29 juin 2009
Gerry McGovern : "Je ne concevrais jamais un site web en restant focalisé sur le référencement."

Comment doivent travailler les experts en référencement et les responsables de contenu editorial web afin de garantir la qualité d'un site Internet ? Voici les réponses de Gerry McGovern, le brillant auteur de Killer web content sur ce sujet. Interview exclusive ! Lire la version originale en anglais
Référenceurs et responsables de contenu éditorial web travaillent tous deux dans le sens d’une amélioration de la qualité du contenu éditorial Internet (même si ce n’est pas pour les mêmes raisons). Etes-vous d’accord avec cette idée ?
Oui, les deux domaines sont très liés. La recherche de mots-clés va amener une personne sur un site web. Mais ensuite, vous avez besoin d’un autre corpus de mots pour l’aider à réaliser la tâche qu’elle est venue accomplir sur ce site Internet. C’est ce que j’appelle les "carewords" (les mots qui comptent pour les utilisateurs NDPI). On ne peut pas simplement se focaliser sur le référencement ; juste amener les utilisateurs sur le site. C’est encore plus important de les aider, une fois qu’ils sont arrivés. Sans cela, ils partiront avec une mauvaise impression de votre site.
Pensez-vous que les éditeurs web et les experts en référencement doivent travailler ensemble dans l’intérêt du contenu web ?
Absolument. Trop souvent il y a une obsession du référencement et du positionnement du site sur les moteurs. Cela conduit à des pages web, certes bien positionnées, mais qui font une horrible impression aux clients à cause d’un contenu pauvre, mal écrit et répétitif. Nous devons nous focaliser sur la qualité. Un contenu web doit être efficace pour un client avant d’être efficace pour un moteur de recherche.
Est-que les éditeurs web devraient définir un corpus sémantique large, ou plutôt restreint, avant de rédiger le contenu d’un site Internet ? Qu’est-ce qui fonctionne le mieux d’après votre expérience.
Focalisez-vous sur les besoins des clients. De quel type de contenu ont besoin les clients pour réaliser la tâche qu’ils sont venus effectuer sur votre site ? Cela définira le volume et le type de contenu dont vous avez besoin. En général, faites simple et précis, c’est ce qu’il y a de mieux. Gardez votre contenu focalisé sur une idée, allez rapidement à l’essentiel. Restez toujours concentré sur un contenu qui engendre l’action.
Imaginons que la stratégie de référencement d’un site Internet décide de se focaliser sur 10 mots-clés qui ne sont pas les "carewords" (mots-qui-comptent) de ce site. Par exemple "maison fabriquée avec des arbres" à la place de "maison en bois". Les référenceurs pensent qu’il est plus facile de se positionner sur les moteurs avec ces mots-là (moins de concurrence). Mais les utilisateurs eux, recherchent des informations à propos de "maison en bois" et non "maison fabriquées avec des arbres". Que faire dans ce cas ?
Il y a un compromis à trouver. Utiliser les mots-clés qui peuvent augmenter le volume du trafic sur votre site Internet, ou bien utiliser les mots que les gens comprennent. En ce qui me concerne, je ne pourrais jamais concevoir un site web uniquement du point de vue du référencement. Je pense que c’est une tactique à court terme qui peut générer des site web "spammy". Restez focalisé sur l’efficacité de votre site.
Regardez Google. A quoi ressemblerait la page d’accueil de Google si elle était donnée à une société de référencement ? Elle serait horrible, remplies de mots-clés répétés et de listes du top des recherches. Google a réussi parce qu’il est resté concentré sur sa mission : aider ses visiteurs dans leur recherche. Comprendre un besoin. Satisfaire ce besoin coûte que coûte. C’est la meilleure des stratégies SEO.
Lire aussi
Gerry McGovern : "Le web est un endroit où l'on agit et un excellent contenu facilite l'action"
Gerry McGovern : "I would never design a website from a purely SEO point of view."

How can SEO experts and web content managers work together for the sake of web content ? Gerry McGovern, the bright author of Killer web content, gives us his point of view. Exclusive interview! Read in French.
Are you agree with the fact that SEO and web content experts both work for a better web content quality ? (Even if not for the same reasons ?)
Yes, they are both very interlinked. Search words will bring a person to a website but then we need another set of words that will help them complete the task they came to the website to complete. This is what I call carewords. We cannot simply focus on SEO; just bringing people to the site. It is even more important to help people once they've arrived. Otherwise, they will leave with a bad impression of us.
Do you think web editor and SEO experts should work together for the sake of web content ?
