Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

16 décembre 2011

Comment écrire pour booster son blog ?

"Je cherche actuellement comment booster mon blog, comment me référencer, quels mots-clés acheter, comment lui donner une ergonomie éditoriale." Voilà de bien belles questions trouvées ces derniers temps dans ma boite email ! Merci de me les avoir posées :-) Vaste et passionnant sujet que l'écriture pour un blog ! Alors, comment vous répondre ?

1-Voici l'ingrédient secret pour booster votre blog : commencer par bien choisir celui ou ceux qui vont rédiger les articles ! Car la qualité et le succès d'un blog dépendent en grande partie de la personnalité de celui qui l'écrit. Prenez le blog des geeks pressés Presse-citron, les blogs culinaires comme Clea Cuisine, Papilles et Pupilles en passant par le célébrissime blog de Gwynette Paltrow The Goop, ou encore le blog de betty, tous sont rédigés par une personne passionnée, engagée et/ou drôle (et même tout cela à la fois). 

Cette règle tient pour tous les blogs, y compris ceux que vous allez créer pour booster l'image et la visibilité de votre entreprise. Le blog Axe-net  par exemple est écrit par un fondu de référencement qui vulgarise avec talent un sujet à priori difficile. 

Si vous souhaitez créer un blog d'entreprise intéressant, je vous conseille de faire appel à un journaliste freelance ou bien de choisir un collaborateur doué pour l'écriture et de lui dégager une demi-journée par semaine au minimum. Si vous connaissez cette personne, vous avez fait 60% du chemin :-)

2- Ensuite, réfléchir au contenu ! 
Que souhaitez-vous écrire et comment voulez-vous l'écrire ?

"Créer un blog en 5 minutes", c'est techniquement possible. Mais avec quel résultat ? Publier une suite d'articles sans intérêt en faisant de la publicité pour des produits, cela n'intéresse pas grand monde. Les lecteurs d'un blog attendent un point de vue intéressant, différent, des explications ou des informations qu'ils ne liront pas ailleurs. C'est ce qui fait le sel du blog.

Et là, le fond et la forme comptent autant l'un que l'autre pour le succès d'un blog. De nombreux blogueurs fonctionnent avec quelques règles comme Clea : "Un post, c'est une histoire, une photo, une recette" et beaucoup d'instinct comme Eric Dupin : "Il m'arrive d'optimiser pour Google mais souvent, j'écris des titres à la con" avec le succès que l'on connaît !

D'expérience, les billets d'humeur fonctionnent bien s'ils sont écrits par une personnalité ou une plume acérée. Si vous n'êtes ni l'un ni l'autre, optez plutôt pour des articles à haute valeur ajoutée. "Qu'est-ce qu'un article à haute valeur ajoutée" me direz-vous ? Et bien c'est un article qui délivre une information pointue sur un sujet qui va intéresser vos lecteurs dans leur quotidien. Pour les gourmands, c'est une délicieuse recette, pour les référenceurs, c'est un post qui délivre des conseils de référencement pertinents, pour des clients d'un magasin de déco éthique c'est un article qui parle de la façon dont on produit le bois d'ameublement.

Et vous, qu'avez-vous à dire d'original et d'intéressant pour vos lecteurs ?

3-Et d'abord... qui sont vos lecteurs ?
Cette question simple est essentielle. Au fur et à mesure que vous allez publier des articles, vous allez vous rendre compte que certains sujets font beaucoup d'audience et sont bien relayés sur les portails d'infos comme wikio et les réseaux sociaux, comme twitter et facebook, et d'autres pas du tout. Comme vous n'aimez pas travailler pour rien, vous allez suivre les bons conseils d'Aurélie Moulin, responsable acquisition de trafic chez Aufeminin et regarder régulièrement votre outil de web analytics :-)

Vous allez aussi passer beaucoup de temps à répondre aux commentaires. Aaaaah, les commentaires ! Voilà le poivre du blog, la sauce, la moutarde, la mayonnaise. Il ne faut jamais négliger les commentaires. Les réactions sont souvent plus intéressantes que l'article lui-même. Et les lecteurs le savent bien.   

4-Voilà, maintenant il faut faire connaître vos articles !
Une fois que vous avez un blog tenu régulièrement par une personne passionnée, des articles intéressants et des commentaires enragés, l'idée c'est de le faire savoir. Vous allez donc faire ce que ferait naturellement toute personne passionnée par son sujet : aller discuter sur des forums et des blogs populaires qui traitent de sujets similaires. Peu à peu, à force d'échanger et de suivre les conversations, vous allez vous faire connaître.

Utilisez également les réseaux sociaux, en particulier facebook et twitter, deux réseaux particulièrement efficaces pour diffuser l'information et améliorer votre visibilité.

