture d'information, 10 erreurs fréquentes. Mais un rédacteur web ne sera pas forcément le plus expérimenté pour réaliser cet exercice délicat. Les ergonomes web me semblent les plus compétents dans ce domaine, avec des techniques éprouvées comme le card sorting, par exemple.
3- Les intitulés de la navigation doivent être clairs comme de l'eau de roche
Une fois que l'architecture de l'information semble fonctionner (ça à l'air tellement simple, écrit comme ça ;-), le rédacteur web va devoir travailler les intitulés de la navigation pour les rendre compréhensibles. Ce travail peut se faire après la conception de la page d'accueil ou avant, au moment de l'organisation des contenus.
Je penche pour la deuxième option, car un problème de wording révèle souvent un problème d'organisation ou une stratégie peu claire. Pour ne pas avoir à trancher entre 2 options ou 2 positionnements, l'entreprise a créé une rubrique "fourre-tout" impossible à nommer. C'est mieux de repérer ce genre de problème en amont.
Règles pour la rédaction des intitulés :
> être explicite
> faire court
> respecter les standards du web
Oubliez les envolées lyriques dans la navigation (pas la peine de chercher un nom original pour "Accueil", tout le monde comprend ce terme). Si vous souhaitez vous démarquer, vous pourrez personnaliser votre wording ailleurs sur votre site Internet (bouton d'action, textes, emails de bienvenue). Si vous souhaitez surprendre vos internautes, vous pouvez opter pour l'originalité. Soyez prévenus : vous risquez de perdre l'utilisateur en route.
Et TESTEZ, TESTEZ, TESTEZ vos intitulés. Vous serez souvent surpris des résultats... Pour une recette de test utilisateurs > ergolab.
Référencement et intitulés de la navigation : d'après Olivier Andrieu, les moteurs ne prennent pas en compte ces intitulés pour le référencement. Si vous souhaitez vous positionner haut de gamme par exemple, mais apparaître sur des mots-clés plus basiques, réservez les mots-clés basiques pour le corps du texte et utilisez les mots haut de gamme dans la navigation.
4- Respectez les standards du web pour l'emplacement des contenus.
Là encore, les ergonomes possèdent une forte expertise dans l'organisation des contenus sur la page d'accueil. Si vous souhaitez le faire vous-même, je vous conseille de lire cet excellent dossier d'Ergolab Ergonomie de la page d'accueil, ou d'acheter le livre de Jacob Nielsen L'art de la page d'accueil. Le designer web pourra également apporter une expertise précieuse dans ce domaine.
Pour vous aider, vous pouvez suivre les conseils d'ergolab :

5- Positionnement du site, privilégiez une communication concrète.
Evitez le blabla web, exprimez le positionnement du site dans un langage clair, non conceptuel, non commercial. Le langage publicitaire du style "Les champions de la performance brillent même lorsque tout est sombre", certainement efficace dans un autre contexte, ne sert à rien sur une page d'accueil web. C'est du bruit informationnel. Cela ne permet pas aux internautes de comprendre simplement ce que propose le site et ce à quoi il va leur servir. Conseils commentaires Remy IZcollect : rédiger en terme de bénéfice client.
6- Mise en avant de l'information : choi-sis-sez !
C'est ici que la compétence éditoriale prend toute son importance, dans le choix de l'information et la manière de l'aborder. C'est là que vous devez sortir votre machette et couper toutes les informations qui ne sont pas indispensables pour votre site et vos utilisateurs. De votre capacité à sélectionner les informations essentielles et à les mettre en valeur dépendra la compréhension des internautes.
> Faites une Charte éditoriale web avant de commencer, avec une ligne éditoriale claire.
> Ne gardez que le killer contenu, les informations utiles et les actualités de premier choix.
> Travaillez l'angle éditorial.
> Révisez les classiques Ecriture scan, mode d'emploi.
TESTEZ, TESTEZ, TESTEZ !!
