Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

24 mai 2016

Olivier Duffez : "avoir un énorme catalogue produits n'est pas une excuse valable pour ne pas produire des contenus de qualité"

Le fondateur de l'incontournable site SEO WebRankInfo.com, Olivier Duffez, consultant spécialisé en référencement, lance un nouvel outil RM Tech pour juger de la qualité d'une page en analysant son contenu. Il vient de publier deux excellents articles sur le sujet : "Un bon référencement passe par la qualité" et "Relancez votre référencement Google en 5 étapes." Il nous explique pourquoi la qualité du contenu des sites et l'expérience utilisateur se trouvent au cœur de l'algorithme de Google selon lui.

Photo Olivier Duffez

Pourquoi Google donne-t-il autant d'importance aux mots, d'après toi ?

D'abord, je précise que notre algo maison "QualityRisk" inclus dans RM Tech ne se base pas seulement sur les mots, mais sur d'autres éléments qui jouent un rôle dans la qualité perçue par l'internaute.

Pour répondre à ta question, voici 2 raisons principales :

- même si les images et les vidéos sont de plus en plus présentes dans les pages web, le texte reste l'élément fondamental de contenu. Pour bien comprendre la page, Google continue donc d'analyser les mots. Par contre, il a bien progressé depuis ses débuts, il n'analyse plus les mots comme étant de simples suites de lettres, mais cherche à en comprendre le sens.

- les internautes expriment leurs recherches par des mots (même s'ils passent du clavier à la voix cela revient au même)

Quel rôle le contenu peut-il jouer dans la réussite d'un site e-commerce ?

C'est fréquent de trouver des sites e-commerce qui vendent les mêmes produits que d'autres (sans parler du phénomène des comparateurs et places de marché). A part avoir une notoriété hors normes, pour éviter les problèmes de contenus dupliqués et sortir du lot, le contenu est vital.

Par ailleurs, l'internaute sera très content de trouver un descriptif de produit ultra détaillé, rédigé par le marchand qui connait parfaitement ses produits. Il y trouvera des réponses qui pourront sans doute l'inciter à acheter.

Enfin, cerise sur le gâteau, tout ce contenu inédit facilitera énormément le référencement naturel du site !

Quels écueils constates-tu dans ta pratique sur la façon dont on travaille le contenu sur les sites e-commerce aujourd'hui en France ?

J'ai l'impression que ceux qui gèrent des sites e-commerce ont encore du mal à comprendre qu'investir dans le contenu est rentable dans leur cas. Je vois trop souvent 2 erreurs basiques :

- une fiche produit avec un texte minimaliste, assez souvent repris tel quel de la description du fabricant. Tous les détails que le vendeur connait pourtant souvent ne sont pas indiqués car "c'est trop de boulot, je n'ai pas le temps" ou "c'est évident, à quoi bon l'écrire ?"

- une catégorie sans aucun travail éditorial, les produits simplement listés "en vrac". Ou alors avec un texte descriptif tellement banal ou sur-optimisé pour le SEO qu'il vaut mieux ne rien mettre...

Comment faire pour éviter le duplicate content et assurer la meilleure qualité possible quand on gère de grandes quantités de produits sur un site e-commerce ?

Avoir un énorme catalogue produits n'est pas une excuse valable à mes yeux pour ne pas produire des contenus de bonne qualité...

Si on n'est pas taillé pour gérer 1000 produits, il faut en vendre moins !

Quelques pistes :

- il peut arriver que dans le catalogue se trouvent des produits basiques (je peux prendre l'exemple de gommes comme je le fais en formation). Dans ce cas, il ne faut tout simplement pas faire de fiche produit ! C'est sur la catégorie qu'il faut alors miser, avec du rédactionnel et un listing produits, chacun accompagné d'un bouton pour l'acheter sans passer par une fiche produit.

- il faut se débrouiller pour obtenir plein d'avis clients, ce qui compensera la faiblesse du descriptif produit

- il faut investir dans l'expérience utilisateur pour qu'elle soit bien meilleure que celle des concurrents. Certes, ça ne règle pas le problème des contenus dupliqués, mais ça jouera positivement pour le référencement de manière globale sur tout le catalogue, sans avoir à investir dans le contenu (ou plutôt tant qu'on n'a pas pu investir)

- il faut étudier s'il n'est pas possible de trouver un moyen (technique) de limiter le nombre de fiches produits si jamais leur nombre est gonflé artificiellement par des problèmes de contenus dupliqués (genre les variantes des produits).

Doit-on supprimer des pages éditoriales qui rapportent du trafic mais positionnent le site sur un univers sémantique très éloigné de son cœur de métier (genre une assurance décès qui se positionne n°1 sur "manger des viandes blanches") ?

J'ai toujours du mal à supprimer des pages d'un site, surtout si elles ont du contenu intéressant. Il faudrait étudier le comportement des internautes qui arrivent de Google sur ces pages : s'ils repartent rapidement sans avoir rempli aucun objectif sur le site, il faut songer à remanier la page ou éventuellement à la supprimer (dans ce cas peut-être la rediriger en 301 vers une page à peu près similaire).

Un grand merci Olivier :-)

 

 

L'avis de PlumeInteractive : alors RM Tech, c'est bien ?

Score quality risk


Pour avoir testé l'outil SEO, je dois dire que j'ai été assez séduite. RM Tech fournit une analyse complète des problèmes suivants liés à la qualité du contenu web :
>URL répondant en erreur 
>Pages HTML non indexables 
>Pages HTML trop longues à télécharger 
>Pages HTML trop profondes 
>Pages avec balise Title non optimale 
>Pages avec balise meta description non optimale 
>Pages HTML avec un contenu non optimal 
>Liens sortants externes en erreur

Les résultats sont expliqués et détaillés, avec des documents annexes téléchargeables contenant le nom des pages qui posent problème. Un score Quality risk supérieur ou égal à 10 vous propose une vue globale de la qualité du contenu de votre site Internet. A mon avis, un excellent outil pour démarrer un audit de contenu et repérer les grands problèmes à traiter avant de rentrer dans le détail de l'analyse. Quant aux graphiques, ils peuvent s'avérer très utiles pour convaincre un client.

Bref, à tester !

 


06 avril 2016

Le contenu peut-il mentir à l'ère du web ?

Face à une audience de plus en plus sollicitée, les entreprises aiguisent leurs contenus et tentent de se démarquer en racontant de belles histoires. Quitte à recycler des discours dans l'air du temps et à forcer un peu pour faire entrer le pied trop grand dans la chaussure de verre. Comment se tailler une histoire sur mesure pour le web ?

