Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

02 mai 2013

Le contenu, ça marche en SEO : la preuve !

Est-ce qu'une bonne rédaction web ça marche vraiment pour le référencement naturel ? Lors des Journées du contenu web en 2012, j'avais présenté une étude de cas réelle avec l'accord de mon client Les Editions Atlas. Le support de cette conférence vient de dépasser les 10 000 vues sur slideshare ! Si vous l'aviez laissé passer, le revoici : toute la méthode étape par étape pour placer les fiches produit sur des requêtes avec un fort potentiel de trafic mais surtout de CONVERSION.

> analyse des mots-clés les plus pertinents en amont
> recherche des informations clés pour les internautes
> construction de la page avec de géniaux ergonomes
> rédaction référencement
> vérification des balises html
> mesures des résultats grâce aux webanalytics

Résultat : première page de résultat pour Les Editions Atlas sur des requêtes clés, devant Amazon et la Fnac. A l'époque, l'entreprise n'avait pas encore d'agence de référencement. Maintenant, c'est le cas et ils sont encore plus forts. Mais bref, tout ça pour dire que le contenu, ça marche vraiment. Testé et prouvé :-)

Redaction de la fiche produit en e-commerce from Eve Demange

 


Pour les poètes SEO uniquement...
The poetry of SEO

 



19 avril 2013

Aude Mainville : « La charte doit être une traduction très concrète de la stratégie éditoriale. »

Dixxit

Créée en 1999 par Michel Dumontier, Dixxit fait partie des agences pionnières de l'éditorial web en France. Dixxit nous inspire, comme avec ce livre blanc publié dans le milieu des années 2000 : "Référencement, la revanche du contenu". 30 pages cultes, 30 pages qui tuent ! 30 pages qui ont rendu leur fierté à des bataillons de rédacteurs web. Aude Mainville, directrice associée, nous donne sa vision de la charte éditoriale web.

Est-ce que la charte éditoriale est nécessaire selon toi pour garantir la qualité du contenu web ?
La charte éditoriale est un pré requis indispensable, essentiel quand on fait appel à une agence ! Parfois la charte existe déjà quand nous intervenons. Nous nous glissons alors dans l’existant en y ajoutant notre patte. D’un client à l’autre, nous voyons des chartes très variées, aussi bien concernant le volume, le format, que les sujets abordés.  On trouve parfois plusieurs chartes en fonction des sujets et des intervenants.

Est-ce que la charte constitue un bon véhicule de la stratégie éditoriale web ?
La stratégie éditoriale doit être pensée en amont et partagée avec tous les contributeurs. Exprimer la stratégie dans des outils comme la charte éditoriale, cela permet d’en faciliter l’appropriation.

Souvent dans les sites Internet, les contributeurs sont multiples, en interne, en externe. La charte garantit une pérennité, une harmonisation de la ligne éditoriale. Que ce soit un pavé word ou quelques slides légères, la charte est un document de référence.

On y viendra de plus en plus, je pense. Mais il reste encore beaucoup d’évangélisation à faire avec cette notion de charte éditoriale. Même chez les institutionnels, on est parfois surpris de les voir travailler dans l’urgence. La place de l’éditorial n’est pas comprise. Une charte permet de poser les bases et d’avancer sereinement ensuite sur la production.

Est-ce que le processus de validation d’une charte ne représente pas un frein à sa mise en place ?
Le contenu éditorial remue plein de choses. Cela signifie associer la hiérarchie, affronter des questions que l’on n’a jamais voulu se poser. Tout le monde n’est pas toujours prêt. Dans les grands groupes, la mise en place d’une charte éditoriale représente un processus long et complexe. On pose les axes éditoriaux avec peine, et quand on arrive au concret, cela devient encore plus difficile.

C’est pour cela que la charte doit être une traduction très concrète, lisible de la stratégie éditoriale. Comment va-t-on traduire concrètement un « ton humanisé » par exemple ? Il est important de donner des textes étalons, des modèles sur lesquels on va pouvoir s’accorder. Cela permet de revenir aux fondamentaux. Sinon on prend le risque de perdre la cohérence.

Que doit-on mettre dans une charte éditoriale web ?
La charte éditoriale ne répond pas seulement à la question « comment bien écrire ? ». La charte éditoriale décrit l’ensemble de l’expérience informative. On détaille les dimensions rich media mais  aussi le contenu dans son ensemble, le déploiement sur tout type de support, le responsive design. L’éditorialisation des médias riches c’est un vrai challenge aujourd’hui. Comment on traduit les nouvelles formes de narration ? Comment on navigue au sein d’un site ? La charte éditoriale expose les choix fondamentaux de l’entreprise sur tous ces aspects essentiels.