Absolutely. Too often there is an obsession with SEO and it results with webpages that may rank well but give a horrible impression to customers once they arrive, due to poorly written, overly repetitious content. We must focus on quality content that works for the customer before we focus on content that works for the search engine.
Should web editors define a large or a small lexical/semantic corpus before thinking and writing the content of the web site ? What is more efficient, according to your experience ?
Focus on the needs of the customers. What sort of content do customers need in order to complete the tasks they came to complete. That will define the amount and type of content you need. Generally, the simpler and more precise the better. Keep the content focused on single ideas, get to the point as quickly as possible. Focus on active content at all times.
Let's say the SEO strategy of a given website focuses on 10 particular keywords that aren't the "carewords" of this website because the SEO expert thinks it is easier to get a good position on Google with those. Like "house made of trees" instead of "wooden house" for an example. But the users do think "wooden house" when they enter the website and they look for informations about "wooden house". How do we deal with that ?
This is the trade off. Use words that might increase the volume of traffic to your site, or else use words that people actually understand. I would never design a website from a purely SEO point of view. I think it's a very short-term, crude focus that can create truly horrible spammy websites. Focus on website use.
Look Google. What would the Google homepage look like if it was given to an SEO company? It would look horrible, full of repetitive words and lists of top searches. Google succeeded because it focused on helping customers search. Understand a need. Meet that need with a relentless focus. That's the best SEO strategy of all.
Thank you for your answers :-)
Lire aussi
Gerry McGovern : "The Web is a doing place and great content facilitates a task."
26 juin 2009
Françoise Giroud, journaliste web sans le savoir
En feuilletant un livre, je suis tombée sur cette citation de Françoise Giroud : "Ce n'est pas la peine d'avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième."
Traduction web :
Ce n'est pas la peine d'écrire un bel article si l'internaute ne dépasse pas le titre.
Un excellent conseil à garder en mémoire pour tous les rédacteurs web !
A lire aussi
Les titres qui font cliquer
24 juin 2009
Jérémie Eskenazi :« Le problème avec les vidéos c’est que l’internaute ne peut pas les scanner.»
Comment optimiser une vidéo pour la lecture web ? Jérémie Eskenazi, fondateur de la société française d'eyetracking Miratech, fait le point sur la question.
D’après vos études, comment se comportent les lecteurs web lorsqu’ils voient une vidéo au milieu d’un texte ?
Avant, j’aurais répondu à cette question en disant que personne ne regarde une vidéo sur un site web. Maintenant je dirais plutôt : une fois que l’on a trouvé la bonne vidéo au bon endroit, on la regarde. Le véritable problème avec les vidéos c’est que l’internaute ne peut pas les scanner. Si le début n’est pas intéressant, il ne peut pas le "zaper" comme pour la lecture en ligne. Par ailleurs, il ne sait pas quel est le contenu final. Voilà pourquoi, dans la phase de recherche des informations, la vidéo rencontre beaucoup moins de succès que les textes et les images.
La vidéo impose un état mental très différent de la lecture en ligne. Celui qui lit un texte sur Internet se trouve dans un état actif : « Je cherche l’information dont j’ai besoin et je décide du rythme auquel je lis. Je décide si je regarde les images ou non, etc. » Mais l’internaute qui regarde une vidéo se trouve dans un état passif. Or, cela est physiologiquement gênant de passer d’un état à l’autre. On doit s’arrêter de scanner. On lance la vidéo et on lâche la souris. On n'est plus maître de son temps. Parfois, ça rend fou !
Comment faudrait-il présenter les vidéos pour qu’elles soient plus ergonomiques ?
Cela demande un gros travail d’édition. Il faudrait indiquer un titre très explicite avec un résumé très précis des informations contenues dans la vidéo. L’idéal serait d’indexer ce contenu en chapitres courts. Tout cela dans le but de permettre à l’internaute de re-rentrer dans sa phase de lecture web active et choisir le chapitre qui correspond à son intérêt.
Que pensez-vous du principe de la vidéo d’animation pour une expérience web différente (cf le site Novacom pour des exemples) ?
La vidéo dans le cadre d’une nouvelle relation marketing sur le web (accueil en ligne, mise en scène marketing d’un produit de marque) ne fonctionne pas pour toutes les raisons évoquées auparavant. L’internaute se sent piégé. Il n’a pas de patience.
Par contre, cela peut s’avérer extrêmement efficace dans le cadre d’une démo ou de l’explication technique. Mais à condition que les explications soient bien découpées en chapitres, afin que l’internaute puisse sélectionner ce qui l’intéresse.
Où faudrait-il positionner la vidéo dans la page web pour que ce soit plus ergonomique ?
