Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

06 juillet 2015

Sylvain Richard et la méthode sémantique SEO : "Google aime les mots."

sylvain-richard

On ne présente plus Sylvain Richard, l'auteur de l'excellent blog SEO Axe-Net. Lors du dernier SMX Paris, il a montré comment rédiger un article optimisé en SEO grâce à la méthode sémantique « Les bijoux de la sémantique ». En exclusivité pour Plume Interactive, il revient sur cette démarche.

Sylvain, tu as présenté une conférence avec Sylvain Peyronnet sur l'analyse sémantique dans le SEO. Peux-tu nous expliquer ce que tu appelles la sémantique dans le cadre du SEO ?

Bonne question, car on voit ce mot utilisé un peu à toutes les sauces.

À un moment, il était souvent employé pour parler des entités nommées (pour faire simple, tout ce qui alimente le knowledge Graph de Google).

Dans le cadre de notre conférence, nous utilisons ce mot dans sa plus simple expression : sémantique = sens des mots (ce que les mots veulent dire, ce qu'ils signifient)

Sans rentrer dans trop de détails techniques, on peut dire que Google clusterise, c'est-à-dire qu'il classe les documents qu'il connaît en fonction des mots qu'ils contiennent. Pour simplifier, on dira que si un document contient un vocabulaire qui permet à Google de le classer facilement dans un cluster précis (une thématique), il le ressortira plus facilement lors d'une requête de l'internaute qui y correspond.

En quoi cette démarche est-elle novatrice ?
Je vais te décevoir, cette démarche n'est pas vraiment novatrice. (NDPI : tu ne me déçois pas du tout, je m'attendais exactement à ce que tu dises ça :-D)

En fouillant dans les vieux articles de mon blog, j'ai retrouvé ce concept abordé dès 2008 (mais j'utilisais d'autres mots pour en parler). Mais en cours de route, je pense que le contenu est un peu devenu le parent pauvre du SEO. Il était tellement facile d'entourlouper l'algo de Google avec des techniques reposants sur les liens (mais Pingouin est passé par là)...

En passant, Google se faisait aussi pas mal berner par le contenu, il suffisait d'en faire des tonnes (keywordstuffing) et globalement, cela suffisait pour construire des réseaux de sites pour pas cher avec des splogs au contenu illisible pour un humain, mais suffisant pour la machine, et puis Panda est passé par là...


Pourquoi avoir comparé 2 méthodes (la tienne, et celle de Sylvain) ?

En fait, c'est la même méthode qui consiste à récupérer une liste de mots et d'expressions-clés, de synonymes, de cooccurrences. Dans l'exemple que je montrais, je l'ai fait à la main.

Cette méthode manuelle a pour elle un avantage, elle oblige à lire ce qui a été rédigé sur d'autres sites et apporte très souvent des idées complémentaires, des sous-sujets que l'on aurait probablement oublié de traiter. Elle permet de commencer à constituer mentalement le plan de son article.

La méthode automatisée de Sylvain Peyronnet a pour elle le gros avantage de faire gagner beaucoup de temps en scrappant la SERP à la recherche des n-grams. Elle est aussi plus efficace pour supprimer les mots inutiles ou scorer les mots avec plus d'efficacité

Qu'as-tu voulu prouver avec cet article en exemple, très long par ailleurs (contrairement à ce que l'on conseille en général dans les formations à l'écriture web, "faire court", etc.) ?

Alors pour être clair, je ne cherchais pas à prouver quoi que ce soit, je cherchais à accroître le trafic sur le blog concerné :-)

Pour revenir sur la longueur d'un contenu, après de longues années à rédiger pour le web, je n'ai toujours pas d'avis tranché. Je pense que la longueur d'un contenu dépend avant tout de l'objectif que l'on se fixe.

On connaît tous par exemple ces sites onpage destinés à vendre un e-book quelconque. La page fait des kilomètres, avec des call to action réguliers, puis l'argumentation reprend en maintenant le lecteur en haleine. Les témoignages succèdent aux preuves et aux promesses. C'est long, très long, mais ça marche pour convaincre d'acheter un truc (que l'on aurait généralement trouvé gratuitement par ailleurs...)

À côté de cela, dans certains cas il faut plutôt aller à l'essentiel, ne pas prendre la tête au visiteur, mais en faire simplement juste assez pour lui donner envie de donner son mail par exemple.

Bref, la longueur d'un contenu et son mode de rédaction dépendent de ce que l'on veut obtenir en bout de course.

Combien faut-il écrire d'articles comme celui sur les bijoux pour se positionner ? Et sur quelles requêtes peut-on se positionner exactement avec un article de cette taille ?

Dans le cadre de l'article que j'ai écrit, un seul article a suffi à se positionner sur toutes les requêtes relatives à des questions «  à qui, où, comment, etc. » « revendre des bijoux » et pas mal de formulations connexes (j'ai détaillé cela dans ma présentation).

Que privilégier d'un point de vue SEO : écrire plusieurs articles reliés entre eux, ou un seul grand article comme celui sur les bijoux ?
Là encore, cela dépend des objectifs. Pour se positionner comme je l'ai fait, un seul article suffit.

L'avant-dernière slide de la présentation expose de quoi aller beaucoup plus loin en créant de véritables grappes de pages autour d'un sujet. Dans ce cas, on « saucissonne » bien plus pour que les pages de ces grappes aillent très en profondeur dans les sous-thématiques ».

Le principe est de créer un univers de documents qui vont traiter une thématique très en profondeur. Ensuite, un maillage interne judicieux permettra de remonter « le jus » vers la page cible que l'on souhaite positionner. Sur des requêtes concurrentielles, ceci permet de faire grimper une page sans prendre de risques avec les techniques de linking old style.

Bien évidemment, il sera important d'obtenir des liens en provenance de l'extérieur vers des pages des grappes réalisées, mais c'est souvent plus facile si leur contenu est réellement qualitatif et non commercial.

Comment intégrer l'analyse sémantique dans une stratégie SEO ?
En suivant la méthode illustrée dans la présentation :-)

Les bijoux de la sémantique


Mais plus que « Comment », je dirais « pourquoi ».

Tout d'abord parce que Google aime les mots (c'est l'unité qu'il comprend le mieux, même s'il s'améliore beaucoup sur la compréhension des images).

Mais aussi parce qu'il est quasi impossible d'imaginer toutes les formulations qu'un internaute pourra utiliser pour rechercher quelque chose, et je ne parle même pas de la recherche vocale qui modifie profondément la manière dont un internaute formule une recherche.

Le fait de rédiger des contenus qui répondent réellement à une intention de l'internaute, tout en aidant Google à les comprendre grâce au vocabulaire est une technique qui ne fait prendre aucun risque à un site.