7- Rédaction de la page d'accueil et référencement : en ce qui me concerne, je penche pour une page d'accueil plutôt épurée en terme de textes afin de privilégier l'ergonomie et la stratégie de communication. Le contenu pourra être développé sur d'autres pages bien mises en valeur. Sur ce point, j'aimerais avoir le point de vue des référenceurs car je n'ai pas encore trouvé de conseils sur ce thème (même pas dans le livre d'Isabelle Canivet, pourtant très dense).
Vos conseils pour optimiser la HP :
Sylvain d'Axe-net conseille d'optimiser quelques encarts de texte pour le référencement. Ces encarts seront classés par thématiques principales du site et signalés par des titres balisés H pour le référencement. Multiplier les liens vers des pages plus profondes dans ces encarts permettra d'appuyer sémantiquement leur valeur. Cela renforcera le positionnement de la HP sur les mots clés stratégiques dans les moteurs de recherche.
Enfin autre conseil pertinent issu des commentaires :
Concevoir le haut de page plutôt calibré pour l'internaute et le moteur > contenu optimisé mais assez épuré.
Optimiser le bas
de page (dès qu'il faut scroller) essentiellement pour le moteur > plus fourni en contenu, mots clés stratégiques et liens.
Voilà, il y aurait encore bien d'autres choses à écrire mais j'ai peur que vous vous lassiez.
Evidemment, tout sera beaucoup plus complexe dans la réalité ;-)
Tous vos conseils et retours d'expérience sont les bienvenus !
A lire aussi
Ecriture scan : mode d'emploi
Benjamin Servet : "concevoir une navigation logique à l'utilisateur"
07 août 2009
Lorem ipsum dolor sit amet ?
... consectetuer adipiscing elit. Tout le monde connaît cette phrase incompréhensible utilisée par les graphistes pour signifier les zones de texte web, équivalent du non moins illustre bolo bolo. Mais exclure le sens d'un design web n'est-il pas contraire aux lois de l'ergonomie éditoriale ?
Ce morceau de phrase en latin, une langue morte utilisée uniquement par les professeurs d'Université, ressemble au français. Mais elle n'évoque plus rien à personne. C'est pourquoi les designers web l'utilisent sur leurs maquettes. Ainsi, le regard du client glisse sur ces zones de contenu sans les voir et reste focalisé sur l'aspect graphique.
Mais dans l'idéal ergonomique web, sens des mots et design ne devraient-il pas fonctionner ensemble ? D'après l'étude Eyetrack07, les internautes entrent dans une page web via le texte. Titres, accroche, liens : tous ces signes sémantiques permettent aux visiteurs de trouver leur chemin dans la page web. Sur un support comme un site Internet, où chaque mot compte, le design doit mettre en valeur l'information, s'adapter à sa forme. Comme le disait récemment Benjamin Servet, excellent designer français, expert en ergonomie web : "Je ne vais pas designer de la même manière un article de 6000 signes et un feuillet de 1500 signes."
Le sens des mots doit guider le graphisme web, comme le graphisme web doit inspirer et suggérer le sens. Comme l'indique Colleen Jones, spécialiste américaine du contenu web dans un article passionnant, The debut of usable, influential content : "Content is not a nice-to-have extra. Content is a star of the user experience show. Let’s make content shine."
D'expérience, je sais que les meilleurs graphismes web naissent d'une fructueuse association entre un rédacteur web et un DA. Certains designers comme Christopher Detzi plaident pour une association des designers et des concepteurs rédacteurs web dès la conception en amont, sur le modèle de la publicité. Lire à ce propos son excellent billet, longuement commenté : The Content Conundrum. Bridging the gap between design and content. D'autres plus rares, comme le designer Derek Powazek, cumulent les deux arts.