Comment doit-être rédigée cette charte pour être efficace ?
Il est possible de rédiger une charte éditoriale très complète, une sorte de bible, et de faire des extraits pratiques, des fiches. On peut également rédiger plusieurs chartes pour adresser différentes problématiques : référencement naturel, gouvernance, workflow, validation au lancement puis animation éditoriale lors de la vie du site… On peut aussi juste faire une petite charte avec les règles d’écriture. L’important c’est de partager avec les contributeurs du site pour qu’ils s’approprient la charte éditoriale.

Justement, comment en faire un outil utilisé, utilisable ?
La charte éditoriale reste encore trop souvent de l’ordre du théorique. Elle pose les fondamentaux au départ. Mais ensuite il faut y revenir. Il faut que les rédacteurs aussi bien internes qu’externes, la gardent bien en tête. Les formations à la charte permettent d’en faciliter l’appropriation. Tous les moyens sont bons. Le tout, c’est que la charte éditoriale ne reste pas un dossier oublié dans un tiroir.

Merci Aude :-)

A lire ausssi
Le support de la conférence sur la charte éditoriale web donnée aux Journées du contenu web 2013
Béatrice Toulon : "Une bonne charte éditoriale est celle qui permet au journaliste de savoir si un sujet est pour lui ou pas."
Pascal Maupas : "La charte éditoriale web, c’est le code génétique de l’éditorial d’un site web. "

 

09 avril 2013

Le storytelling : construire son identité grâce aux histoires

Le storytelling, c'est l'art de raconter une histoire pour faire passer des messages. Les histoires fondatrices entrent par nos coeurs pour marquer nos esprits. Pratiqué avec honnêteté, le storytelling peut vous aider à construire votre identité éditoriale et à imprimer votre marque durablement.

"On ne badine pas avec les métaphores. L'amour peut naître d'une seule métaphore" écrivait Milan Kundera dans son roman L'Insoutenable légèreté de l'être. On pourrait faire une remarque similaire à propos du storytelling. On peut faire rêver, donner de l'espoir en racontant une belle histoire. On peut aussi manipuler pour cacher une réalité sordide. On ne badine pas avec le storytelling.

Je travaille depuis longtemps sur l'art narratif comme romancière (une passion sur laquelle je communique peu sur ce blog mais qui enrichit quotidiennement mon travail de conceptrice rédactrice web). Je me suis toujours un peu méfiée des belles histoires utilisées à des fins marketing. Les grands manipulateurs et les régimes totalitaires ont tous excellé dans l'art de créer des mythes pour dissimuler la réalité. C'est la raison pour laquelle j'utilise moi-même cette technique en communication avec une certaine prudence.

Mais passé cette mise en garde, et pratiqué avec honnêteté, le storytelling peut vous aider à construire votre identité éditoriale sur le web et dans la vraie vie. Voici deux exemples de storytelling.

Renforcer l'identité de sa marque : l'histoire de Dr Hauschka
Certaines marques comme Dr Hauschka ont fondé leur identité sur une histoire puissante. Voici comment la marque se présente sur son site web :

"Dr Rudolf Hauschka était un jeune chimiste quand il rencontra Dr Rudolf Steiner, qui avec ses 30 ans de plus, lui donna un conseil dont il s’inspira bien plus tard pour faire une découverte de taille :

« Etudiez les rythmes, le rythme est porteur de vie. »

Poussé par cette déclaration, Rudolf Hauschka développa un procédé de conservation des extraits de plantes médicinales sans recours à l’alcool. Il utilisa la force naturelle des polarités, l’alternance rythmique de lumière/obscurité, chaleur/froid, mouvement/repos.

Jusqu’à aujourd’hui nous obtenons nos extraits, extraits végétaux et teintures, selon ce procédé fondamental rythmique. Nous l’utilisons quand nous remuons nos macérats et agitons nos préparations pour les transformer en cures intensives. Les rythmes saisonniers aussi scandent le travail dans notre Jardin de plantes médicinales."

Dans le cas de Dr Hauschka, le storytelling est naturel, exemplaire, car il repose sur une réalité, avec une éthique forte, déclinée dans toute l'entreprise. Il contribue simplement à donner corps à ces valeurs en racontant une histoire fondatrice.