L'idée de ce billet est née durant un cours à l'Université Paris Ouest. Mes étudiants et moi étions en train d'analyser la transformation des entreprises en média sur le web. Nous parlions de ligne éditoriale et de cohérence des messages. Je souhaitais décrypter le discours d'une marque, et je leur ai montré la vidéo de la campagne 2016 de Carrefour que je trouvais bien écrite.

Carrefour : Je suis l'Optimisme ! (pub TV - Janvier 2016 - J'optimisme /J'optimisme)

Voici un extrait du texte de cette publicité, lu par un enfant : 
Je suis l'optimisme, je nourris l'espoir et j'inspire la résistance. 
Je suis l'optimisme. Grâce à moi, les hommes et les femmes vivent mieux et en meilleure santé. Sans moi, l'avenir s'assombrit. J'ai appris aux hommes et aux femmes à chanter et danser sous la pluie mais aussi à en profiter pour se laver avec. Car je leur ai appris que l'optimisme sert à optimiser, à obtenir plus et mieux pour moins, à ne pas gâcher, à s'entraider, à consommer mieux.(...)

D'après le directeur marketing de Carrefour France, cette publicité a été bien accueillie par le grand public

Pourtant, lorsque j'ai passé cette publicité à mes étudiants, j'ai été étonnée par leur réaction unanime : très touchés durant toute la vidéo, j'ai vu leurs mines se renfrogner au moment du logo. Comme je cherchais à comprendre, une de mes étudiantes a levé les bras en disant : "Ah ouais mais... Carrefour, quoi !" Ils exprimaient leur surprise devant l'inadéquation ressentie entre l'image d'une marque de grande consommation et son discours, inspiré par les codes de communication et les valeurs traditionnellement portées par des mouvements plus alternatifs.

Face à l'exigence des digital natives, peut-on encore écrire de beaux discours sans les incarner dans des situations réelles ? Peut-on publier des images publicitaires achetées sur des banques d'images sans lien avec l'expérience vécue par les internautes ? Voilà la question que je me suis alors posée. 

Un discours transparent, qui doit faire sens
Comme le constate Amy Cole, responsable du développement d'Instagram pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen Orient dans le magazine ADN : "les consommateurs d’aujourd’hui recherchent plus qu’un simple produit ou service : ils veulent croire en l’entreprise et les personnes derrière celle-ci." Comment start-ups et PME utilisent Instagram

L'importance accordée par les internautes au sens et aux valeurs d'une entreprise s'avère une tendance lourde. Les créatifs culturels, ce segment de population particulièrement sensible au sens, aux valeurs écologiques et au développement personnel ne cesse d'augmenter. D'après le sociologue américain Paul Ray et la psychologue américaine Sherry Anderson, ils seraient passés de 4% dans les années 1960, à près de 34,9% de la population nord américaine en 2008. 

Quant à la génération y (mes étudiants, donc), les études publiées ces dernières années sur le sujet montrent qu'ils attachent plus d'importance à l’être qu'à l’avoir et au respect de l’être humain. Ils privilégient l'harmonie de vie, le bien être et la recherche d'un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Les membres de cette génération ont grandi dans un monde hyper-connecté et savent décoder le discours marketing. Ils attendent d'une marque plus qu'un bon rapport qualité/prix : un discours transparent, qui doit faire sens.

 

transparence

 

Proposer une vision cohérente et incarnée en réalité
"Une marque qui fait la différence est une marque dont le message est clair. Les marketeurs ont toujours souligné l’importance du storytelling et de la raison d’être pour sa marque, mais je pense que cela n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. Et dans ce domaine, les petites entreprises ont l’avantage" estime Amy Cole. "Les start-ups sont douées sur ce terrain car elles connaissent leurs valeurs, ont construit leur marque elles-mêmes et l’incarnent au quotidien. Mais lorsqu’elles grandissent, cette vision peut devenir plus floue".

Et en effet, je constate souvent un déficit de réflexion et d'outils sur la vision au sein de l'entreprise. Lorsque nous commençons à travailler sur le discours, les messages, l'angle, je sens que les positions ne sont pas tranchées. Or, comment construire un discours fort sur des bases incertaines ? Comment imaginer une ligne éditoriale web intéressante si l'entreprise ne sait pas ce qu'elle a à dire à ses internautes ? Avoir une parole puissante suppose d'avoir les idées claires. Il n'y a rien de pire sur le web qu'une entreprise qui n'a rien à dire à ses internautes. Ah si : une entreprise qui leur ment.

Sur le web, l'entreprise publie des contenus. Elle devient un média. Elle doit savoir se mettre en scène de manière créative. Elle doit descendre de son piédestal et discuter, rendre des comptes, faire rêver mais en apportant des preuves solides et réelles de ce qu'elle raconte. Sur le web, les entreprises doivent proposer une vision cohérente et incarnée en réalité, dans la relation avec les clients et l'expérience qu'ils en font tous les jours. C'est vrai aussi pour les institutions. 

Retrouver sa vision originelle
Avant tout travail sur l'éditorial ou sur le storytelling de votre entreprise, il me semble indispensable d'engager une réflexion sur son identité. Qui était le fondateur ou la fondatrice ? Quelle était sa personnalité, ce truc en plus qui lui a permis de réussir ? Quelles sont les valeurs fondamentales défendues par l'entreprise ? Comment s'incarnent ces valeurs en réalité ? Qui sont les hommes et les femmes qui portent cette vision ? Quelle est votre histoire ? En quoi êtes-vous différent des autres ? 

Ensuite seulement, vous pourrez entamer une session follement créative, chercher des idées originales pour raconter votre histoire de manière passionnante. Aujourd'hui, les internautes veulent se connecter à une marque de manière vraie et authentique. Tout l'enjeu pour les entreprises consiste donc à retrouver leur authenticité, sans chichis, ni grosse citrouille.

A lire sur le sujet

Storytellig de marque, savoir raconter le vrai chez Influencia
Votre charte éditoriale web en 7 points
Comment rédiger une charte éditoriale web

Transparence, marketing authentique et plébiscite de l'engagement, la veille de Gregory Coste sur le sujet

Posté par evedemange à 10:34 - Charte éditoriale - Commentaires [5] - Permalien [#] - Partager - Tweeter
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31 janvier 2016

2016, à quoi ressembleront vos rêves ?

Nouvelle année, nouveaux projets, nouvelle énergie ! Où vous porteront vos rêves cette année ? Ici on se remet doucement de la COP21 et de l'incroyable aventure de la Creative Factory. Pour Plume Interactive, 2016 sera l'année de la créativité avec une nouvelle formation Storytelling pour le web, un livre coécrit avec ma blogueuse préférée en SEO prévu pour septembre, des conférences et des projets passionnants en narration d'interface utilisateur.

