04 octobre 2010
Oui, j'ai payé pour lire un article en ligne.
En 2010, le public est-il enfin prêt à payer pour l'info en ligne ? «Oui » répond sans hésiter Edwy Plenel fondateur du journal en ligne Mediapart. « Non seulement je le pense. Mais en 2 ans, Mediapart a prouvé que le public était prêt à acheter de l'information de qualité, de référence, documentée, crédible. »
Voir la vidéo CFPJ Lab - Interview Edwy Plenel du Groupe CFPJ sur Vimeo.
En 2009, Mediapart annonçait un chiffre d'affaires de 1,4 millions d'€ sans aucune page de publicité. En 2010, le site enregistre 600 000 visiteurs uniques par mois et surtout, 20 000 abonnés individuels payants, chiffres en progression constante. Des résultats économiques très prometteurs. Une belle raison d'espérer pour les journalistes.
Les raisons de ce succès ? Sa ligne éditoriale engagée qui tranche avec le ton feutré des articles de la presse écrite. Mais aussi la qualité des articles : 25 journalistes professionnels travaillent à la rédaction. Enfin, l'indépendance éditoriale, financée par les abonnés au journal. « L'achat est au coeur d'une relation de confiance entre un journal, quel que soit son support, et son public » estime Edwy Plenel. Les abonnés peuvent critiquer librement les articles de leur journal et s'exprimer à tout moment sur le site (et ils ne s'en privent pas !)
La mayonnaise prend, malgré un format d'article non adapté à la lecture en ligne, un référencement naturel calamiteux et des capacités techniques plutôt limitées. Mais on paye son abonnement chaque mois avec le sentiment jubilatoire d'appartenir à un "club" privilégié.
A faire passer si vous avez un ami journaliste déprimé...
A lire
"Médiapart": une marque, la consécration du journalisme d'investigation numérique de Capucine Cousin sur l'excellent blog Miscellanees
Edwy Plenel : «Combattre la dictature de l'argent».
A lire aussi
Mais que font les journalistes ?
Le web, c'est comme l'Islande
Payer pour lire du contenu web, mais pourquoi ?
29 septembre 2010
Pourquoi publiez-vous ces tonnes d'articles ?
A quoi/à qui sert ce fatras de mots qui colonise l'espace de nos sites web ? Ne sommes-nous pas comme ces grands-mères qui servaient trois entrées, trois plats principaux et deux desserts par peur de manquer ?
"Vous voulez améliorer la qualité de votre contenu ?", demande Kristina Halvorson dans son livre Content Strategy for the web. Conseil n°1 : "do less, not more" : "Faites moins et non plus". Triez, jetez, jetez surtout. Publiez moins, mais mieux. Analysez pour savoir ce qui intéresse réellement vos internautes. Etudiez quels contenus s'avèrent réellement stratégiques pour le succès de votre site.
Elle ajoute : "Votre contenu web est inutile, à moins qu'il ne serve à :
> supporter un objectif clé pour votre business
> aider un utilisateur à accomplir une tâche"
Je vous laisse digérer ces conseils avisés. Peser le pour et le contre, entre référencement naturel, qualité du contenu, longue traîne et efficacité.
Qu'en pensez-vous ?
Et sinon
Velouté de panais
27 septembre 2010
Réunion "Content Strategy" à Paris
La première réunion du groupe Meet-up sur le thème "stratégie de contenu" a eu lieu lundi 27 septembre 2010 à Paris. Destry Wion, l'un des organisateurs du Content Strategy Forum 2010 à Paris était présent.
Si vous n'avez pas pu y assister, vous pourrez suivre les prochains rendez-vous sur Meet-up. L'initiative, lancée par Lise Bissonnette Janody devrait permettre à toutes les personnes intéressées par la stratégie de contenu web d'échanger sur le sujet.
Si vous avez participé à l'évènement, n'hésitez pas à venir en témoigner sur ce blog. A suivre, donc.
Lisez aussi
Le compte rendu du fameux Content Strategy Forum en avril à Paris par Stacey King Gordon
L'article fondateur de Kristina Halvorson, "The discipline of content strategy" sur A list Apart
21 septembre 2010
Texte, messages et vidéo
Gmail lance la boîte de réception prioritaire. Pour expliquer le concept, Google a conçu une petite vidéo concise et ludique. Regardez comment images naïves et textes simplissimes se complètent merveilleusement pour illustrer ce nouveau service.
Ou comment une petite vidéo web vaut mieux qu'un long discours :
Côté référencement, la vidéo ressort moins bien que les blogs (et les textes, donc) qui parlent de son lancement. Mais globalement, grâce à ce relais webmédiatique et les commentaires sur la vidéo, l'info passe bien.