Faire passer un message : la newsletter Club Aventure
Pour présenter son trek organisé au Népal au printemps, Huwans Club Aventure a choisi de lui donner la forme d'une histoire. C'est un personnage réel "Ngawang", guide Huwans, qui va servir de vecteur narratif. Le choix du récit permet de projeter le lecteur directement dans l'ambiance du voyage, de l'aider à s'imaginer cheminant dans les paysages grandioses du Népal. Cela permet de faire passer le message suivant "le Népal c'est génial au printemps" :

"« Le printemps au Népal, c'est génial ! »
Ngawang Sherpa, guide Huwans originaire de Solukhumbu, est enthousiaste. Les journées sont clémentes, avec des températures
agréables pour marcher. Les montagnes sont couvertes de fleurs diverses, notamment les rhododendrons et les orchidées. « Et par rapport à l'automne il y a moins de trekkeurs, donc possibilité de découvrir le Népal de façon plus intime ! »

Nous commençons notre aventure à Phaplu, point de départ de notre trek. Ngawang l'avoue en souriant : « j'ai une petite préférence pour la région de Solukhumbu, mon pays natal. ». Situé aux contreforts du massif de l'Everest, Solukhumbu est encore peu connu dans le monde du trekking."

Storytelling

Dans les deux cas cités, le storytelling permet de faire passer un message en jouant sur le registre de l'émotion plutôt que la raison. On raconte une histoire pour expliquer les valeurs fondatrices d'une marque, pour faire passer un message.  Alors si comme la marque Dr Hauschka vous avez une histoire fondatrice, n'hésitez pas à la communiquer. Cela vous permettra de renforcer votre identité auprès de vos clients.

Si le storytelling vous intéresse :
Le storytelling en pratique, un article avec un cas pratique sur le blog WAW
Storytelling : réenchantez votre communication, un très bon livre sur ce sujet
Storytelling : la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, pour une analyse plus critique

Si vous cherchiez un bon livre pour les vacances :
La Petite aux aigles d'Eve-Gabrielle, aux Editions Anne Carrière
En préparation : Les Enfants de Peyrefioc d'Eve-Gabrielle, Centre National du Livre

 

26 mars 2013

Journées du contenu : les rédacteurs web au nirvana ch'ti !

Journées du contenu web

Cette année encore, les professionnels web de tout poil se sont retrouvés dans les somptueux locaux d'Euratechnologies à Lille pour parler stratégie de contenu, écriture web, SEO et webanalytics. Seul évènement du genre en France aujourd'hui, ces journées représentent une formidable occasion de rencontre !

Pour ceux et celles qui n'ont pas eu la chance d'assister à cette rencontre :
> Le compte rendu complet des Journées du contenu web réalisé par Sébastien Monnier, ex de Google et fondateur de l'agence WoptiMo.
> Le groupe facebook des Journées du contenu web avec tous les supports de conférences
> Le best of des citations sur twitter par Marie-Eve Doriath de l'agence Rédactio 

> Les photos prises par Euratechnologies

Pour ma part, je retiens :
> L'excellente présentation d'Hélène Guérriat de We are the words sur les gabarits éditoriaux. Une véritable avancée pour le métier de rédacteur web selon moi car cette technique permet de modéliser la rédaction web. Et Hélène nous a présenté tout ça avec beaucoup de peps ! Vous pouvez voir le support de sa conférence "Les gabarits éditoriaux, rationnalisez vos efforts d'écriture" sur slideshare.

> La conférence sur le duplicate content et la législation : il est intéressant de voir comment la loi se positionne sur le partage d'informations en ligne et la citation des sources dans les articles. Vous ne devez pas reprendre un texte trop long (seulement quelques lignes) et toujours citer la source. Chaque site qui publie de l'information devrait avoir un texte juridique sur l'autorisation ou non de reproduire ses contenus dans les mentions légales. Jean-Marc Morandini a été condamné à 50 000 euros d'amende pour avoir reproduit des contenus du magazine Le Point sur son blog.

> La conférence de Nicolas Malo, avec exercices pratiques sur les webanalytics. Cela permettait de comprendre comment mettre en équation les statistiques avec les objectifs visés par le site. Une séquence de travail très animée et très intéressante :-)

> La conférence de clôture de Yann Gourvennec, directeur Web, Digital & Social Media d'Orange dont j'ai raté la conclusion malheureusement...

