Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

10 novembre 2011

Secret de blogueuse, Clea : "un post c'est une histoire, une photo, une recette."

"Autant vous le dire tout de suite : j’ai foiré ces biscotti, ils sont super moches. J’en ai juste sauvé 3 pour les mettre devant le temps de la photo de famille. Rien de bien grave : j’ai voulu les découper trop tôt, mais vous ne ferez pas comme moi, parce que vous allez suivre la recette (la bonne)." Et voilà le style Clea ! Un ton nature, de l'humour, des ingrédients originaux, des recettes bio délicieuses, simples à réaliser et des bons conseils de cuisine. Depuis 2005, Claire Chapoutot régale la blogosphère française avec son blog Clea Cuisine. Voici quelques-uns de ses secrets de blogueuse à succès !

interview_claire_chapoutot

Claire, peux-tu nous dire comment a commencé l'aventure du blog Clea Cuisine (toujours au top des meilleurs blogs culinaires depuis 6 ans) ?
J'ai commencé mon blog en mars 2005 alors que je vivais au Japon. J'avais alors décidé de publier uniquement les recettes japonaises que je m'amusais à réaliser sur place. 6 mois plus tard, au moment de rentrer en France, j'ai tout bêtement pensé arrêter. Mais la (toute petite à l'époque) communauté qui s'était formée autour de Clea cuisine m'a donné envie de continuer à l'alimenter, le Japon en moins mais les recettes bio en plus (j'ai toujours cuisiné avec les produits bio). Je me suis rendu compte que j'avais finalement plus de choses à partager que je ne le pensais. Et c'est là que ça a commencé à marcher, à l'automne 2005.

Quand tu dis "ça a commencé à marcher", qu'est-ce que ça signifie : il y avait des visites, des commentaires, tes stats ont explosé ?
Je dirais que ça a commencé à intéresser des lecteurs autres que les bloggeurs, c'est-à-dire des gens intéressés par le fond du propos et par les recettes plus que par le fait que j'étais une personne de la même communauté qu'eux. Donc oui, des mails, des commentaires, des rencontres. Les stats ont monté régulièrement depuis le début, je n'ai pas spécialement observé de pic.

Est-ce que tu tiens compte des remarques de tes lecteurs pour écrire ?
Oui, bien sûr. Un bon exemple : je travaille actuellement à un index par ingrédients des recettes de mon dernier livre  (500 recettes, il y a du pain sur la planche), car mes lecteurs me l'ont vivement réclamé via le blog et par e-mail. Je pense également que ma manière de cuisiner a évolué avec le temps en tenant compte des retours que j'avais : je crois que mes recettes sont plus simples, plus mainstream qu'au départ. 

Quels seraient tes conseils de blogueuse pour écrire "un blog qui marche", as-tu une ligne éditoriale par exemple ?
Pour ma part, la ligne éditoriale n'a pas été très difficile à trouver : j'ai vite compris que j'allais m'orienter quasi exclusivement sur les recettes réalisées avec des produits bio. J'essaie d'en sortir le moins possible, c'est-à-dire de toujours structurer mes posts de la même façon : une histoire, une photo, une recette.

Si bien que je suis toujours un peu embêtée quand j'ai des messages à faire passer (de type salon du livre auquel je participe), car je considère presque que cela n'a pas sa place sur ces pages. Mais bon, il faut bien partager les infos ! En revanche, je refuse systématiquement le publi rédactionnel, les billets n'ayant rien à voir avec le schmilblick (sauf très rares exceptions, ou descriptif d'un livre de cuisine éventuellement)...

Je pense que ça marche parce que la ligne éditoriale est claire et que les personnes qui me lisent me lisent pour les bonnes raisons (une cuisine qui leur correspond, des infos sur les produits bio). Si, au démarrage, Clea cuisine tenait un peu du journal de bord perso, avec aperçu des états d'âme de l'auteur, je dirais que l'écriture a évolué au fil du temps pour se faire plus distanciée, davantage centrée autour du personnage de Clea et moins autour de celle qui rédige ces lignes. Clea parle des produits, de ses goûts en matière d'alimentation, de ses idées et de ses découvertes, pas de sa vie privée.

Sinon je n'ai pas de conseils à donner en matière de blogging, si ce n'est de soigner la prose, la grammaire, l'orthographe, les photos (même si elles ne sont pas pros, c'est bien de montrer qu'on a essayé de mettre en valeur notre propos). Je pourrais aussi conseiller la régularité, mais je ne suis pas un exemple en la matière. 