Je vous souhaite le meilleur pour les 12 mois à venir :-)

 

 Photo chouette 2016-ok

     Illustration Anne-Catherine Julien, l'arbre aux lucioles, pour Plume Interactive

 

 

 

Lire la série Storytelling & écologie écrite pour le blog Place to B durant la COP21 :

Nouveau mythe, pour un avenir vivant !
La Creative Factory, récit d'une expérience unique

 

26 novembre 2015

La plus grande rédaction web alternative éphémère est lancée.

Voilà, c'est parti ! Place to B, le QG des médias alternatifs de la COP21 s'apprête à ouvrir ses portes à Paris. Durant les 2 semaines de la Conférence internationale sur le climat, la France accueillera la plus grande coalition internationale jamais réunie pour parler de l'avenir de l'humanité sur la planète. Place to B attend 600 narrateurs issus du monde entier à partir de samedi : une gigantesque rédaction web/papier cosmopolite. J'y serai.

La Cop21, qu'est-ce que c'est ?
Cet évènement constitue la plus importante conférence diplomatique internationale jamais réalisée par la France. Du 30 novembre au 11 décembre, les dirigeants de 149 pays vont négocier afin d'aboutir à un texte qui sera ratifié par l'ensemble des participants engagés. L’objectif ? Bâtir une « alliance de Paris pour le climat », qui permette de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en-dessous de 2°C d’ici 2100 et d’adapter nos sociétés aux dérèglements existants.

Cet incroyable rendez-vous donne également l'occasion aux citoyens d'échanger sur l'avenir, d'imaginer, d'inventer et de découvrir des solutions déjà mises en place dans les autres pays comme le film "Demain" de Cyril Dion et Mélanie Laurent qui sortira le 2 décembre partout en France.

Une immense et joyeuse discussion médiatique va se dérouler partout dans le monde :-)

Place to B, c'est quoi ?
La plus grande newsroom éphémère jamais réunie. Imaginez, Place to B accueillera plus de 600 journalistes, blogueurs, médias, experts, climatologues, artistes et autres citoyens du monde de plus de 40 pays, concernés par la préservation de la planète et l'impact du changement climatique sur notre quotidien et celui des générations futures.

Place to B

Pendant 2 semaines, ces narrateurs tenteront de construire un nouveau récit autour de ces questions. Ensemble, ils relayeront les évènements qui auront lieu partout en France et transmettront l'information sur tous les supports, en utilisant tous les formats existants, en exprimant tous les points de vue.

Place to B a construit une programmation riche avec différents temps forts articulés autour d'un chapitre par jour. 14 chapitres au total, pour parler différemment des enjeux climatiques et positiver l'écologie!

600 personnes rassemblée au même endroit, le Belushi's à Paris, pour couvrir :

- ce qui se passe au Bourget (l'endroit où se déroulent les négociations) et les événements extérieurs

  • les événements au choix

  • les projets narratifs des membres de la communauté Place to B

- ce qui se passe à Place to B et le off

L'équipe va se diviser en 3 cellules :

- curation

- reporters

- editing

Et pourra créer ses récits dans un espace réservé, la Creative Factory.

 

Place to B-Creative Factory

 

Je vous laisse imaginer l'ambiance :-) Je ne pouvais vraiment pas rater ça.


Pour démarrer : "Storytelling for a better world"
Lundi 30 novembre et mardi 1er décembre, Place to B accueillera le Transformational Media Summit : 2 jours de rencontres et d'échanges passionnants organisés par Reporters d'Espoirs et ses réseaux internationaux.
Journalistes, communicants et professionnels des médias du monde entier se retrouveront lors de ce TM Summit, avec des intervenants comme Samuel Le Bihan (acteur producteur), Cathryne Gyldensted (journaliste, auteur, pionnière du journalisme constructif au Danemark), Laurent de Cherisey (fondateur de Simon de Cyrène et de Reporters d’Espoirs), Christine Cauquelin (CANAL+)…

Réservez votre place par-ici : http://www.tmsummit.org/#register

Durant 2 semaines, je relayerai les créations multimédias et transmédias les plus intéressantes sur la page Facebook de Plume Interactive et sur mon fil Twitter.

A très vite !

A lire aussi
Storytelling transmedia : l'expérience narrative ultime avec Place to B :-)
Et si on mélangeait storytelling, web et écologie ?

 

 

18 octobre 2015

Elie Sloïm : « La qualité web est-elle l’avenir du SEO ? »


Photo Elie Sloïm

Bonjour Elie ! A Lille, tu as terminé ta conférence au SEO Camp'us en posant cette question « la qualité web est-elle l’avenir du SEO ? ». Que voulais-tu dire exactement ?

En fait, j'affirme carrément que la qualité web est l'avenir du SEO.  Le travail de Google en tant que moteur de recherche est de classer les pages en fonction de leur qualité. Pour une même requête, les résultats sont classés en fonction de nombreux critères : liens les plus pertinents, liens de confiance, bonne performance du site, infos de réassurance ou d'autorité, bonne accessibilité du site, compatibilité mobile.  Si tu regardes de plus près les enjeux du classement de Google, tu vois que le moteur cherche à valoriser les sites Internet qui proposent une expérience de qualité aux utilisateurs.

D’ailleurs, c’est le message que Google a fait passer aux webmasters en 2013 : « In general, webmasters can improve the rank  of their sites by creating high quality sites that users will want to use and share. »

Le référencement naturel évolue pour intégrer des critères de qualité web, c’est-à-dire améliorer l’ergonomie, le contenu, l’accessibilité. Progressivement, les activités SEO et la qualité Web convergent.

Comment tu définirais la « qualité web » ?

C’est une question que j'ai posée en 2001. Pour ceci, j'ai travaillé sur une modélisation des exigences des utilisateurs basée sur 5 axes principaux :

Visibilité : être rencontré par des utilisateurs potentiels

Perception : être utilisable et correctement perçu par ses utilisateurs

Technique : fonctionner correctement

Contenu : délivrer de l’information de qualité

Service : proposer, accompagner, générer la réalisation de services de qualité

 

Qualité web modèle

Ensuite,  en 2004 avec la société Temesis, nous avons voulu voir s’il existait des fondamentaux, des critères universels, vérifiables, transparents pour chaque discipline, nous avons listé les bonnes pratiques : accessibilité, éditorial, référencement, ergonomie,  sécurité, performance. Nous avons soumis ces règles dans des ateliers publics de discussion. Ça a donné le lancement du projet Opquast (Open quality Standards). Vous pouvez retrouver ces règles dans le livre « Qualité web : les bonnes pratiques pour améliorer vos sites » en 2012. Et l'une des particularités, c'est que les bonnes pratiques sont sous licence ouverte.

Ok, vous avez cherché à créer un standard de qualité transparent ?