C'est ce que Google souhaite montrer à ses utilisateurs, des pages qui correspondent à leurs attentes.

Si Google n'a jamais été l'ami des référenceurs, les référenceurs peuvent devenir ses amis en lui donnant de quoi satisfaire ses utilisateurs.

Comment vois-tu l'avenir du référencement naturel ?

Radieux ! Beaucoup plus difficile que les dernières années, mais tellement plus intéressant.

Durant les années 2005-2012, j'ai parfois eu du mal à faire passer l'idée que le SEO devait marcher main dans la main avec la communication et le marketing (même si la base technique est un socle indispensable).

Les capacités de Google à faire le tri devenant de plus en plus efficaces, les raccourcis sont de plus en plus risqués, on ne compte plus les sites sanctionnés par des pénalités souvent dues à du netlinking old style ou des contenus insipides.

Je pense que l'un des challenges des référenceurs pour les années à venir est d'obliger leurs clients à se secouer un peu la cervelle et à réfléchir sur ce que leur site apporte réellement aux internautes. Google n'a aucune raison d'améliorer la visibilité de la plupart des sites que j'audite, car ce qui y est présenté ne le mérite pas.

Bien sûr, Google reste une machine et pour le moment, les machines restent idiotes. Il faut donc que les bases techniques du SEO soient mises en œuvre (arborescence, optimisations de bases comme les title, Alt d'image, maillage des liens internes, etc.), car sans cela, Google à du mal à qualifier les contenus, mais une fois fait, la qualité des contenus perçue par les internautes fera la différence. Quoi qu'en disent certains, les internautes font naturellement des liens, encore faut-il les mériter, les internautes partagent sur les réseaux sociaux, encore faut-il que les contenus le méritent !

Après, il ne faut pas être un bisounours non plus, parfois il faut se bouger un peu pour provoquer les liens qui viendront cautionner les contenus comme une belle cerise sur le gâteau.


Interview de Sylvain Richard de la société AxeNet. Retrouvez aussi Sylvain sur Twitter et G+


Un grand merci Sylvain :-)

A lire sur le sujet de la sémantique
La définition du Centre nationale des ressources textuelles et lexicales
"Étude d'une langue ou des langues considérées du point de vue de la signification; théorie tentant de rendre compte des structures et des phénomènes de la signification dans une langue ou dans le langage."

La définition de la sémantique sur wikipédia

Dans les archives de Plume Interactive :
"Le web, l'avènement de la lecture sémantique", écrit en 2009
 "L'écrit web, courant d'air sémantique", en 2008


24 juin 2015

Stratégie de contenu web et content marketing : quelle est la différence ?

"Qu'est-ce qu'une stratégie de contenu web ? Est-ce la même chose que le content marketing ? Et si ça parle de la même chose, pourquoi ça ne s'appelle pas pareil ?" Voilà donc les questions posées récemment par une étudiante qui m'avouait avoir un peu de mal à s'y retrouver. C'est vrai, ce n'est pas clair. Je vais donc essayer de repréciser ces termes.

Kristina Halvorson & la stratégie de contenu web
En 2010, l'américaine Kristina Halvorson publiait un petit livre rouge "Content strategy for the web", fort remarqué dans le monde du web - qui n'a toujours pas été traduit en français à ce jour (mais que font les éditeurs français ?). En 177 pages, l'auteur posait avec justesse et humour les bases d'une discipline qui existait depuis longtemps - depuis toujours ? - mais qui cherchait encore sa reconnaissance : la stratégie de contenu web. Elle raconte d'ailleurs son expérience dans un post publié sur ce blog La stratégie de contenu a encore du chemin à faire.

Kristina vient de la rédaction web, elle a donc plutôt une culture et une sensibilité éditoriale, c'est à dire centrée sur l'édition et l'information. Elle avait déjà parlé du sujet dans un article publié en 2008 sur A list Apart, The discipline of content strategy. La publication de son livre entraina une vaste, internationale et enthousiasmante conversation autour du sujet. En 2010, dans la foulée, elle donna une conférence lors du premier Content strategy Forum à Paris. (Et c'est pile le moment que choisit mon troisième garçon pour pointer le bout de son nez. Je dus donc me résoudre à lire les articles et écouter les récits des chanceu(ses)x qui assistèrent à l'évènement ;-)

En France (non, en Belgique en fait), la rédactrice web Muriel Vandermeulen écrivait déjà en 2010 dans son livre "Stratégie de contenu web : la revanche de l'éditorial" : "Le web est un media, l'internaute est un lecteur. Aucune publication ne sera lisible, trouvable, utile si les annonceurs ne modifient pas profondément leurs paradigmes du web 1.0 et n'intègrent définitivement les contraintes et enjeux du média 2.0, que dis-je de l'hypermédia, média de tous les médias, amalgame de formats et d'outils toujours plus socialisants."

Comment définir la stratégie de contenu web ?
La stratégie de contenu web répond naturellement à la nécessité de penser et de gérer efficacement les contenus digitaux d'une entreprise, quels qu'ils soient. Le responsable éditorial web doit se porter garant de la qualité des contenus tout au long de la vie d'un site, ainsi que sur tous les autres canaux, gérer son équipe de rédacteurs, d'experts et de journalistes. Un peu comme le rédacteur en chef d'un magazine si l'on souhaite se référer à "l'ancien monde".

Voici quelques définitions intéressantes :

« Content strategy is the practice of planning for the creation, delivery, and governance of useful, usable, content. » Kristina Halvorson, Content strategy for the web, p32.

« Content Strategy is credible, trustworthy, transparent content that enhances the organization’s strategic goals. » John Lavine, journaliste et professeur à l'école de journalisme de la Northwestern University, spécialisé en media management et strategy

Ou sinon : "Stratégie de contenu, le truc essentiel que tu réalises avoir zappé 1 mois avant une mise en prod " Le responsable
e-commerce du site d’une maison d’édition lors d’une refonte majeure en 2012.

On pourrait définir la stratégie de contenu web comme la création, la publication et la gestion de contenus intéressants et utiles pour les internautes sur tous les canaux digitaux d’une entreprise afin d'en supporter les objectifs stratégiques (vente, visibilité, information, image…).