Qu'est-ce qui fait le succès du blog Clea Cuisine ? Le style de l'écriture, les recettes, les échanges, est-ce que c'est un tout ?
Mes lecteurs apprécient le ton du blog, donc un peu le style d'écriture, et la personnalité qui s'en émane. Ils me remercient aussi et surtout pour les recettes, qu'ils trouvent simples à mettre en oeuvre mais en même temps suffisamment originales pour leur donner envie de se renouveler, de tester de nouveaux produits.


Qu'est ce que le succès virtuel t'a apporté dans la vie réelle ?
C'est bête à dire, mais en premier lieu, cela m'a permis de rencontrer des personnes dont je n'aurais jamais pu faire la connaissance par ailleurs. Certaines bloggeuses et lectrices des débuts comptent aujourd'hui parmi mes meilleures amies. C'est probablement l'apport le plus précieux du succès du blog à mes yeux.En parallèle, il m'a apporté la possibilité de me faire connaître auprès d'éditeurs et de publier des livres de cuisine : 13 à ce jour aux éditions La Plage ! (NDPI : A lire et à offrir pour Noël : Veggie, 324 pages de recettes végétariennes colorées et délicieuses, un pur bonheur :-)


clea

Merci Claire :-)

Et sinon
Biscotti au potimarron, aux épices et aux noix
, foirés donc mais délicieux, à déguster tout seul dans son coin (la bonne excuse)...
Tarte tatin au coings
Tofu à la crème de citron confit et au gingembre

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15 octobre 2009

Christophe Perruchas : « Sur le web, une petite idée peut produire beaucoup d'effets.»

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Christophe Perruchas officie depuis 6 mois chez Duke Interactive comme Concept manager. La petite agence web devenue grande vient d'être rachetée par Publicis à
Microsoft, en même temps que le groupe Razorfish - qui avait racheté Duke en mars 2007 (vous suivez ?). Matthieu de Lesseux, dernier fondateur encore en place, vient d'annoncer son départ. Décryptage d'une révolution en cours.

Comment le monde de la publicité considère t-il Internet aujourd’hui ?

En 2001, j’ai commencé à travailler en agence sur des programmes vidéos courts sur Internet. Mais c’était toujours une déclinaison web d’une campagne offline leader. Maintenant, les campagnes Internet viennent de plus en plus souvent prendre le pas sur le reste. C’est le cas par exemple des caméras cachées tournées dans les MacDo pour illustrer la campagne « Venez comme vous êtes ». Au départ, ces formats courts étaient prévus pour une diffusion web. Maintenant, ils passent à la télévision et au cinéma.

Le web prend le pas sur les méthodes de communication traditionnelles ?
Oui, on assiste à une sorte d’inversion progressive de la tendance. Avant, le web était réservé à un petit monde d’initiés, les geeks et les fous de technos. Au niveau de la communication, il y avait d’un côté les grosses agences off-line et de l’autre les agences on-line. Tout cela est en train de changer. Les forces fusionnent. La publicité sur le web s’invente en ce moment même et prend de plus en plus d’importance. Publicis vient d’ailleurs de racheter Duke Interactive. Les agences de pub sentent bien dans quelle direction le vent est en train de tourner.

Quelques exemples de campagnes publicitaires online réussies ?
A partir d’idées simples et peu coûteuses, il est possible d’obtenir de très bons résultats grâce au web.

> 1er avril à la SNCF : Au printemps, nous avions par exemple pris au mot des internautes qui discutaient sur les groupes facebook. Ils imaginaient la voix d’Homer Simpson dans les gares SNCF (cf le groupe Pétition pour la voix d'Homer dans les gares SNCF). Nous avons enregistré une trentaine d’annonces avec la voix française d’Homer. Et nous les avons diffusées dans les gares SNCF le jour du 1er avril. Cela a eu un impact considérable. Les médias nationaux, TV et journaux en on parlé. Pendant 4 jours, les internautes ont posté 400 000 messages et des tas de vidéos sur le forum. Voilà comment une petite idée à produit beaucoup d’effets.

> Arrivée de la Parisienne : sur le site web de la course La Parisienne, nous avons mis en place un système qui permet d’obtenir une vidéo live de son arrivée en entrant son n° de dossard. Cela a très bien fonctionné également !

