Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

18 avril 2012

Comment améliorer la conversion en affinant ses mots-clés

Hier, Neil Patel publiait sur SEOmoz un post intitulé "How to improve your rankings with semantic keyword research". Cet article, très intéressant, confirme une tendance SEO actuelle à travailler sur la finesse du choix des mots-clés pour améliorer le positionnement des pages. J'ai moi-même développé l'analyse sémantique autour des mots-clés et proposé une étude de cas sur la fiche produit présentée lors des journées du contenu web en mars 2012.

Comprendre les besoins de ses internautes pour mieux répondre à leurs attentes :
Tout le monde connaît les mots-clés. C'est le graal de tous les référenceurs, de tous les rédacteurs web : optimiser la page sur les mots-clés. Oui mais quels mots-clés au juste ? L'analyse sémantique va loin dans la finesse d'analyse des mots-clés recherchés par les clients d'un site web.

Car il ne s'agit pas de se positionner sur un mot-clé trop générique qui n'apporterait que du trafic peu qualifié, c'est-à-dire des personnes peu intéressées par l'info que vous développez sur votre page. "Erreur d'aiguillage, circulons" se disent-ils. Et ils circulent vite ! Dans les tableaux de statistiques, cela donne en général des temps passés sur la page très courts et des taux de rebond élevés.

Aurélie Moulin, responsable des statistiques et de l'acquisition chez Aufeminin, donnait cet exemple du mot-clé "femme". Aufeminin est premier sur cette requête. Mais cela ne lui sert à rien ! Car la plupart des internautes (masculins) qui cherchent ce mot-clé sur Google savent qu'ils ne trouveront pas ce qu'ils recherchent sur aufeminin, bien au contraire... CQFD.

Or, si vous analysez finement les requêtes des internautes en croisant plusieurs sources d'infos :
- les statistiques de votre outil web analytics
- les résultats que vous trouverez sur les outils Google Keywords Tool, Google Insight, Google Trends
- les suggestions de Google
- les forums de discussion
- les moteurs de recherche interne de votre site
-...
Vous êtes en mesure de bien connaître les besoins de vos internautes et vous pouvez répondre correctement à leur demande d'informations.

Positionner ses pages sur des requêtes précises pour améliorer la "conversion"
En effet, à quoi cela sert-il de vouloir se positionner sur "Lucky Luke" ou "Brownies", si ce que vous vendez en réalité, c'est l'"album Lucky Luke Ma Dalton" ou la "recette des brownies au chocolat". Plus vous positionnez vos pages sur des requêtes précises, plus vous touchez des internautes en phase avec votre offre, plus vous optimisez derrière les résultats souhaités (soit augmentation du taux de conversion, soit augmentation du nombre d'appels, des téléchargements ou votre visibilité sur un sujet précis.)

C'est cette démonstration que j'ai proposée lors des Journées du contenu web en m'intéressant au cas des fiches produit en e-commerce. C'est un cas réel, avec des résultats réels, qui avait été présenté initialement avec Nicolas Bessonart des Editions Atlas, lors d'une conférence à la CCI de Lyon en décembre 2011. (j'ai publié la présentation "Rédaction de la fiche produit" - en floutant certaines statistiques, mais en conservant la mesure des résultats). Ce qui m'importait, c'était la démarche et les résultats mesurés de manière concrète : première page Google obtenue sur des requêtes clés, amélioration du taux de conversion. Il était important pour moi de prouver qu'une telle méthode obtient des résultats dans la pratique.

Bien entendu, tous ceux qui se sont penchés un jour sur le référencement savent que l'analyse sémantique n'est pas suffisante pour construire une stratégie SEO performante. Surtout avec la personnalisation des résultats et la force des réseaux sociaux.  Néanmoins, cette approche vaut la peine d'être développée. Elle améliore la compréhension des besoins de ses internautes et permet de développer un contenu efficace, utile, de qualité, visible par des internautes issus d'un trafic "qualifié."

La méthode peut être appliquée avec succès à tous les sites Internet et pas seulement au e-commerce. Elle implique un temps passé à l'analyse en amont nettement plus important. La plupart des référenceurs connaissent l'importance des mots-clés. Mais en pratique, le temps consacré à l'analyse sémantique est souvent faible. C'est le client qui au final se retrouve souvent à choisir ses mots-clés un peu au feeling, sans réellement creuser le sujet. Même l'excellent livre d'Olivier Andrieu, Réussir son référencement web, passe finalement assez rapidement (je trouve) le sujet de l'analyse des mots-clés. C'est fort dommage.

Je pense que le référencement et le contenu peuvent réellement gagner en qualité si cette approche se généralise. Les outils web analytics sont là, ils sont une formidable source d'apprentissage. Utilisons-les !

Qu'en pensez-vous ?