Je n’ai pas d’études précises sur ce sujet. Mais selon moi, peu importe que la vidéo soit placée au milieu du texte ou sur le côté. Ce qui compte c’est l’image statique de la vidéo. Si elle donne envie de cliquer, si elle paraît utile par rapport à l’information traitée, elle sera regardée. Le problème, c’est que la plupart des images présentées en illustration des vidéos ne sont pas de grande qualité.
Lire les autres interviews de Jérémie Eskenazi
« L’internaute cherche un mot, une image, un lien qui lui montre qu’il est sur la bonne voie »
La fiche produit : « Chaque chose mal faite peut être un point bloquant »
19 juin 2009
Comment choisir un angle éditorial ?
Comment traiter l'information d'un point de vue intéressant et original ? Yann Arthus Bertrand nous l'a dit dans son film Home, le climat de la planète se réchauffe. Si vous deviez traiter ce thème du réchauffement climatique pour vos internautes, quelle serait la bonne approche ?
Vous devez faire un article ou un dossier sur le thème du réchauffement climatique pour votre site web. Tout le monde en parle. Comment éviter de faire un énième papier sur le sujet et surtout, comment être sûr(e) d'intéresser vos lecteurs, créer du buzz, attirer de nouveaux visiteurs ?
Mettez-vous dans la peau de vos internautes
Commencez par vous demander : qu'est-ce qui va les intéresser ? Mieux vous connaîtrez vos lecteurs, plus vous serez à même de leur proposer des sujets qui peuvent les intéresser. Allez vous promener sur les forums, étudiez le top des articles consultés. Vous pourrez récolter de précieuses indications.
Gardez bien en tête l'identité et la mission de votre site Internet
Quelles sont les valeurs de votre site web ? A quoi va servir l'information que vous allez donner aux internautes ? Le sujet du réchauffement climatique n'aura pas le même cadre éditorial si vous écrivez sur un média d'information comme LeMonde.fr, si vous écrivez pour un site e-commerce qui vend des panneaux solaires ou sur le site d'une association militante comme le wwf.
Cas pratique : choisissez votre angle éditorial
A- vous travaillez pour un portail sur la construction de maison
B- vous travaillez pour un magazine féminin
Poser un angle, c'est choisir la partie de l'information sur laquelle l'article va focaliser son regard. Le mieux est de matérialiser l'angle par une question. Un article doit répondre à une seule question/angle. S'il y a plusieurs questions, il faut faire plusieurs articles.
A- votre site parle de la construction de maison.
1-Vous allez réduire une première fois l'angle éditorial, par exemple :
> Comment construire une maison écologique ?
> Quels sont les matériaux de construction non polluants ?
2-Vous allez ensuite choisir une manière de traiter le sujet et réduire encore l'angle éditorial :
> Solution :
"Quel est le mode d'emploi pour la construction anti-réchauffement climatique ?"
"Comment construire une maison autonome en énergie ?"
> Interrogation :
"Maison écologique, solution contre le réchauffement climatique ?"
" Sauverons-nous la planète si nous habitons dans des yourtes ?"
> Polémique :
"Maison écologique, fausse solution pour un vrai problème ?"
"A qui sert le réchauffement climatique ?"
> Point de vue :
"Demain, tous habitants écologiques ? par Henri Maisonverte"
"J'ai construit une maison avec des allumettes. Par Léon Larchitecte"
L'avis d'une personnalité peut constituer un angle éditorial en soi. Car cet expert ou personnalité va poser son regard original sur le sujet du réchauffement climatique.
3-Selon le degré de spécialisation de vos lecteurs, vous allez proposer des approches de plus en plus pointues.
Par exemple, s'ils sont très écolos :
> Comment vivre sans polluer ?
> Comment construire des toilettes sèches ?
> Matériaux écolos : quel est le meilleur rapport qualité-prix ?
Si ce sont des pros du bâtiment :
> Ecoconstruction, quels matériaux choisir ?
> Quelle est la dernière innovation en chauffage par le sol ?
> Comment construire un immeuble passif ?
B : votre site s'adresse aux femmes
1-Vous allez réduire une première fois l'angle éditorial, par exemple :
> Comment réduire son impact quotidien sur le réchauffement ?
> Que va t-il se passer pour les générations à venir ?
2-Vous allez choisir la manière de traiter ces sujets et poser un angle plus précis :
> Solution :
"Comment mieux consommer pour limiter le réchauffement ?"
> Interrogation :
"Quelles actions quotidiennes sont les plus nocives pour la planète ?"