5-Et alors justement, que dire sur le référencement d'un blog ?
Il y aurait beaucoup à dire sur le référencement naturel d'un blog (oui, je ne vous parlerai ici que de référencement naturel ou peut-être plus précisément de référencement éditorial, c'est-à-dire "se rendre visible sur les moteurs grâce à une stratégie de contenu efficace").

Comme sur un site Internet, sachez que ce qui compte pour la visibilité naturelle d'un blog c'est :
-la qualité du contenu (fond et forme)
-les backlinks, les liens qui pointent vers vos articles et le volume des conversations autour du blog

En toute logique, si vous avez suivi les étapes précédentes, vous devriez commencer à voir les premiers effets positifs sur les moteurs de recherche :-)

Si vous tenez un blog d'entreprise, faites attention à ce que les pages de votre blog ne cannibalisent pas les pages de votre site Internet. Certains blogs d'entreprise populaires ressortent avant le site de l'entreprise sur les moteurs. Cela peut s'avérer gênant, voire contre-productif. Surtout que les lecteurs de votre blog ne seront pas forcément vos meilleurs clients, et vice-versa.

Pour éviter ce problème, vous pouvez positionner votre blog sur des sujets plus spécifiques ou périphériques à votre activité principale. Le blog ne doit pas doubler votre site mais au contraire apporter des informations complémentaires, différentes, moins officielles. Il participe d'une conversation.

6-Enfin, il peut être utile de fixer le fruit de votre réflexion sur une Charte de blog, surtout si vous avez plusieurs contributeurs.

Et vous, quelles sont vos recettes de blogueur/se ? Et si vous avez d'autres suggestions, n'hésitez pas à les partager ! 

A lire aussi
Réussir son blog professionnel de Thomas Parisot
Blog pour les pros de Loïc Le Meur



23 septembre 2011

Rassurer avec les bons mots en e-commerce

Aaah le "wording" ! Vous savez, ces intitulés, ces mots de réassurance et ces petits messages disséminés sur un site ? Ils n'ont l'air de rien et pourtant, leur justesse est essentielle, leur efficacité, redoutable. Sur un site e-commerce, il suffit parfois de trois mots pour faire une vente.
+ 36,2% de ventes exactement :-)

wording

Sur un site e-commerce, le processus qui amène un internaute à acheter son produit génère un taux d'abandon monstrueux. "50 à 90% des clients ne concluent pas leur panier sur un site e-commerce" constate Thomas Faivre-Duboz, auteur du livre Webconversion et Directeur Associé de l'agence Converteo, spécialisée en optimisation du processus d'achat. "Cela est particulièrement vrai pour les biens chers. Le client hésite, il se demande par exemple : « vais-je être bien livré ?» S'il se sent rassuré au bon moment, la vente se fait. Et si le taux d'abandon passe de 90% à 85%, cela signifie une augmentation du chiffre d'affaires de 50%."

Le bon message, au bon moment : voilà le secret du bon wording en e-commerce ! Les mots de réassurance doivent être adaptés à l'étape où se trouve le prospect, et à ses besoins. Un mot de réassurance mal positionné peut même s'avérer contre-productif. "Sur certaines pages, nous avons constaté que la version sans le message de réassurance faisait +2 ou 3% de conversion. Le client n'en avait pas besoin à cet endroit-là " conclut Thomas Faivre-Duboz.

L'art de bien expliquer les points sensibles :
Certaines zones sont particulièrement destructrices de vente. C'est le cas de la livraison, la tarte à la crème du wording sur les sites e-commerce. Pourtant, cette zone génère toujours autant de doutes et autant d'abandons. Ces informations, essentielles pour un internaute (c'est déjà bien assez frustrant de ne pas avoir son produit tout de suite) ne doivent jamais se trouver cachées dans les conditions générales de vente.

"Quand un client lit les conditions générales de vente, c'est déjà trop tard" ironise avec raison Jérémie Eskenazi, Directeur de l'agence d'ergonomie Miratech spécialisée en eyetracking (lire ses passionnantes newsletters Regards d'expert). Tous les professionnels s'accordent sur ce point, les conditions de livraison doivent être expliquées très clairement, le plus tôt possible dans le processus de vente.

Ne cachez donc pas les mauvaises nouvelles ! Mais repensez peut-être à la manière de présenter votre offre. Car à votre avis, lequel de ces 2 messages a le plus de chance de convaincre le client :
> "120€ + 30€ de frais de port"
> "150€ + frais de port offerts"

"Pour un canapé ou un appareil ménager à 150€, il peut-être plus efficace de monter un peu le prix du bien et d'offrir la livraison. C'est un levier psychologique très important qui vous permettra de convaincre un client" conseille Thomas Faivre-Duboz. Amazon a d'ailleurs intégré depuis longtemps ce principe dans son offre.