A savoir
Plume Interactive propose l'analyse sémantique, découvrez l'approche sur www.plume-interactive.com



10 avril 2012

La rédaction de la fiche produit en e-commerce

La fiche produit est un élément clé en e-commerce, tant dans le processus d'achat que dans la visibilité des produits sur Internet. Une fiche produit peut "faire le job" à elle toute seule : "J'entre une requête sur un moteur de recherche, je clique sur la réponse qui m'intéresse, j'arrive sur la fiche produit, je suis rassurée par les infos données, j'achète !"  Mais comment optimiser son contenu pour rendre une fiche produit efficace ?

Ce sujet m'intéresse depuis près de 14 ans, depuis mon premier job en 1998 comme rédactrice web chez BOL.fr (un des premiers libraires français en ligne avant Amazon #dinosaurus ;-), puis comme responsable éditoriale web d'une start-up e-commerce ! J'ai consacré un certain temps à réfléchir au sujet...

Et j'ai partagé quelques-unes de mes conclusions avec les personnes qui étaient là lors des Journées du contenu web à Lille en mars dernier. Un partage d'expériences a suivi, très intéressant, avec des passionnés de référencement (passionnants) comme Yann Lemort et Sébastien Monnier, des spécialistes du contenu web comme Jean-Marc Hardy et Isabelle Canivet, des rédactrices(teurs) web expérimentés et des responsables de sites e-commerce. Le bonheur, je vous dis :-)

Bon, si vous n'étiez pas là, voici pour vous une petite séance de rattrapage avec la présentation de la conf :
> une étude de cas sur la rédaction d'une fiche produit avec les premiers résultats observés
> des bonnes pratiques relevées ici et là

N'hésitez pas à venir partager votre expérience sur le blog :-) J'adore vous lire même si je ne suis pas toujours aussi prompte que je le voudrais à répondre. Merci !

A lire aussi
E-commerce : 6 conseils pour rédiger un contenu web original
Rassurer avec les bons mots en e-commerce
Et sinon, qu'est-ce que tu vas porter au mariage ?

21 mars 2012

Stéphane Bouchez, stratégie digitale : « Optimiser les balises sur Google, c’est hyper technique et ce n’est pas suffisant. »

Stéphane Bouchez2
La deuxième partie des Journées du contenu web à Lille était consacrée au référencement et aux web analytics. Tous ceux qui étaient là se sont régalés avec des interventions de qualité et une ambiance toujours aussi détendue. J’en ai profité pour interviewer Stéphane Bouchez, Digital Strategist, directeur de l’agence Stratenet et intervenant lors de la table ronde "Comment mettre en place une stratégie SEO dans son entreprise."


Stéphane, comment construire une stratégie de communication efficace en e-commerce ?
Pour commencer, il faut distinguer les pure players qui ne vendent qu’en ligne et n’ont pas de points de vente, et l’enseigne commerçante qui a des points de vente. L’enseigne qui possède des points de ventes a intérêt à développer une stratégie de communication locale orchestrée autour de ses points de vente physiques. Elle doit donc fournir un contenu suffisant pour être visible au niveau local.

Elle va donc développer son contenu sur :
- Les annuaires locaux
- Google places
- Google business center
De cette manière, l’internaute qui se trouve à proximité du magasin a toutes les chances de voir la marque apparaître. Si l’enseigne développe en parallèle sa stratégie vers les réseaux sociaux, cela va améliorer son positionnement sur Google au niveau des requêtes liées à la localisation géographique.

Quel canal choisir, pour communiquer quoi, et qu’est-ce que cela va apporter ?
La question qu’il faut se poser c’est : quel canal pour qui ? Quelle cible on touche derrière ? Comme chaque entreprise est unique, et s’adresse à des clients différents, on ne peut pas schématiser ni généraliser. Pour chaque sujet, l’environnement est spécifique, les blogueurs différents, les influenceurs différents. Il faut imaginer une stratégie de communication adaptée à chaque cas, à chaque besoin des clients.

Une enseigne peut communiquer via son site Internet, son site mobile, les réseaux sociaux comme facebook, twitter, les forums, des blogs... Comment gérer l’expérience utilisateur d’un client par rapport à ces différentes sources d’information nées du web ?
On a beaucoup travaillé sur l’expérience de l’utilisateur avec les sites web mais on ne s’est pas assez intéressé à son expérience avec la marque de manière globale. Qu’est-ce qui va pousser quelqu’un à dire : je vais acheter un Mac ? Peut-être qu’il connait une personne qui utilise MacBook Pro, ensuite il va aller consulter le site web d’Apple, voir les avis d’utilisateur, les vidéos YouTube, voir des messages sur facebook, consulter un blog spécialisé. Au final, son expérience avec la marque englobe tous ces contenus. C’est la grande différence par rapport à avant. Optimiser les balises sur Google, c’est hyper technique et ce n’est pas suffisant. Cela n’aide pas l’utilisateur à se faire une expérience globale avant de se faire son idée d’un produit.