D'ailleurs, je serais curieuse de savoir ce que pensent les référenceurs de l'aspect purement SEO de cette vidéo ?
20 septembre 2010
La maison ne "pond" pas de textes SEO !
"Pouvez-vous me pondre 35 000 mots optimisés sur les mots-clés qui nous intéressent ?
— Non désolée, la maison ne fait pas dans la ponte de textes SEO."
Ici, nous ne faisons pas dans la production industrielle de mots-clés optimisés. Nous élevons les mots avec amour pour des internautes exigeants, soucieux de qualité et de santé intellectuelle. Nous écrivons des textes pour des vraies gens avec des vrais cerveaux. Nous vérifions nos sources. Nous soignons les intitulés pour orienter correctement les personnes, leur faciliter la vie ou les faire rire. Nous délivrons des informations utiles pour le quotidien. Nous sélectionnons les réactions les plus intéressantes ou les plus originales. Nous trions la matière de la communication humaine pour offrir du sens, là au milieu du brouhaha (ou du vide, c'est selon).
C'est vrai, l'optimisation des textes, c'est important aussi. Cela permet d'obtenir rapidement les informations, de rendre visible ce qui resterait caché au fond des tiroirs du web. Et rédaction web et référencement ne sont pas opposés, bien au contraire. Mais ils servent des objectifs distincts :
- la rédaction vise l'information de l'internaute,
- le référencement vise les premières pages dans les résultats des moteurs d'un robot (pour satisfaire les internautes en théorie, mais surtout les objectifs business du site Internet).
Pour ma part, j'ai rencontré des référenceurs très soucieux de la qualité de l'offre, du produit et du contenu web. Et d'autres, à l'extrême, qui pensaient que les internautes "ne lisent pas les textes sur Internet". Donc ils publiaient des textes inutiles, médiocres, truffés de fautes et pas chers. Les deux peuvent obtenir de bonnes places sur les moteurs de recherche. Mais je pense qu'un contenu éditorial de qualité fidélise les internautes sur le long terme. Il construit un cercle vertueux de liens de confiance qui perdurera bien mieux.
Comprenez-moi bien : tous les textes écrits pour Internet doivent viser la qualité pour les internautes ET chercher la visibilité sur les moteurs. Tous les rédacteurs et les journalistes qui écrivent pour Internet devront, à terme, maîtriser les bases du référencement pour être capables d'écrire des textes optimisés. Mais les rédacteurs et les journalistes web, eux qui s'intéressent au coeur de la matière d'un site, doivent se battre pour ne pas "pondre du texte SEO". Leur mission n°1 à eux, c'est offrir d'abord et avant tout la qualité de l'information aux internautes.
A lire
Je vous invite à suivre les conversations du groupe Rédaction web sur LinkedIn créé par Isabelle Canivet, et en particulier l'instructive (et longue) discussion sur la rémunération des rédacteurs web qui a inspiré ce billet.
16 septembre 2010
Racontez des histoires, vos internautes aiment ça.
"Customers are looking for meaning. By telling a story, great content conveys meaning" écrit la spécialiste du contenu, Joyce Hostyn, dans son billet "10 reasons content strategy is essential when designing a holistic customer experience". Ce qui signifie : "les clients recherchent du sens. En racontant une histoire, un bon contenu véhicule du sens".
Et c'est un fait, sur un site Internet, comme dans la vraie vie, un texte fort raconte une histoire. Les journalistes l'ont bien compris. Ils donnent volontiers la forme d'un récit à leurs articles d'information. Les publicitaires, eux, rivalisent d'imagination pour trouver l'histoire qui parlera le mieux aux clients d'une marque. Ainsi Comptoir des cotonniers a construit son discours autour de l'histoire "mère & fille", Chanel filme une histoire d'amour dans un train pour vendre son parfum N°5 et Petit bateau permet à ses fans de se raconter sur une vidéo en récupérant leurs statuts facebook de l'année sur www.talkingshirt.fr.
Internet n'échappe pas à la règle. Sur un site, les internautes commencent par scanner les titres à la recherche d'une information utile. Mais une fois qu'ils ont trouvé l'information qu'ils cherchaient, ces mêmes scanneurs se révèlent d'assidus lecteurs. En 2007, les études du Poynter Institute montraient que les lecteurs lisaient en moyenne 77% d'un article choisi en ligne, contre 57% d'un texte choisi sur un quotidien en presse écrite. Les internautes aiment lire en ligne, surtout si l'histoire les passionne.
Avant d'écrire, demandez-vous toujours : quelle histoire allez-vous raconter à vos internautes ? Un bon contenu web, ce n'est pas uniquement un texte court, informatif, bourré de mots-clés stratégiques. C'est d'abord et avant tout une matière humaine, sensible, empathique, porteuse d'une histoire et d'un sens.