La nécessité de faire court :
Inutile de préciser que ces informations ne doivent pas noyer l'internaute, mais au contraire rester discrètes, tout en étant parfaitement accessibles. "La réassurance ne doit pas être un mur de texte. Il faut placer quelques mots lisibles dans un tableau ou bien les lister de manière claire" conseille Jérémie Eskenazi. Rappelez-vous, les listes à puces de ce cher Jakob Nielsen :-) Le mieux ? Placer de petites touches d'informations, tout au long du parcours pour rassurer l'internaute.

L'éditorial en temps réel :
Chez Devatics, grand prix de l’économie numérique 2011, on se propose d’aller un cran plus loin. Le logiciel Smart permet de détecter immédiatement l'hésitation du chaland devant son poste et de faire apparaître de petits mots doux : "promotion -25€", "livraison gratuite".

Et les résultats sont probants ! Voyez plutôt :
> Chez Madura.fr, "Satisfait ou remboursé, 7 jours pour changer" = + 36,2% de conversion (quand je vous le disais...)
> Chez TomPress.com, "En cadeau avec votre commande, ce magazine vous est offert" = + 14,9% de taux de conversion.

Et si vous devez rappeler le montant d'une promotion, faites-le en € et non en %, vous y gagnerez nettement :
> "-10% " = + 9,9% de conversion
> "-25€ " = + 12,3% de conversion

"Si le logiciel détecte une hésitation de l'internaute, il peut également faire apparaître qu'un conseiller peut répondre aux questions en direct" explique Romulus Grigoras, heureux fondateur de Devatics et chercheur en technologies web et multimédia à l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse. La Redoute et d'autres ont déjà mis en place des systèmes de chat en live pour leurs clients.

Bien connaître ses internautes
Evidemment, vous allez trouver que je me répète mais pour bien rassurer ses clients, il faut commencer par bien les connaître : eux et leur vocabulaire. "Il est important de bien connaître ses clients et de maîtriser le vocabulaire qu'ils emploient afin de concevoir un wording clair et une hiérarchisation de l'information efficace. Le vocabulaire utilisé doit parler aux utilisateurs" martèle Emilie Biela, ergonome chez Altics.

Chez Devatics, on accueille carrément le visiteur avec ses propres mots-clés. Là encore, avec de bons résultats :
> Sur naturamundi.fr, un message sur la page d'arrivée reprend le mot "stress" tapé par un visiteur sur Google = -10,3% de taux de rebonds

Et inutile d'appliquer des recettes toutes faites ou de copier les pages d'Amazon. Car chaque site e-commerce a ses propres clients avec leurs propres sources de stress et de doutes bien à eux. "Les mots de réassurances pour Cdiscount ou Pixmania ne seront pas les mêmes que pour Ikea ou pour Google" confirme Jérémie Eskenazi. "Chez Ikea, le client va peut-être avoir besoin d'informations sur le montage avec l'assurance que son produit sera repris s'il ne fonctionne pas. Sur Google, on va rassurer sur le caractère privé des informations données et le fait qu'elles ne seront pas communiquées à des tiers."

Conclusion : sachez ce qui fait peur à vos clients afin de les rassurer le mieux possible.

Les bases du commerce, en somme. Mais appliquées au web :-)

Et vous quels sont vos retours d'expérience ?

Lire aussi
Le ton du wording, le style de l'accueil
Vendre en ligne : 5 conseils rédaction e-commerce

 

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29 août 2011

C'est la rentrée : révisons le participe passé !

Adieu plage mouillée, tente humide, promenades ventées et crêpes chocolat-chantilly ! A la radio c'est toujours la crise, le frigo est désert, il y a un petit tas de factures dans l'entrée. On reprend le chemin de l'école. Allez souriez, pour fêter ça, voici une petite révision de grammaire...

J'ai en effet remarqué un petit problème avec l'accord du participe passé et l'utilisation des verbes à l'infinitif. D'abord chez mes baby-sitters :"Bonjours, je ne pouvé pas vous répondre car jétai en cour. Je vais vous rappelé, je serai bien la a 18h presice", ou "Dac, sa marche. Aucun soucie pour les gardés, jte di a samedi." Ensuite, sur des forums, dans des commentaires "j'ai acheter cette veste l'année dernière" et même dans les articles de journaux de référence (le métier de secrétaire de rédaction web a de beaux jours devant lui) :

JDNET_faute


Ceci dit, les fautes permettent parfois de déceler les arnaques :-D

faute_mail_spam_Orange2

Pour vous (nous) donc, un petit rappel de la règle d'accord du participe passé :

1- Accord avec l'auxiliaire avoir

Sans COD (complément d'objet direct) le participe passé reste invariable :
Ils avaient mangé comme des ogres.

