Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

13 novembre 2013

Audrey Etner, femininbio.com : ʺQuand j’écris, je me demande toujours « qu’est-ce que j’aimerais lire ? » ʺ

Comment faire pour construire une ligne éditoriale solide lorsque l’on arrive à la rédaction d’un site Internet ? C’est l’expérience d’Audrey Etner, rédactrice en chef de femininbio.com. Depuis son arrivée en 2012, elle gère la ligne éditoriale du magazine d’une plume engagée et enthousiaste. Elle nous parle de son expérience.

Photo Audrey Etner

Bonjour Audrey, peux-tu nous présenter femininbio.com ?
Femininbio.com, c’est le premier magazine français consacré à l’écologie au féminin. C’est une communauté de femmes engagées, fondée par Anne Ghesquière en 2007. Leur objectif, leur envie commune, c’est de donner un sens à leur vie, de rendre leur famille, leur planète, leur vie plus durable, plus désirable. Le site web offre un lieu d’échange, de partage d’astuces, de trucs pour changer ses habitudes en douceur.

En mai 2012, après 5 ans d’existence (une éternité sur le web – NDPI ;-), le magazine s’associe au groupe Palpix, spécialisé en stratégie numérique, co-fondé par Michaël Amand. A cette occasion, FemininBio se refait une beauté avec un nouveau site en novembre 2012 et un magazine gratuit sur iPad, avec plusieurs hors séries payants. C’est à ce moment que je suis arrivée avec pour mission d'affirmer la ligne éditoriale magazine.

Quelle était ton expérience, ta vision lorsque tu es arrivée ?
En réalité, j’ai un parcours plutôt atypique. Avant de me lancer dans le journalisme féminin écolo, j’ai travaillé pendant 8 ans en finance ! Je n’avais pas choisi ce métier en toute conscience. J’avais écouté les conseils des uns et des autres. Et j’étais arrivée là un peu par hasard. J’étais donc perdue dans un domaine que je n’avais pas spécialement choisi, à faire des tâches qui ne m’intéressaient pas. Mais à l’époque ce poste me laissait du temps libre. Il m’a permis de lancer le blog « Paris by light », dans lequel je racontais mes pérégrinations parisiennes dans les magasins bio. Là, je me sentais vraiment dans mon élément.

Il faut dire qu’à 22 ans, j’ai découvert que j’avais une intolérance au gluten, aussi appelée maladie cœliaque. C’est comme ça que j’ai poussé la porte d’un magasin bio la première fois. J’ai découvert un univers nouveau, avec des odeurs et des saveurs incroyables ! J’ai commencé à chercher des recettes sur les blogs de cuisine comme celui de Valérie Cupillard, Anne Lataillade Papilles & Pupilles, ou encore Clea Cuisine.  Au début, ces sites m’ont aidé à me nourrir.

Mon blog « Paris by light », a participé toujours par hasard aux Golden Blog Awards et j'ai commencé à travailler régulièrement avec un journaliste de l’Express, Eric Lecluyse, auteur du blog Bienbeau.fr. C'est lui qui m'a mis sur le chemin d'Anne Ghesquière au moment où sa responsable éditoriale d'alors, Stéphanie Jarroux, partait en congé maternité. Grâce à la confiance d'Anne Ghesquière et de Michaël Amand, j'ai atterri à la rédaction de femininbio.com !

Comment imprimer sa marque lorsque l’on arrive aux commandes éditoriales d’un site web ?
Quand je suis arrivée, j’ai passé pas mal de temps à m’imprégner de l’âme du site, de son histoire. J’ai beaucoup discuté avec Anne, ce qui m’a permis de comprendre l’angle que nous allions donner aux articles. J’ai lu aussi la charte éditoriale. Mais la transmission s’est effectuée surtout par l’échange. Comme c’était une période de transition pour le magazine, j’avais une carte à jouer. Je devais insuffler une nouvelle jeunesse, une nouvelle énergie au site. Je me suis basée sur mon expérience de blogueuse et j’ai eu besoin d’écrire en plus une sorte de fiche éditoriale pour avoir les idées bien claires.

Ensuite, je me suis lancée en faisant confiance à mon instinct. Quand j’écris, je me demande toujours « qu’est-ce que j’aimerais lire ? » Quand je lis quelque chose, j’étudie mon comportement. Pourquoi est-ce que je me suis attardée sur cet article ? Qu’est-ce qui m’a intéressé ici, plus qu’ailleurs ?