Joe Pulizzi & le content marketing
Dans le même temps, les spécialistes du marketing comprirent très vite l'intérêt d'influencer les décisions des consommateurs grâce au contenu. Le web est un média, il s'agissait donc d'utiliser les incroyables possibilités offertes par ce nouveau média pour créer de nouvelles manières de convaincre et toucher les consommateurs. La vague du content marketing se développa rapidement, toujours aux Etats Unis, portés par des personnalités charismatiques comme Joe Pulizzi et son Content marketing Institute. Il publia Managing Content Marketing, en 2010, puis plus récemment en 2013 Epic content marketing : how to tell a different story

Voici comment Joe Pulizzi définit le content marketing :
« Content marketing is the art of communicating with your customers and prospect without selling… »

En d'autres termes, le marketing de contenu ou content marketing est l’art de communiquer avec vos clients et prospects sans rien leur vendre, mais dans le but de les amener à réaliser une action profitable pour l’entreprise. Nous sommes bien dans une relation commerciale. Le contenu est utilisé pour transformer l'internaute en client, pour l'amener à acheter mais sans lui parler de produits en direct, ou sans le forcer à regarder une publicité traditionnelle.

On peut bâtir une stratégie éditoriale web uniquement axée sur le marketing de contenu, c'est à dire créer du contenu uniquement dans le but d'augmenter les profits d'une entreprise et de transformer ses internautes en clients.

Stratégie de contenu web & content marketing
La stratégie de contenu web s'occupe de penser et gérer efficacement tous les contenus digitaux d'une entreprise, qu'ils soient ou non, destinés à vendre. Le content marketing est une corde à l'arc de la stratégie de contenu web, comme il est une corde à l'arc du marketing. En ce qui me concerne, je pense qu'une bonne stratégie de contenu web permet de conduire une bonne stratégie de content marketing.

A ce propos, le storytelling n'est pas réservé au content marketing, puisqu'il est utilisé également par les journalistes pour accrocher leur audience, par les concepteurs rédacteurs pour créer leur baseline et par les romanciers pour tenir leurs lecteurs en haleine.

Si l'on voulait résumer la différence entre stratégie de contenu web et content marketing, on pourrait reprendre les termes de Lise Janody, animatrice du groupe Content strategy Paris : "Le brand content et le content marketing ont besoin de la stratégie de contenu mais la stratégie de contenu web ne se limite pas au brand content ou au content marketing". Je vous conseille d'ailleurs de lire sa présentation au Meet-up Content strategy de Toulouse.

Pour conclure, voici une petite image pour résumer, en espérant avoir apporté de l'eau à votre moulin.

Content marketing versus Stratégie de contenu web-ok

Comme toujours, votre aide et vos précisions seront les bienvenus. N'hésitez pas à réagir, à donner votre avis et à partager des ressources utiles sur ce sujet :-)

PS : L'étudiante très dynamique a promis de nous faire un article sur le sujet. A suivre donc...

 

17 avril 2015

François Goube : "Avec Oncrawl, nous travaillons sur l’analyse sémantique du contenu."

François Goube

 

 

 

 

 

 

 

François Goube, serial entrepreneur français, s'intéresse depuis longtemps au lien entre big data, web sémantique et SEO. Lors du dernier SEO Camp'us 2015, il a lancé la version SaaS de l'outil OnCrawl, dernier né de Cogniteev. Cette boîte qui monte, lancée en avril 2013, propose aux dirigeants d'entreprises d'utiliser les informations qu'ils récoltent pour améliorer leur performance. Sa recette ? Le meilleur de la technologie, associé à l'intelligence humaine pour construire une expérience web incomparable. Il nous explique.

Que proposes-tu avec Oncrawl, ton nouveau bébé sorti il y a moins d’un moins ?

En fait Oncrawl n’est pas si neuf, il est utilisé depuis 2013 par de gros e-commerçants. Nous avons par contre sorti la version SaaS ("Software as a Service" ou "logiciel en tant que service", ces logiciels sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l'utilisateur. Les clients ne paient pas de licence d'utilisation pour une version, mais payent un abonnement récurrent - NDPI) accessible à tous lors du SEO campus. Oncrawl est un outil de suivi SEO de la santé de son site web. Il s’agît d’un crawler sémantique qui va parcourir l’ensemble des pages de votre site web et analyser à la fois son code et son contenu. Avec Oncrawl, vous obtenez non seulement une vision fiable de vos paramètres SEO : analyse du balisage de base (title, description, balises h1,h2,h3,…), architecture de votre site, ou encore les performance de vos pages en termes de poids et temps de chargement, mais nous nous efforçons d’aller beaucoup plus loin.

Nous travaillons sur l’analyse sémantique du contenu. Nous proposons des fonctionnalités avancées d’analyse du contenu « presque dupliqué » (near duplicate - NDPI), ce qui permet aux webmasters de savoir quels sont les groupes de pages avec du contenu similaire et sur lesquelles il faut améliorer l’éditorial. Nous sommes des spécialistes de l’analyse d’entités nommées (si vous ne savez pas ce que sont les entités nommées, c'est par  - NDPI). Nous envisageons donc de permettre à chacun de s’approprier les technologies liées au Knowledge graph (vous savez ces informations que Google vous offre directement sur sa page de recherche - NDPI).

Knowledge graph Hubert Reeves

Exemple de knowledge graph sur la requête "Hubert Reeves" à droite

Comment la connaissance des données peut aider les responsables du contenu web à optimiser les performances de leur site ?

D’abord, personne ne sait exactement quel est l’état de son site en matière de qualité éditoriale. Que vous soyez un très gros site de e-commerce ou un site de niche, il est humainement impossible de savoir ce qui se passe réellement. Un gros site peut avoir de graves problèmes de duplication de contenu sur les pages de sa marketplace, un site de niche peut avoir un bug de son CMS qui génère des boucles infinies et donc des pages vides mais qui ne sont pas en 404. Il est primordial de faire un monitoring permanent de ses pages. Vous devez aussi avoir un maillage interne optimisé pour vos « money pages » (les pages qui ont le plus gros impact économique pour votre site web - NDPI). Notre mesure du Inrank qui materialise la popularité interne d’une page permet de savoir si l’une de vos pages principales a besoin de plus de liens.

Qu’est-ce que la technique est en mesure d’apporter aux internautes en termes d’amélioration de l’expérience utilisateur, aujourd’hui ?

Une meilleure connaissance de l’architecture de son site permet de définir de meilleurs chemins de navigation pour les robots de Google, mais aussi pour l’utilisateur. De la même manière, nous identifions les zones de votre site ayant des contenus « pauvres », qui correspondent à des pages ayant peu de contenu original. Nous permettons donc de détecter les pages à améliorer, ce qui contribue à l’amélioration globale de l’experience. Oncrawl détecte et analyse les problèmes de votre site en matière de SEO, et vous permet de prioriser vos actions.

A lire
Le Journal du Net : "Le SEO un bon terrain de jeu pour le big data ?"

13 avril 2015

Et si on mélangeait storytelling, web et écologie ?

Et bien ça donnerait une journée bouillante d'énergie, une journée magique ! Samedi dernier, j'ai eu la chance d'assister au LearnDoShare Paris 2015, qui tenait sa deuxième édition cette année. Le thème était "future cities", les villes du futur, avec une réflexion sur la transition énergétique et l'évolution de nos sociétés vers un futur désirable et soutenable. Je vous raconte ?