Exactement. Depuis quinze ans, les gens utilisent le web de manière libre mais la qualité ne progresse pas. Notre ambition est d’améliorer massivement la qualité du web en travaillant sur les compétences transverses des professionnels du web.

Depuis le début, Temesis propose des audits, des formations autour de la qualité web.

Plus récemment, nous avons fait évoluer la marque Opquast pour proposer un certificat de compétences web avec une approche très transversale. Nous avons créé un test dont l'objectif est de générer de la reconnaissance pour professionnels du Web, un certificat capable de valoriser ceux qui connaissent les fondamentaux sur Internet. En gros, ça fonctionne sur le modèle du TOEIC (c) mais pour le web. Les professionnels qui passent ce test obtiennent un score compris entre 0 et 1000. Et ça permet de vérifier que les pros connaissent les bases du digital.

Pourquoi faudrait-il connaître les bases ?
En fait c’est comme en médecine, si tu es radiologue, on attend de toi que tu connaisses la base des autres disciplines. Sur le web, tu vas avoir des hyper-spécialistes dans chaque discipline : SEO, UX, conception, rédaction, développement. Nous n'avons pas pour objectif de remplacer un ergonome, un référenceur, un développeur, un designer ou un rédacteur web. Nous, notre métier c’est de vérifier que tout le monde possède la base d’une connaissance commune qui permet de prévenir les risques fondamentaux.

Aujourd’hui, on considère que tous ces spécialistes font leur travail ensemble mais la plupart du temps, ils avancent sans tenir compte des risques de base liés aux autres métiers. Il manque quelque chose d’essentiel. Par exemple, si tu travailles sur les aspects éditoriaux, tu dois avoir conscience des bonnes pratiques en termes de performances par exemple. Tu dois connaître les risques liés à l’utilisation de tel ou tels outils. Sinon, tu risques de prendre des mauvaises décisions. Ta culture générale dans le domaine technique va améliorer tes compétences au global et tu vas faire de meilleurs choix.

Quel est l’intérêt pour l’entreprise de faire certifier les membres de son équipe web ?
L’entreprise maîtrise mieux les risques. La certification permet d’assurer l’homogénéité des compétences dans les équipes, de construire une véritable culture web partagée par tous, de faire avancer la transformation digitale dans l’entreprise. Ces formations, c’est un véritable outil de transformation. Ca permet de parler le même langage, de mieux travailler avec ses prestataires.

Combien ça coûte de passer le certificat Opquast sur la « qualité web » ?
Le tarif de base est d'environ 150€HT par personne. Ça comprend l'accès à une plate-forme d'entrainement et le passage du test. Et sinon, nous avons 15 agences et 15 écoles partenaires sur tout le territoire français qui font passer le certificat à leurs salariés et étudiants. Pour l'instant, nous avons environ 500 personnes qui ont passé le test en France et ça se développe rapidement.

Merci Elie :-)

Et pour en savoir plus 
Télécharger un extrait du livre "Qualité web" "Y’a du boulot !"
Dossier "La qualité des sites web"


02 octobre 2015

Storytelling transmedia : l'expérience narrative ultime avec Place to B :-)

Vous le savez sans doute, Paris accueillera les dirigeants du monde entier du 30 novembre au 11 décembre 2015. L'objectif ? Parvenir à un accord sur les changements climatiques pour assurer notre avenir sur la Terre. Plume Interactive fait partie d'un groupe international de narrateurs rassemblés sous la bannière Place to B. J'ai décidé de vous raconter cette aventure exceptionnelle ici.

Le projet storytelling ? 
En 2009, la journaliste Anne-Sophie Novel a vécu de l’intérieur les négociations de Copenhague, en direct du Fresh Air Center. Ce lieu innovant de l’activisme 2.0 fut un espace tellement riche de rencontres et d’ébullition intellectuelle qu'elle décida d'offrir une dynamique et une énergie similaires pour la conférence de Paris. C'est ainsi que naquit le projet Place to B.

Durant toute la durée de la COP21, la conférence internationale sur le climat, bloggeurs, journalistes, développeurs, photographes, vidéastes, dessinateurs, designers, artistes, youtubers du monde entier seront rassemblés au QG de Place to B : le Belushi à Paris, avec des antennes partout sur la planète.

Ensemble, nous allons imaginer mille et une façons de raconter cet évènement historique, de parler d'avenir et d'espoir. Nous allons mélanger images, photos, sons, textes et code html pour créer des récits inspirants, drôles ou émouvants. Nous allons inventer des histoires transmédia pour faire passer l'information dans le monde entier.

D'ici là, je publierai régulièrement des articles pour un dossier spécial consacré à la thématique "Storytelling et écologie" sur le blog Place to B, en plus des articles sur Plume Interactive.

Storytelling, web & écologiePhoto Yann Arthus Bertrand


Pour démarrer cette série, j'ai interviewé la coscénariste du film "Home" de Yann Arthus Bertrand, Isabelle Delannoy :

"La crise écologique est une crise mythologique."

Un entretien passionnant, à lire sur Place to B, dont voici un extrait :

"Lorsque nous avons écrit les textes du film, nous avons commencé ainsi « tu es comme moi un Homo Sapiens ». Homo sapiens efface la diversité culturelle. Il est source de richesses, d’espoirs.

Puis, nous avons écrit « tout est vivant, tout est lié. » Mais si tu remplaces cette phrase par « tout est nature, tout est lié », tu vois bien que d’entrée, le mot « nature » induit une séparation avec l’homme. Et cette séparation n’existe pas dans « vivant ».

L’image permet de dépasser le problème, elle nous permet d’envisager la même réalité sous un angle différent."

Et vous, quelles sont vos meilleures recettes pour faire passer l'info et raconter des histoires fortes ? Qu'est-ce que vous pensez de la façon dont on raconte l'écologie au XXIème siècle ?

Venez partager vos interrogations et le fruit de vos réflexions ici.

A lire sur le même sujet
Et si on mélangeait Storytelling, web et écologie ?

 

08 septembre 2015

Etude de cas : comment marier SEO, image de marque et UX ?

Un site e-commerce d’une grande marque de luxe souhaite concilier image de marque et storytelling soigné, visibilité sur les moteurs grâce à un excellent référencement naturel et performance de l’expérience utilisateur. Comment travailler simultanément tous ces aspects ? Etude de cas

photo bijoux

Le contexte
Refonte majeure du site d’une grande marque de luxe

Le challenge
Travailler simultanément l’expérience utilisateur, le référencement naturel et l’image de marque, le tout sur un nouveau back office avec passage à un nouveau CMS - outil de publication de contenu.

L’équipe projet
L’équipe web de la marque, les designers et ergonomes d’une agence UX (expérience utilisateur web) pour la conception du site, l’agence de référencement de la marque, et Plume Interactive en stratégie de contenu web SEO & storytelling.