Parlant de sens des mots, savez-vous ce que veut dire cette fameuse phrase en latin ? A l'origine, elle aurait été écrite par Cicéron, grand auteur latin et homme d'état romain, né le 3 janvier 106 av. J.-C. en Italie. Ceux qui ont traîné sur les bancs des facs de Lettres s'en souviennent. Ce texte célébrissime mais incomplet, extrait de l'oeuvre "De Finibus Bonorum et Malorum (Liber Primus, 32)", signifierait: « Il n'existe personne qui aime la souffrance pour elle-même, ni qui la recherche ni qui la veuille pour ce qu'elle est... » Neque porro quisquam est qui dolorem ipsum quia dolor sit amet, consectetur, adipisci velit...
Aussi chers designers, abrégez les souffrances des rédacteurs web, évitez le lorem ipsum ;-)
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Jérémie Eskenazi :« L’internaute cherche un mot, une image, un lien qui lui montre qu’il est sur la bonne voie »
Textes web efficaces versus blabla
10 avril 2009
Ergonomie éditoriale : adapter le contenu web à l'usage.
Il faut écrire en "mode scan". Oui, mais que se passe t-il si mes internautes recherchent une information plus fouillée ? Ecrivez des titres explicites. Oui, mais si mes internautes aiment le style décalé-pas-explicite de mon blog, dois-je faire comme tout le monde ?
L'ergonomie web nous a apporté de merveilleux préceptes. Et le premier d'entre tous est celui-ci : mettez-vous dans la peau de vos utilisateurs web. Je lis régulièrement (toujours avec grand intérêt) les articles du gourou américain de l'ergonomie Jakob Nielsen. La plupart de ceux consacrés à la rédaction web disent en substance ceci : "les internautes ne lisent pas, svp épargnez leurs souffrances : rédigez court." Or malgré tout le respect que je dois à ce pionnier du genre, ces affirmations sont incomplètes, voire erronées si l'on en croit les études de comportement réalisées récemment.
L'étude Eyetrack menée par le Poynter Institute en 2007 montrait par exemple que les internautes lisent en profondeur sur les magazines en ligne, voire même plus longtemps que sur les magazines papier. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les key findings de l'Etude Eyetrack07.
D'autres études sérieuses ont été menées depuis, et notamment celle-ci en 2008 (doc pdf):"Search is now normal behaviour. What do we do about that ?", réalisée sur la manière dont les internautes recherchent l'information sur le site de l'UK OPEN University. Voici un extrait de cette excellente analyse (désolée pour ma traduction inexacte. Si quelqu'un connait une version française, n'hésitez pas), "How do visitors read the pages on the site ?" :
"L'analyse du site montre que le temps moyen de visite par page du site web dépasse la minute. Or, en comptant 3 clics pour accéder à une page de contenu et une estimation généreuse de 10 secondes pour chaque clic, cela donne 3 minutes 30 secondes passées en réalité sur le contenu web : loin d'un schéma de lecture "skim and scan".
Cela correspond aux observations réalisées lors de nos tests utilisateurs. Quand les visiteurs arrivent sur les pages de contenu d'un site, il s'arrêtent et lisent intensément.
Ce que l'on peut conclure, c'est que sur ce site Internet au moins, les gens lisent. Nous avons souvent entendu dire que les gens scannaient et cherchaient leur chemin à travers les pages web. Et nous avons observé ce comportement sur ce site web aussi. Mais seulement sur certaines pages : celles que Ginny Redish décrirait comme "scan, select, and move on."
Cela nous a aidé à décider que les longues pages étaient une solution appropriée pour des informations de type description d'un cours, dès lors que nous gardions une bonne signalisation en haut de page."
Ces deux études très sérieuses, menées avec grand soin, montrent que les internautes lisent de longs textes sur le web, mais simplement pas sur toutes les pages d'un site Internet. Les internautes scannent à la recherche de toutes sortes d'infos et parfois (souvent), ils scrollent et peuvent lire de longs textes s'ils en ont besoin. Le contenu éditorial doit savoir s'adapter aux usages et aux besoins des internautes.