Je n'ai pas pu assister à toutes les conférences car le vrai problème c'était le choix (et j'ai aussi participé à des tables rondes passionnantes mais qui m'ont fait rater d'autres conférences, prévoir un retourneur de temps pour l'année prochaine ;-).

Et aussi l'accueil toujours chaleureux et décontracté d'Eric Delcroix, l'excellente garbure du restaurant La Chicorée, les expériences spirituelles d'Arnaud Velten et le délicieux accent québécois de Martine Gagné :-)

A lire aussi :
La charte éditoriale, outil de la stratégie web, le support de la conférence Plume Interactive sur la charte éditoriale web

 

19 mars 2013

Béatrice Toulon : "Une bonne charte éditoriale est celle qui permet au journaliste de savoir si un sujet est pour lui ou pas."

phosphore

Béatrice Toulon, a travaillé pour l'Agence France Presse, avant d'être correspondante de presse en Espagne, principalement
pour Libération. Elle a été reporter, et chef de service Europe au service international de La Croix, durant une dizaine d'années. Elle a couvert des conflits dont la guerre d'ex-Yougoslavie. Elle a dirigé les magazines Phosphore et Studio. Cette ancienne rédactrice en chef témoigne : la charte éditoriale est indispensable pour garantir la qualité et l'intégrité de l'information.

D'après votre expérience, comment font les magazines pour garantir une qualité d'information pérenne dans le temps ?

"J'ai travaillé pour des familles de presse différentes et les questions ne se posent pas de la même manière partout. Bien sûr, il y a des questions qui valent partout comme : inventer ou pas des citations si on n'en trouve pas. Je l'ai largement vu pratiquer. S'ajoute désormais le phénomène de la baisse des ventes qui touche tous les secteurs (pour des tas de raisons qui vont de l'irruption du web à l'inadaptation des points de vente) et qui met la pression sur le besoin de vendre. A mon avis, ça a expliqué que dans la presse féminine on ait poussé des sujets sexe comme les sextoys par exemple, en exagérant leur supposé succès public.

Dans les féminins, la seule vraie question est celle du rapport à la pub. Mais ces magazines en sont arrivés à un point où les dérives ne sont plus rattrapables, je pense. Le poids des marques est trop lourd. Les sites féminins ne sont que des supports de marques. De toute façon, s'ils ne font pas ce que les marques demandent, celles-ci se tournent vers les blogueuses qui n'ont que peu idée de ce qu'est la déontologie. L'une d'entre elle ne confiait récemment que sa règle de conduite, sa "déontologie"  était de n'écrire que sur des sujets  où elle était invitée à voir sur place. Et de me raconter qu'une marque de champagne l'avait invitée à une soirée et l'avait tellement bien reçue qu'elle avait fait un post très enthousiaste... sans la moindre conscience de la manipulation !

Dans les newsmagazines on voit les dérives people voire trash. Les directions de groupe font pression sur les directions de rédaction qui font pression sur les équipes. C'est là qu'avoir de documents solides, remis à jour, sur la ligne éditoriale permet de garder le cap, voire de l'opposer aux pressions. Les échanges oraux sont difficiles. En ces temps de chômage massif dans la profession, rappeler la règle déontologique à son supérieur hiérarchique peut relever du suicide...

Qu'est-ce qu'une bonne charte éditoriale selon-vous ? Est-ce utile ?
Utile, indispensable ! Sauf si on la laisse dormir dans un tiroir. Personnellement, je considère que si on dirige un titre, on doit avoir un document définissant le concept, la ligne éditoriale, une charte éditoriale (complétée par  un contrat de lecture) et même une charte publicitaire.

Une année, j'ai été nommée rédactrice en chef adjointe d'un magazine qui hébergeait pas mal de pubs mais ne faisait pas beaucoup le tri. Certaines pubs étaient de la pure arnaque, en opposition aux valeurs du magazine. J'ai décidé de rédiger une charte publicitaire. J'ai établi des critères d'acceptation des pubs et d'autres choses comme les modalités des publi-reportages. Mon patron m'a félicitée pour la qualité de ce travail et... l'a  enfermé dans son bureau ! Je ne suis pas restée longtemps...

Bref, on a besoin de savoir pourquoi notre titre existe, à qui il s'adresse, quel type d'information il transmet, quels messages il veut faire passer, quel niveau de langage il adopte (quel type de relations de connivence avec les lecteurs), son positionnement esthétique, son rapport à l'image, à l'intimité,  son regard sur la vie même  et de l'époque (le message subliminal doit-il être que "c'est foutu" ou que "rien n'est jamais foutu" ?), est-on un media essentiellement de témoignage ou d'analyse ?