Le brief
« Imaginez un site dans lequel on intégrerait le référencement dès la conception, en travaillant l’image de la marque et en imaginant une expérience utilisateur fluide et intuitive ».

Intégrer le SEO dès la conception du nouveau site
Le précédent site de la marque avait été pensé par des designers qui n’avaient pas pris en compte l’expérience de recherche depuis les moteurs. Pour pouvoir se positionner, l’agence de référencement avait donc dû bricoler en rajoutant des pages sur les requêtes stratégiques.

Malgré le succès de cette stratégie en mode pompier – la marque dispose d’une belle visibilité - l’intégration de ces nouvelles pages n’était pas harmonieuse, voire dangereuse à long terme pour le SEO.
Il fallait donc repenser les parcours client depuis les moteurs de recherche et intégrer la réflexion SEO dès la conception du nouveau site, avec création d’une nouvelle structure de site et de nouvelles pages de contenu optimisées pour le référencement naturel et porteuses de l’image de la marque.

Analyse sémantique et segmentation des besoins
L’agence SEO de la marque a transmis la liste des mots-clés stratégiques sur lesquelles elle souhaitait positionner le site. A partir de cette liste, Plume Interactive a segmenté les requêtes par grandes thématiques.

Cette première étape a permis de comprendre comment les clients cherchaient l’information. Une deuxième segmentation plus fine a permis de cerner quels étaient les critères de recherche. Les internautes achètent peu sur le site mais parcourent les pages pour faire un repérage des créations qu’ils viennent ensuite chercher en boutique. Les requêtes des internautes tournent beaucoup autour des matériaux (or rose, or blanc, or jaune, platine, diamant, mais aussi émeraude, saphir,…). Ils cherchent également des cadeaux pour des évènements précis, et beaucoup d’alliances de mariage !

jbmPhoto
Image extraite du site JBM photo 


Ensuite, chaque thématique a été découpée selon 3 niveaux de besoin des internautes :
> requêtes génériques, repérage en amont
> requêtes plus précises, réflexion plus avancée
> requête très précise, client en phase d’achat

Pour chacune de ces thématiques, et chacun de ces segments, nous avons listé les 5 sites concurrents les plus visibles, ceux qui se positionnaient comme les incontournables. Une analyse a permis de comprendre les stratégies SEO déployées par les autres sites.

Architecture d’information SEO friendly
Une fois cette première étape réalisée, Plume Interactive a travaillé en étroite collaboration avec l’agence de design UX, et notamment la directrice UX, sur l’architecture du site. Objectif commun : obtenir une structure de site qui soit la même pour les clients et pour le SEO. Pour les utilisateurs, cela signifie arriver non seulement sur le site de la marque, mais au bon endroit du site par rapport à leur demande.

Nous avons donc repensé la hiérarchie de l'info autour des mots-clés sémantiquement similaires.

Durant tout le processus créatif, la directrice UX vérifiait l’adéquation entre la stratégie de contenu SEO, l’image de marque et la réalité du catalogue, en validant chaque étape avec l’équipe web de la marque. Cela posait des questions du genre : est-ce que la création d’une section « idées cadeaux » est bienvenue sur le site d’une marque de luxe ? Faut-il mettre la section « haute joaillerie » au premier niveau ?

Gestion des filtres
Pour aider les internautes à trouver leurs produits et simplifier la navigation, nous avons commencé par opter pour des filtres. Mais les réticences de la responsable SEO nous ont obligé à creuser le sujet. La navigation à facettes reste un choix technique compliqué à gérer en SEO et la solution technique choisie contraignait encore la problématique.

Lire à ce propos : « la navigation à facettes : 3 experts du sujet »

Suite à de nombreux échanges, nous avons choisi de limiter les filtres et de créer des sous-catégories assez fines avec des pages très bien optimisées en SEO. Ce choix impliquait la création d’une arborescence complexe et profonde avec de nombreuses sous-catégories. Pour les designers de l’agence UX, cela signifiait créer une expérience utilisateur en tenant compte de ces contraintes. Les designers ont donc procédé par itération, en intégrant la responsable de l’agence SEO dans le processus de création du système de navigation et des gabarits.

Cette manière de faire permet de penser l’expérience utilisateur en même temps que le référencement naturel : un sacré bonus, lorsque l’on sait que Google met de plus en plus l’accent sur la qualité de l’expérience utilisateur.

SEO et image de marque
En parallèle, nous avons travaillé sur l’image de marque et la place du digital dans l’expérience des clients. Quelle est la juste place du digital dans la relation des clients avec une marque ? Comment donner la bonne information, au bon moment ? L’agence UX web a imaginé des parcours complets en partant du désir de différents clients, représentés par des personas.

Les mots-clés sont très liés à la psychologie d’une personne, à sa manière de réfléchir. Quels mots emploie-t-elle pour parler de ce qu’elle désire ? Quel niveau de vocabulaire ? L’analyse des mots-clés permet de comprendre la cible et à partir de là, d’imaginer un storytelling qui s’intègre naturellement dans le parcours. C’est le grand avantage de travailler l'identité de la marque et le SEO en même temps.

A quoi pouvaient ressembler les pages d’un site imaginé pour répondre aux clients de la marque ? Il fallait que la marque soit bien racontée et incarnée, pas trop verbeuse mais suffisamment efficace pour être performante en SEO. Et par ailleurs, il fallait prendre en compte la vie du site, les besoins très concrets de ceux qui allaient gérer le contenu au quotidien. Les architectes imaginent parfois des lieux magnifiques sur le papier, mais difficiles à vivre dans la réalité. C’est la même chose pour le design web.

Nous avons donc beaucoup échangé avec l’équipe web de la marque et l’agence SEO chargée de commander les contenus pour créer des pages faciles à gérer au quotidien. Par exemple, nous avons décidé de garder le contenu des fiches produit et de réinventer de nouveaux gabarits à partir de ce contenu existant.

Ligne éditoriale web et SEO
Nous avons travaillé à partir d’un axe de communication. L’agence UX avait recueilli les besoins de tous les dirigeants du groupe par rapport au digital. Tout ceci, ajouté à l'analyse de la cible internaute et des contenus historiques, a permis de comprendre l’identité de la marque en profondeur, son positionnement et sa stratégie. A partir de là, nous avons proposé un axe de communication pour le digital. Ensuite, nous avons pu imaginer un storytelling fort, des contenus performants en SEO et porteurs de l’image de la marque.

C’est très intéressant de travailler le SEO et l’image de marque en même temps. Une marque de luxe possède un maximum de contraintes du point de vue de l’image, mais c’est justement ce qui rend ce genre de projet intéressant. Ce cadre imposé dope la créativité. C’est un peu comme construire un poème en alexandrin :-)

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les contraintes SEO ne sont pas un frein à la qualité éditoriale et à l’image de marque, bien au contraire. Cette étude de cas prouve que l'on peut marier les deux. Mais ce genre de projet nécessite une très bonne gestion de projet car tout doit être pensé à l’origine en même temps.