L'écrit web n'est pas une science empirique. On ne peut pas dire "écrivez toujours court, explicite". Certes, il faut respecter certains principes comme celui de la pyramide inversée avec les informations les plus importantes en haut de la page, les paragraphes courts avec une seule idée, les titres en gras le plus souvent possible.
Mais il ne faut pas vouloir faire court à tout prix et passer systématiquement les textes à la moulinette sous prétexte de l'écrit web. La longueur, la nature même des textes doit s'adapter aux attentes de l'internaute. Si les lecteurs recherchent un dossier de fond de 6000 signes, ils seront déçus avec un article de 1500 signes, s'ils recherchent un formulaire en pdf, ils doivent pouvoir le trouver facilement. Et les lecteurs de Presse-citron qui adorent les titres teasing-décalés-pas-explicites d'Eric Dupin doivent pouvoir continuer à rire en découvrant les titres sur Netvibes.
Voilà le véritable sens de l'ergonomie éditoriale web : l'écriture doit se mettre au service de l'usage des internautes et non respecter des règles basées sur des études qui doivent encore être largement vérifiées et approfondies.
Lire aussi
Le paradoxe Harry Potter
L'étude Eyetrack07 : points clés
16 janvier 2009
Où placer les liens dans un texte web ?
A votre avis, quel est le meilleur endroit pour placer les liens dans un texte web : directement dans le contenu comme c'est cas sur wikipedia et dans les dossiers d'Aufeminin par exemple, ou dans un espace prévu à cet effet, comme c'est déjà le cas sur de nombreux magazines en ligne comme Le Monde, ou le Journal du net. Le débat est ouvert !
Je poursuis là une discussion amorcée sur le blog Ecrire pour le web de ma consoeur belge Muriel Vandermeulen (que je vous recommande sur le sujet de l'écrit web, pour ceux qui ne le connaitraient pas). Sur ce sujet, lire aussi ce billet d'Arnaud Briand Les bonnes pratiques du lien hypertexte.
Voici un extrait du billet de Muriel Pour ou contre l'hyperlien dans les contenus ?
Alors que les standards de l’écriture Web proscrivent énergiquement la présence de liens dans le texte, les spécialistes du référencement, eux, vont dans le sens contraire. Cela fonctionne un peu comme pour les images : le contexte textuel disposé autour d’un élément accroît et maximise son rendement.
Compromis entre webwriting et SEO…
Il existe un moyen pour satisfaire webwriters et référenceurs. La « solution » consiste à contrebalancer le manque à gagner des liens dans le contenu par un autre critère de valorisation. En d’autres mots, il s’agit de rassembler les liens sur la page en les regroupant dans une zone précise (et de préférence toujours au même endroit sur toutes les pages).>>
Muriel conseille de rassembler tous les liens dans un endroit dédié à cet effet sur la page web comme c'est le cas sur de nombreux magazines en ligne et sur de très nombreux sites. L'idée est de pas gêner la lecture avec des mots soulignés partout dans le texte. Et en effet, l'étude Eyetrack III a montré dès 2003 que les titres soulignés instauraient une ligne dans le texte. Les internautes avaient tendance à ne pas lire ce qui se trouvait sous cette séparation visuelle.
En ce qui me concerne, je me demande s'il ne faudrait pas au contraire généraliser la présence de liens dans le texte à condition de les intégrer harmonieusement, c'est-à-dire sans les souligner. Ce système de navigation réellement interactif fonctionne particulièrement bien sur wikipedia. On ne peut plus s'arrêter de cliquer !
D'un autre côté, les liens regroupés dans un même bloc s'avèrent utiles pour apporter des sources supplémentaires ou un éclairage nouveau sur l'article, notamment à l'aide de vidéos, de témoignages, ou d'autres articles sur des sujets similaires.