Le projet LearnDoShare, lancé par l'américain Lance Weiler storyteller et designer, propose un mélange d'évènements, de laboratoires créatifs et d'inventions autour du storytelling et des nouvelles technologies. C'est en réalité une véritable communauté, joyeuse, vivante, créative, qui s'est organisée depuis 7 ans autour d'une véritable philosophie. Le "Learn Do Share" : LEARN, nous pouvons apprendre de tout le monde, DO : nous faisons en imaginant des prototypes, SHARE : nous partageons ce que nous avons appris.

C'est en tombant par hasard sur une interview de Lance Weiler "Le transmedia et le storytelling comme outil d'apprentissage", que j'ai eu vent de cet évènement.

Jean-Louis Missika : "le futur des villes ? Moins de matière première, plus de matière grise"
La journée a démarré avec la courte mais brillante intervention de Jean-Louis Missika, l'actuel conseiller de Paris chargé de développer le Grand Paris, également écrivain, grand spécialiste des médias, spécialité qu'il enseigne à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Il a rappelé l'importance des nouvelles technologies dans le développement futur des villes, et notamment dans le processus démocratique.

JLMissika

 

Comment imaginer une ville vivante dans le futur ?
Ensuite David Park, professeur à l'université de Colombia et Lance Weiler se sont succédés pour parler du développement des villes dans le futur, et de l'importance de la créativité, de la collaboration et de l'empathie. Lance Weiler a parlé de la nécessité de designer pour ET AVEC les utilisateurs : "La sagesse, le savoir et la passion résident chez les gens mais souvent ces qualités ne sont pas amenées dans le processus de design." Il a insisté sur le pouvoir du storytelling, de l'histoire, comme moteur de l'action : "l'histoire doit permettre aux hommes de se projeter, leur donner envie d'agir". Il a également parlé de la dimension collaborative : "il est intéressant de voir comment les idées collaboratives peuvent mener à des solutions."
L'avenir sera donc collaboratif grâce aux nouvelles technologies, ludique et inspirant, grâce au storytelling.

Lance Weiler


Karen Bastien, ou comment utiliser les données pour raconter une histoire qui peut mener à l'envie d'agir
Ensuite, l'ancienne rédactrice en chef du magazine TerraEco, fondatrice de WeDoData, nous a offert une passionnante conférence sur l'utilisation des données pour construire des projets pédagogiques interactifs. J'ai adoré cette conférence parce qu'elle était très concrète et très pratique, illustrée par des exemples précis et parlants comme le "Global Carbon Atlas", le pariteur qui permet de mesurer la parité des salaires homme/femme ou encore "Dans quel pays seriez-vous le plus heureux au travail ?"  diffusé sur le site d'Arte. La grande qualité de ces projets : la technique n'est absolument pas visible. On ne voit que la partie ludique, l'expérience utilisateur est très soignée. De véritables bijoux ! Pour moi, la fusion enfin aboutie sur le web entre le message, le design et la technique.

Elliot Lepers, l'inventeur de l'Amazon killer
Ensuite, le jeune mais talentueux Elliot Lepers, surnommé par Paris Match "Le Geek surdoué des écolos" nous a parlé de son invention (entre mille et une autres choses qu'il imagine) : l'Amazon Killer.  L'extension vous permet de chercher un ouvrage sur Amazon, et de voir si un libraire près de chez vous le propose à la vente. Si vous tapez le nom d'un livre dans le moteur d'Amazon, un clic sur l'extension vous renvoie ensuite sur une page du site Place des libraires qui vous permet de voir où se trouve le même livre, disponible immédiatement dans un libraire près de chez vous.

Sherlock Holmes, cadavre nu dans l'ascenseur et narration spatialisée
L'après-midi s'est poursuivie par des ateliers créatifs avec collages de sparadraps autour du corps de fausses victimes, récolte d'indices et imagination de scénario digne des films policiers les plus noirs :-) Enfin pour moi, la journée s'est terminée avec la conférence de Nathalie Paquet sur la narration spatialisée. Et un atelier d'imagination d'un jeu interactif et collaboratif pour faire découvrir l'histoire d'une ville ou d'un quartier.

Après tout ça, je suis repartie rincée, mais heureuse, le coeur et la tête remplis d'idées nouvelles :-)

> Voir les moments forts des conférences, évènement bilingue anglais/français

> Zéros déchets à Paris en 2020 : le lab
Durant 2 jours, créatifs, designers, artistes, storyteller se sont réunis pour imaginer des solutions autour d'un défi : régler le problème de déchets à Paris. Voici le compte rendu de ces 2 jours de réflexion en vidéo

A lire
Amazon killer, une extension qui aime les libraires

Posté par evedemange à 16:34 - Veille contenu éditorial - Commentaires [1] - Permalien [#] - Partager - Tweeter
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10 mars 2015

Comment optimiser la navigation par filtres en SEO sur les sites e-commerce ? Par 3 as du référencement

En e-commerce, les filtres présentent un avantage ergonomique certain. Ils permettent de sélectionner un produit en cochant plusieurs critères. Mais l'optimisation de ces filtres, aussi appelés "navigation à facettes" s'avère très délicate d'un point de vue SEO. J'ai demandé à 3 experts du référencement de nous apporter leurs lumières sur ce sujet épineux. Sébastien Billard, Sylvain Richard et Aurélien Bardon se sont prêtés au jeu avec passion, pédagogie et bonne humeur. Ils nous livrent leurs meilleurs conseils sur le sujet.

Qu'est-ce qu'un filtre, ou navigation à facettes ?
Le principe de la navigation à facettes est très utilisé en e-commerce. Ici par exemple, le site Booking utilise des filtres pour nous permettre de sélectionner un hôtel selon différents critères.

Exemple de filtre sur le site Booking

Navigation par filtres sur le site Booking

Le client peut restreindre sa recherche en utilisant des filtres nombreux et précis :
* tarifs
* étoiles
* offres
* repas
* type d'établissements
* note des commentaires
* équipements de l'hôtel
* équipements du logement
* chaînes

Quels problèmes pose la gestion des filtres en SEO ?

Comme l'annonce Aurélien Bardon en préambule : "l'optimisation des facettes est certainement l'une des taches les plus techniques et complexes en SEO."
Voilà, ça c'est fait. Au moins, vous êtes prévenus :-)

En référencement, les principaux problèmes liés aux filtres, sont de 3 natures :
> la gestion de l'indexation. Google peut avoir des problèmes à gérer l'indexation des rayons filtrés. Il faut donc bien maîtriser techniquement le sujet.