> Polémique :
"Réchauffement climatique : la nouvelle invention politique"
> Point de vue :
"Il est trop tard pour être pessimiste" par Yann Arthus Bertrand
Recherchez la nouveauté par rapport à ce qui existe déjà
Regardez ce que vous avez déjà écrit sur le sujet. Etudiez ce que font vos concurrents. Si tout le monde parle de consommation bio par exemple, vous pouvez vous démarquer en proposant un angle plus original. Par exemple en vous focalisant sur les démarches alternatives "novatrices" comme les AMAP, les locavores, les cueilleurs de plantes sauvages ou bien en appliquant la loi de proximité : "Mon marché bio de la semaine pour 40€", "Vos bons plans pour consommer bio pas cher", etc.
Vous pouvez également prendre le point de vue de la carotte qui va être produite par l'agriculture intensive vs celle qui va être produite en agriculture biologique et décrire son état dans les deux cas. Pourquoi pas ? Ce serait original et intéressant. C'est ce que fait le film "Lord of war" par exemple en suivant le chemin d'une cartouche de fusil, de sa fabrication à la tête d'un malheureux petit garçon en Afrique. Pour stimuler votre créativité, un conseil : adoptez les techniques du "camembert" ou de l'"araignée", décrites par Christian Robin dans son livre "L'angle journalistique".
Titrez l'article à la fin
Titrez votre article une fois que vous avez fini votre papier car, si l'angle est bien défini, les découvertes que vous aurez faites durant votre recherche peuvent, elles, changer la manière dont vous allez écrire votre article/dossier.
Et employez les bons mots clés !
Car si vous parlez d'"augmentation de la chaleur du climat", ce n'est pas sûr que tout le monde comprenne...
N'hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires :-)
A lire
L'angle journalistique de Christian Robin aux Editions du CFPJ
16 juin 2009
La fiche produit par Jérémie Eskenazi : « Chaque chose mal faite peut être un point bloquant.»

Quelles erreurs d'ergonomie gênent les utilisateurs sur une fiche produit web ? Jérémie Eskenazi, fondateur de la société française d'eyetracking Miratech, fait le point sur la question.
Quelles difficultés bloquent le plus souvent les utilisateurs sur une fiche produit web ?
Le manque d’informations élémentaires :
- prix
- caractéristiques du produit
- qualité de la photographie
- disponibilité du produit
- coloris
- description
Ensuite le « call-to-action », le bouton d’action pour acheter n’est pas vu ou pas compris. En ce qui concerne le panier, des erreurs sont souvent commises : comment présélectionner un produit, le rajouter dans le panier, visualiser le panier.
Qu’est-ce qui est le plus bloquant pour un internaute : un mauvais intitulé, un mauvais design ou un bouton d’action mal positionné ?
Potentiellement sur une fiche produit, chaque chose mal faite peut être un point bloquant. Il n’existe pas de règles. Il faut une bonne ergonomie, un design qui inspire confiance, de bons intitulés. C’est ce qu’on appelle les « standards du web ». Mais on constate au final que si l’internaute est très motivé par le produit, il l’achètera ! Même avec une fiche produit mal faite.
Comment identifier un problème d’ergonomie sur son site web ?
Un taux d’abandon important sur une page, un taux de conversion final mauvais : tout cela indique qu’il existe un problème. Souvent la cause est multifactorielle.
Quels sites sont particulièrement efficaces selon vous, en terme d’ergonomie ?
Tout dépend de ce que l’on fait. Google présente une ergonomie très efficace pour la recherche mais serait très mauvais en e-commerce ! Chaque site a son identité, il n’y a pas de "site ultime". La page d’accueil d’Amazon est mal faite en terme de classification produit, par contre le moteur "recherche + achat en un clic" est un modèle du genre en terme d’ergonomie.
Merci d'avoir répondu à ces questions !
Lire aussi
Jérémie Eskenazi :« L’internaute cherche un mot, une image, un lien qui lui montre qu’il est sur la bonne voie »
09 juin 2009
Jérémie Eskenazi :«L’internaute cherche un mot, une image, un lien qui lui montre qu’il est sur la bonne voie »
Jérémie Eskenazi a fondé Miratech en 2005. Depuis 4 ans, les experts de cette société analysent la manière dont les utilisateurs naviguent en ligne grâce à la technique du suivi oculaire, l'"Eyetracking". Aujourd'hui, pour nous, il fait le point sur la manière dont les internautes lisent en ligne.
D’après vos résultats d’étude, est-ce que les internautes lisent en ligne ?
La plupart du temps, les internautes ne lisent pas en ligne. Ils scannent. Peter Pirolli explique bien ce phénomène qu’il appelle "informavore" dans son livre "Information Foraging Theory ". L’internaute va vers les données qui lui semblent le plus dense en terme d’information. Il cherche un mot, une image, un lien qui lui montre qu’il est sur la bonne voie.