Peut-être faut-il placer des liens à la fois dans le texte et sur le côté, selon l'usage qui va en être fait :
- liens vers d'autres sources dans le texte pour éclairer un mot ou un propos de manière très contextuelle
- liens vers d'autres sources pour mettre en perspective le sujet traité et apporter d'autres éclairages, notamment à l'aide de formats éditoriaux riches (vidéos, sons, graphique, diaporama...)
Alors liens dans le texte ou pas liens dans le texte : qu'en pensez-vous?
Lire aussi
Le format article aufeminin
L'étude Eyetrack07 : points clés
14 janvier 2009
Votre site en version 3D sur Yoowalk
Welcome sur le web en 3D ! Créé en 2006 par trois mordus du web, Xavier Marvaldi ex-directeur de M6web, Jean-Vincent Segard ex d'Ubisoft et Stephane Chirie ex d'SFR, le portail Yoowalk propose une autre approche du web. Une nouvelle navigation, plus ludique, plus visuelle que textuelle et la possibilité de rencontrer vos copains "presque en vrai".
Démonstration pour PLUME Interactive (moins d'une heure pour créer son site en 3D !) :
Alors là, c'est moi devant mon blog (à droite). Vous ne le voyez pas d'ici mais je souris :-) La rue est déserte pour l'instant mais il y a quelques minutes, j'ai vu passer deux internautes pressés. J'ai pas osé les aborder.

Et là, vous êtes chez moi. Et oui, je sais c'est grand et ça manque un peu de mobilier mais les mots sur le mur, ça réchauffe un peu l'ambiance! Si l'envie vous prend de venir me rendre visite, n'hésitez pas. Et si vous y pensez, venez avec une galette, j'adore ça ;-)
Quelques améliorations restent à apporter au niveau de l'ergonomie, on met parfois un peu de temps avant de franchir la porte d'entrée et la lecture n'est pas forcément très aisée, mais l'expérience vaut franchement le détour. Et pour construire une communauté autour de son site, c'est réellement génial ! C'est Second life, à l'échelle du web. Nul doute que cette idée va grandir. Côté ecommerce, notez qu'Amazon explore également la piste d'une navigation plus ludique, avec windowshop, nouvelle version de son site.
Seul vrai hic, le référencement. D'après Stéphane Chirie : "Concernant le référencement, pour l’instant, nous n’avons pas encore développé la technologie pour que votre walksite soit comptabilisé par Google, mais c’est quelque chose que nous allons mettre en place d’ici quelques temps."
A suivre de près, donc.
30 septembre 2008
Jean-Marc Hardy : « Derrière ergonomie éditoriale, il y a expérience utilisateur »
Interview avec Jean-Marc Hardy, le fameux auteur de redaction.be, premier site francophone dédié à l’écrit web lancé en 2001 et du site pratique 60questions.net. Aujourd’hui fondateur de la société User attraction, il exerce ses talents à Bruxelles. Il nous parle d’ergonomie éditoriale.
On utilise actuellement les termes d’écriture web, de rédaction web, d’édition Internet, de journalisme online…, toi qui travaille depuis longtemps dans l’écrit web, comment parles-tu de ton métier ?
Dans mon jargon, j’aime parler d’ergonomie éditoriale. Le terme «écriture web » m’apparaît trompeur car il donne l’impression qu’il existe une écriture type avec des recettes de cuisine. Je préfère parler de «bonnes pratiques éditoriales » ou « d’ergonomie éditoriale ».
Pourquoi ce terme est-il plus juste selon toi ?
Derrière le terme d’ergonomie éditoriale, il y a expérience utilisateur. Cela signifie construire du conseil sur la base de ce que l’on observe, la façon dont les gens cherchent de l’info. Il faut toujours se demander : « qu’est-ce qui fait que les internautes vont revenir sur un site ? »
Je fais beaucoup d’interventions en amont des projets sur la définition des priorités stratégiques et l’architecture des contenus. Les recettes standards ne prennent pas en compte le contexte, les objectifs d’un site. Il s’agit de trouver la stratégie éditoriale qui répond à des problématiques précises.