> le crawl, qui est lié au problème d'indexation des pages. Les moteurs de recherche passent un temps infini à crawler un nombre astronomique de pages dont seulement un petit pourcentage va compter pour le référencement.
Sébastien Billard : "Sur Botify par exemple, quand on analyse les crawls, on peut trouver 70% des crawls sur des pages facettes alors qu'elles ne représentent qu'1% du trafic. La plupart des filtres ne vont générer aucune visite SEO, ou un très petit nombre. Les moteurs gèrent les facettes mais avec une très faible priorité. Mieux vaut donc ne leur présenter que celles qui sont vraiment utiles.

> le duplicate content. Les filtres génèrent du duplicate content avec des pages très proches en contenu.
Sylvain Richard :"la navigation à facettes, c’est un principe risqué parce que cela multiplie les URLs et crée du contenu dupliqué. Pour peu que l’on ait beaucoup de rayons avec de nombreux critères, cela crée des milliers d’URLS et Google déteste les contenus dupliqués en externe et en interne."

Comment gérer au mieux ces contraintes ?

Conseil n°1 : développer vos rayons et sous-rayons au maximum

Sébastien : "ma première recommandation serait de faire une arborescence la plus profonde possible. Avec le recul, je suis en faveur de développer au maximum les rayons plus faciles à gérer en SEO, plutôt que d'avoir un nombre réduit de rayons et un grand nombre de filtres. Par exemple, pour un type de produit donné je préfère avoir des sous-rayons pour les sous-types, plutôt que d'avoir des filtres (facettes) types. Pour les gros sites comme celui des 3 Suisses dont je m’occupe, je me suis rendu compte que Google a peiné pour indexer l’ensemble des facettes."

Sylvain : "On va favoriser les logiques de sous-catégories plutôt que les logiques de facettes. Par exemple sur un site de vêtements pour enfants, on va créer la sous-catégorie « pyjama fille » ou la sous-catégorie « pyjama garçon ». Ensuite, on ne va créer un filtre que pour la sous-catégorie « pyjama bébé fille ». Cela va me permettre d'afficher uniquement les pyjamas bébé pour fille. (...) Il faut vérifier que tu as suffisamment de produits pour créer une sous-catégorie qui tienne la route. Sinon cela donne l’impression qu’il n’y a rien dans les rayons. Mais quand tu as effectivement assez de produits, alors tu peux t’affranchir des facettes."

Conseil n°2 : définir des règles précises d'indexation des facettes

Sébastien : "En fait, il faut réfléchir à ce que l’on veut voir indexé au départ et faire une indexation sélective des pages. Quelles sont les pages avec facettes activées qui comptent pour le SEO ? Des tailles pour un vêtement ne présentent pas d’intérêt pour le référencement. Par contre, cette facette existe parce qu’elle peut être intéressante pour l’utilisateur. Tu la proposes mais tu ne l’ouvres pas à l’indexation. Tu interdis l’indexation de ces filtres."

Sylvain : "Dans certains cas, tu n’as pas le choix. Il faut indexer uniquement les facettes qui sont intéressantes au niveau des expressions-clés. La solution idéale pour moi c’est de créer une étanchéité sémantique entre les critères. Par exemple : « robe courte » est traité séparément de « robe longue ». La question que je dois me poser c’est : est-ce que j’ai des facettes qui contiennent des mots non intéressants pour mon SEO ? Exemple : -de 100€ ou + de 100€, ce n’est pas très intéressant  pour mon SEO mais c’est important pour mon utilisateur. Je rajoute donc une facette sur les prix mais je ne l’indexe pas. Je l’indique en noindex pour dire à Google « tu ne tiens pas compte de cette partie des facettes »."

Aurélien : "La gestion ultra précise de l'indexation est une priorité. Il faut définir très précisément ce qui est autorisé ou non à l'indexation. Vous devez écrire des règles très précises à destination des développeurs sans oublier par exemple les combinaisons de filtres et surtout faire attention à l'AJAX afin d'optimiser le crawl et le maillage en même temps."

Exemple de filtre sur les 3 Suisses

Cette page du site Les 3 Suisses mixe à gauche les accès vers des sous-rayons et des filtres, dont certains sont indexables et d'autres non.

Conseil n°3 : limiter le nombre de filtres indexables
Sébastien : "o
n ne va pas indexer plus d’une facette active à la fois. Pourquoi ? Parce que ça ne présente pas d’intérêt d’indexer « Montre de plongée + Casio + Swatch » par exemple. Attention aux combinaisons infinies. Quand tu as 2 facettes activées marque + couleur, ou marque + matériau, tu as trop de facettes indexables. Maintenant, je vais même limiter encore le nombre de filtres indexables. J’indexe des filtres avec un seul critère actif : critère marque ou critère couleur. Je suis partant de ne pas trop ouvrir de filtres au départ mais petit à petit en fonction des besoins."

Aurélien : "Vous devez commencer à comprendre qu'il est souvent plus sage et simple de fermer les filtres par défaut puis d'ouvrir progressivement aux robots. Mais si vous êtes un Jedi, écrire des spécifications en amont complètes en anticipant tous les cas sera un challenge très motivant. Personnellement c'est ce que je préfère:-)"

Conseil n°4 : optimiser les facettes indexables pour le référencement naturel
Sébastien : "un autre conseil que je donnerais, c’est de travailler les pages facettes avec une balise title et un h1 pour indiquer la valeur des facettes. Par exemple si tu as un filtre rouge dans la catégorie robe, indiquer un title « robe rouge » dans le filtre, ce sera mieux que d’avoir un même title + même h1 que pour la page mère (robe)."

Sylvain : "Pour tel filtre, on applique des textes intros de catégorie. Donc si je mets un filtre « dentelle » par exemple sur un site de robes de mariée, je vais créer un texte qui correspond au sujet de mon filtre. Pour le « boléro mariage taille 36 », on va le passer en no index."

Exemple de filtre sur Instants précieux

Sur le site de mariage Instants précieux, catégorie "boléro de mariage", la facette "dentelle" est activée avec un texte d'introduction, une balise title et un h1 spécifiques pour cette facette. On remarque l'importance des textes d'introduction sur toutes les pages catégories, traités avec un "lire la suite" pour alléger la page et donner plus vite accès aux produits.

Conseil n°5 : choisir la bonne solution e-commerce
Aurélien : "Votre solution e-commerce doit pouvoir gérer pour n'importe quelle URL de la facette l'indexation (meta robots ou canonical), les critères on-page (title, contenu, meta description...), le maillage interne."

Conseil n°6 : travailler le look & feel et l'accès aux produits pour fluidifier la navigation
Sébastien : "Tu peux proposer des liens vers les sous-rayons dans la colonne de gauche. Cela te permet de gérer le SEO de ces rayons à la main, c’est beaucoup plus simple et plus efficace en SEO et ça fonctionne au niveau de l'utilisateur."