Merci d'avoir répondu à ces questions :-)

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Christophe Perruchas : « Une signature de marque se met au service de la stratégie. »

22 septembre 2009

Christophe Perruchas : « Une signature de marque se met au service de la stratégie. »

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Christophe Perruchas, concept manager depuis 6 mois pour Duke/Razorfish, a travaillé comme concepteur rédacteur pub pour des marques comme la SNCF, Playstation ou le Ministère du travail (vous savez, cette bouche sur l’épaule d’une caissière qui grogne de douleur...) Voir ses meilleures campagnes de pub sur CBNews. Il revient sur le travail de conception d’une signature de marque.

Avez-vous déjà conçu une signature web exclusivement ?
Je ne crois pas qu’il soit intéressant de concevoir une signature pour le web exclusivement (sauf si la marque n’existe pas ailleurs que sur Internet). Une signature parle de la marque en général. Elle ne doit pas se limiter au support média.

Comment se passe la conception rédaction publicitaire d’une signature de marque ?
C‘est un processus long et complexe. Il s’agit de faire passer un maximum d’informations et d’émotions dans un minimum de mots. Et chaque mot compte. Dans le « Just do it » de Nike par exemple, le «just» a toute son importance. Il véhicule un état d’esprit :  « tais-toi et marche », « vas-y, fais-le. »

Une signature dépend d’une problématique à résoudre. Elle se met au service de la stratégie. Prenez par exemple la signature « Total, vous ne viendrez plus chez nous par  hasard. » Pourquoi avoir choisi cette signature ? Total était plus cher que ses concurrents. L’idée était d’aller plus loin dans le service, de proposer une offre plus sympathique. L’entreprise voulait injecter de la valeur ajoutée dans un secteur qui n’était pas forcément sensibilisé à la qualité de l’offre.

La signature vient positionner la marque de manière stratégique dans un contexte donné. Et parfois, cela peut faire la différence.

Combien de temps prend la création d’une signature de marque ?
Cela peut prendre plusieurs mois. Une signature de marque, c’est comme une peau : la première chose que l’on perçoit d’une entreprise. Il faut que cette signature colle à la marque. Parfois, même si l’on répond bien au brief, cela ne convient pas. Souvent, le premier jet n’est pas le choix retenu. Entre les retours client, il peut se passer une maturation, une évolution du processus de réflexion.

Combien se vend une signature de marque ?
Cela dépend des enjeux. Mais s’il s’agit d’une marque internationale, cela peut se vendre très cher : parfois une centaine de milliers d'euros, plusieurs centaines même, avec le logo et la charte. Souvent, les agences mettent plusieurs concepteurs rédacteurs sur la création d’une signature. Car si elles perdent le projet, elles perdent de gros budgets. Dans les agences web, on rencontre moins ce genre de problématique. Internet est encore considéré comme un média qui décline une campagne offline lead. Mais cela est en train de changer.

Merci d'avoir répondu à ces questions :-)

Pour suivre Christophe Perruchas sur twitter

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10 novembre 2008

Eric Dupin : « Il m’arrive d’optimiser pour Google mais souvent, j’écris des titres à la con ! »

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Certains blogs ne décollent pas tandis que d'autres atteignent rapidement des sommets d'audience comme Presse-citron avec 10 000  visiteurs chaque jour.
Comment expliquer cette différence, y a t-il une technique d'écriture spécifique pour réussir son blog ? Eric Dupin nous donne ses recettes.


As-tu une recette, des techniques d’écriture particulières pour réussir un blog ?

Selon moi les principaux facteurs clefs de succès pour un blog sont les suivants : 
1. La technique rédactionnelle : savoir organiser ses idées, son texte, bien hiérarchiser.
2. Le contenu lui-même : qu’est-ce qu’on a à dire, est-ce que c’est pertinent ?
3. Un style d’écriture reconnaissable : ce détail qui fait que l’on achète les livres d’un auteur en particulier.
4. La rédaction d’articles et de titres optimisés pour les moteurs de recherche.

Est-ce que j’utilise moi-même ces techniques sur Presse-citron ? 
Les techniques de rédaction : oui.
Ecrire pour les moteurs de recherche : de temps en temps.

Est-ce que tu prends en compte le référencement pour écrire tes titres par exemple ?
Il m’arrive d’optimiser pour Google. Je reviens sur mon article, je mets le mot le plus important en premier dans le titre. Je mets les mots en caractère gras, je remplace les énumérations linéaires par des listes à puces. Récemment, j’ai écrit un billet sur Laure Manaudou pour étudier cette technique justement. J’ai répété 10 fois « Laure Manaudou » dans le billet. Le lendemain, l’article sortait premier sur Google. Ce jour-là, j’ai reçu 25000 visiteurs uniques, le double de ce que je fais d’habitude. Aucun intérêt car ces visiteurs ne restent pas et le taux de rebond est important, mais cela prouve qu'il est assez facile de faire du trafic sur un blog bien référencé quand on traite "certains sujets".

