Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

25 janvier 2011

Olivier Andrieu : « Il faut écrire pour les internautes en pensant aux moteurs et non le contraire. »

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Olivier Andrieu, le référenceur préféré des français vient de sortir une nouvelle édition de son best seller Réussir son référencement web. Nouveaux chapitres, nouvelles astuces, et toujours ses conseils pratiques utiles ! "Trafic de longue traine", "champ sémantique", il revient pour nous sur ces concepts clés de la rédaction référencement.


Il existe peu de livres pratiques et « poussés » sur le référencement à l’heure actuelle. Comme expliquer ce manque ?
Je vois 2 raisons à cela :
- La première, c’est que les personnes qui possèdent ce savoir, les référenceurs donc, n’ont pas toujours l’envie ni le temps d’écrire.

- D’autres n’ont pas envie de diffuser l’information. Je trouve que c’est dommage car le référencement est un métier qui s’enrichit de la connaissance de tous. Le référencement n’est pas une science exacte. Certaines personnes partagent beaucoup. Et finalement, j’ai l’impression que ce sont toujours les mêmes. Le milieu du référencement est un petit microcosme. Et c’est vrai qu’il n’y a pas énormément de livres sur le sujet.

Certains référenceurs ont peut-être peur d’être dépossédés de leur connaissance s’ils la partagent avec le plus grand nombre ?
Mais à l’heure d’Internet, c’est un peu dépassé. Nous ne sommes plus à une époque où l’on peut faire de la rétention d’information. C’est la diffusion au contraire qui donne la puissance. Aujourd’hui, je fais du consulting mais ça ne me viendrait pas à l’idée de garder mes données ! On apprend tous les jours en référencement.

Il y a la méthode. Après, à chacun de se l’approprier. Ensuite, tout le monde profite de l’expérience acquise. Je profite aussi de l’expérience de certaines personnes. J’aime voir les choses de cette manière.

Dans le programme de votre formation au référencement, au salon du e-marketing, vous parlez de « la longue traine ». Pourquoi ce concept "révolutionne le référencement" d'après vous à l’heure actuelle ?
La longue traine apporte 80% du trafic moteur. Or qu’est-ce qui fait la longue traine ? C’est le contenu éditorial d’un site Internet. Le référencement aujourd’hui, c’est le contenu. Bien sûr on peut optimiser un site sur les quelques mots-clés les plus générateurs de trafic, la marque. C’est important. Mais le gros du trafic, c’est le contenu, avec une qualité de trafic générée souvent excellente.

Il ne s’agit plus d’optimiser seulement la page d’accueil ou de cacher des mots-clés dans les balises méta keywords. Ca, c’est la préhistoire ! Mais ces idées perdurent. Le moteur est un internaute comme un autre. Il analyse le contenu des pages et voit s’il trouve des informations de qualité par rapport à sa requête.

Comment aborder le contenu éditorial pour développer le trafic de longue traine ?
Il faut imaginer un champ lexical énorme, le plus vaste possible. Prenons l’exemple d’un site immobilier. Il va vouloir se positionner sur la requête « appartement neuf 4 pièces dans MAVILLE ». Le responsable immobilier ne veut pas être 1er sur le mot-clé « immobilier » mais sur les requêtes liées à sa ville. Toutes ces requêtes de longue traine trouvent réponse dans le cœur du contenu du site.

Peut-on imaginer optimiser un site sur ces groupes de mots-clés très ciblés par exemple ?
Cette stratégie peut être possible sur un petit site d’une dizaine de pages par exemple mais pas sur un grand site. On arrive tout de suite à des centaines de requêtes possibles. On ne peut pas imaginer toutes les requêtes de longue traine, c’est trop compliqué. Il faut donc soigner le contenu éditorial qui va nourrir la longue traine.

Dans le cas de l’agence immobilière par exemple, on choisit 4-5 requêtes stratégiques, génératrices de mots-clés sur une ville. Et puis ensuite, on va développer un champ sémantique de 50 à 200 mots et expressions. Ensuite, il s’agit d’écrire pour les internautes en pensant aux moteurs et non l’inverse.

Les rédacteurs vont piocher dans ce champ lexical et parsemer les textes de ces mots. Ils sauront par exemple qu’il vaut mieux utiliser le chiffre 4 plutôt que de l’écrire en toutes lettres. Ce qui est important, c’est de multiplier le nombre de pages. Mais il faut se limiter, que cela reste lisible. Le point essentiel : ne pas écrire pour les moteurs. Ca se voit et l’utilisateur s’en va.

Est-il plus facile d’optimiser une fiche produit ciblée sur un site e-commerce qu’un site institutionnel par exemple ?
Lorsqu’il y a beaucoup de produits, c’est difficile de se renouveler d’une page à l’autre. Je ne sais pas si l’on peut dire qu’un type de site est plus facile à référencer que d’autres. C’est ce qui fait tout l’attrait du référencement. Chaque site est un cas à part. Il n’y a pas de solution miracle en référencement. On imagine quelque chose, ça marche, tant mieux. On apprend en faisant des tests. On a essayé, ça n’a pas trop marché. On a essayé autre chose, ça a mieux marché.

Il est important d’avoir une approche standard mais il faut savoir s’adapter. Il y a la méthodo, les idées de base et ensuite l’important est de mesurer. La remise en question est essentielle dans notre métier.

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