Lorsque le COD se trouve après le verbe, le participe passé reste aussi invariable :
Les enfants ont mangé tous les gâteaux.

Quand le COD est placé avant le verbe, le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec lui :
Tu as vu tous les gâteaux qu'ils ont mangés !

2- Accord avec l'auxiliaire être

Il s'accorde en genre et en nombre avec le sujet :

La crêpe chocolat-chantilly sera mangée.

Les feuilles des arbres étaient tombées.


3- Un petit truc pour savoir si le verbe est à l'infinitif ou pas :

Remplacez le verbe par un autre qui change de forme à l'infinitif comme "prendre" ou "faire" par exemple :

On écrit : "laissez l'internaute surfer" et non "laissez l'internaute surfé".


Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une bonne rentrée 2011 !

 

16 mai 2011

5 conseils rédaction pour un titre web efficace

Sur Internet, les internautes scannent les pages à la recherche d’une information utile pour eux. Dans ce contexte, le titre d’une page web constitue une accroche très puissante. Comment rédiger un titre web performant ? Voici 5 conseils de rédactrice web :


1- Posez votre crayon (ou levez les doigts) et réfléchissez. Quelle est l’information clé de votre article ? Pour vous aider, imaginez que vous êtes dans la jungle. Votre téléphone (satellite) n’a plus de batteries et vous devez faire passer un message en quelques secondes. Que dites-vous ?

2- Un titre web doit être explicite. Sur Internet, mieux vaut réserver les jeux de mots aux billets d’humeur. Prenons un exemple :

"DSK out" (Libération). Sur le journal papier, ce titre est épinglé sur une immense photo de Dominique Strauss-Kahn. Mais sur le web, les textes seront regardés avant les photos. Il faut donc concentrer l’information sur les mots. Par ailleurs, ce titre n’a aucune chance de ressortir sur les moteurs de recherche.

"DSK arrêté à New York" (Journal du Dimanche) aura plus de chance d’attirer l’attention des lecteurs (et des moteurs) sur Internet.

3- Votre titre ne doit pas dépasser une ligne. C’est une règle importante à laquelle vous devez essayer de vous tenir. Plus votre titre sera court, plus il sera fort.

4- Votre titre doit raconter une histoire. Vos internautes ne s’arrêteront de scanner que s’ils tombent sur un mot qui les intéresse ou sur un titre qui leur "vend" une histoire intéressante.

Par exemple :
"Attaque brutale d'une tribu en danger" (Survival International)
"M. le Président, j’ai travaillé plus pour gagner moins" (Libération)

"Témoignage vidéo de Untel" marchera moins bien qu’un extrait particulièrement croustillant du témoignage en question "« + 50% du chiffre d’affaires après la refonte web »"

5- Pensez référencement : essayez de faire tenir votre idée en 5 à 6 mots-clés que vous pourrez reprendre dans la balise title. Supprimez le maximum d’articles "le", "la", ou d’adverbes inutiles "énormément".

Le bon titre vient plus facilement si vous avez une idée précise du contenu de l’article. Ecrivez-le donc à la fin. Mais si vous avez besoin d'un titre pour écrire votre article, vous pouvez faire un premier jet. Ce sera l’angle sur lequel vous allez construire votre sujet. Ensuite, lorsque vous aurez terminé la rédaction, je vous conseille de reprendre le titre afin de l’optimiser.

Bonne rédaction web :-)

Lire aussi
Titres web : des idées pour vous inspirer
Les titres qui font cliquer
Comment choisir un angle éditorial ?

03 avril 2011

Montesquieu, pro de la rédaction web

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"Le lecteur se tue à abréger ce que l'auteur s'est tué à allonger" écrivait Montesquieu au 18ème siècle. Pensée à méditer entre deux rêves persans, avec un thé bien chaud et quelques gâteaux citron amande à tomber par terre.

 

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14 octobre 2010

David Straus, LCI.fr : "nous travaillons les titres différemment selon le type d’information."

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Sur Internet, rédiger un titre accrocheur pour l'internaute s'avère particulièrement essentiel. Peut-on concilier créativité et contraintes du référencement ? David Straus, rédacteur en chef de TF1 news avec les sites LCI.fr et TF1.fr, nous parle de son expérience au quotidien.