Une bonne charte éditoriale est celle qui permet au journaliste de savoir si un sujet est pour lui ou pas. Quand il aborde un sujet, il sait non pas ce qu'il doit en dire, mais quel type de questionnement il ne doit pas oublier de faire.

A lire aussi
Yves Vilagines, Les Echos : « Sur le web, les journalistes sont confrontés à l’audience réelle de leur article. »
Elisabeth Clément, Télénantes : "Je crois beaucoup à la notion de Charte éditoriale web."

Merci à vous, Béatrice !

 



17 mars 2013

La charte éditoriale, outil de la stratégie web

Les responsables de sites web mènent une réflexion de plus en plus poussée sur le contenu web. Mais les chartes éditoriales restent encore trop rares. L'urgence de la production de contenu prend souvent le pas sur la réflexion en amont et la stratégie. Et personne ne sait finalement ce qui a été imaginé et validé pour le traitement de l'information. Comment améliorer les chartes éditoriales web ? Que mettre dans sa charte éditoriale en 2013 ? 

Voici le support de la conférence sur la charte éditoriale web, Journées du contenu web, Lille 2013 :

Conférence charte éditoriale web lille- journées du contenu web from Eve Demange

A lire aussi

Pascal Maupas, Hypertexte : « La charte éditoriale web, c’est le code génétique de l’éditorial d’un site web. »
Elisabeth Clément, Télénantes : "Je crois beaucoup à la notion de Charte éditoriale web."
Charte éditoriale : Suivez le guide ! par Anne-Gabrielle Marmignon, une rédactrice web partenaire de Plume Interactive

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12 mars 2013

Yves Vilagines, Les Echos : « Sur le web, les journalistes sont confrontés à l’audience réelle de leur article. »

Yves Vilagines dirige la rubrique Business sur le site web des Echos. Ce serial créateur de magazines a lancé neosapiens.fr, média novateur sur l'environnement et les solidarités. Il a dirigé l'excellent trimestriel Influx consacré aux nouvelles technologies. Il nous livre sa réflexion sur les facteurs de succès d'un article sur le web. Et sur le changement de la relation entre le journaliste et son lecteur sur un média en ligne.

 

Les Echos



Yves, le succès d'un média web est directement lié à l'audience, comment garantir la qualité de l'information ?
Les méthodes que l’on applique sont empiriques. On ne sait pas ce qui fait le succès ou non d’un article au niveau de l’audience. D’un côté, il y a le choix du sujet, de l’autre la visibilité sur les moteurs.


Le choix du sujet
Qu’est-ce qui à un moment donné intéresse le lecteur ? Bien entendu, nous savons que certains sujets marchent mieux que d’autres. Mais parfois nous pouvons avoir des surprises. Malgré les études de marché, on peut toujours faire un bide sur un sujet porteur.

La visibilité d’un article sur les moteurs
Ensuite, comment ce sujet est mis en avant techniquement ? Pour la presse papier, c’est le réseau de distribution du magazine. Sur le web, c’est la façon dont tu le mets en avant sur ton site web et la manière dont les lecteurs trouvent l’article sur Google. Les algorithmes de Google sont mal connus. Nous réfléchissons à partir de l’observation des statistiques, et de ce que Google veut bien nous donner comme information. Nous soignons les titres. On sait que les liens internes en profondeur améliorent le référencement. Mais dans quelle proportion ? On ne le sait pas.

Combien de lecteurs arrivent directement via Google sur le site des Echos ?
Sur le site des Echos, entre 52 et 55% du trafic direct vient de Google. Le taux de rebonds est élevé, 70 à 75%, des lecteurs viennent sur un article et repartent aussitôt après l’avoir lu.

Les statistiques, une leçon d’humilité pour les journalistes
Pour un journaliste, ces statistiques sont une leçon d’humilité totale. Sur un magazine papier, on connait l’audience globale. Tu sais par exemple que chaque exemplaire de ton magazine est lu par 3 personnes. Donc  si j’en vends 100 exemplaires, cela signifie que j’ai 300 lecteurs. Sur le web, on change d’échelle. On n’est plus sur une audience globale mais on a des statistiques par article, ce que l’on a très rarement dans un magazine papier. Tu sais précisément combien de lecteurs ont lu ton article.