Et le métier de rédacteur web n'est pas, et ne sera jamais, une science exacte. Plutôt une sorte d'artisanat intellectuel. L'art de composer une bonne histoire donc, à partir d'une réalité virtuelle chaotique.
Et vous, comment définiriez-vous le métier de rédacteur ?
A lire
"10 reasons content strategy is essential when designing a holistic customer experience" de Joyce Hostyn
10 septembre 2010
Rentrée des masterclass chez Gerry McGovern !
On ne présente plus Gerry McGovern, LE spécialiste du contenu web, auteur de Killer web content, l'un des meilleurs livres sur l'éditorial en ligne de ces dernières années. Sa prochaine masterclass aura lieu à Londres le 29 septembre 2010. Vous y apprendrez notamment comment mieux manager votre contenu web.
Vous repartirez en prime avec le dernier livre du gourou signé : The Stranger's long neck ! En attendant, vous pouvez découvrir gratuitement le premier chapitre.
Bonne rentrée 2010 à tous !
30 juin 2010
Une heure de conseils SEO gratuits par Matt Cutts
Matt Cutts, responsable de l'équipe antispam Google et membre du département Qualité Google, analyse plusieurs sites Internet du point de vue du référencement. C'est en anglais, mais parfaitement sous-titré, donc lisible et instructif. Voici quelques-uns de ses meilleurs conseils, dans l'ordre.
1- Mettez du texte sur votre site Internet ! Ne riez pas, la plupart des sites de mode ne proposent pas de textes.
2- Pensez aux mots-clés que vos internautes vont taper sur les moteurs.
3- Ouvrez vos sites aux commentaires si vous le pouvez afin de récupérer un maximum de mots-clés sans effort.
4- Mettez vos contenus sur les réseaux sociaux pour assurer leur promotion (et récupérer des liens).
5- Utilisez un outil de publication optimal pour le SEO comme Wordpress, Joomla ou Drupal.
6- Faites une offre qui sorte du lot. Demandez-vous ce que vous pouvez proposer qui soit si excellent, si "cool" que les gens vont faire naturellement un lien vers votre site. NDPI : j'aurais commencé par là.
7- Publiez un contenu original, cela peut faire une énorme différence. NDPI : quand on parle de contenu original, on ne veut pas dire délirant mais bien inédit, i.e. qui n'existe pas ailleurs.
8- Mettez votre texte dans la zone de texte et non intégré dans une image.
9- Quand vous choisissez un nom de site, ne prenez pas forcément un terme explicite mais plutôt un titre qui vous différencie. Pensez à l'importance de la marque. NDPI : "Apple", c'est en effet plus sympa que "Entreprise qui vend des Macs et des Iphones" et "Presse Citron", mieux que "Blog sur les nouvelles technologies". La relation affective avec une marque est une notion qui échappe à toute science objective. C'est un fait humain souvent occulté par les puristes du web et les référenceurs eux-mêmes.
10- N'essayez pas d'obtenir un lien de manière artificielle par une pyramide, mais plutôt parce que votre contenu éditorial présente un réel intérêt.
Allez-y, cela dure une heure mais c'est intéressant, surtout parce qu'il analyse en live plus d'une dizaine de sites web.
Matt Cutts a donné sa première Search conference à Paris en mai 2010. Sylvain Richard de l'excellent blog AxeNet et Sébastien Billard y étaient. Lisez leurs comptes rendus :
> conseils et infos SEO de Matt Cutts à Paris
> retour sur la venue de Matt Cutts à Paris
Et sinon
Muffins à la rhubarbe
14 juin 2010
J'ai deux amours, Internet et Paris
Vous avez manqué le rendez-vous international des professionnels du contenu éditorial web, le 2010 Content Strategy Forum, les 15 et 16 avril 2010 à Paris ? Lisez l'excellent compte rendu Paris, je t'aime de la canadienne Stacey King Gordon, auteur du livre Magazine Design That Works. Elle, elle y était. Et de son point de vue, elle a eu "le sentiment d'assister aux fondations de quelquechose de très important pour le futur de notre industrie."
En 2001, 2002 et 2003 en France, le salon des iContenus pour le web et les mobiles avait permis aux professionnels de l'éditorial en ligne de se retrouver et d'échanger sur leur activité. Le salon, créé par Pascal Pierrey, se tenait au CNIT à Paris. Son objectif était "d'accompagner le développement et la structuration du marché des contenus en ligne, un marché en évolution rapide encore peu structuré."
A la grande époque, on y croisait les professionnels de chez Dixxit, La Mine, Les Argonautes, LeMonde.fr, Les Echos, ou encore le BenchmarkGroup. On pouvait assister à des conférences gratuites sur le thème "Réussir sa newsletter" ou "Contraintes et opportunités des supports mobiles". Le rêve ! Puis, l'explosion de la bulle Internet et la crise passant par là, ce rendez-vous avait été annulé en 2004. Dommage.