Qu’est-ce qu’un bon titre d’article web, d’après vous ?
Sur le web, on jongle toujours entre intérêt d’être bien référencé et nécessité de séduire les visiteurs. Et ces deux exigences ne sont pas toujours compatibles. En école de journalisme, on apprend qu’il existe deux formes de titres : les titres informatifs et les titres incitatifs. Google aime les titres informatifs et déteste les titres incitatifs. Mais parfois les titres informatifs ne suffisent pas pour accrocher les lecteurs.

Pour cette raison, nous travaillons les titres différemment selon le type d’information. Lorsque nous avons un scoop à faire passer, nous choisissons un titre informatif. Notre objectif prioritaire, c’est d’être bien référencé et de séduire les internautes qui parcourent les moteurs de recherche. Lorsque nous avons une info plus légère ou sérieuse mais destinée à nos lecteurs habituels, nous allons faire des titres incitatifs, plus recherchés.

Comment travaillez-vous ces titres d’article ?
Nous sommes conseillés par des spécialistes du référencement. Une fois par semaine, on se rencontre pour voir ce qui a fonctionné, ce qu’il faut améliorer. Les référenceurs voudraient nous voir normaliser et réécrire tous nos titres. Mais nous résistons ! Ceci dit, nous n’avons pas le temps de travailler l’originalité de tous nos titres. Nous sommes un site d’info en continu. Nous publions un nouvel article toutes les 5-10 minutes, le tout avec une rédaction réduite en termes d'effectifs. Nous avons une exigence forte de rapidité. Donc pour 80% des informations, on ne peut pas dire que nous rédigeons des titres d’une grande originalité.

Mais pour 10 à 20% des articles ou des vidéos, nous organisons un brainstorming sur le titre. Quand un journaliste a passé du temps sur un bon reportage, ou qu’il a fait une bonne interview, il réunit deux ou trois journalistes. Ensemble, ils réfléchissent pour trouver le titre adéquat.

Avez-vous des contraintes techniques ?
Oui, nos titres sont restreints à 80 caractères ! Les journalistes savent qu’ils sont limités en nombre de caractères. Et parfois cela les frustre. En général, ils vont au maximum. Vous savez, c’est comme lorsque vous avez un buffet à volonté, vous prenez le maximum ! Ecrire un titre d’un seul mot, c’est difficile, risqué pour la compréhension. Et c’est plutôt mauvais pour le référencement, non ?

Est-ce qu’il vous est arrivé de changer un titre qui ne fonctionnait pas ?
Un titre sur un site web est un « work-in-progress ». Nous le modifions s’il ne traduit pas réellement le fond de l’article. Il peut arriver aussi que certains journalistes de la rédaction nous disent qu’ils n’ont pas compris le sens du titre. Les commentaires des lecteurs, également, peuvent nous montrer qu’un titre a été mal compris, ou bien que ce titre a donné une « couleur » non souhaitée à l’article.

Est-ce que vous vous appuyez sur les résultats des web analytics ?
On devrait. Mais nous n’avons pas les données en temps réel. Nous les avons seulement le lendemain avec Médiamétrie. Je n’ai jamais changé un titre sur la base de ces renseignements. Un article a son prime time. Cela ne sert à rien de réécrire le titre d’un texte qui a déjà été lu. La durée de vie d’un article de news est assez courte.

Quels titres fonctionnent ?
Il est difficile de juger pourquoi un article a fait une bonne audience. Parfois nous publions des articles avec un titre fait pour plaire à Google et les résultats sont décevants. Parfois nous rédigeons des titres qui feraient hurler un référenceur et les articles ressortent très bien dans les moteurs. Ils bénéficient d’un coup de pouce de l’extérieur avec des annuaires comme wikio par exemple. 

Nous voulons améliorer notre référencement, mais pas à n’importe quel prix. Nous voulons conserver une certaine liberté, une créativité. Les titres de Libération, par exemple, sont connus pour être très créatifs. Les journalistes font confiance aux lecteurs pour décrypter la titraille. Les titres de cet acabit sont oubliés des moteurs de recherche ! Mais ils peuvent faire mouche chez les lecteurs.

Comment se passe la rédaction des Unes ?
Chaque journaliste propose un titre pour son article. Ensuite ce titre passe par un parcours de validation. Pour chaque home, une personne dédiée vérifie l’ensemble, uniformise. Parfois, plusieurs titres peuvent ne pas fonctionner côte à côte. L’ensemble perd de sa force. Un sujet insolite proche d’une actualité dramatique, par exemple, cela ne fonctionne pas. La personne responsable de la home doit s’assurer de tout cela.

Merci d'avoir répondu à ces questions !

A lire aussi
Eric Dupin : « Il m’arrive d’optimiser pour Google mais souvent, j’écris des titres à la con ! »
Les titres qui font cliquer
Testez vos intitulés en live

16 septembre 2010

Racontez des histoires, vos internautes aiment ça.