Par exemple en ce moment, je travaille en même temps pour le site d’Arte TV et celui de la Commission européenne. Il y a des bonnes pratiques communes pour les deux mais pas du tout le même contexte. Chaque cas est spécifique, chaque réponse est sur mesure.
Lire aussi
Pourquoi l'ergonomie éditoriale ?
Qu'est-ce que l'ergonomie éditoriale ?
16 septembre 2008
A quoi sert l'ergonomie éditoriale ?
Sur Internet, les mots ne servent pas seulement à écrire un article pour informer, pour vendre ou pour communiquer. Ils ont un rôle tout à fait nouveau : ils servent de guide pour la navigation. L'ergonomie éditoriale s'attache à améliorer l'interface écrite.
Suite à l'interview d'Eric du blog Presse-citron, vous avez été bien nombreux à me poser cette question : Pourquoi "ergonomie éditoriale" et non rédaction ? Je me suis dit que cela méritait un post !
Internet s'avère être le premier média sur lequel les internautes trouvent leur chemin à l'aide de mots. Les études de suivi oculaire menées par l'institut Poynter ont montré dès les années 2000 que l'utilisateur remarque d'abord les titres et le texte, avant de voir les images. Les mots conduisent l'action des internautes. Des termes comme "achetez", "toutes nos boutiques", "à ne pas manquer", "votre compte", les titres de catégories, tous les mots utilisés dans la navigation. On a coutume d'appeler cela le wording, la titraille ou encore les intitulés.
A mesure que le média Internet vieilli, des standards se mettent en place, des études de plus en plus précises sont menées et nous savons de mieux en mieux comment se comportent les internautes sur un site web. Nous savons qu'un mauvais wording peut créer des points de blocage, des abandons et qu'au contraire, des mots bien pesés peuvent amener l'internaute à cliquer instinctivement et poursuivre son action.
L'ergonomie améliore l'utilisation des sites Internet en repensant un certain nombre d'éléments comme la structure de l'information, l'enchainement des pages, le design. L'ergonomie éditoriale s'assure que les termes utilisés pour guider la navigation sont suffisamment clairs, suffisamment courts, qu'ils permettent aux visiteurs de trouver leur chemin facilement. Il ne s'agit pas de rédiger ou réécrire un texte en l'adaptant à la lecture web (même si cela améliore aussi l'ergonomie éditoriale), il s'agit de peser les mots. C'est un travail différent, spécifique au média web. Un bon rédacteur web peut faire ce travail, mais également un designer d'expérience ou un ergonome sensible à l'éditorial.
Nombre de sites web aujourd'hui négligent cet aspect car les bénéfices concrets ne sont pas assez mis en valeur. Et moi-même, je rencontre encore souvent le scepticisme de mes clients lorsqu'il s'agit de travailler sur le wording. L'ergonomie éditoriale, passionnante, reste encore une discipline à défricher. Jakob Nielsen et son équipe sont actuellement les plus calés sur la question (enfin à ma connaissance). Si vous connaissez d'autres références ou des études, n'hésitez pas à les communiquer !
Lire aussi : Sortez votre science du contenu éditorial
11 septembre 2008
Qu'est-ce que l'ergonomie éditoriale ?
Ce petit post pour vous signaler l'interview de votre blogueuse préférée par Eric Dupin du blog Presse Citron. Pour ceux que cela intéresse on y parle ergonomie éditoriale, optimisation du contenu pour les internautes, bouquins et rédaction pour les téléphones portables. Tout un programme :-)
Vendez l'information
Lors d'une de mes missions, j'ai rencontré une personne obnubilée par l'idée de "vendre l'information" sur la page d'accueil de son site Internet. Elle avait raison, il est essentiel de trouver les bons mots pour donner envie aux internautes de cliquer.
