24 janvier 2012
Lise Mussot, rédactrice web : "Le coworking, c'est l'anti-routine !"
Freelance ! C'est une réalité pour un nombre croissant de professionnels du web qui choisissent l'indépendance et la liberté plutôt que le salariat. Mais ce choix présente quelques inconvénients, et notamment un risque d'isolement à long terme. C'est la raison pour laquelle Lise Mussot, rédactrice web freelance et référenceur à Lyon a lancé avec plusieurs freelances l'Atelier des médias, un réseau de coworking. Elle nous raconte cette belle aventure.
Lise, d'abord comment définirais-tu le coworking ?
Le coworking pour moi, c’est la mutualisation d’un espace de travail par des professionnels indépendants qui partagent des valeurs communes. On met en commun le lieu de travail, les fournitures, mais aussi un réseau professionnel et des projets, ce qui crée une réelle émulation. L’ambiance, les relations sont très détendues. Il n’y a pas de rapport hiérarchique mais des relations horizontales. On peut réellement parler d’un nouveau mode de travail qui s’affranchit des modèles connus et dans lequel chacun se sent responsabilisé.
Ce mode de fonctionnement correspond bien aux besoins des travailleurs indépendants. C’est parfois pesant de travailler tout seul chez soi. On peut finir par tourner en rond. Avoir un espace de coworking, cela permet de sortir, de rencontrer d’autres professionnels, de confronter d’autres points de vue. La créativité se nourrit d’échanges avec les autres. Le coworking pour moi, c’est le lieu « anti-routine » !
Comment l’aventure a-t-elle démarré pour toi ?
Au début nous étions cinq travailleurs freelances avec une réelle envie de monter un projet de coworking sur Lyon. La MACIF nous a mis le pied à l’étrier en nous prêtant des locaux pendant cinq mois. Nous nous sommes fait une trésorerie et nous avons pu commencer à tester notre idée. Puis, lorsque nous avons voulu passer à la vitesse supérieure et louer de grands locaux, la MACIF a continué à nous supporter en se portant caution pour nous auprès du propriétaire. Car un groupe de coworking, ce n’est pas forcément un bon dossier pour une location d'appartement. Ce soutien nous a beaucoup aidé bien entendu. Nous avons également reçu du matériel informatique, et notamment un vidéo projecteur de la société informatique LDLC.
Concrètement, comment fonctionne l’Atelier des médias ?
Nous avons opté pour le statut d’association loi 1901, nous ne sommes donc pas une activité commerciale comme c’est le cas pour d’autres réseaux de coworking. Nous avons un conseil d’administration traditionnel, un président, un trésorier et une secrétaire. Ensuite, nous avons constitué différents groupes de travail avec des missions spécifiques :
- Le pôle accueil/départ
- Le pôle communication
- Le pôle finance
- Le pôle projet
- Le pôle communication Internet, logistique vie quotidienne
- Le pôle technique
Chacun s’y investit selon ses disponibilités sur la base du volontariat. Chaque fois que nous accueillons un nouveau membre, il s’inscrit dans le pôle qui l’intéresse. Il ne s’agit pas simplement de consommer mais de créer une réelle communauté. Pour l’instant, cela fonctionne très bien ! Tout le monde s’investit et prend ses missions très à cœur.
Combien ça coûte de venir travailler dans les locaux de l’Atelier des médias ?
Nous avons plusieurs tarifs :
- La formule bureau fixe à 140€/mois, là tu as un bureau fixe, tu peux poser ta photo !
- La formule nomade à 80€/mois, tu peux venir tous les jours et tu t’installes où il y a de la place.
- La formule passager : 50€ le carnet de 5 tickets, tu peux venir quand tu veux de 9h00 à 19h00.
Tous les coworkers adhèrent à l’association pour 15€/an. Le réseau La Cordée est parti sur des tarifs plus élevés. Ils ont mis en place un système de badge. Chaque coworker paye en fonction du nombre d’heures « consommées ». Ils se rémunèrent sur les abonnements et peuvent accueillir une cinquantaine de coworkers.
Combien pouvez-vous accueillir de coworkers à l’Atelier des médias ?
Nous ne cherchons pas à gagner d’argent mais simplement à atteindre l’équilibre. Pour cela, nous devons accueillir 38 coworkers. Nous avons estimé qu’au-delà de 45 coworkers ce serait l’usine. Nous avons donc un pôle qui gère l’arrivée et le départ des coworkers avec une liste d’attente et un système de rencontre via le co-lunch. Là, on apprend à connaître les nouveaux, on voit s’ils adhèrent au projet, s’ils ont les mêmes valeurs que nous et si cela peut fonctionner. On accueille ces nouveaux coworkers en fonction des places disponibles.
Quel est le profil des coworkers de l’Atelier des médias ?
Nous accueillons à 70% des personnes qui travaillent dans les métiers du web et des médias : journalistes, développeurs, community managers, traducteurs, photographes, designers, responsable e-commerce, ergonomes, référenceurs…
Merci Lise :-)
Pour en savoir plus
Fini le télétravail, vive le coworking
L'explosion du phénomène coworking
Quelques réseaux de coworking :
- L'atelier des médias à Lyon : http://atelier-medias.org/
- La cantine à Paris : http://lacantine.org/
- La mutinerie à Paris : http://www.mutinerie.org/
- Le comptoir numérique à Saint Etienne : http://www.comptoir-numerique.fr/
- La cordée à Lyon : http://www.la-cordee.net/
06 janvier 2012
2012, année sémantique, linguistique, fantastique !