"Customers are looking for meaning. By telling a story, great content conveys meaning" écrit la spécialiste du contenu, Joyce Hostyn, dans son billet "10 reasons content strategy is essential when designing a holistic customer experience". Ce qui signifie : "les clients recherchent du sens. En racontant une histoire, un bon contenu véhicule du sens".

Et c'est un fait, sur un site Internet, comme dans la vraie vie, un texte fort raconte une histoire. Les journalistes l'ont bien compris. Ils donnent volontiers la forme d'un récit à leurs articles d'information. Les publicitaires, eux, rivalisent d'imagination pour trouver l'histoire qui parlera le mieux aux clients d'une marque. Ainsi Comptoir des cotonniers a construit son discours autour de l'histoire "mère & fille", Chanel filme une histoire d'amour dans un train pour vendre son parfum N°5 et Petit bateau permet à ses fans de se raconter sur une vidéo en récupérant leurs statuts facebook de l'année sur www.talkingshirt.fr.

Internet n'échappe pas à la règle. Sur un site, les internautes commencent par scanner les titres à la recherche d'une information utile. Mais une fois qu'ils ont trouvé l'information qu'ils cherchaient, ces mêmes scanneurs se révèlent d'assidus lecteurs. En 2007, les études du Poynter Institute montraient que les lecteurs lisaient en moyenne 77% d'un article choisi en ligne, contre 57% d'un texte choisi sur un quotidien en presse écrite. Les internautes aiment lire en ligne, surtout si l'histoire les passionne. 

Avant d'écrire, demandez-vous toujours : quelle histoire allez-vous raconter à vos internautes ? Un bon contenu web, ce n'est pas uniquement un texte court, informatif, bourré de mots-clés stratégiques. C'est d'abord et avant tout une matière humaine, sensible, empathique, porteuse d'une histoire et d'un sens.

Et le métier de rédacteur web n'est pas, et ne sera jamais, une science exacte. Plutôt une sorte d'artisanat intellectuel. L'art de composer une bonne histoire donc, à partir d'une réalité virtuelle chaotique.

Et vous, comment définiriez-vous le métier de rédacteur ?

A lire
"10 reasons content strategy is essential when designing a holistic customer experience" de Joyce Hostyn

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05 mars 2010

Sites web de marques : développez les infos produits !

Quel contenu éditorial recherchent les internautes sur un site de marque ? Réponse : en priorité des infos sur les produits ou les services proposés. Ensuite, ils veulent acheter en ligne. En troisième position, ils recherchent l'adresse du magasin le plus proche de chez eux. Voilà le constat intéressant que faisait le Journal du Net dans son étude Sites de marques : ce que veulent les internautes.

Journal_du_net___Les_marques

Comment une marque doit-elle parler de ses produits en ligne ?
"Je reproche souvent aux sites de marques de tous se ressembler, de ne pas être assez vivants ou pas assez interactifs" se plaint un internaute interrogé pour l'étude du Journal du Net. Et en effet, le blabla marketing hérité de la com traditionnelle domine encore trop souvent, là où un discours plus direct et plus concret serait mieux adapté au web. En utilisant un langage bateau et des termes trop abstraits, les sites Internet de marque, en particulier les sites de marques haut de gamme, donnent l'impression de délivrer le même message.

Le nerf de la guerre sur un site web de marque, c'est l'info produit. Une info concrète, de qualité, riche et vivante.

Donner une information concrète sur les produits
Les internautes font globalement confiance aux marques présentes sur Internet pour délivrer de l'information produit :
> 30% déclarent avoir confiance
> 61% déclarent rester méfiants mais avoir confiance quand même
> 9% ont répondu qu'ils n'avaient pas confiance. "Les marques sont prêtes à tout pour vendre".

Pour renforcer ce sentiment de confiance, il s'agit de délivrer une information utile aux internautes. Sur le web on ne dit pas "Ce blouson de ski Nardiko vous donnera la sensation de glisser comme un Dieu" mais plutôt "Les matériaux utilisés pour fabriquer ce blouson de ski Nardiko sont de telle nature, ils ont été développés par tel laboratoire pour telles et telles raisons. Vous pouvez ouvrir le blouson là et là pour faire des aérations. Vous pourrez skier sans problème jusqu'à des températures de -20°C" Lire à ce propos, Vendre en ligne, 5 conseils rédaction e-commerce.

Incarner la marque dans le discours
Oubliez les phrases du style : "Explorez Philips. Quand Healthcare, Lighting et Consumer lifestyle riment avec simplicité" pour expliquer les valeurs d'une marque. Les internautes comprendront mieux la philosophie et l'identité d'une marque à travers son histoire ou à travers le discours fort de ses leaders charismatiques (je pense à Steve Jobs chez Apple).