Sylvain : "On peut tout à fait imaginer des rayons avec un accès qui ressemble à des filtres."

Et là, place aux talents des designers, ergonomes et spécialistes de la user experience !

Un grand merci à ces trois référenceurs très occupés d'avoir pris le temps de partager leur expérience ici :-)

A lire sur le sujet
Le support de la conférence donnée par Sébastien Billard sur la navigation à facettes au SEO Camp'us de Lille en 2013
Les conseils de l'équipe Google sur la gestion des filtres en SEO
Une discussion sur le duplicate content et la navigation à facettes sur WebRankInfo



02 mars 2015

Comment gérer le duplicate content en e-commerce ?

En novembre 2014 dernier, suite à l'invitation d'Alexandra Martin du blog Miss-seo-girl et d'Hasni Khabeb, le dynamique nouveau président du SEO Camp, j'étais venue donner une conférence sur la rédaction d'une fiche produit à Nantes : "Bien rédiger une fiche produit : étude de cas Nature & Découvertes". A la fin de la conférence, de très nombreux participants m'ont interrogée sur la problématique du duplicate content pour les fiches produit.  Voici quelques astuces pour gérer le duplicate content en e-commerce :

Rafale de questions sur le duplicate content
Les participants étaient venus en nombre, l'équipe chargée de l'organisation distribuait sourires et bonne humeur à l'entrée. Bref, une super ambiance ! D'ailleurs, voilà à quoi ressemblait la salle Epitech côté conférencier (gloups)

Photo SEO Camp Day Nantes
(Photo piquée à Alexandra Martin - oui, je sais c'est la deuxième fois)

Le problème spécifique du duplicate content des fiches produit
Comme chacun sait, le duplicate content désigne la reproduction de tout ou partie d'un contenu sur un même site, ou sur un site externe, voire concurrent. Plusieurs blogs traitent très bien de ce sujet, comme celui de la licence rédaction référencement de Mulhouse "5 astuces pour éviter le duplicate content" ou les nombreux conseils utiles pour gérer le contenu dupliqué de l'équipe support de Google.

En e-commerce, le cas du duplicate content donne bien des soucis aux responsables e-commerce. Si l'on enlève les cas de plagiat, le duplicate content peut venir naturellement de 2 raisons principales :
> en interne, les fiches produit d'un même site se ressemblent trop et Google considère qu'il s'agit de duplicate content
> en externe,
un site e-commerce choisit d'étendre sa visibilité en allant vendre ses produits sur une marketplace comme Amazon. Un même contenu produit se retrouve donc publié sur deux sites, avec deux URLs différentes.

Dans les 2 cas, le contenu se retrouve doublonné. Et il s'avère impossible de résoudre le problème en utilisant les bonnes vieilles recettes techniques comme la définition d'une URL canonique, c'est-à-dire l'URL que le moteur doit privilégier grâce à l'attribut rel="canonical" dans la section head des pages non canoniques, ou en utilisant les redirections 301 vers la page permanente.

Marketplace : le duplicate content pénalise surtout les sites e-commerce de taille moyenne
Entre 2 pages identiques, Google va choisir de valoriser celle venant du site le plus important. En d'autres termes, si vous vous appelez Aroma-Zone et que vous mettez vos huiles essentielles sur Amazon par exemple sans changer le contenu, vous risquez de vous tirer une balle dans le pied. L'algorithme des moteurs de recherche considère que votre site n'offre pas de réelle valeur ajoutée pour vos clients par rapport à un site e-commerce plus populaire. Un gros site comme Amazon bénéficie par ailleurs d'un maillage dense de liens entrants. Les moteurs vont donc favoriser le plus puissant des sites. Cette situation risque de pénaliser le référencement naturel de votre propre site, même si vous êtes à l'origine du contenu, voire même le fabricant du produit. 

Comment gérer le duplicate content sur les fiches produit ?
Et voici donc venir la réponse que vous redoutiez tant
: vous devez réécrire le contenu de vos fiches produit pour proposer un contenu intéressant et unique à vos clients. Le jeu en vaut la chandelle puisque certains ont vu le trafic issu des moteurs de recherche augmenter de 50 à 100% après avoir réécrit les descriptions d'une bonne partie des produits sur leur site.

En interne : assurez-vous d'écrire un descriptif spécifique pour chaque produit, même si ces produits présentent des variantes minimes, ou regroupez ces variantes sur une même page. Si vous visez des requêtes distinctes stratégiques type "alliance en or" ou "alliance en platine", vous n'y échapperez pas : vous devrez imaginer une histoire pour chacune de ces pages. (Mais si si, demandez aux futurs mariés : l'or et le platine, ce n'est pas pareil !)

Là, j'entends vos cris "Ah mais j'ai 4000 produits, comment je fais maintenant ?" Oui, c'est vrai, c'est du travail.

Quelques petits conseils de survie :
1-Embauchez un rédacteur web bourré d'énergie et d'imagination, ou contactez un rédacteur web freelance qui connait vos produits
2-
Concentrez vos efforts sur les nouveaux produits. Réécrire une fiche produit qui va être retirée du site dans un futur proche ne présente pas d'intérêt.
3-Procédez avec méthode, par lots, selon les priorités

En externe : envoyer votre vieux contenu à la marketplace et réécrivez vos fiches produit pour les rendre plus fortes en SEO. Vous pouvez enrichir le contenu de vos pages avec des descriptifs produit plus complets, bien structurés. Vous pouvez ajouter des photos originales, des démonstrations vidéos, des conseils, des commentaires clients. Suivre les conseils donnés lors de la conférence sur la fiche produit

Comment repérer un problème de duplicate content ?
Vérifiez régulièrement votre Google Webmaster tool. Faites des vérifications dans Google. Copiez des bouts de texte au hasard et lancez une recherche. Si un site a reproduit votre contenu, Google l'affichera dans les résultats de recherche. Positeo a également créé un outil très utile pour repérer le duplicate content sur votre site.

Télécharger le support de la conférence "Bien rédiger une fiche produit" sur slideshare :

A lire aussi
Attention au contenu dupliqué par les marketplaces ! par Sylvain Richard du blog Axe-net

Les compte rendus du SEO Camp Day 2014 de Nantes
Le compte rendu du SEO Camp Day 2014 par Sébastien Monnier
Le compte rendu d'Alexandra Martin, du blog Miss-seo-girl
L'édito du SEO Camp Day par Guillaume Degré, avec les remerciements de l'équipe chargée de l'organisation. Bravo !

 

09 janvier 2015

Plume Interactive vous souhaite une année de folle inspiration, de rire, de partage, de liberté d'écrire et de penser.