Je le dis tous les ans, mais cette fois-ci, c'est sûr : 2012 sera une année formidable pour les professionnels du contenu en ligne ! Pourquoi ? Voici toutes les bonnes raisons d'aborder la nouvelle année avec optimisme :-)
L'écrit web est devenu une valeur sûre.
En 2002, le Salon du e-contenu fermait ses portes pour cause de désertion. L'Internet en général, et l'écrit web en particulier souffraient de l'éclatement de la bulle. La Mine venait de sortir sa merveille de Livre blanc "De la conception des contenus en ligne" mais il n'y avait presque plus personne pour s'enthousiasmer. Les rédacteurs pelaient des oranges dans les agences web en attendant qu'on les appelle enfin pour jeter deux ou trois mots dans les trous laissés sur les maquettes. Le contenu web, tout le monde s'en moquait. Ca rapportait pas un copeck.
En 2012, c'est toujours la crise mais nous n'avons jamais autant parlé de contenu en ligne. Le référencement naturel a ramené le contenu sur le devant de la scène. Merci Google. Et voilà l'ère de la "stratégie de contenu", de la "rédaction référencement", du ROI du contenu, du brand content, des contenus communautaires, etc. Bref, c'est le bonheur pour les rédacteurs web et les consultants en stratégie de contenu.
Un contenu éditorial bien ciblé ça rapporte des visiteurs qualifiés, c'est vrai.
Des textes bien écrits, bien structurés, positionnés sur un champ lexical finement travaillé, ça rapporte des visites qualifiées c'est prouvé. Et les visiteurs qualifiés, ça achète mieux que les visiteurs arrivés par hasard, ça c'est sûr. Pour s'en convaincre, regardez cette belle courbe de conversion réalisée sans trucages et obtenue après refonte et réécriture d'un site e-commerce (en jaune, année 2011 nouvelle version du site lancée en juillet - en rouge, année 2010).
Comme l'a bien expliqué Aurélie Moulin, responsable de l'acquisition de trafic chez Aufeminin : "il s'agit de générer une audience qui va convertir". Aufeminin se positionne n°1 sur la requête "femme". C'est formidable ? Non, car les internautes (masculins) qui tapent massivement "femme" ne sont pas intéressés par le genre d'articles publiés sur aufeminin...
Analyser son trafic, le champ sémantique des requêtes les plus performantes, voilà la recette du succès en référencement naturel pour 2012. Et là, la finesse de l'approche éditoriale, linguistique offre un potentiel énorme qu'il reste à exploiter. On attend la nouvelle version (payante, chère) de Google analytics en croisant les doigts pour qu'elle soit plus ergonomique, plus "grand public" que la précédente et plus pratique à utiliser.
Trois mots bien placés peuvent rapporter +32% de ventes.
Le logiciel Smart de Devatics a montré que les mots doux comme "promotion -25€", "livraison gratuite" peuvent faire des miracles chez les acheteurs encore indécis. "Satisfait ou remboursé, 7 jours pour changer" et hop, voilà les chiffres qui s'envolent ! Avouez que ça serait dommage de s'en priver, non ? Avant d'acheter des mots-clés à tour de bras, commencer par bien peaufiner ses mots à soi. C'est vrai partout, toujours.
Les internautes aiment les belles histoires
Est-ce une réminiscence du temps où nous écoutions notre grand-mère nous raconter "Boucle d'or" ? Les internautes aiment les bonnes histoires. Ce n'est pas moi qui le dit, toutes les études le prouvent. La première d'entre elle étant celle réalisée par le Poynter Institute l'Eyetrack07 : les lecteurs accrochés par une bonne histoire sur un site d'information ne la lâchent pas. Ils la lisent EN ENTIER. Ils lisent même PLUS que sur un journal papier. Il y a de l'espoir. Le cerveau bionique des internautes n'est pas complètement perdu. Les rédacteurs n'ont plus qu'à être bons.
Médiapart est rentable.
Alléluia !!! Fini les boulots de serveuses pour arrondir ses fins de mois : l'avenir se dégage pour les journalistes web. Merci Edwy Plenel. Il a prouvé qu'une ligne éditoriale bien trempée, des scoops et de l'actu bien secouée, ça paye toujours même sur Internet. Et il en a profité pour donner une bonne leçon de journalisme à tous les jeunes geeks de la net generation, non mais.
Ca fait 10 ans que les entreprises postent des articles en ligne. C'est le bazar !
Mais oui, imaginez : dix ans à poster des contenus dans tous les sens et à créer des minisites, qu'est-ce que ça donne ? Un embrouillamini géant avec des vieux articles datés oubliés dans les coins, des doublons partout (avec du duplicate content à la pelle), un beau mélange de langue, de genre, de design, de style, une foirfouille géante de la phrase, une galaxy intersidérale de mots inutiles.
Voilà, c'est le moment de faire le point, de ranger tout ça, d'organiser, de structurer, de penser, de rationaliser. Ca s'appelle la stratégie de contenu et franchement, ouf, qu'est-ce que ça fait du bien :-)
Alors avec tout ça, je vous souhaite une excellente et heureuse année 2012 ! Et si vous voyez des raisons supplémentaires de nous réjouir, allez-y n'hésitez pas, partagez :-)