C'est cette histoire qui doit être mise en avant sur le site web, de manière originale et créative : à travers des petites anecdotes, des interviews, un portrait charismatique, des phrases marquantes. De la même manière, la réalité de cette histoire doit renvoyer aux produits.

La marque de cosmétiques bio Dr. Hauschka l'a parfaitement compris. Développée par Rudolf Hauschka en 1935, les médicaments, puis les crèmes de beauté, fabriqués à base de plantes visent à renforcer les capacités naturelles de la peau à s'auto-corriger. Depuis, la marque Dr. Hauschka a développé une communication très pédagogique, pointue, sur tous ses produits, en accord avec son histoire.

Toujours fidèle à sa philosophie d'auto-correction de la peau, la marque insiste sur la nécessité de choisir un programme adapté à des besoins spécifiques : aucune peau ne se ressemble. Avant de consulter la liste des produits sur le site Internet, la marque propose donc plusieurs combinaisons de soins, adaptées aux besoins de chaque femme :

Dr_HAuschka
Si bien que les femmes n'ont pas simplement l'impression d'acheter une crème interchangeable mais d'adhérer à une philosophie profonde, unique, répondant à leur problématique personnelle.   


Illustrer les travaux effectués par la recherche et le développement
Cela permet de singulariser une marque, de mettre l'accent sur ce qui fait sa réelle valeur ajoutée par rapport à ses concurrents. Il ne s'agit pas de mettre une phrase bateau style "L'Oréal a déposé 628 brevets en 2009" mais plutôt d'expliquer sur quoi porte la recherche et à quoi vont servir concrètement les dernières nouveautés. Offrir ce type d'information à ses internautes, avec des interviews de chercheurs, des témoignages, des reportages sur un site Internet permet de crédibiliser le discours de la marque, d'insister concrètement sur la qualité de ses produits.

Ouvrir son site aux commentaires des utilisateurs
L'étude du Journal du Net révèle que le premier argument d'inscription au site d'une marque Internet, c'est "parce qu'elle est réputée pour la qualité de ses produits." En dehors des sites de marques, les 2/3 des internautes se renseignent sur les sites d'avis de consommateurs.

Pourquoi ne pas jouer la transparence et encourager un échange vivant et interactif avec ses internautes sur le site même de la marque ? Et si les internautes critiquent un produit, cela crédibilisera d'autant plus les louanges faites sur un autre.

Et les réseaux sociaux ?
Les réseaux sociaux offrent des possibilités infinies en terme de créativité et d'échanges avec les internautes. Tout reste à inventer pour les marques. Coca cola a par exemple créé une page pepsi raw sur facebook et sur twitter @pepsiraw, pour recueillir les avis des consommateurs sur son nouveau coca naturel. Carrefour est présent sur facebook sur son désormais célèbre faceshopping spécial ventes flash, et sur twitter.

Si le nerf de la guerre sur un site web de marque, c'est l'info produit, la question que je me pose est la suivante : avant de dépenser des fortunes pour créer du contenu annexe (type magazines web en rapport avec les produits vendus), les marques n'ont-elles pas intérêt à concentrer leurs efforts sur leurs infos produits ?

Qu'en pensez-vous ?

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11 mai 2009

Utilisez le bon mot. Doublez vos ventes.

Gerry McGovern se trouvait à Bruxelles la semaine dernière pour un séminaire intitulé "Websites that work". Certain(e)s chanceu(se)x ont eu la chance d'en être. Voir "Pour des sites web efficaces, la conférence de McGovern", compte rendu de Muriel Vandermeulen. En attendant votre tour, petit lot de consolation : quelques vidéos extraites de cette intervention à se mettre sous la dent...

Trouvez le bon mot et doublez vos ventes :

Un lien est une promesse :

 

Personal message
Gerry McGovern, if you read these words, PLEASE plan a seminar in France : cities are beautiful, people are nice and creative, web is dynamic, we love Ireland and the food is SOOOO great :-)

04 mars 2009

Titres web : des idées pour vous inspirer !

Comment concevoir des intitulés efficaces ? Sur Internet, les places sont chères en haut de l'écran. Quels éléments placer en premier, comment attirer l'attention des internautes en quelques mots ?

Y aurait-il un secret ? Hélas, j'ai bien peur que non. Certains rédacteurs web, secrétaires de rédaction et concepteurs rédacteurs excellent naturellement dans l'art de la formule. Comme je les envie ! Pour ma part, j'ai passé tant d'heures à tourner et retourner des phrases pour les réduire en quelques mots efficaces.