Espérons que le 2010 Content Strategy Forum annonce le début d'une nouvelle rencontre autour du passionnant sujet de l'éditorial en ligne !
Voici donc quelques-uns des thèmes abordés lors de ces deux jours :
> Comment structurer efficacement les contenus (Rachel Lovinger et Karen McGrane)
> Intégrer le spécialiste des contenus dès le premier jour de la conception du site Internet (Elizabeth McGuane et Randall Snare)
> Evaluer l'efficacité de ses contenus en ligne, notamment en réalisant des tests à partir de véritables textes et non du lorem ipsum (Karen McGrane)
> Organiser et prévoir l'animation du contenu une fois que le site Internet est lancé (Jeff McIntyre)
> Réfléchir à l'expérience utilisateur que l'on souhaite créer, raconter une histoire (Joyce Hostyn)
> Prouver la valeur d'une stratégie de contenu pertinente avec des "case study" et des chiffres, par la grande spécialiste du sujet Kristina Halvorson
Pour un résumé complet de ces interventions, lisez l'article de Stacey King Gordon Paris, je t'aime
Vous pouvez télécharger les documents powerpoint du Content Strategy Forum .
Je vous conseille en particulier :
> Semantic web and Content strategy
> Content analysis : Know Thy Content
> What's your story ?
Et pour une définition du terme "Content Strategy" : Do we speak Content Strategy in France ?
Enfin, si vous avez assisté/participé à cette rencontre exceptionnelle, n'hésitez pas à venir en témoigner sur ce blog !
> Olivier De Keyser y était. Lisez son compte rendu.
04 juin 2010
Et sinon, qu'est-ce que tu vas porter au mariage ?
Toutes les femmes le savent, trouver un ensemble chic pour un mariage est une affaire compliquée. Les marques de prêt-à-porter proposent bien des modèles de cérémonie. Mais ne comptez pas sur leur site Internet pour vous faire une idée. On y trouve de la musique à gogo, des vignettes riquiquis, et trois ensembles qui se battent en duel. Et surtout pas de texte.
"Ca y est, la saison des mariages a commencé ! Mais que vais-je me mettre sur le dos ?" J'aurais pu profiter d'une belle soirée d'été pour lire. Mais j'ai décidé de me mettre en quête d'un "vêtement + mariage" sur google. Je me demande encore ce qui m'a pris.
J'ai attaqué, pleine d'espoir, avec "vêtement + cérémonie", "vêtement + mariage", "ensemble + mariage" mais j'ai rapidement compris (au bout de 30 minutes quand même) que je ne trouverais rien avec cette stratégie. Google me ramenait des sites de robes de mariée, des sites chinois de grossistes de vêtements, des sites de vêtements pour cortège ou des robes type Dallas.
Dépitée, me voilà sur des sites de marques un peu chic. Et qu'est-ce que je trouve ?
Sur Maje - De la musique à fond, des vignettes minuscules et peu de modèles (heureusement qu'on trouve plus de vêtements dans les boutiques). Et pour Google, pas le moindre petit texte à se mettre sous la dent.
Chez Caroll, un tout petit peu mieux - Pas de musique (ouf !) et un peu plus de modèles. Et regardez bien, il y a des textes, d'une richesse et d'une utilité renversantes ! "Robe", "robe", "robe", au moins on sait ce qu'on achète.
Sur le site de la marque Tara Jarmon - (re)musique d'ambiance à fond, toujours les vignettes et toujours pas de textes pour Google, ni pour moi (à ce stade, j'ai déjà abandonné l'espoir de filtrer par couleur, ou par matière).
Je vous épargne la longue liste des autres sites visités. Trois heures plus tard et quelques vignettes sans textes plus loin, j'en étais toujours au même point. J'ai trouvé partout photos riquiquis, musique à gogo et textes zéros, y compris pour les chaussures et les accessoires (mais oui, j'étais très motivée et j'ai gardé espoir jusqu'au bout).
Et là je me suis demandée : mais que font les référenceurs ? Personne n'a donc expliqué à ces responsables de sites que les vraies gens sur Internet n'aiment pas regarder les vêtements sur Mac à travers une loupe mais qu'ils recherchent des infos pratiques et claires sur les modèles, de grandes photos et des commentaires de filles (voire même des liens vers facebook, qui-ça ?).
Bilan des courses, grosse migraine et aucun commencement d'idées de ce que j'allais mettre au mariage de la cousine Bette. Finalement, j'irai en tongs et maillot de bain La Redoute, là au moins il y a du texte.
A lire aussi
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