De la même manière, il ne s’agit pas de lâcher le client une fois qu’il a acheté en ligne. Au contraire, c’est là qu’il faut le fidéliser avec du contenu en le remerciant, en lui demandant s’il a bien reçu sa TV, s’il en est content. Amazon fait cela très bien.

Voici un autre exemple pour illustrer mon propos : imaginons un internaute qui rêve de partir en voyage au Mexique. Cet internaute va aller sur Google et taper les mots-clés « voyage au Mexique » en janvier. Mais en janvier, ce n’est pas le bon moment pour lui. Il n’est pas prêt, n’a pas le budget, pas de vacances etc. Il va revenir en février, en mars, en avril. Et chaque fois il va retaper ses mots-clés « voyage au Mexique ». Et chaque fois il va obtenir des listes de résultats et aller voir des sites concurrents.

Or, imaginons que dès la première visite le site soit parvenu à le retenir et à convertir sa visite en récupérant son email par exemple. Ensuite, chaque mois l’internaute reçoit une newsletter qui le fait rêver avec des témoignages clients, des reportages sur des voyages fantastiques. La prochaine fois qu’il va rechercher un voyage au Mexique, il ne passera plus par le moteur mais il viendra directement sur le site Internet. C’est cela qu’une marque doit s’efforcer de réussir.

Merci Stéphane d'avoir répondu à ces questions (sous un beau soleil de printemps :-)

A lire aussi
L'interview de Jean-Marc Hardy et Isabelle Canivet au sujet de leur livre "30 outils pour vos contenus web"
Aurélie Moulin, aufeminin : "Il ne s'agit pas de produire pour rien"
Alice Barbry : "Les relations publiques interactives améliorent le référencement naturel"

12 mars 2012

Ecrire pour l'Internet mobile : élaguer, élaguer, élaguer !

Avez-vous déjà désinstallé une application mobile parce qu'elle était difficile à utiliser ? Moi aussi. L'agence d'ergonomie digitale Miratech consacre sa dernière newsletter aux règles d'ergonomie pour les tablettes et les smartphones : "Comment faire une appli ou un site mobile qui marche ?". Après avoir réalisé plus de 400 tests utilisateurs, voici leurs premières conclusions :

"Pour faire une appli ou un site mobile qui marche, suivez deux règles basiques : 

■ Règle n°1 : soignez l'intuitivité

■ Règle n°2 : les règles du web s'appliquent encore (presque) toutes au mobile

Si vous introduisez une nouvelle ergonomie ou de nouveaux services, pensez surtout à vos utilisateurs. Recueillez leur opinion et observez leur comportement. "

Côté éditorial, il s'agit d'être encore plus exigeant que pour un site Internet classique : faire ressortir l'essentiel de l'information en premier. Car plus que jamais sur une tablette ou un smartphone, l'espace disponible pour l'info est précieux. Il ne s'agit pas d'envahir votre utilisateur avec des mots inutiles mais bien d'élaguer votre texte pour ne garder que l'essentiel.

L'interface d'un smartphone, comme celle d'une tablette, est constituée principalement de mots. Au final, une application qui fonctionne donne à voir les bonnes informations au bon moment. N'hésitez pas à faire appel à un professionnel de la rédaction web pour vous aider à choisir et à rédiger ces textes. Car rien n'est pire qu'une mauvaise application mal pensée.

Bonne semaine à tous :-)

Lire aussi
Comparaison entre la navigation sur un iPad et sur un ordinateur

07 mars 2012

Journées du contenu web : rendez-vous le 20 mars 2012 à Lille !

Journées du contenu web

Chaque année au mois de mars, les professionnels de l'écrit web, du référencement et des webanalytics effectuent leur transhumance de printemps jusqu'à Lille pour les journées du contenu web ! Cette année l'évènement aura lieu les 20 et 21 mars. Je vous invite à y aller car c'est tout à la fois passionnant, bouillonnant, dynamisant, chaleureux et franchement sympathique !

L'évènement à l'initiative d'Eric Delcroix, blogueur, prof, spécialiste des réseaux sociaux, se tiendra dans les locaux d'Euratechnologies. Cette année, les intervenants viendront de France mais aussi de Belgique, du Luxembourg et de Grande Bretagne. Ce sera international, yes !

Le mardi 20 mars sera consacré aux contenus : écriture, rédaction, image pour les sites de e-commerce, réseaux sociaux, médias sociaux, relations presse en ligne, appareils mobiles. Eric m'a gentiment invitée à venir échanger autour d'une table ronde consacrée à l'avenir du métier de rédacteur web de 15h30 à 17h00. Vous y croiserez également tout un tas de professionnels passionnés, parmi lesquels Jean-Marc Hardy, Muriel Vandermeulen, Isabelle Canivet, Marina Aubert,...