Prendre en compte l’avis du lecteur web
L’importance du référencement Google confronte le journaliste à la recherche directe d’audience. Le journaliste doit se poser la question « pourquoi mon article va-t-il être recherché ? » Avant, on débattait ces questions dans les rédactions mais rarement avec le lecteur. Maintenant sur le web, la sanction est immédiate. On voit directement l’intérêt pour un sujet ou non, pour un article ou l'autre. Les journalistes sont confrontés à l’audience réelle de leur papier et de leur sujet. C’est une leçon d’humilité parfois difficile à avaler.

Merci Yves !

A lire
Aurélie Moulin, aufeminin : "il ne s'agit pas de produire pour rien !"
Aurélie Moulin, aufeminin : "nous avons des tableaux de bord répartis par rubrique"

07 mars 2013

Pascal Maupas, Hypertexte : « La charte éditoriale web, c’est le code génétique de l’éditorial d’un site web. »

On ne présente plus Pascal Maupas sur ce blog ! Directeur de l'agence SEO Hypertexte, il a créé les formations à l'écrit web au Benchmark Group et connaît le sujet de la charte éditoriale web par coeur. Il accompagne à peu près toutes les entreprises du CAC 40, et ce depuis les débuts du web (ou presque). Voici son avis d'expert sur la question.

Hypertexte

Comment définirais-tu la Charte éditoriale web ?
La charte éditoriale web, c’est le code génétique de l’éditorial d’un site web depuis l’arborescence jusqu’au process de mise à jour. La charte permet de définir le rubriquage, les formats éditoriaux auxquels on tient, la tonalité éditoriale. Cela peut aller de 10 à 30 pages. Parfois nous faisons des petites chartes éditoriales d’une dizaine de pages.

Est-ce que les chartes éditoriales sont fréquentes ?
Dans tous les gros sites web, tu trouves une charte graphique. Parfois, c’est un classeur entier qui détaille tout jusqu’à la couleur du picto sur un bouton ! Mais pour l’éditorial, souvent personne ne sait exactement ce qui a été imaginé, choisi, décidé.

Dans les journaux et les magazines, c’est pareil. Quand tu commences à écrire des articles pour un titre, on t’amène une pile de magazines et on te dit « voilà, ce qu’on fait ! ». Et c’est à toi d’en déduire le ton, l’angle. Rien n‘est écrit. Or, cette façon de faire présente un risque majeur : tout peut varier dans le temps. Et la qualité de l’information en pâtit.

Est-ce qu’une charte éditoriale web est nécessaire ? Certains blogs revendiquent l'absence de charte comme une souplesse.
On peut se passer d’une charte éditoriale, mais la charte présente tellement d’avantages que c’est dommage de s’en priver.

La charte éditoriale cadre la pratique de manière à garder un niveau optimal. Il y a beaucoup plus à gagner qu’à perdre. Si un rédacteur commence à créer des titres incitatifs avec des jeux de mots et des clins d’œil aux lecteurs, c’est bien mais peut-être que ses articles ne seront jamais référencés dans google. S’il suit la charte éditoriale web et qu’il rédige un titre informatif avec des mots-clés, il assure la visibilité de son contenu. Et de la contrainte peut naître la créativité.

La charte me paraît indispensable également pour s’approprier le travail des prestataires extérieurs. Souvent, lorsqu’un prestataire arrive, de nouvelles idées affluent. Si on n’intègre pas ces idées dans la charte, elles retombent comme un soufflé. La charte permet de formaliser les idées, la créativité, l’expérience. Cela permet de l’injecter également dans son propre process.

La charte éditoriale est indispensable dans les situations nouvelles. Par exemple, un nouveau contributeur arrive en interne. Il ne sait rien du projet, la charte lui permet de rentrer dans le train tout de suite. S’il y a une absence imprévue d’un contributeur régulier, on peut briefer rapidement une agence, un freelance.

Tu es un ancien journaliste. Comment expliques-tu le fait que les magazines papier n’ont pas de charte ?
Dans un journal, les codes sont intégrés. Les journalistes connaissent les formats éditoriaux types. Ils savent tous ce qu’est un reportage, une narration de type magazine, un compte rendu, une brève. Ils ont appris ces codes à l’école, c’est leur métier.

En presse papier, les secrétaires de rédaction font les titres et les chapôs. C’est eux qui garantissent une cohérence à l’ensemble du journal. Ils doivent répondre de la qualité de leur travail devant leur SR en chef.