A lire aussi
Les bijoux de la sémantique, les slides de la conférence de Sylvain Richard au SMX Paris
Sylvain Richard et la méthode sémantique SEO

 

06 juillet 2015

Sylvain Richard et la méthode sémantique SEO : "Google aime les mots."

sylvain-richard

On ne présente plus Sylvain Richard, l'auteur de l'excellent blog SEO Axe-Net. Lors du dernier SMX Paris, il a montré comment rédiger un article optimisé en SEO grâce à la méthode sémantique « Les bijoux de la sémantique ». En exclusivité pour Plume Interactive, il revient sur cette démarche.

Sylvain, tu as présenté une conférence avec Sylvain Peyronnet sur l'analyse sémantique dans le SEO. Peux-tu nous expliquer ce que tu appelles la sémantique dans le cadre du SEO ?

Bonne question, car on voit ce mot utilisé un peu à toutes les sauces.

À un moment, il était souvent employé pour parler des entités nommées (pour faire simple, tout ce qui alimente le knowledge Graph de Google).

Dans le cadre de notre conférence, nous utilisons ce mot dans sa plus simple expression : sémantique = sens des mots (ce que les mots veulent dire, ce qu'ils signifient)

Sans rentrer dans trop de détails techniques, on peut dire que Google clusterise, c'est-à-dire qu'il classe les documents qu'il connaît en fonction des mots qu'ils contiennent. Pour simplifier, on dira que si un document contient un vocabulaire qui permet à Google de le classer facilement dans un cluster précis (une thématique), il le ressortira plus facilement lors d'une requête de l'internaute qui y correspond.

En quoi cette démarche est-elle novatrice ?
Je vais te décevoir, cette démarche n'est pas vraiment novatrice. (NDPI : tu ne me déçois pas du tout, je m'attendais exactement à ce que tu dises ça :-D)

En fouillant dans les vieux articles de mon blog, j'ai retrouvé ce concept abordé dès 2008 (mais j'utilisais d'autres mots pour en parler). Mais en cours de route, je pense que le contenu est un peu devenu le parent pauvre du SEO. Il était tellement facile d'entourlouper l'algo de Google avec des techniques reposants sur les liens (mais Pingouin est passé par là)...

En passant, Google se faisait aussi pas mal berner par le contenu, il suffisait d'en faire des tonnes (keywordstuffing) et globalement, cela suffisait pour construire des réseaux de sites pour pas cher avec des splogs au contenu illisible pour un humain, mais suffisant pour la machine, et puis Panda est passé par là...


Pourquoi avoir comparé 2 méthodes (la tienne, et celle de Sylvain) ?

En fait, c'est la même méthode qui consiste à récupérer une liste de mots et d'expressions-clés, de synonymes, de cooccurrences. Dans l'exemple que je montrais, je l'ai fait à la main.

Cette méthode manuelle a pour elle un avantage, elle oblige à lire ce qui a été rédigé sur d'autres sites et apporte très souvent des idées complémentaires, des sous-sujets que l'on aurait probablement oublié de traiter. Elle permet de commencer à constituer mentalement le plan de son article.

La méthode automatisée de Sylvain Peyronnet a pour elle le gros avantage de faire gagner beaucoup de temps en scrappant la SERP à la recherche des n-grams. Elle est aussi plus efficace pour supprimer les mots inutiles ou scorer les mots avec plus d'efficacité

Qu'as-tu voulu prouver avec cet article en exemple, très long par ailleurs (contrairement à ce que l'on conseille en général dans les formations à l'écriture web, "faire court", etc.) ?

Alors pour être clair, je ne cherchais pas à prouver quoi que ce soit, je cherchais à accroître le trafic sur le blog concerné :-)

Pour revenir sur la longueur d'un contenu, après de longues années à rédiger pour le web, je n'ai toujours pas d'avis tranché. Je pense que la longueur d'un contenu dépend avant tout de l'objectif que l'on se fixe.

On connaît tous par exemple ces sites onpage destinés à vendre un e-book quelconque. La page fait des kilomètres, avec des call to action réguliers, puis l'argumentation reprend en maintenant le lecteur en haleine. Les témoignages succèdent aux preuves et aux promesses. C'est long, très long, mais ça marche pour convaincre d'acheter un truc (que l'on aurait généralement trouvé gratuitement par ailleurs...)

À côté de cela, dans certains cas il faut plutôt aller à l'essentiel, ne pas prendre la tête au visiteur, mais en faire simplement juste assez pour lui donner envie de donner son mail par exemple.

Bref, la longueur d'un contenu et son mode de rédaction dépendent de ce que l'on veut obtenir en bout de course.

Combien faut-il écrire d'articles comme celui sur les bijoux pour se positionner ? Et sur quelles requêtes peut-on se positionner exactement avec un article de cette taille ?

Dans le cadre de l'article que j'ai écrit, un seul article a suffi à se positionner sur toutes les requêtes relatives à des questions «  à qui, où, comment, etc. » « revendre des bijoux » et pas mal de formulations connexes (j'ai détaillé cela dans ma présentation).

Que privilégier d'un point de vue SEO : écrire plusieurs articles reliés entre eux, ou un seul grand article comme celui sur les bijoux ?
Là encore, cela dépend des objectifs. Pour se positionner comme je l'ai fait, un seul article suffit.

L'avant-dernière slide de la présentation expose de quoi aller beaucoup plus loin en créant de véritables grappes de pages autour d'un sujet. Dans ce cas, on « saucissonne » bien plus pour que les pages de ces grappes aillent très en profondeur dans les sous-thématiques ».

Le principe est de créer un univers de documents qui vont traiter une thématique très en profondeur. Ensuite, un maillage interne judicieux permettra de remonter « le jus » vers la page cible que l'on souhaite positionner. Sur des requêtes concurrentielles, ceci permet de faire grimper une page sans prendre de risques avec les techniques de linking old style.

Bien évidemment, il sera important d'obtenir des liens en provenance de l'extérieur vers des pages des grappes réalisées, mais c'est souvent plus facile si leur contenu est réellement qualitatif et non commercial.

Comment intégrer l'analyse sémantique dans une stratégie SEO ?
En suivant la méthode illustrée dans la présentation :-)

Les bijoux de la sémantique


Mais plus que « Comment », je dirais « pourquoi ».

Tout d'abord parce que Google aime les mots (c'est l'unité qu'il comprend le mieux, même s'il s'améliore beaucoup sur la compréhension des images).