Le mercredi 21 mars se focalisera sur le référencement et les web analytics. La matinée sera animée par le SEO Camp, avec un cycle découverte et un cycle avancé sur le référencement. On y parlera stratégie SEO, nouveaux indicateurs de performance et réseaux sociaux. On questionnera l'efficacité du référencement naturel en 2012. L’après-midi, Nicolas Malo et le WALille proposera un WACamp autour de 12 experts du web analytics. 

Et pour finir, tout le monde se retrouvera autour du traditionnel apéro Blog en Nord !

> S'inscrire aux journées du contenu web à Lille.
> Consulter le programme SEO Camp des journées du contenu web.

Lire aussi
Printemps international du contenu web



24 février 2012

Aurélie Moulin, aufeminin.com : "Nous avons des tableaux de bord répartis par rubrique."

Aurélie Moulin

Comment mesurer le succès sur un site de contenu ? Quelles statistiques surveiller ?Aurélie Moulin, webanalyste et responsable acquisition de trafic chez aufeminin.com répond à ces questions.

A quels chiffres vous attachez-vous chez Aufeminin ?
Comme tout portail de contenu, notre source de revenu principale vient des campagnes publicitaires au CPM (coût par mille, c’est-à-dire pour 1000 affichages de votre publicité, NDPI). Travaillant sur l’acquisition d’audience, nous avons donc pour objectif de faire venir beaucoup de visiteurs qui feront le plus de pages vues possible. Nous avons donc les yeux rivés sur les indicateurs suivants : visiteurs uniques, pages vues/visiteur unique et pages vues. Nous n’avons rien d’autres à vendre à nos visiteurs que du contenu, il faudra donc s’assurer qu’il est bien consulté. L’audience est le nerf de la guerre.

Les rédacteurs/trices ont-ils été formés aux webanalytics chez Aufeminin ?
La Rédaction se forme au quotidien et nous avons également des sessions de formation en groupe. L’équipe commerciale est aussi grande consommatrice de datas, ils doivent se former pour connaitre les performances des Opérations Spéciales, les forces d’audience sur tel ou tel contenus...

Chaque équipe a ses KPI (indicateur clé de performance) qu’elle suit au plus près : un rédacteur par exemple s’intéressera d’avantage au nombre de visites / pages vues totales sur son article ou au taux de rebond sur la page d’entrée, un commercial regardera peut-être un peu plus le temps passé sur le mini-site d’une opération spéciale. L’objectif de suivre ces KPI est bien évidemment de travailler à les améliorer pour être encore plus performant. C’est là aussi où nous intervenons : non seulement dans l’aide à l’appropriation des outils et l’interprétation des données mais également aux recommandations pour améliorer ces indicateurs de performance.

Avez-vous des tableaux de bords différents selon les équipes ?
Nous faisons des bilans volumétrie globale tous les mois. Nous avons également des tableaux de bord répartis par rubrique. Chaque rédacteur peut aller regarder dans les statistiques pour approfondir ses propres résultats. Il y a actuellement une vingtaine de rédacteurs, il est nécessaire de leur donner une visibilité macro au niveau d’une rubrique ou du site mais également micro sur les contenus qu’ils ont produit eux-mêmes. Mais plutôt que de passer plusieurs jours par mois à sortir des pages et des pages de reports que personne ne lira, nous privilégions le contact au quotidien, les rédacteurs viennent très souvent nous poser des questions et nous fonctionnons en mode « live ». Le temps passé à l’analyse est important mais le « faire » nous parait encore plus essentiel.

Quels problèmes concrets rencontrez-vous dans la mesure d’audience ?

Notre plus gros problème c’est la volumétrie. Avoir des millions de pages sur nos sites cela signifie avoir autant de portes d’entrées possibles pour les internautes. Les chemins de navigations sont multiples et les combinaisons de parcours utilisateurs infinies. Il est donc difficile d’avoir un outil qui est capable de supporter cette masse d’informations pour restituer des tableaux de bord lisibles. A l’inverse d’un site e-commerce où le chemin vers la confirmation de commande doit être balisé, notre souhait serait de faire en sorte que la visite d’un internaute ne se termine jamais !

Merci mille fois d'avoir répondu à ces questions :-)

A lire les autres interviews d'Aurélie Moulin :
"Il ne s’agit pas de produire pour rien !"
"Il s’agit de générer une audience qui va convertir."

10 février 2012

Comment raconter une histoire "transmedia" ?