Les journalistes issus de la presse écrite sont particulièrement calés sur ce sujet : ils savent combien il est important de vendre l'information à la Une d'un magazine en utilisant les bons mots et les bonnes tournures.
Juste un exemple pour illustrer ce propos : le magazine en ligne Femininbio.com annonçait "Boostez vos défenses naturelles !" le jour du lancement de sa catégorie Santé & Forme en septembre 2007. Quatre mois plus tard en janvier 2008, Santé Magazine choisissait de titrer sa Une : "Je booste mes défenses naturelles".
Dans le premier cas : injonction avec un ton très dynamique.
Dans le deuxième : tournure affirmative avec le "je" qui permet aux lectrices de s'identifier.
Dans les deux cas : le résultat est plus efficace qu'une tournure impersonnelle ou un verbe à l'infinitif.
Faites vous-même le test : où auriez-vous le plus envie de cliquer ?
1-"Booster ses défenses naturelles"
2- "Boostez vos défenses naturelles !"
3- "Je booste mes défenses naturelles"
Le site web est l'endroit idéal pour mener des expérimentations, et en particulier tester l'efficacité des Unes et des intitulés.
Si vous connaissez des études sur ce sujet précis des Unes de site Internet, n'hésitez-pas à communiquer l'info !
Lire aussi Les titres qui font cliquer
27 août 2008
Le ton du wording, le style de l'accueil
Le wording, ces petits mots que nous lisons tous les jours sur les sites web, comme "s'enregistrer", "go", "acheter", a son importance dans l'expérience utilisateur. Jakob Nielsen a montré l'intérêt de respecter les standards du web. Derek Powazek, lui, prêche pour un wording plus original dans un article intitulé "Calling all designers : learn to write !" (mai 2006, A list apart).
Ce touche-à-tout, photographe, rédacteur, designer de site web, auteur du livre : "Design for Community" analyse ses impressions lors des visites sur Flickr et Photojojo. Le premier site permet de partager des photos avec ses contacts, le deuxième donne toute une palette d'idées créatives pour recycler ses meilleures photos.
Les utilisateurs de Flickr considèrent ce site comme "fun" et "friendly", amusant et convivial. Pourquoi ? se demande Derek Powazek. Il explique : "Le côté amical vient du bon vieux texte. (...) Quand vous vous identifiez, le bouton dit "Get in there" au lieu de "Submit". Quand vous uploadez une photo, joignez un groupe, ajoutez un contact, tout le texte associé est encourageant, joyeux et sympa. Cela a un impact significatif au final sur l'expérience globale utilisateur."
Quant au site Photojojo, il accueille ses visiteurs par un "Congratulations. It’s your lucky day! " Félicitation ! C'est votre jour de chance ! Sous le formulaire d'inscription, le message anti-spam ne dit pas quelque chose comme "nous ne divulguerons pas votre adresse à des tiers" mais "Nous le jurons solennellement : pas de spam, jamais." Derek Powazek raconte comment tout excité, il s'est hâté de s'inscrire.
Il conclut : les designers doivent se mettre à écrire ! Les mots sont aussi importants que les couleurs, les pixels, etc. Le texte C'EST l'interface du site. (Bon, tous les designers ne possèdent pas la polyvalence de Derek Powazek. Et ce n'est pas grave. Rien de tel qu'un bon duo désigner + rédacteur web pour créer une interface lisible et utile pour les internautes !)
Selon moi, le style du wording peut faire une grande différence sur l'expérience utilisateur d'un site web, surtout s'il s'agit d'un site communautaire. Le travail sur ce que j'appelle "le ton rédactionnel" est souvent négligé sur le web. Il permet justement d'adapter son style à sa cible pour créer une connivence avec les lecteurs.
Lire l'article complet (en anglais) : "Calling all designers : learn to write !"
Lire aussi : Le ton rédactionnel : à quoi ça sert ?