Mais aussi parce qu'il est quasi impossible d'imaginer toutes les formulations qu'un internaute pourra utiliser pour rechercher quelque chose, et je ne parle même pas de la recherche vocale qui modifie profondément la manière dont un internaute formule une recherche.

Le fait de rédiger des contenus qui répondent réellement à une intention de l'internaute, tout en aidant Google à les comprendre grâce au vocabulaire est une technique qui ne fait prendre aucun risque à un site.

C'est ce que Google souhaite montrer à ses utilisateurs, des pages qui correspondent à leurs attentes.

Si Google n'a jamais été l'ami des référenceurs, les référenceurs peuvent devenir ses amis en lui donnant de quoi satisfaire ses utilisateurs.

Comment vois-tu l'avenir du référencement naturel ?

Radieux ! Beaucoup plus difficile que les dernières années, mais tellement plus intéressant.

Durant les années 2005-2012, j'ai parfois eu du mal à faire passer l'idée que le SEO devait marcher main dans la main avec la communication et le marketing (même si la base technique est un socle indispensable).

Les capacités de Google à faire le tri devenant de plus en plus efficaces, les raccourcis sont de plus en plus risqués, on ne compte plus les sites sanctionnés par des pénalités souvent dues à du netlinking old style ou des contenus insipides.

Je pense que l'un des challenges des référenceurs pour les années à venir est d'obliger leurs clients à se secouer un peu la cervelle et à réfléchir sur ce que leur site apporte réellement aux internautes. Google n'a aucune raison d'améliorer la visibilité de la plupart des sites que j'audite, car ce qui y est présenté ne le mérite pas.

Bien sûr, Google reste une machine et pour le moment, les machines restent idiotes. Il faut donc que les bases techniques du SEO soient mises en œuvre (arborescence, optimisations de bases comme les title, Alt d'image, maillage des liens internes, etc.), car sans cela, Google à du mal à qualifier les contenus, mais une fois fait, la qualité des contenus perçue par les internautes fera la différence. Quoi qu'en disent certains, les internautes font naturellement des liens, encore faut-il les mériter, les internautes partagent sur les réseaux sociaux, encore faut-il que les contenus le méritent !

Après, il ne faut pas être un bisounours non plus, parfois il faut se bouger un peu pour provoquer les liens qui viendront cautionner les contenus comme une belle cerise sur le gâteau.


Interview de Sylvain Richard de la société AxeNet. Retrouvez aussi Sylvain sur Twitter et G+


Un grand merci Sylvain :-)

A lire sur le sujet de la sémantique
La définition du Centre nationale des ressources textuelles et lexicales
"Étude d'une langue ou des langues considérées du point de vue de la signification; théorie tentant de rendre compte des structures et des phénomènes de la signification dans une langue ou dans le langage."

La définition de la sémantique sur wikipédia

Dans les archives de Plume Interactive :
"Le web, l'avènement de la lecture sémantique", écrit en 2009
 "L'écrit web, courant d'air sémantique", en 2008

24 juin 2015

Stratégie de contenu web et content marketing : quelle est la différence ?

"Qu'est-ce qu'une stratégie de contenu web ? Est-ce la même chose que le content marketing ? Et si ça parle de la même chose, pourquoi ça ne s'appelle pas pareil ?" Voilà donc les questions posées récemment par une étudiante qui m'avouait avoir un peu de mal à s'y retrouver. C'est vrai, ce n'est pas clair. Je vais donc essayer de repréciser ces termes.

Kristina Halvorson & la stratégie de contenu web
En 2010, l'américaine Kristina Halvorson publiait un petit livre rouge "Content strategy for the web", fort remarqué dans le monde du web - qui n'a toujours pas été traduit en français à ce jour (mais que font les éditeurs français ?). En 177 pages, l'auteur posait avec justesse et humour les bases d'une discipline qui existait depuis longtemps - depuis toujours ? - mais qui cherchait encore sa reconnaissance : la stratégie de contenu web. Elle raconte d'ailleurs son expérience dans un post publié sur ce blog La stratégie de contenu a encore du chemin à faire.

Kristina vient de la rédaction web, elle a donc plutôt une culture et une sensibilité éditoriale, c'est à dire centrée sur l'édition et l'information. Elle avait déjà parlé du sujet dans un article publié en 2008 sur A list Apart, The discipline of content strategy. La publication de son livre entraina une vaste, internationale et enthousiasmante conversation autour du sujet. En 2010, dans la foulée, elle donna une conférence lors du premier Content strategy Forum à Paris. (Et c'est pile le moment que choisit mon troisième garçon pour pointer le bout de son nez. Je dus donc me résoudre à lire les articles et écouter les récits des chanceu(ses)x qui assistèrent à l'évènement ;-)

En France (non, en Belgique en fait), la rédactrice web Muriel Vandermeulen écrivait déjà en 2010 dans son livre "Stratégie de contenu web : la revanche de l'éditorial" : "Le web est un media, l'internaute est un lecteur. Aucune publication ne sera lisible, trouvable, utile si les annonceurs ne modifient pas profondément leurs paradigmes du web 1.0 et n'intègrent définitivement les contraintes et enjeux du média 2.0, que dis-je de l'hypermédia, média de tous les médias, amalgame de formats et d'outils toujours plus socialisants."

Comment définir la stratégie de contenu web ?
La stratégie de contenu web répond naturellement à la nécessité de penser et de gérer efficacement les contenus digitaux d'une entreprise, quels qu'ils soient. Le responsable éditorial web doit se porter garant de la qualité des contenus tout au long de la vie d'un site, ainsi que sur tous les autres canaux, gérer son équipe de rédacteurs, d'experts et de journalistes. Un peu comme le rédacteur en chef d'un magazine si l'on souhaite se référer à "l'ancien monde".

Voici quelques définitions intéressantes :

« Content strategy is the practice of planning for the creation, delivery, and governance of useful, usable, content. » Kristina Halvorson, Content strategy for the web, p32.

« Content Strategy is credible, trustworthy, transparent content that enhances the organization’s strategic goals. » John Lavine, journaliste et professeur à l'école de journalisme de la Northwestern University, spécialisé en media management et strategy

Ou sinon : "Stratégie de contenu, le truc essentiel que tu réalises avoir zappé 1 mois avant une mise en prod " Le responsable
e-commerce du site d’une maison d’édition lors d’une refonte majeure en 2012.

On pourrait définir la stratégie de contenu web comme la création, la publication et la gestion de contenus intéressants et utiles pour les internautes sur tous les canaux digitaux d’une entreprise afin d'en supporter les objectifs stratégiques (vente, visibilité, information, image…).