Créer une histoire et la décliner à travers facebook, twitter, les blogs, des sites Internet, la télévision, un livre et l'affichage publicitaire, voilà l'ultime aventure de tout storyteller web qui se respecte ! Si ce thème vous intéresse, découvrez ou redécouvrez l'expérience menée par Audi en 2005 pour le lancement de son Audi A3 "The Art of the Heist"


McKinnney Audi A3 Art of the Heist par legrandmatin

Au lieu de tourner un spot publicitaire traditionnel, l'équipe chargée de la campagne imagina un gigantesque jeu qui mobilisa plus de 500 000 participants à travers les Etats Unis. Tout commença dans la vraie vie avec un vol reporté d'une Audi A3 filmé par des caméras de surveillance.

Le jour suivant, lors du New York International Auto Show, en lieu et place de l'Audi A3, les visiteurs purent voir des affiches annonçant le vol de la voiture et invitant les personnes à contacter un numéro de téléphone pour aider à retrouver la voiture : "ATTENTION, if you have any information regarding the location of a 2006 Audi A3 with VIN WAUZZZ8P65A045963, please contact Audi of America at audiusa.com/A3 or call 1-866-OK-RECOVER."

Quelques semaines plus tard, l'annonce du vol de la voiture parut dans les journaux et les magazines, sur d'immenses panneaux d'affichages, dans un spot publicitaire à la télévision (qui précisait les options de la voiture), afin de demander aux américains d'aider Audi à retrouver la voiture volée. L'histoire fit le tour du monde, des Etats Unis à l'Europe en passant pas le Japon. Les blogs parlèrent du vol de l'Audi A3, se demandant si l'histoire était réelle ou fictive ! Toute une communauté se mit en marche pour résoudre l'énigme et retrouver la voiture volée.

Une véritable intrigue fut peu à peu dévoilée avec différents personnages dont les principaux étaient Nisha Roberts, experte spécialisée dans la récupération des oeuvres d'art, et son petit ami Ian Yarbrough, hacker ainsi que Virgil, un designer de jeu vidéo très connu, parfois soupçonné d'être le méchant. Ian (un acteur en fait) révéla que la nouvelle Audi A3 avait été dérobée par un célèbre voleur d'art. 

Le site de leur (fausse) société Last Resort Retrieval sema les indices et informations destinés aux participants. Un blogueur nommé Todd suivi l'histoire du début à la fin, racontant les différents rebonds de l'histoire et se filmant lui-même à la manière d'un réel film d'action à suspense.

A la fin de cette campagne publicitaire novatrice, les américains purent enfin savoir savoir pourquoi la voiture avait été volée. Cette expérience fut largement commentée. Elle attira des fans passionnés mais ne fut pas du goût de tous les américains. Ceci dit, Audi dépassa ses objectifs de vente de 19% !

Ce thème passionnant vient d'être évoqué par Mélanie BOURDAA, Maître de Conférences à l'Université Bordeaux 3 lors de la 6e édition du Forum « Néo-Médias, Nouveaux Métiers » organisé par l'IUT Michel de Montaigne.

Lire également
A new kind of car chase

Le transmedia planning, nourriture pour fans
Allez visiter le forum "Néo-Médias, Nouveaux Métiers" à l'IUT Michel de Montaigne de Bordeaux

01 février 2012

Aurélie Moulin, Aufeminin : "Il ne s’agit pas de produire pour rien !"

Aur_lie_Moulin

Quel impact peuvent avoir les web analytics sur la rédaction des articles pour un site media comme Aufeminin par exemple ? Réponse d'Aurélie Moulin, responsable acquisition de trafic et webanalyste chez aufeminin.com ! 

Est-ce que l’équipe éditoriale regarde les statistiques aujourd’hui avant d’écrire ?
Au niveau de l’équipe éditoriale, leur premier réflexe est la connexion à l’outil de mesure d’audience. Ils regardent sur quels thèmes ils doivent créer du contenu. Ils se demandent : « Est-ce que cet article fait une bonne audience ? Comment mieux l’optimiser ? » Cela leur permet également de voir comment aborder telle thématique et de voir le taux de lecture des articles afin de vérifier s’ils sont lus en entier ou pas. Il ne s’agit pas de produire pour rien !

Est-ce que l’équipe éditoriale web a toujours prêté attention aux statistiques ?
Non, ce n’était pas vraiment le cas à mon arrivée il y a plus de trois ans. Tous les rédacteurs n’étaient pas formés à l’utilisation des outils de mesure d’audience, cette compétence était plutôt réservée aux chefs de rubriques. Cela a beaucoup évolué et maintenant ça roule bien !

On a tous des objectifs de croissance d’audience et chacun essaie de les remplir avec ses armes : celles de l’équipe éditoriale c’est le contenu. Il leur faut donc pouvoir analyser la performance de ce qui est publié afin de toujours mieux optimiser.  C’est l’une de nos forces et l’équipe y a pris gout. Quelle meilleure récompense que d’arriver en fin d’année et de constater une croissance à 2 chiffres de l’audience de sa rubrique ?

