Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

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06 juillet 2015

Sylvain Richard et la méthode sémantique SEO : "Google aime les mots."

sylvain-richard

On ne présente plus Sylvain Richard, l'auteur de l'excellent blog SEO Axe-Net. Lors du dernier SMX Paris, il a montré comment rédiger un article optimisé en SEO grâce à la méthode sémantique « Les bijoux de la sémantique ». En exclusivité pour Plume Interactive, il revient sur cette démarche.

Sylvain, tu as présenté une conférence avec Sylvain Peyronnet sur l'analyse sémantique dans le SEO. Peux-tu nous expliquer ce que tu appelles la sémantique dans le cadre du SEO ?

Bonne question, car on voit ce mot utilisé un peu à toutes les sauces.

À un moment, il était souvent employé pour parler des entités nommées (pour faire simple, tout ce qui alimente le knowledge Graph de Google).

Dans le cadre de notre conférence, nous utilisons ce mot dans sa plus simple expression : sémantique = sens des mots (ce que les mots veulent dire, ce qu'ils signifient)

Sans rentrer dans trop de détails techniques, on peut dire que Google clusterise, c'est-à-dire qu'il classe les documents qu'il connaît en fonction des mots qu'ils contiennent. Pour simplifier, on dira que si un document contient un vocabulaire qui permet à Google de le classer facilement dans un cluster précis (une thématique), il le ressortira plus facilement lors d'une requête de l'internaute qui y correspond.

En quoi cette démarche est-elle novatrice ?
Je vais te décevoir, cette démarche n'est pas vraiment novatrice. (NDPI : tu ne me déçois pas du tout, je m'attendais exactement à ce que tu dises ça :-D)

En fouillant dans les vieux articles de mon blog, j'ai retrouvé ce concept abordé dès 2008 (mais j'utilisais d'autres mots pour en parler). Mais en cours de route, je pense que le contenu est un peu devenu le parent pauvre du SEO. Il était tellement facile d'entourlouper l'algo de Google avec des techniques reposants sur les liens (mais Pingouin est passé par là)...

En passant, Google se faisait aussi pas mal berner par le contenu, il suffisait d'en faire des tonnes (keywordstuffing) et globalement, cela suffisait pour construire des réseaux de sites pour pas cher avec des splogs au contenu illisible pour un humain, mais suffisant pour la machine, et puis Panda est passé par là...


Pourquoi avoir comparé 2 méthodes (la tienne, et celle de Sylvain) ?

En fait, c'est la même méthode qui consiste à récupérer une liste de mots et d'expressions-clés, de synonymes, de cooccurrences. Dans l'exemple que je montrais, je l'ai fait à la main.

Cette méthode manuelle a pour elle un avantage, elle oblige à lire ce qui a été rédigé sur d'autres sites et apporte très souvent des idées complémentaires, des sous-sujets que l'on aurait probablement oublié de traiter. Elle permet de commencer à constituer mentalement le plan de son article.

La méthode automatisée de Sylvain Peyronnet a pour elle le gros avantage de faire gagner beaucoup de temps en scrappant la SERP à la recherche des n-grams. Elle est aussi plus efficace pour supprimer les mots inutiles ou scorer les mots avec plus d'efficacité

Qu'as-tu voulu prouver avec cet article en exemple, très long par ailleurs (contrairement à ce que l'on conseille en général dans les formations à l'écriture web, "faire court", etc.) ?

Alors pour être clair, je ne cherchais pas à prouver quoi que ce soit, je cherchais à accroître le trafic sur le blog concerné :-)

Pour revenir sur la longueur d'un contenu, après de longues années à rédiger pour le web, je n'ai toujours pas d'avis tranché. Je pense que la longueur d'un contenu dépend avant tout de l'objectif que l'on se fixe.

On connaît tous par exemple ces sites onpage destinés à vendre un e-book quelconque. La page fait des kilomètres, avec des call to action réguliers, puis l'argumentation reprend en maintenant le lecteur en haleine. Les témoignages succèdent aux preuves et aux promesses. C'est long, très long, mais ça marche pour convaincre d'acheter un truc (que l'on aurait généralement trouvé gratuitement par ailleurs...)

À côté de cela, dans certains cas il faut plutôt aller à l'essentiel, ne pas prendre la tête au visiteur, mais en faire simplement juste assez pour lui donner envie de donner son mail par exemple.

Bref, la longueur d'un contenu et son mode de rédaction dépendent de ce que l'on veut obtenir en bout de course.

Combien faut-il écrire d'articles comme celui sur les bijoux pour se positionner ? Et sur quelles requêtes peut-on se positionner exactement avec un article de cette taille ?