Mais souvent j’écris des titres à la con ! Cela fait partie du ton du blog et je n’ai pas l’intention de les changer. Par exemple, il y a des téléphones qui ont été qualifiés d’iphone killers. J’ai écrit un article là-dessus. Ca aurait pu s’appeler « 12 iphones killers, le choix des armes» avec les noms des téléphones. Mais à la place, j’ai écrit « Une belle brochette de tueurs (mais ils ne visent pas très bien) ». Le titre n'est pas explicite et pas du tout optimisé pour Google :-)

Ce n’est pas toujours évident de comprendre pourquoi un titre a du succès, ou pourquoi un lien amène du trafic. J’ai parlé de ce phénomène dans un billet qui s’appelle « La valeur relative d’un lien ». Certaines phrases comme « si vous voulez tout savoir sur le dernier sex toys ne cliquez surtout pas là » ont un effet magique.

Selon toi, un auteur de blog doit-il faire attention à la longueur de ces posts ?
La longueur ne m’a jamais dérangé sur les blogs, au contraire. En général, on apprécie la personne qui écrit, on a confiance en elle. En ce qui me concerne, plus il y de la matière, plus je suis content. Je me garde un billet comme je me garderais un bon gâteau au chocolat.

Mais parfois, il y a juste 3 lignes à lire et c’est comme une fulgurance. Par exemple sur la crise financière, il y a eu des millions et des millions de pages écrites et pourtant, Patrice Cassard a parfaitement résumé le sujet en 3 lignes : « Faites moi penser à acheter des graines pour le potager, un générateur d' électricité solaire, des armes à feu, quelques poules et une citerne pour l'eau. »

Quel type de contenu plaît le plus aux lecteurs de Presse-Citron ?
Dès que l’on parle de sujets plus personnels, cela a du succès. C’est le cas par exemple, lorsque j’écris des billets sur la musique en ajoutant une touche plus personnelle, comme un post sur la disparition des disquaires.

Tout ce qui tourne autour des blogs marche très bien également. Les lecteurs sont intéressés par ce genre d’information.

Chaque fois que j’ai fait un billet sur le sujet de la photographie, j’ai toujours obtenu beaucoup de conseils, de commentaires. Il y a une communauté très vivante et très sympa autour de la photo, un potentiel de discussion autour de ce sujet énorme sur Internet.

Comment gères-tu les commentaires sur ton blog ?

Je consulte mes mails régulièrement, au bureau ou sur mon smartphone quand je suis à l'extérieur. Je réponds aux commentaires quand je suis interpellé. Je suis moins pro-actif qu’avant, car j’ai parfois plusieurs dizaines de commentaires par articles et je ne peux pas répondre à tout.

Je supprime très rarement les commentaires mais quand cela arrive, je le fais sans état d’âme. Par exemple, quand  cela vire à l’insulte ou aux attaques personnelles (sur moi ou d'autres personnes), je n’hésite pas à prévenir puis bannir définitivement s’il le faut.

Qu’est-ce qui fait le style d’écriture Presse-citron ?
La spécificité du blogueur, c’est qu’il parle à la première personne. Il dispose d’une liberté de ton et d’écriture bien plus grande que le journaliste. Je ne me suis jamais privé de faire des billets qui n’avaient rien à voir avec le style habituel des posts de Presse-citron. On ne sait jamais à quoi s’attendre. C’est le « tempo » d’un blog.

Un peu comme un feuilleton sans fin, un organisme vivant avec des ruptures de tons, chaque article apporte sa pierre à l’édifice. Il m’arrive souvent de faire trois billets sur un sujet sérieux et le quatrième, plus court est une bêtise, complètement décalée par rapport au reste. Je crois que ces billets inattendus apportent un élément de surprise important et qu’ils ont beaucoup participé à l’attachement que les gens peuvent avoir pour Presse-citron.

Merci d'avoir répondu à ces questions !

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Eric Dupin : « De juillet à décembre 2005, l’audience du blog est passée de 100 à 1000 visiteurs ! »

L'interview d'Eve Demange, PLUME Interactive, sur Presse-citron



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04 novembre 2008

Eric Dupin : « De juillet à décembre 2005, l’audience du blog est passée de 100 à 1000 visiteurs ! »

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Eric Dupin, le fameux auteur du blog Presse-citron consacré aux nouvelles technologies, nous raconte comment son site est devenu en quelques mois un incontournable de l'information made in web.

