Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

14 décembre 2009

Le web, l'avènement de la lecture sémantique ?

Lorsque Internet n'existait pas encore, l'homme lisait de manière linéaire. Durant des siècles, le cerveau humain a forcé sa pensée dans le schéma chronologique début, milieu, fin. Chapitre 1, 2, 3. Thèse-antithèse-synthèse. Et puis le web est arrivé avec les liens hypertextes, le zapping de la pensée et la lecture en volume.

La navigation sur le web suivant des mots reliés entre eux se rapproche sans doute plus de la manière naturelle dont nous pensons : "j'ai une idée, qui m'entraîne vers une autre, j'aperçois quelque chose qui me fait penser à quelque chose d'autre. Et puis je reviens à ma première idée. J'ai plusieurs idées qui cheminent en même temps."

Autrefois, l'auteur avait le pouvoir. C'était lui qui forçait le lecteur à entrer dans son schéma de pensée. A l'ère d'Internet, le pouvoir se partage d'égal à égal entre l'auteur web et l'internaute. L'internaute peut quitter un texte à tout moment. Il décide comment va se dérouler son expérience de lecture. Il construit cette expérience unique, personnelle, totalement subjective, plus ou moins consciemment. Il suit une idée, un besoin. Il va cliquer sur les mots, les images qui lui parlent.

La lecture sur un site Internet, et donc l'écriture web, ne s'articulent plus uniquement sur des idées construites et exprimées de manière linéaire. Elles s'appuient sur des correspondances sémantiques. Des "mots-clés" diront les référenceurs, des "carewords" dira Gerry McGovern, des "mots-symboles" pourrait-on encore dire, des mots forts en tous les cas, porteurs de sens et d'action.

L'éditorial web et le référencement travaillent tous deux à partir d'une base identique : la puissance des correspondances sémantiques. Et à l'heure actuelle, nous ne connaissons rien dans ce domaine. La lecture hypertextuelle ouvre un champ d'étude illimité, une vaste analyse comportementale sur la manière dont nous comprenons les mots, et ce qu'ils évoquent en nous.

Si vous connaissez des études à ce sujet, n'hésitez pas à les communiquer !


Commentaires

    Et tout ça...

    ... est absolument passionnant !
    Ça donne le vertige, ce qui n'est pas pour me déplaire.

    Posté par Oreille malade, 14 décembre 2009 à 22:36
  • Peut-être en fouillant chez eux : http://www.marsouin.org/

    Posté par Repie, 15 décembre 2009 à 18:19
  • Une analyse très intéressante.

    Posté par carreco, 16 décembre 2009 à 22:02
  • Pas tout à fait vrai, AMHA,

    Dès les débuts de l'imprimerie, au 15e s., se sont développé rapidement et massivement les modes de lecture non linéaire, précisément : dans le livre lui-même, très vite divisé en chapitres, avec l'apparition très rapide et la généralisation des index et des tables (des illustrations, des matières...). Rapidement sont apparues encore les notes dans le corps des textes.

    Les illustrations ont été immédiatement intégrées au texte dès les premiers livres imprimés, offrant une autre forme de lecture que "linéaire".

    Le format sous forme d'abécédaire est apparu très vite lui-aussi (glossaire, lexique, dictionnaire, encyclopédie).

    Parallèlement se sont très vite développée aussi les publications de listes d'ouvrages, puis les bibliographies élaborées, ainsi que les compilations d'extraits et les anthologies.

    En réalité, il n'y a jamais eu de "schéma chronologique début, milieu, fin" dans lequel l'humain aurait "forcé" sa pensée à travers la lecture, mais dès l'origine une multitude de formes différentes, correspondant à des cheminement ou des possibilités de lecture différentes, souvent présentes au sein d'une même publication...

    S'il y a des changements avec la lecture sur le web, ils ne sont pas là. Désolé.

    Posté par narvic, 17 décembre 2009 à 00:22
  • Les schémas de lecture

    Je rebondis sur votre article, les schémas de lecture ne sont pas linéaires, voir ce que font nos publicitaires et les ergonomes. Cela fait des années qu'ils étudient nos schémas de lecture pour matcher ce qui fonctionne le mieux.
    Dès les années 1990, des études sémiologiques parlaient de lecture par touche, notamment chez les jeunes enfants qui eux utilisaient les jeux vidéos et qui ne lisaient plus de texte comme leur parent.
    Les maquettes des magazines ne changent pas que pour la mode elles s'adaptent année après année aux habitudes des lecteurs qui ne lisent plus de la même manière (voir aussi les difficultés de lire certaines maquettes des générations précédentes).
    Le web n'est pas le seul média et aujourd'hui même, ce support n'est qu'au début : le multimédia balbutie encore, alors que pendant ce temps nos enfants zappent du son à la vidéo, au texte sans même se préoccuper du sens ou du support mais uniquement de ce qui les titillent, les attirent...peut-être une idée...
    Allez visiter les textes des sémiologues (et non sémioticiens) ils sont une mine d'or oubliée....une linguiste-sémiologue de formation !

    Posté par Caro, 24 décembre 2009 à 12:52

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