Et puis juste avant le bouclage, on affiche au mur toutes les maquettes du magazine. Cela permet d’avoir une vision très claire de ce qui va paraître. On voit le produit dans son ensemble. On peut contrôler la cohérence des articles. Le web est un objet différent, toujours en perpétuelle évolution. Il n’y a pas de début et pas de fin. Il faut une réflexion en amont et une charte pour cadrer l’ensemble de la production.

Sur les sites web, la rédaction se trouve beaucoup plus éclatée. Est-ce que l’on peut dire que cela rend la charte éditoriale nécessaire ?
Oui, tu as des correspondants ou des rédacteurs issus de plusieurs départements, avec des métiers différents. Souvent, la rédaction ce n’est pas leur métier. On leur demande de rédiger en plus. Certains écrivent de manière synthétique, d’autres vont avoir un style plus dilué. Si on ne cadre pas tout ça, on se retrouve avec un site complètement hétérogène.

Tous les interviews sur la charte éditoriale :
Elisabeth Clément, Télénantes : "Je crois beaucoup à la notion de Charte éditoriale web."
Le blog contributif d'informations et d'expressions Citizen Nantes
Le magazine Fragil

26 février 2013

Elisabeth Clément, Télénantes : "Je crois beaucoup à la notion de Charte éditoriale web."

 

Telenantes

Comment garantir la qualité de l'information et la cohérence des contenus sur un site web ? Quelle serait une Charte éditoriale web idéale en 2013 ? Faut-il même rédiger une Charte ? Ces questions, je les ai posées à des rédacteurs en chef et des responsables de l'information. Cette semaine, Elisabeth Clément, directrice de la TV web Télénantes, donne son point de vue sur la question.

Quels documents garantissent la qualité de l’information sur telenantes.fr ?
Nous avons une ligne éditoriale posée pour l’ensemble des journalistes. Cette ligne éditoriale se trouve au cœur des choix et des décisions prises par la rédaction. Ce guide doit permettre aux journalistes de se référer à quelque chose de concret en plus de nos échanges. Pour moi, il est capital.

Nous avons posé également une charte des contributions. Le site web telenantes.fr, né d’une télévision, doit clairement développer les contributions des internautes. Cela signifie faire appel à des gens qui ne sont pas encadrés. C’est d’autant plus important de préciser et de poser clairement les règles. Cela nécessite un travail en amont.

Avez-vous une Charte éditoriale ?
Je crois beaucoup à la notion de Charte, à la nécesssité d'encadrer la production éditoriale. Nous avons commencé une réflexion qui n’est pas totalement aboutie. Il y a 2 ans, Yannick Lainé (NDPI: le rédacteur en chef adjoint de Télénantes) est intervenu dans ce sens aux assises du journalisme à Poitiers.  Nous avons travaillé sur la notion d’encadrement et sur une Charte. Nous avons l’intention, la question est de savoir : « comment ça se transforme concrètement  dans une rédaction ? »

Avez-vous défini des thématiques clés par rapport à votre stratégie SEO ?
C’est encore à venir. Toute la rédaction a été formée au référencement. Nous travaillons sur des thématiques précises. Nous avons limité ces thématiques pour nous adresser à des communautés de public. Nous nous sommes posé la question de savoir : « à quel type de communauté de publics on s’adresse ? »

Nous produisons des informations pour le web et la télévision. Aujourd’hui les contenus doivent passer sur tous les supports. Tous les sujets sont indexés, taggés sur une fiche qui sert pour tous les contenus. Même si nous n’avons pas encore assez de recul pour voir l’impact de ce travail sur Google.

Et les réseaux sociaux, avez-vous un document de cadrage ?
En ce qui concerne les réseaux sociaux, je me pose encore beaucoup des questions. Aujourd’hui, les journalistes apportent des contenus sur les réseaux sociaux mais ce travail n’est pas encore assez structuré.  Nous sommes encore un peu dans la découverte. Nous avons besoin de réfléchir au travail d’écriture sur la place de chacune des éditions. C’est un débat à ouvrir avec la rédaction.

 A lire
Une Charte "qualité de l'information" : l’interview de Jérôme Bouvier, fondateur des Assises du Journalisme sur le blog Citizen Nantes
Yves Monteil : "CitiZen Nantes se veut un média ouvert à une génération web qui ne lit pas beaucoup la presse."

 

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14 février 2013

Yves Monteil : "CitiZen Nantes se veut un média ouvert à une génération web qui ne lit pas beaucoup la presse."

