Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

25 novembre 2011

Aurélie Moulin, Aufeminin : "Il s’agit de générer une audience qui va convertir."

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Aurélie Moulin, responsable acquisition de trafic et webanalyste chez aufeminin.com compte parmi les pionnières du web français. Avec Sébastien Billard, elle fait partie des rares référenceurs à posséder une double sensibilité à la fois au référencement et à la communication web. Depuis trois ans et demi, elle officie chez aufeminin.com en tant que responsable acquisition de trafic et webanalyste. Elle nous parle de son métier avec philosophie et humilité (qualité professionnelle que je note souvent chez les bons référenceurs): 

Aurélie, parlez-nous un peu de votre métier, quel est votre rôle chez aufeminin.com ?
Je suis responsable de l’acquisition de l’audience chez aufeminin.com  via les moteurs de recherche, essentiellement Google, le SEO, le SEM et le social media. Je m’occupe également des webanalytics.

Comment êtes-vous venue aux webanalytics ?
Naturellement, en fait ! Cela fait onze ans que je fais du référencement naturel. En 2000, les référenceurs vendaient le fait d’être positionné sur des mots-clés. On disait « vous êtes visible sur « téléphone mobile » et sur « téléphone portable », par exemple.  Et le client était satisfait s’il avait de bons résultats sur Google au niveau de ces mots-clés.

Puis, on s’est posé la question de savoir si les mots-clés choisis étaient des mots-clés pertinents. Pour apporter des résultats plus précis et justifier les investissements en SEO, en display (publicité en ligne avec achat d’espace publicitaire, NDPI) ou en e-mailing, on a donc dû se baser sur d’autres metrics.

Ensuite, nous avons vu arriver une troisième couche de maturité dans ce secteur avec la nécessité d’aller un cran plus loin : « ces mots-clés vous ont engendré tant de trafic et cela vous a rapporté tant d’argent ».  Il s’agit de générer de la bonne audience qui va convertir derrière. Toute la question est là ! Les outils de mesure justifient notre travail et nous permettent de mieux le faire.

Le matin, vous commencez votre journée par regarder les statistiques du site ?
Oui, le matin j’arrive et je commence par ouvrir différents outils de mesure d’audience. Chez Aufeminin.com, nous avons quatre outils différents : ATInternet, Google Analytics, Smart ad Server et un outil développé en interne. Le contenu web doit générer de l’audience et faire de la page vue, voilà notre objectif.

Je regarde donc l’évolution générale des statistiques au niveau des premiers tableaux de bord. Ensuite, je rentre dans le détail en allant analyser les résultats plus finement. Si les statistiques de visite baissent, je regarde pourquoi elles baissent. Si tout se passe bien ou si les statistiques montent, j’étudie les raisons de ces bons résultats.

Ensuite, je consacre la journée à travailler sur différents projets. En ce moment, nous sommes sur les vidéos. Nous regardons comment se passe l’évolution de l’audience au niveau des vidéos. Est-ce que le référencement sur Google est bien fait, comment l’améliorer ?

Pourquoi avoir choisi quatre outils différents, n’est-ce pas source d’inquiétude et de confusion ?
Non, pas du tout. Et d’ailleurs, ce ne serait pas possible pour nous d’avoir un seul outil. Tous les sites e-commerce que je connais en possèdent au moins deux pour pouvoir comparer et s’assurer qu’il n’y a pas d’erreurs dans les résultats. Nous ne regardons pas les chiffres absolus mais plutôt les tendances. Les écarts types sont assez réguliers. Cela permet de vérifier que les chiffres sont bien exacts.

Nous avons donc Google analytics, mais notre utilisation de l’outil n’est pas optimale. Nous avons un trop gros site pour une solution gratuite. Au bout de 500 000 visites, nous rencontrons un problème d’échantillonnage (les données ne sont pas exhaustives mais représentatives et cela peut poser des problèmes lorsque l’on veut faire une analyse plus fine, NDPI).

Pour avoir des données exhaustives, nous utilisons  ATInternet. Nous utilisons également Smart ad server, la solution développée par aufeminin.com pour servir la publicité. C’est un outil qui s’intéresse moins à l’évolution des pages et plus à la mesure des visiteurs uniques. Il fait autorité sur le marché. Et puis enfin, nous avons un outil que nous avons développé en interne. Il permet de restituer les tendances au niveau global du site.

Quand je remarque un problème sur l’un des outils, je regarde sur les trois autres pour voir si la tendance se confirme. Souvent, le problème vient de l’outil.

Comment avez-vous segmenté les statistiques sur aufeminin.com ?
Nous avons réalisé un important travail de découpage des rubriques car les univers sémantiques et thématiques sont très différents. Les comportements peuvent évoluer d’un univers à l’autre. Par exemple dans la rubrique psychologie, les femmes vont beaucoup plus lire qu’ailleurs. Elles vont faire des tests. Dans la rubrique cuisine, les internautes consultent une recette puis s’en vont. En mode, les femmes regardent beaucoup de photos, en beauté elles vont regarder des diaporamas sur les coupes de cheveux par exemple.

Nous avons donc découpé chaque rubrique comme des minisites sur ATInternet et sur Google Analytics afin de pouvoir comparer ce qui est comparable.

Merci Aurélie :-)

A suivre bientôt, la deuxième partie de l'interview :
Comment les mesures webanalytics influencent l'équipe éditoriale web chez aufeminin.com

Posté par evedemange à 12:28 - Interview d'expert - Commentaires [0] - Partager - Permalien [#]
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