Comment travaillez-vous avec les rédacteurs web ?
Les équipes aujourd’hui chez Aufeminin travaillent main dans la main :
- La rédaction
- Les référenceurs
- Les développeurs
- La régie (...publicitaire, qui vend les espaces aux annonceurs- NDPI)
- Le social CRM.
S’il est bien 2 type outils sur lesquels tout le monde chez Aufeminin.com se connectent tous les jours c’est bien le CMS et les outils webanalytics et j’ai un rôle transversal et sers de pivot entre ces équipes. 

Quels impacts concrets ont la mesure des webanalytics sur la production des contenus ?
Les webanalytics interviennent avant, pendant et après la production des contenus. Pour la rubrique « mode » quatre fois par an, il faut suivre la fashion week. Nous regardons la performance de chaque défilé en termes d’audience. Cela permet de comparer l’intérêt ou la préférence que nos internautes peuvent avoir pour telle ou telle marque. Les marques françaises comme Chanel, Dior ou Jean-Paul Gaultier remporteront l’adhésion en France alors qu’évidemment un Gucci ou un Dolce & Gabbana fonctionnera mieux en Italie.

Les outils de mesure d’audience nous permettent souvent de confirmer ou d’infirmer des idées. Au final c’est l’internaute qui a raison,  Donc oui les web analytics influencent directement la production des contenus, ils servent à justifier les choix de production que nous faisons.

Autre exemple, le thème du Festival de Cannes 2011 sur lequel  j’étais intervenu au SMX 2011  : pour couvrir cet évènement  nous avons comme beaucoup de rédactions fait le choix de dépêcher sur place un envoyé spécial  pour faire du reportage live sur les soirées, les dîners, pour ajouter un côté “en direct live”. Mais en se penchant sur les chiffres d’audience on s’est rendus compte que nos internautes ne s’intéressent pas à ces évènements. Ce qu’ils veulent savoir c’est qui était sur la croisette, qui a monté les marches ! La mesure d’audience permet vraiment de mieux connaître nos internautes et d’essayer au maximum de leur offrir les contenus qu’ils recherchent.

Quelle liberté a la rédaction pour poser sa ligne éditoriale, face à ces chiffres ?

Ils ont toute liberté et peuvent servir à justifier leurs choix éditoriaux au quotidien ! auFeminin.com est aussi un magazine qui parle des tendances et déniche des talents, qui s’engage pour différentes causes et notamment pour les droits des femmes. Il est donc aussi des contenus qui sortent des sphères de la course à l’audience. Là on ne se dit pas, tel sujet est recherché donc nous allons le traiter. On peut être en phase avec l’actualité (ie : la journée contre la violence faite aux femmes), quand un sujet fait débat.

Contrairement aux idées reçues, Aufeminin.com n’est pas qu’un gigantesque forum ! La rédaction se positionne pour faire entendre sa voix et se démarquer des fermes de contenus sans âme. Il s’agit plutôt de développer un parti pris, en affinité avec les valeurs de la marque. C’est un travail éditorial de fond.

A lire aussi
Aurélie Moulin, Aufeminin : "Il s'agit de générer une audience qui va convertir."
Olivier de Segonzac : "un bon rapport de web analytics est un rapport qui génère une amélioration."

24 janvier 2012

Lise Mussot, rédactrice web : "Le coworking, c'est l'anti-routine !"

Photo_Lise_Mussot

Freelance ! C'est une réalité pour un nombre croissant de professionnels du web qui choisissent l'indépendance et la liberté plutôt que le salariat. Mais ce choix présente quelques inconvénients, et notamment un risque d'isolement à long terme. C'est la raison pour laquelle Lise Mussot, rédactrice web freelance et référenceur à Lyon a lancé avec plusieurs freelances l'Atelier des médias, un réseau de coworking. Elle nous raconte cette belle aventure. 

Lise, d'abord comment définirais-tu le coworking ?
Le coworking pour moi, c’est la mutualisation d’un espace de travail par des professionnels indépendants qui partagent des valeurs communes. On met en commun le lieu de travail, les fournitures, mais aussi un réseau professionnel et des projets, ce qui crée une réelle émulation. L’ambiance, les relations sont très détendues. Il n’y a pas de rapport hiérarchique mais des relations horizontales. On peut réellement parler d’un nouveau mode de travail qui s’affranchit des modèles connus et dans lequel chacun se sent responsabilisé. 