Eric, qu’est-ce qui t’a donné envie de créer le blog Presse-citron ?
A l‘époque, je concevais des sites Internet en freelance et je travaillais en réseau avec d’autres indépendants. Lorsque j’ai découvert le format du blog, j’ai tout de suite pensé que c’était génial : pouvoir publier librement sur son média personnel, cela m’allait comme un gant !

Quand j’ai créé Presse-citron, aucun blog n’était rentable. Je ne me suis pas dit : « Tiens, je vais faire de ce blog un média à part entière. » Je souhaitais avant tout partager mon expérience, ma passion du média web.

Raconte nous la succès story de Presse-citron.
La première version de Presse-citron est sortie début 2003. J’exprimais un point de vue sur le traitement de l’information dans les médias avec un propos axé sur la forme plutôt que sur l’information elle-même. Je postais 3 ou 4 billets par mois et n’y consacrais pas beaucoup de temps.

En 2005, je suis reparti de zéro. J’ai tout vidé, repris un template Dotclear basique et recréé Presse-citron en me focalisant cette fois sur les nouvelles technologies. A l’époque, il y avait des blogs sur la politique, la cuisine, les sujets persos mais rien sur ce thème. Je voulais faire une sorte d’équivalent du Journal du Net ou de SVM mais version blog, parler des tendances du web, des gadgets et des technologies mobiles avec un ton personnel, en tentant de vulgariser un peu.

La nouvelle version est sortie en juillet. De juillet à décembre 2005, l’audience du blog est passée de 100 visiteurs uniques par jour à presque 1000 ! Là j’ai commencé à vraiment me prendre au jeu. J’ai continué, fait des billets remarqués, une ou deux polémiques (bien malgré moi) : des éléments qui m’ont valu une grosse notoriété d’un coup.

Mon activité de blogueur a réellement démarré en janvier 2006 quand j’ai lancé Fuzz. Cela a beaucoup contribué à la visibilité de mes activités sur le web et donc de Presse-citron

Et ton audience aujourd’hui ?
Le blog reçoit environ 10 000 visiteurs uniques par jour avec des pointes à 15000 selon l'actualité

Comment expliques-tu ce succès ?
J’ai l’impression que le blog est arrivé à un moment où il n’y en avait pas tant que ça. C’est toujours plus facile de réussir lorsque l’on démarre dans les premiers. J’avais envie de transmettre ma passion pour les applications web, originales et bien ficelées avec une capacité d’étonnement toujours renouvelée devant un nouveau gadget.

Parmi la masse des blogs qui existaient, Presse-citron parlait d’un sujet pas très original mais d’une manière différente, avec un regard à la fois enthousiaste, un peu détaché, et surtout un "style" éditorial qu’on trouve peu dans le milieu high tech. La mayonnaise a pris et les gens sont revenus, toujours de plus en plus nombreux.

Est-ce que tu as bénéficié du linkbaiting (liens naturels pointant vers le contenu du site) ?
Tout de suite, je me suis revendiqué comme lyonnais. La blogosphère lyonnaise s’est accrochée et de nombreux auteurs qui faisaient un trafic supérieur au mien ont renvoyé des liens vers mon site.

J’ai également sympathisé rapidement avec deux-trois personnes qui avaient une notoriété supérieure à la mienne et avec qui le courant est bien passé comme par exemple des blogs ou webzines sur les technologies mobiles.

Je connaissais également Patrice Cassard. J’étais parmi les rares cités dans sa blog-roll, cela m’a pas mal aidé, surtout en terme de légitimité.

Et maintenant quels sont tes objectifs ?
En septembre, j’avais 12000, 13000, parfois 15000 visiteurs uniques par jour. En ce moment c’est plutôt 9000. J’ai atteint un seuil depuis 6 mois. J’ai l’impression d’être au maximum de ce que je peux faire sur cette thématique. Maintenant, la progression ne se fera plus de manière naturelle et organique mais par des échanges de liens avec des gros portails.

Et l’affaire Fuzz-Olivier Martinez qui a fait a une des médias traditionnels, quelle impact sur ton audience ?
J’ai publié deux billets à ce sujet : Votre blog est cité dans un grand média et alors ? et Précisions relatives à l'impact des médias sur un site web. Cela ne m’a rapporté aucun trafic. Je suis passé sur Canal +, LCI, toujours en une avec Fuzz. J’ai eu un pic de 30% pendant 3 ou 4 jours et puis c’est tout. Ce sont deux mondes à part.

Merci d'avoir répondu à ces questions !

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