Dans le cadre de l'article que j'ai écrit, un seul article a suffi à se positionner sur toutes les requêtes relatives à des questions «  à qui, où, comment, etc. » « revendre des bijoux » et pas mal de formulations connexes (j'ai détaillé cela dans ma présentation).

Que privilégier d'un point de vue SEO : écrire plusieurs articles reliés entre eux, ou un seul grand article comme celui sur les bijoux ?
Là encore, cela dépend des objectifs. Pour se positionner comme je l'ai fait, un seul article suffit.

L'avant-dernière slide de la présentation expose de quoi aller beaucoup plus loin en créant de véritables grappes de pages autour d'un sujet. Dans ce cas, on « saucissonne » bien plus pour que les pages de ces grappes aillent très en profondeur dans les sous-thématiques ».

Le principe est de créer un univers de documents qui vont traiter une thématique très en profondeur. Ensuite, un maillage interne judicieux permettra de remonter « le jus » vers la page cible que l'on souhaite positionner. Sur des requêtes concurrentielles, ceci permet de faire grimper une page sans prendre de risques avec les techniques de linking old style.

Bien évidemment, il sera important d'obtenir des liens en provenance de l'extérieur vers des pages des grappes réalisées, mais c'est souvent plus facile si leur contenu est réellement qualitatif et non commercial.

Comment intégrer l'analyse sémantique dans une stratégie SEO ?
En suivant la méthode illustrée dans la présentation :-)

Les bijoux de la sémantique


Mais plus que « Comment », je dirais « pourquoi ».

Tout d'abord parce que Google aime les mots (c'est l'unité qu'il comprend le mieux, même s'il s'améliore beaucoup sur la compréhension des images).

Mais aussi parce qu'il est quasi impossible d'imaginer toutes les formulations qu'un internaute pourra utiliser pour rechercher quelque chose, et je ne parle même pas de la recherche vocale qui modifie profondément la manière dont un internaute formule une recherche.

Le fait de rédiger des contenus qui répondent réellement à une intention de l'internaute, tout en aidant Google à les comprendre grâce au vocabulaire est une technique qui ne fait prendre aucun risque à un site.

C'est ce que Google souhaite montrer à ses utilisateurs, des pages qui correspondent à leurs attentes.

Si Google n'a jamais été l'ami des référenceurs, les référenceurs peuvent devenir ses amis en lui donnant de quoi satisfaire ses utilisateurs.

Comment vois-tu l'avenir du référencement naturel ?

Radieux ! Beaucoup plus difficile que les dernières années, mais tellement plus intéressant.

Durant les années 2005-2012, j'ai parfois eu du mal à faire passer l'idée que le SEO devait marcher main dans la main avec la communication et le marketing (même si la base technique est un socle indispensable).

Les capacités de Google à faire le tri devenant de plus en plus efficaces, les raccourcis sont de plus en plus risqués, on ne compte plus les sites sanctionnés par des pénalités souvent dues à du netlinking old style ou des contenus insipides.

Je pense que l'un des challenges des référenceurs pour les années à venir est d'obliger leurs clients à se secouer un peu la cervelle et à réfléchir sur ce que leur site apporte réellement aux internautes. Google n'a aucune raison d'améliorer la visibilité de la plupart des sites que j'audite, car ce qui y est présenté ne le mérite pas.

Bien sûr, Google reste une machine et pour le moment, les machines restent idiotes. Il faut donc que les bases techniques du SEO soient mises en œuvre (arborescence, optimisations de bases comme les title, Alt d'image, maillage des liens internes, etc.), car sans cela, Google à du mal à qualifier les contenus, mais une fois fait, la qualité des contenus perçue par les internautes fera la différence. Quoi qu'en disent certains, les internautes font naturellement des liens, encore faut-il les mériter, les internautes partagent sur les réseaux sociaux, encore faut-il que les contenus le méritent !

Après, il ne faut pas être un bisounours non plus, parfois il faut se bouger un peu pour provoquer les liens qui viendront cautionner les contenus comme une belle cerise sur le gâteau.


Interview de Sylvain Richard de la société AxeNet. Retrouvez aussi Sylvain sur Twitter et G+


Un grand merci Sylvain :-)

A lire sur le sujet de la sémantique
La définition du Centre nationale des ressources textuelles et lexicales
"Étude d'une langue ou des langues considérées du point de vue de la signification; théorie tentant de rendre compte des structures et des phénomènes de la signification dans une langue ou dans le langage."

La définition de la sémantique sur wikipédia

Dans les archives de Plume Interactive :
"Le web, l'avènement de la lecture sémantique", écrit en 2009
 "L'écrit web, courant d'air sémantique", en 2008


Commentaires

    faute

    Commentaire sans intérêt, juste pour vous signaler cette petite faute :
    Je pense qu'il voulait dire "ces sites one page"

    Posté par jb, 03 septembre 2015 à 17:33

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