Ce mode de fonctionnement correspond bien aux besoins des travailleurs indépendants. C’est parfois pesant de travailler tout seul chez soi. On peut finir par tourner en rond. Avoir un espace de coworking, cela permet de sortir, de rencontrer d’autres professionnels, de confronter d’autres points de vue. La créativité se nourrit d’échanges avec les autres. Le coworking pour moi, c’est le lieu « anti-routine » !

Comment l’aventure a-t-elle démarré pour toi ?
Au début nous étions cinq travailleurs freelances avec une réelle envie de monter un projet de coworking sur Lyon. La MACIF nous a mis le pied à l’étrier en nous prêtant des locaux pendant cinq mois. Nous nous sommes fait une trésorerie et nous avons pu commencer à tester notre idée. Puis, lorsque nous avons voulu passer à la vitesse supérieure et louer de grands locaux, la MACIF a continué à nous supporter en se portant caution pour nous auprès du propriétaire. Car un groupe de coworking, ce n’est pas forcément un bon dossier pour une location d'appartement. Ce soutien nous a beaucoup aidé bien entendu.  Nous avons également reçu du matériel informatique, et notamment un vidéo projecteur de la société informatique LDLC.

Concrètement, comment fonctionne l’Atelier des médias ?
Nous avons opté pour le statut d’association loi 1901, nous ne sommes donc pas une activité commerciale comme c’est le cas pour d’autres réseaux de coworking. Nous avons un conseil d’administration traditionnel, un président, un trésorier et une secrétaire. Ensuite, nous avons constitué différents groupes de travail avec des missions spécifiques :

- Le pôle accueil/départ
- Le pôle communication
- Le pôle finance
- Le pôle projet
- Le pôle communication Internet, logistique vie quotidienne
- Le pôle technique

Chacun s’y investit selon ses disponibilités sur la base du volontariat. Chaque fois que nous accueillons un nouveau membre, il s’inscrit dans le pôle qui l’intéresse. Il ne s’agit pas simplement de consommer mais de créer une réelle communauté. Pour l’instant, cela fonctionne très bien ! Tout le monde s’investit et prend ses missions très à cœur.

Combien ça coûte de venir travailler dans les locaux de l’Atelier des médias ?
Nous avons plusieurs tarifs :
- La formule bureau fixe à 140€/mois, là tu as un bureau fixe, tu peux poser ta photo !
- La formule nomade à 80€/mois, tu peux venir tous les jours et tu t’installes où il y a de la place.
- La formule passager : 50€ le carnet de 5 tickets, tu peux venir quand tu veux de 9h00 à 19h00.

Tous les coworkers adhèrent à l’association pour 15€/an. Le réseau La Cordée est parti sur des tarifs plus élevés. Ils ont mis en place un système de badge. Chaque coworker paye en fonction du nombre d’heures « consommées ». Ils se rémunèrent sur les abonnements et peuvent accueillir une cinquantaine de coworkers.

Combien pouvez-vous accueillir de coworkers à l’Atelier des médias ?
Nous ne cherchons pas à gagner d’argent mais simplement à atteindre l’équilibre.  Pour cela, nous devons accueillir 38 coworkers. Nous avons estimé qu’au-delà de 45 coworkers ce serait l’usine. Nous avons donc un pôle qui gère l’arrivée et le départ des coworkers avec une liste d’attente et un système de rencontre via le co-lunch. Là, on apprend à connaître les nouveaux, on voit s’ils adhèrent au projet, s’ils ont les mêmes valeurs que nous et si cela peut fonctionner. On accueille ces nouveaux coworkers en fonction des places disponibles.

Quel est le profil des coworkers de l’Atelier des médias ?
Nous accueillons à 70% des personnes qui travaillent dans les métiers du web et des médias : journalistes, développeurs, community managers, traducteurs, photographes, designers, responsable e-commerce, ergonomes, référenceurs…

Merci Lise :-)

Pour en savoir plus
Fini le télétravail, vive le coworking
L'explosion du phénomène coworking

Quelques réseaux de coworking :
- L'atelier des médias à Lyon : http://atelier-medias.org/
- La cantine à Paris : http://lacantine.org/
- La mutinerie à Paris : http://www.mutinerie.org/
- Le comptoir numérique à Saint Etienne : http://www.comptoir-numerique.fr/ 
- La cordée à Lyon : http://www.la-cordee.net/

06 janvier 2012

2012, année sémantique, linguistique, fantastique !

Je le dis tous les ans, mais cette fois-ci, c'est sûr : 2012 sera une année formidable pour les professionnels du contenu en ligne ! Pourquoi ? Voici toutes les bonnes raisons d'aborder la nouvelle année avec optimisme :-)

L'écrit web est devenu une valeur sûre.
En 2002, le Salon du e-contenu fermait ses portes pour cause de désertion. L'Internet en général, et l'écrit web en particulier souffraient de l'éclatement de la bulle. La Mine venait de sortir sa merveille de Livre blanc "De la conception des contenus en ligne" mais il n'y avait presque plus personne pour s'enthousiasmer. Les rédacteurs pelaient des oranges dans les agences web en attendant qu'on les appelle enfin pour jeter deux ou trois mots dans les trous laissés sur les maquettes. Le contenu web, tout le monde s'en moquait. Ca rapportait pas un copeck.