 

Citizen Nantes

 

Yves Monteil est rédacteur en chef du blog d'informations et d'expressions citoyennes CitiZen Nantes depuis 2006. Cette année, il lance des ateliers numériques dans les quartiers populaires de Nantes pour initier les jeunes au décryptage des médias. Il s'associe à la réflexion de Plume Interactive sur la Charte éditoriale web. Le projet sera relayé sur le blog Citizen-Nantes. Interview avec un empêcheur de tourner en rond, un journaliste pionnier, engagé, comme on aime.

Yves, parle-nous de CitiZen Nantes :
"CitiZen Nantes est né à l’échelle d’un quartier. J’ai travaillé longtemps comme journaliste pour la presse quotidienne régionale. Et je trouvais que les médias traditionnels n’accordaient pas assez d’importance aux quartiers populaires. Le blog CitiZen Nantes est né avec l’envie de rendre compte de la vie dans ces quartiers.

Au début, c’était très expérimental. Le blog couvrait les initiatives individuelles et associatives d’un quartier. Et puis en 2010, le blog s’est ouvert à toutes les initiatives citoyennes sur la ville de Nantes et même au-delà. Citizen Nantes se veut un média ouvert à une génération web qui ne lit pas beaucoup la presse. C’est un média d’information et d’expression.

Qu’est-ce qui t’a inspiré pour la création de ce blog ?
Le Bondy Blog m’a beaucoup inspiré. Ce média est né pendant les violences urbaines de 2005. Des journalistes suisses ont voulu rendre compte de ce qui se passait à l’intérieur des quartiers populaires. Ils se sont installés au cœur d’une cité de Bondy. Après avoir pris quelques caillasses, ils ont réussi à gagner la confiance de la population. Cela leur a permis d’être au plus près de l’information, loin des clichés.

Aujourd’hui le Bondy blog a été repris par une rédaction dynamique réellement issue des quartiers populaires. Sur la chaine parlementaire, les jeunes du Bondy blog interviewent régulièrement un invité politique. Le blog est en lien avec l’école de journalisme de Lille. L’idée, c’est de réduire la fracture entre les quartiers populaires et une certaine élite intellectuelle.

Qui participe à la publication des articles sur CitiZen Nantes ?
Le blog ne compte aucun journaliste professionnel, moi mis à part. C’est plutôt un avantage dans des quartiers où la carte de presse n’est pas toujours bien perçue. La plupart des contributeurs viennent de l’audiovisuel. Ils sont réalisateurs, documentaristes, ou amoureux du nouveau journalisme. Ils ont plutôt la plume facile et veulent prendre part à l’information.

Nous n’avons pas encore de contributeurs à proprement dit « issus des quartiers ». Mais nous faisons des ateliers pour initier les jeunes au décryptage des médias. Nous avons des projets pour réaliser des web documentaires, avec un projet de « documenteur » sur le modèle de Sabah réalisé par Farid Lozès. J’espère bien faire venir quelques-uns de ces jeunes à la rédaction de CitiZen Nantes. C’est paradoxal, ils se plaignent de l‘image que l’on peut donner d’eux dans les médias mais l’info, web ou pas, ça leur passe au-dessus.

Ils s’expriment sur les réseaux sociaux ?
Oui, ils s’expriment sur les réseaux sociaux en circuit fermé. La question, c’est comment extraire ces échanges entre nantais pour les ramener à la forme journalistique ? Comment donner de la visibilité à cette forme d’expression ? 40% de nos internautes arrivent via les réseaux sociaux facebook et twitter aujourd’hui.

Comment garantir une ligne éditoriale cohérente ?
La ligne éditoriale du blog, c’est ce que les contributeurs en font. Les gens s’expriment, relaient l’information, envoient des photos. Ce blog, on peut dire que ce sont les contributeurs qui l’ont créé dans un esprit d’action citoyenne, de journalisme militant. Je suis là pour apporter une « aide à l’écriture ». Je reprends les textes, je propose, on fait quelques allers et retours pour les corrections. L’opposition au projet de construction de l’aéroport à Notre Dame de Landes a généré beaucoup de réactions. Nous avons accueilli des formes d’expression nouvelles comme des chroniques poétiques. (NDLR : Lire à ce propos Les Belles de Rohanne et Le Peuple de boue de Rodolphe Respaud.)

Cette diversité, cette souplesse donnent une certaine fraîcheur à l’information. On lit des articles que l’on ne verrait pas ailleurs. Et ça fait du bien !"

Merci Yves !
Citizen-Nantes sur facebook

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