Photo, Vincent Munier
http://www.vincentmunier.com/

 

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06 novembre 2014

Comment structurer sa page d'accueil autour d'un principe éditorial ?

Comment structurer sa page d'accueil autour d'une idée forte ? Quelle histoire raconter aux internautes ? Avant d'attaquer le design et même la conception des pages web, il me paraît essentiel de répondre à ces questions. Cela permet de construire des sites intéressants à l'identité affirmée. Voilà quelques exemples commentés pour illustrer le propos.

Le rôle de l'éditorial dans la conception d'un site web reste encore mal compris. Souvent, les ergonomes et les designers web se méfient des textes, synonymes pour eux de pages lourdes et "verbeuses". Mais si les textes riches restent essentiels sur les pages stratégiques pour le référencement naturel, il n'est pas nécessaire de farcir une page d'accueil de mots pour raconter une belle histoire.

Comptoir des cotonniers, page d'accueil - printemps 2014
La page d'accueil est construite autour du thème "mode bohème en été". L'image met en scène une femme assise devant un paysage de nature.

Le texte est simple :
> un titre de 3 mots "un été bohème"
> une ligne "comme un air de fraîcheur et de liberté", construite autour des mots forts "air", "fraîcheur", "liberté" donne le message, la ligne éditoriale de la page.
Les vêtements classés dans la zone "Must have" viennent renforcer l'histoire que raconte la marque Comptoir des cotonniers sur sa page d'accueil. Tout fait sens, tout est cohérent.

Comptoir des cotonniers-HP

 

Siniat, page d'accueil
L'entreprise Siniat est spécialisée dans le batiment. Elle vend des cloisons et des plaques de plâtre pour construire les maisons. Plutôt que d'attaquer par la technique, l'entreprise a choisi d'organiser ses fiches produits autour des projets de ses clients. Elle a structuré sa page d'accueil autour de ce principe éditorial.

Le texte est très simple mais efficace  :
> Une baseline : "le partenaire constructif"
> Un texte d'accroche construit autour de l'idée principale : " toutes les solutions plâtre pour l'aménagement, l'isolation et la finition de votre projet de construction et de rénovation", avec rien à jeter. Pas de mots en trop.
> Une dimension conseil évoquée dans le titre : "votre projet, pièce par pièce, nos conseils"
> Le nom des pièces de la maison
> Les bénéfices "isolation acoustique", "assainissement de l'air", illustrés par des icônes simples

Siniat

Je remercie au passage le responsable éditorial de ce beau travail (il se reconnaîtra) pour cet exemple :-)

 

Etsy, page d'accueil
Le site web Etsy fait également dans la sobriété de textes. Pourtant le message transparait très clairement en :
> 7 mots
> un portrait de créateur en médaillon.

Etsy-1- HPenglish

Patagonia, page d'accueil
La marque de vêtements de sport engagée annonce la couleur de manière radicale. On peut lui reprocher d'aller un peu loin pour un site de e-commerce, mais pas de manquer de classe ;-)

Patagonia-HP

 

Patagonia tisse son identité au fil de ses pages web, notamment sur la page #Find_Away avec des histoires fortes qui incarnent ses valeurs : 
> le dépassement de soi, la voie à ouvrir, l'aventure, l'engagement, la technique

Patagnoia-FindAway

Ces pages d'accueil paraissent toutes très simples. Pourtant, elles ont nécessité une longue réflexion en amont sur le positionnement des marques, leur message et leur storytelling. Ce travail de réflexion préalable a permis de construire des pages d'accueil à l'identité forte, organisées autour de principes éditoriaux assumés.

Et vous, avez-vous des exemples de page d'accueil organisée autour d'un principe éditorial fort ?

Bonne journée à tous :-)

 

A lire aussi
5 conseils pour écrire une belle page d'accueil
Kristina Halvorson : "la stratégie de contenu web a encore du chemin à faire."

 

 

19 septembre 2014

Kristina Halvorson : "la stratégie de contenu web a encore du chemin à faire."

Portait Kristina Halvorson

Mercredi 10 septembre, nous étions une bonne trentaine de chanceux à nous presser dans une salle de conférence de l’agence web UX Axance à Paris. Lise Janody, organisatrice du groupe Content Strategy Paris, nous avait conviés à un rendez-vous spécial en visioconférence avec l’américaine Kristina Halvorson, auteur du best-seller Content Strategy for the web. Une rencontre pleine de peps !

NDPI : Le son n’était pas parfait, il y avait des coupures mais j’ai essayé de restituer et traduire au mieux l'interview (en anglais).

Lise : Kristina, pourquoi as-tu écrit ce livre sur la stratégie de contenu web ?

“J’ai commencé à travailler comme rédactrice il y a 15 ans. Je me suis spécialisée sur l’écriture web. Mais avec le temps, je me suis sentie frustrée. Les clients m’appelaient à la dernière minute pour des missions de sauvetage sur des projets en retard à cause du contenu. Ils me disaient « nous avons trois tonnes de questions, mais personne n’a de réponses », ou « Oh mais c’est un travail beaucoup plus important que ce que nous avions imaginé ! Nous nous en occuperons plus tard». Parfois, je demandais des briefs précis et ils me disaient : « mais que voulez-vous dire ? » Il n’y avait pas de ligne, pas de guides.

A cette époque, je savais déjà que je faisais plus que de la rédaction web. J’avais indiqué « Interactive Content Strategist » sur ma carte de visite. Puis, j’ai trouvé l’article de Rachel Lovinger “Content strategy and the philosophy of data”, et j’ai pensé, « oui, cette spécialité existe vraiment ! » Et même s’il y avait déjà plusieurs livres sur la rédaction web à l'époque, on ne trouvait rien sur la stratégie de contenu web. Alors j’ai décidé d’écrire le livre moi-même. Oh là là, ça a été un long et terrible accouchement ! Mais finalement, il a été publié en 2010.

Ensuite, j’ai été éblouie par l’énorme discussion qui a démarré avec ce livre.

L: Et Confab, peux-tu nous en parler  ?

C’est pour cette même raison que nous avons lancé Confab en 2011. Il y avait tant d’échanges intelligents, tant de personnes intéressantes, que je me suis dit : « mettons donc tout le monde au même endroit afin que nous puissions partager. »  Il y a clairement un immense intérêt pour le sujet. A mesure que la stratégie de contenu web devient plus mature, les conversations s’approfondissent d’une manière passionnante sur différents sujets connexes :

- L’expérience utilisateur
- L’écriture web
- L’utilisation des images
- L’éditorial
- Le management de contenu
- Le contenu pour les réseaux sociaux
- Adaptive content, contenu adaptatif (pour les différents supports)

C’est notre 4ème année aux US et chaque année, nous vendons la totalité des places. L’année dernière, nous avons lancé Confab en Europe, à Londres. Notre prochain évènement aura lieu à Barcelone à la fin du mois de septembre > Confab Barcelona.  Nous avons un beau programme et nous sommes impatients d’y être.