Mon expérience de blogueuse m’a également beaucoup servie. C’est là que j’ai fait mes armes. Sur un blog, et de manière générale sur le web, on a l’échange et la réaction des lecteurs en direct. On a tout de suite les retours positifs et négatifs. Je savais ce qui plaisait à mes lectrices et ce qui les laissait indifférentes.

D’une manière générale, j’écoute toujours beaucoup les commentaires. Sur le web, on est toujours bousculé par ses lecteurs. Dès que l’on a l’impression de rentrer dans une zone de confort, ils nous réveillent.

Et puis, je suis bien entourée avec l’équipe de Femininbio. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. C’est vraiment un travail d’équipe. 

Concrètement, comment allez-vous traiter un sujet sur FemininBio ?
Le site FemininBio s’engage mais nous ne souhaitons pas aller vers le militantisme. Tout l’enjeu consiste donc à traiter un sujet en veillant à toujours proposer des solutions. Ne pas laisser les lectrices dans le flou ou dans l'inquiétude, leur fournir des réponses. Par exemple, quand UFC Que Choisir publie un dossier sur les produits toxiques dans les lingettes, nous en profitons pour relayer l’information et publier en même temps un autre article sur les façons bio de nettoyer les fesses des bébés.

Pour le choix des couvertures de magazine, nous réfléchissons beaucoup avec Anne. Nous alternons les visages plus ou moins connus. Nous prenons soin de toujours choisir des  personnalités qui vont porter la parole de FemininBio. Si nous choisissons des actrices, nous voulons qu’elles soient réellement engagées comme Vahina Giocante. Nous avons publié les interviews de Christophe André sur la méditation ou d’Emily Loizeau, artiste engagée. Le dernier numéro de FemininBio met la blogueuse Antigone XXI à l’honneur avec sa démarche anticonformiste.  Nous cherchons toujours à amener les personnes interviewées sur un terrain moins codifié, plus personnel et plus profond.

Quelle place ont les réseaux sociaux dans la stratégie éditoriale de FemininBio ?
Lorsque je suis arrivée, la page Facebook de FemininBio comptait 2500 fans. Aujourd’hui, nous avons dépassé les 10 000 fans. Les réseaux sociaux sont un excellent indicateur de tendance. Dès que l’on poste un sujet, on voit tout de suite si ça va marcher ou pas. J’étudie beaucoup les réactions des membres de la communauté, mais aussi les pages des autres sur Facebook ! Cela me permet de sentir de quoi on va parler. Aujourd’hui, les lecteurs sont aussi acteurs de l’information. Ils influencent l’information sur les réseaux sociaux en choisissant ce qu’ils vont partager ou pas, et en interprétant l’info.

Ils peuvent s’enflammer dans un sens ou dans l’autre. Il faut faire attention à ce que l’on dit, aux positions que l’on prend sur les réseaux sociaux, tout en gardant à l'esprit qu'une position affirmée ne plaît pas forcément à tout le monde.

Est-ce tu penses avoir finalement trouvé ta voie ?
Je me sens sur un nuage. Je n’ai jamais l’impression de travailler. Pour moi, ce poste chez FemininBio, ce n’est pas un job, c’est un chemin de vie !

Merci Audrey pour cette belle interview, tu m'as offert l'occasion de parler de FemininBio, un magazine cher à mon coeur puisque j'ai participé à la grande aventure du lancement ;-)

A lire aussi sur Plume Interactive les interviews de :
Beatrice Toulon, ex-rédactrice en chef de Phosphore 
David Straus, rédacteur en chef de TF1 News
Eric Scherer, directeur de la prospective à France Télévisions


Commentaires

    Bravo, interview très inspirante. Je ne commente pas souvent, mais plumeinteractive est bien calé dans mes RSS.

    Posté par Super, 14 novembre 2013 à 16:04
  • :-)

    Merci Super !

    Posté par Eve, 17 novembre 2013 à 22:26
  • Voilà un parcours intéressant, passer de la finance à un magazine féminin écolo, ce n'est pas banal ! A suivre...

    Posté par Elodie M., 17 novembre 2013 à 23:06
  • :-)

    Et surtout chaleureuse et très sympa !

    Posté par Eve, 16 décembre 2013 à 15:37

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