En 2012, c'est toujours la crise mais nous n'avons jamais autant parlé de contenu en ligne. Le référencement naturel a ramené le contenu sur le devant de la scène. Merci Google. Et voilà l'ère de la "stratégie de contenu", de la "rédaction référencement", du ROI du contenu, du brand content, des contenus communautaires, etc. Bref, c'est le bonheur pour les rédacteurs web et les consultants en stratégie de contenu. 

Un contenu éditorial bien ciblé ça rapporte des visiteurs qualifiés, c'est vrai.
Des textes bien écrits, bien structurés, positionnés sur un champ lexical finement travaillé, ça rapporte des visites qualifiées c'est prouvé. Et les visiteurs qualifiés, ça achète mieux que les visiteurs arrivés par hasard, ça c'est sûr. Pour s'en convaincre, regardez cette belle courbe de conversion réalisée sans trucages et obtenue après refonte et réécriture d'un site e-commerce (en jaune, année 2011 nouvelle version du site lancée en juillet - en rouge, année 2010).

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Comme l'a bien expliqué Aurélie Moulin, responsable de l'acquisition de trafic chez Aufeminin : "il s'agit de générer une audience qui va convertir". Aufeminin se positionne n°1 sur la requête "femme". C'est formidable ? Non, car les internautes (masculins) qui tapent massivement "femme" ne sont pas intéressés par le genre d'articles publiés sur aufeminin... 

Analyser son trafic, le champ sémantique des requêtes les plus performantes, voilà la recette du succès en référencement naturel pour 2012. Et là, la finesse de l'approche éditoriale, linguistique offre un potentiel énorme qu'il reste à exploiter. On attend la nouvelle version (payante, chère) de Google analytics en croisant les doigts pour qu'elle soit plus ergonomique, plus "grand public" que la précédente et plus pratique à utiliser.

Trois mots bien placés peuvent rapporter +32% de ventes.
Le logiciel Smart de Devatics a montré que les mots doux comme "promotion -25€", "livraison gratuite" peuvent faire des miracles chez les acheteurs encore indécis. "Satisfait ou remboursé, 7 jours pour changer" et hop, voilà les chiffres qui s'envolent ! Avouez que ça serait dommage de s'en priver, non ? Avant d'acheter des mots-clés à tour de bras, commencer par bien peaufiner ses mots à soi. C'est vrai partout, toujours.

Les internautes aiment les belles histoires
Est-ce une réminiscence du temps où nous écoutions notre grand-mère nous raconter "Boucle d'or" ? Les internautes aiment les bonnes histoires. Ce n'est pas moi qui le dit, toutes les études le prouvent. La première d'entre elle étant celle réalisée par le Poynter Institute l'Eyetrack07 : les lecteurs accrochés par une bonne histoire sur un site d'information ne la lâchent pas. Ils la lisent EN ENTIER. Ils lisent même PLUS que sur un journal papier. Il y a de l'espoir. Le cerveau bionique des internautes n'est pas complètement perdu. Les rédacteurs n'ont plus qu'à être bons.

Médiapart est rentable.
Alléluia !!! Fini les boulots de serveuses pour arrondir ses fins de mois : l'avenir se dégage pour les journalistes web. Merci Edwy Plenel. Il a prouvé qu'une ligne éditoriale bien trempée, des scoops et de l'actu bien secouée, ça paye toujours même sur Internet. Et il en a profité pour donner une bonne leçon de journalisme à tous les jeunes geeks de la net generation, non mais.

Ca fait 10 ans que les entreprises postent des articles en ligne. C'est le bazar !
Mais oui, imaginez : dix ans à poster des contenus dans tous les sens et à créer des minisites, qu'est-ce que ça donne ? Un embrouillamini géant avec des vieux articles datés oubliés dans les coins, des doublons partout (avec du duplicate content à la pelle), un beau mélange de langue, de genre, de design, de style, une foirfouille géante de la phrase, une galaxy intersidérale de mots inutiles.

Voilà, c'est le moment de faire le point, de ranger tout ça, d'organiser, de structurer, de penser, de rationaliser. Ca s'appelle la stratégie de contenu et franchement, ouf, qu'est-ce que ça fait du bien :-)

Alors avec tout ça, je vous souhaite une excellente et heureuse année 2012 ! Et si vous voyez des raisons supplémentaires de nous réjouir, allez-y n'hésitez pas, partagez :-)