L: D'après toi, est-ce que les agences et les annonceurs ont le même niveau de maturité en ce qui concerne la stratégie de contenu web ?
Dans les entreprises, le vrai problème c’est : « Qui décide ? » Nous travaillons avec de grandes entreprises. Si les dirigeants ne comprennent pas de quoi il s’agit, nous ne pouvons pas avoir vraiment d’impact.

Les agences ? Elles ont souvent une vision simplifiée de la stratégie de contenu web. Elles organisent le site Internet autour de la marque. Elles vendent. Des outils, des objects, des trucs qui brillent. Elles ne perçoivent pas la stratégie de contenu comme quelque chose de sexy. Ou alors elles créent du contenu pour avoir une meilleure visibilité d’un point de vue SEO. Mais plus de contenu ne veut pas dire du meilleur contenu. Je pense que la stratégie de contenu web a encore du chemin à faire. »

A ce point de la conférence, Kristina Halvorson se tourne vers Frédéric Gaillard, directeur associé d’Axance. Elle lui demande si l'agence a intégré la stratégie de contenu dans son offre globale. Quant à moi, je lâche mon crayon pour me concentrer sur la discussion. Je vous fais donc un résumé.

Frédéric répond que l’agence a pensé à intégrer la stratégie de contenu web, mais qu'elle ne fait pas partie de leur expertise. « Nous croyons absolument à l’importance du contenu, mais nous croyons aussi à l’expertise et nous préférons appeler des experts à l’extérieur. » Kristina s’étonne, elle insiste sur la nécessité d’intégrer cette discipline dans les projets : «J’aimerais vous challenger là-dessus. Je pense que les agences UX qui intègrent la stratégie de contenu au sein même de leur agence auront un avantage compétitif sur les autres. » Frédéric acquiesce, mais les clients qui se tournent vers une agence comme Axance ne demandent pas de prestation éditoriale même si cela tend à évoluer.

Justement j’ai travaillé avec Axance (comme régulièrement avec d'autres agences), sur plusieurs projets. Lise Janody me demande de témoigner de mon expérience.

Eve : "Pour moi, l’intégration de la stratégie de contenu web dans l’équipe de conception produit de meilleurs projets. Pourquoi ? L’attention portée au message permet d’ajouter du sens dans la manière de penser les écrans. Et ceci, pas seulement sur des magazines en ligne ou des sites institutionnels.

Prenons l’exemple d’un site e-commerce. Différents spécialistes du web vont mettre leurs idées, leurs expériences en commun pour concevoir les pages du site. En tant que conceptrice rédactrice, je vais apporter des idées :
- sur la manière d’animer les pages clés comme la page d’accueil,
- sur les informations produit que nous allons pouvoir offrir aux internautes
- sur les messages forts que nous pourrons faire passer
- sur l’identité et le positionnement de la marque
- sur l’histoire que nous allons pouvoir raconter
- sur l’impact des mots-clés stratégiques.

L'équipe de conception web va donc pouvoir récupérer ces idées et les amalgamer aux autres idées des ergonomes, des designers et des référenceurs. Elle va structurer les pages autour de choix éditoriaux forts, porteurs de sens, efficaces en SEO, et qui vont distinguer la marque de ses concurrents.

Pour moi, l’attention portée à la stratégie de contenu a fait d’énormes progrès ces dernières années, aussi bien en agence qu’au sein des entreprises. Mais je suis d’accord avec le constat fait par Kristina Halvorson : il reste encore du chemin à faire. La compréhension reste partielle et simpliste.

Le sujet du « contenu web » reste toujours réduit au remplissage de la zone "Actualités" et à la production d’articles utiles pour le SEO. La culture du sens et de l'intelligence émotionnelle du message n'est pas assez intégrée à la conception des sites web. C'est le cas pourtant dans la publicité et dans l'édition. Concepteurs rédacteurs et designers travaillent toujours ensemble."

Après 2h00 d’échanges, Kristina finit quand même par nous laisser pour aller manger son sandwich car il est 15h00 aux US.

Suite à cette visioconférence, nous avons beaucoup échangé avec les personnes présentes. Ce fut une belle soirée, bouillonnante d’idées et d'énergies :-)

Un grand merci encore à Lise Janody, pour cet évènement organisé avec brio !
Et vivement la prochaine réunion du Content Strategy Paris

Pour s'inscrire à Confab Barcelone, c'est encore possible
Du 29 septembre au 1er octobre 2014
Et si vous y allez, venez nous raconter ensuite :-)

04 juillet 2014

Doit-on remplacer les textes par des icônes ?

"Tiens, et si on remplaçait cet intitulé trop long par une icône ? Ce serait plus court, plus convivial, plus rapide, plus..." Prudence. Dans sa dernière étude sur les icônes, l'agence Miratech montre qu'elles ne sont pas toujours bien comprises. Pour éviter les problèmes d'ergonomie, mieux vaut accompagner les icônes par un petit texte.

Et pour commencer, faites vous-même le test.

Remplacer un texte encombrant par un dessin. L'idée paraît tentante. La page est belle, propre, épurée. Certes, certaines icônes sont entrées dans les standards du web avec le temps. C'est le cas du petit "f" de facebook, blanc sur fond bleu, ou de la maison en haut à gauche des sites web qui symbolise l'Accueil. Mais pour les autres, c'est loin d'être aussi évident, comme le montre cette nouvelle étude.

Miratech a mené un test utilisateur à distance sur un panel de 150 participants, tous utilisateurs de smartphone/tablette ou ayant l’intention d’en utiliser plus tard. Ils ont choisi de tester les 30 icônes les plus utilisées sur le web. Ces icônes étaient présentées hors de leur contexte habituel. Résultat ? 1/3 de mauvaises réponses. Beaucoup d’icônes sont mal comprises des utilisateurs alors qu’elles sont pourtant très utilisées.

Résultat tests miratech

Voir tous les résultats par icône

Conclusion : avant de remplacer un texte par une icône, assurez-vous qu'elle soit parfaitement comprise de TOUS vos internautes. L'interprétation d'une icône est très subjective. Et pour éviter les ambiguïtés et plomber le taux de conversion, mieux vaut accompagner chaque icône de sa signification en texte.

icônes - sncf - étude miratech

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On ne lit pas les pages web de gauche à droite

 

Posté par evedemange à 15:13 - Ergonomie éditoriale - Commentaires [4] - Permalien [#] - Partager - Tweeter
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