Mais si nous ne sommes pas tous égaux devant l'art de l'intitulé, il existe tout de même quelques lignes directrices à garder en tête et utiliser selon ses besoins pour améliorer les titres et guider les internautes efficacement vers les informations qu'ils recherchent.

1- Mettez l'internaute au coeur de vos intitulés.
Au lieu de : "Nos meilleurs conseils pour l'interview"  > "Développez vos talents pour l'interview !"
A bannir : "Nos missions, notre organisation, nos patrons" etc.

Les rédacteurs des emails, qui ont très peu de temps pour convaincre et beaucoup de concurrence dans la boite l'ont très bien compris :

La Redoute :
"Le cadeau que vous cherchez est ici"
"Soyez naturelle, Madame Eve Demange"
"Concernant vos projets, Madame Eve Demange"

Le Journal du Net :
"Votre journal du net :vos témoignages sur le pouvoir d'achat, la concurrence de la SNCF..."

Fondation Nicolas Hulot :
"Devenez EcoActeur avant le 31/12 !"

Facebook
"Myrtille Unetelle vous a envoyé un message"

Amazon
"Bonjour Eve Demange.  Découvrez nos conseils personnalisés."
"Recommandés pour vous"
"Où en sont vos commandes ?"

2- Jouez sur la loi de proximité (cette règle découle de la première), géographique, temporelle, sociale, psycho-affective.
Impliquez les internautes, parlez-leur de ce qui les concerne directement : cela se passe près de chez vous, cela s'est passé et surtout cela va se passer bientôt, c'est la crise en ce moment, cela va vous toucher parce qu'il s'agit d'une histoire émouvante.

La Redoute :
"Et vous, qu'allez-vous porter pour les fêtes ?"
"Jusqu'à -40% pour vos achats de Noël !"
"Jusqu'à -40% sur la mode hiver : chaud devant !"

Le Monde
"La crise impose de repenser le rôle de l'entreprise, par Franck Riboud"
"La crise économique et l'éthique du capitalisme, par Jean-Paul Fitoussi"

Aufeminin
"César 2009 : Ceux qui nous ont fait rire !"
"La petite phrase qui a changé ma vie"

Psychologies
"L'atelier d'écriture : Haïku pour le Printemps"

3- Aiguisez la curiosité ou jouez sur les mots pour un article (les journalistes sont très forts pour cela). Attention, le jeu de mots ne doit pas brouiller le sens. Dans le cas d'un intitulé de rubrique web, je vous conseille de rester sobre et centré sur l'efficacité.

Le Monde
"Contes de chats, par Francis Marmande"
"Bâton de Bergé par Olivier Houdart et Martine Rousseau"
"La journée des seconds couteaux"

Libération
"C'est classe !" (pour un sujet sur l'école)

4- N'hésitez pas à utiliser l'accentuation : ? !

Le Monde
"Marre des devoirs ? Achetez les solutions sur Internet !"
"Homoparents : le statut de beau-parent changera-t-il votre quotidien?"

Amazon
"Besoin d'aide ?"
"Vous avez oublié votre mot de passe ?"

5- Utilisez le vocabulaire de vos internautes.
Etudiez les mots saisis par vos lecteurs sur le moteur de votre site Internet et les requêtes par lesquelles ils arrivent sur votre site. Pas la peine de parler de "Changement du climat" si tout le monde recherche des infos sur le "Réchauffement climatique". Cette règle-là est valable également pour booster votre référencement.

6- Résumez le contenu de la page ou de l'article, soyez explicite et précis, intégrez les mots-clés
L'internaute n'a pas le temps de lire une longue phrase ou de deviner le sens d'un titre alambiqué. Choisissez des mots simples et clairs qui résument parfaitement le contenu de la page.

Le Monde
"Nicolas Sarkozy veut obtenir le rapatriement de Florence Cassez"
"Enseignants-chercheurs : les négociations progressent"
"La grève se poursuit aux Antilles"

Le Figaro
"La dette française à près de 80 % du PIB fin 2010"
"Chine : le budget militaire ne connait pas la crise"

7- N'hésitez-pas à utiliser les standards compris par tous comme "Contact" ou "Contactez-nous", "Qui sommes-nous ?", "Plan du site", "Informations légales", etc.

Amazon
Livres en anglais
Musique classique
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8- Faites COURT !

Si personne ne clique sur un intitulé de votre site web alors que son contenu est recherché dans le moteur de recherche, cela signifie qu'il n'est pas clair et que vous devez le modifier.

Enfin si vous connaissez d'autres règles utiles, n'hésitez pas à rajouter votre grain de sel sur le blog :-)

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