Joe Pulizzi & le content marketing
Dans le même temps, les spécialistes du marketing comprirent très vite l'intérêt d'influencer les décisions des consommateurs grâce au contenu. Le web est un média, il s'agissait donc d'utiliser les incroyables possibilités offertes par ce nouveau média pour créer de nouvelles manières de convaincre et toucher les consommateurs. La vague du content marketing se développa rapidement, toujours aux Etats Unis, portés par des personnalités charismatiques comme Joe Pulizzi et son Content marketing Institute. Il publia Managing Content Marketing, en 2010, puis plus récemment en 2013 Epic content marketing : how to tell a different story

Voici comment Joe Pulizzi définit le content marketing :
« Content marketing is the art of communicating with your customers and prospect without selling… »

En d'autres termes, le marketing de contenu ou content marketing est l’art de communiquer avec vos clients et prospects sans rien leur vendre, mais dans le but de les amener à réaliser une action profitable pour l’entreprise. Nous sommes bien dans une relation commerciale. Le contenu est utilisé pour transformer l'internaute en client, pour l'amener à acheter mais sans lui parler de produits en direct, ou sans le forcer à regarder une publicité traditionnelle.

On peut bâtir une stratégie éditoriale web uniquement axée sur le marketing de contenu, c'est à dire créer du contenu uniquement dans le but d'augmenter les profits d'une entreprise et de transformer ses internautes en clients.

Stratégie de contenu web & content marketing
La stratégie de contenu web s'occupe de penser et gérer efficacement tous les contenus digitaux d'une entreprise, qu'ils soient ou non, destinés à vendre. Le content marketing est une corde à l'arc de la stratégie de contenu web, comme il est une corde à l'arc du marketing. En ce qui me concerne, je pense qu'une bonne stratégie de contenu web permet de conduire une bonne stratégie de content marketing.

A ce propos, le storytelling n'est pas réservé au content marketing, puisqu'il est utilisé également par les journalistes pour accrocher leur audience, par les concepteurs rédacteurs pour créer leur baseline et par les romanciers pour tenir leurs lecteurs en haleine.

Si l'on voulait résumer la différence entre stratégie de contenu web et content marketing, on pourrait reprendre les termes de Lise Janody, animatrice du groupe Content strategy Paris : "Le brand content et le content marketing ont besoin de la stratégie de contenu mais la stratégie de contenu web ne se limite pas au brand content ou au content marketing". Je vous conseille d'ailleurs de lire sa présentation au Meet-up Content strategy de Toulouse.

Pour conclure, voici une petite image pour résumer, en espérant avoir apporté de l'eau à votre moulin.

Content marketing versus Stratégie de contenu web-ok

Comme toujours, votre aide et vos précisions seront les bienvenus. N'hésitez pas à réagir, à donner votre avis et à partager des ressources utiles sur ce sujet :-)

PS : L'étudiante très dynamique a promis de nous faire un article sur le sujet. A suivre donc...

 

17 avril 2015

François Goube : "Avec Oncrawl, nous travaillons sur l’analyse sémantique du contenu."

François Goube

 

 

 

 

 

 

 

François Goube, serial entrepreneur français, s'intéresse depuis longtemps au lien entre big data, web sémantique et SEO. Lors du dernier SEO Camp'us 2015, il a lancé la version SaaS de l'outil OnCrawl, dernier né de Cogniteev. Cette boîte qui monte, lancée en avril 2013, propose aux dirigeants d'entreprises d'utiliser les informations qu'ils récoltent pour améliorer leur performance. Sa recette ? Le meilleur de la technologie, associé à l'intelligence humaine pour construire une expérience web incomparable. Il nous explique.

Que proposes-tu avec Oncrawl, ton nouveau bébé sorti il y a moins d’un moins ?

En fait Oncrawl n’est pas si neuf, il est utilisé depuis 2013 par de gros e-commerçants. Nous avons par contre sorti la version SaaS ("Software as a Service" ou "logiciel en tant que service", ces logiciels sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l'utilisateur. Les clients ne paient pas de licence d'utilisation pour une version, mais payent un abonnement récurrent - NDPI) accessible à tous lors du SEO campus. Oncrawl est un outil de suivi SEO de la santé de son site web. Il s’agît d’un crawler sémantique qui va parcourir l’ensemble des pages de votre site web et analyser à la fois son code et son contenu. Avec Oncrawl, vous obtenez non seulement une vision fiable de vos paramètres SEO : analyse du balisage de base (title, description, balises h1,h2,h3,…), architecture de votre site, ou encore les performance de vos pages en termes de poids et temps de chargement, mais nous nous efforçons d’aller beaucoup plus loin.

Nous travaillons sur l’analyse sémantique du contenu. Nous proposons des fonctionnalités avancées d’analyse du contenu « presque dupliqué » (near duplicate - NDPI), ce qui permet aux webmasters de savoir quels sont les groupes de pages avec du contenu similaire et sur lesquelles il faut améliorer l’éditorial. Nous sommes des spécialistes de l’analyse d’entités nommées (si vous ne savez pas ce que sont les entités nommées, c'est par  - NDPI). Nous envisageons donc de permettre à chacun de s’approprier les technologies liées au Knowledge graph (vous savez ces informations que Google vous offre directement sur sa page de recherche - NDPI).

Knowledge graph Hubert Reeves

Exemple de knowledge graph sur la requête "Hubert Reeves" à droite

Comment la connaissance des données peut aider les responsables du contenu web à optimiser les performances de leur site ?

D’abord, personne ne sait exactement quel est l’état de son site en matière de qualité éditoriale. Que vous soyez un très gros site de e-commerce ou un site de niche, il est humainement impossible de savoir ce qui se passe réellement. Un gros site peut avoir de graves problèmes de duplication de contenu sur les pages de sa marketplace, un site de niche peut avoir un bug de son CMS qui génère des boucles infinies et donc des pages vides mais qui ne sont pas en 404. Il est primordial de faire un monitoring permanent de ses pages. Vous devez aussi avoir un maillage interne optimisé pour vos « money pages » (les pages qui ont le plus gros impact économique pour votre site web - NDPI). Notre mesure du Inrank qui materialise la popularité interne d’une page permet de savoir si l’une de vos pages principales a besoin de plus de liens.

Qu’est-ce que la technique est en mesure d’apporter aux internautes en termes d’amélioration de l’expérience utilisateur, aujourd’hui ?

Une meilleure connaissance de l’architecture de son site permet de définir de meilleurs chemins de navigation pour les robots de Google, mais aussi pour l’utilisateur. De la même manière, nous identifions les zones de votre site ayant des contenus « pauvres », qui correspondent à des pages ayant peu de contenu original. Nous permettons donc de détecter les pages à améliorer, ce qui contribue à l’amélioration globale de l’experience. Oncrawl détecte et analyse les problèmes de votre site en matière de SEO, et vous permet de prioriser vos actions.

A lire
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