Un regard dure ¼ de seconde, cela représente quelques lettres, un mot. Si l’internaute a en tête des "chaussures pour bébé", ses yeux vont s’attacher à des mots précis ou des images qui lui indiquent qu’il se trouve sur le bon chemin d’infos. Il va sur les pages qui lui évoquent la "chaussure pour bébé". Dans ce cadre-là, l’internaute cherche, il ne lit pas.
Donc si un site Internet place un texte d’introduction sur sa page d’accueil type : "Bébé +, le premier site de France qui propose des chaussures pour bébé », il y a peu de chances que l’internaute le lise. Dans un contexte de recherche, ce bloc de texte représente un "bruit informationnel".
Ce bruit informationnel doit-il être supprimé ?
Ce texte peut donner une idée du site, sécurité, fiabilité. Une information consacrée à la fiabilité du site ne sera pas forcément lue. Mais l’internaute va enregistrer la phrase comme une information inconsciente « ce site à l’air sérieux. » Il va percevoir une forme de garantie sur le site.
En fait, il s’agit de simplifier l’information au maximum afin que le bruit reste efficace. Si on veut dire qu’un site est fiable mieux vaut mettre « 100% Sécurité » ou quelque chose comme cela, plutôt qu’un long blabla. Surtout, il faut éviter le discours marketing.
Et lorsque l’internaute a trouvé l’info qu’il cherchait, comment lit-il ?
Là il se met à lire de gauche à droite. Il va sur le titre, le premier paragraphe, se laisse distraire par l’image, revient sur le paragraphe.
« Le seul cas où on lit de gauche à droite, c’est quand on lit un texte, avec l’intention de le lire en entier et d’en comprendre le contenu. C’est le cas quand on lit un article de journal. En revanche, lorsqu’on « scanne » rapidement un texte pour trouver une information, le chemin de lecture de gauche à droite n’est plus valable. Dans ce cas, l’œil saute aléatoirement de phrase en phrase et de paragraphe en paragraphe pour trouver l’information recherchée. C’est ce qu’on appelle la lecture « en diagonale », même si le regard ne fait pas nécessairement une diagonale sur la page » On ne lit pas les pages de gauche à droite, extrait de la newsletter Miratech.
L'eyetracking, comment ça marche ?
Popularisée par les études de l'Institut américain Poynter : Eyetrack III et Eyetrack07, cette technique permet d'observer le comportement de l'internaute dans des conditions quasi naturelles. En France, depuis 2005 la société Miratech propose cette solution aux entreprises pour un prix intéressant.
Comment ça marche ? Des diodes situées dans un ordinateur, l'"eyetracker", émettent de la lumière infrarouge (inoffensive). Des caméras intégrées dans l’écran filment à distance la réflexion de la lumière infrarouge sur les pupilles du participant. Les données enregistrées, croisées avec les clics de souris, permettent de suivre précisément le chemin emprunté par l'internaute.
Comment se déroule le test utilisateur ? L'internaute entre dans une pièce où se trouve un ordinateur. Il navigue sur Internet comme il le fait tous les jours chez lui. Contrairement aux tests utilisateurs classiques conduits par un observateur situé à côté du participant, le dispositif est invisible. L'eyetracking respecte les conditions d’utilisation normale de l’interface Internet. Ce principe permet donc d'observer un utilisateur web dans les conditions naturelles. Au final, les résultats s'avèrent particulièrement fidèles.
Pour vous en convaincre, voici un exemple de suivi oculaire sur un article, extrait de la newsletter de Miratech On ne lit pas les pages web de gauche à droite. "Le seul cas où on lit de gauche à droite, c’est quand on lit un texte, avec l’intention de le lire en entier et d’en comprendre le contenu".
05 juin 2009
Mesurez votre performance éditoriale web !
Ce matin sur mon blog de cuisine favori Clea Cuisine, entre la cerise et l'agar agar, il y avait un post consacré à Web Eyes. Cet outil simple, payant (mais simple) permet de mesurer les performances de son contenu éditorial Internet en terme de référencement.
Par exemple, Web eyes permet notamment de mesurer la densité des mots-clés. Depuis l’écran “Vue
d’ensemble” du tableau de bord, on clique sur l'onglet “Densité de mots-clés” dans
le volet “Analyse de contenu” du menu situé sur la gauche de la page. Le tableau de bord indique la densité des mots-clés composés d’un,
deux ou trois mots en cliquant sur les onglets correspondants.
Cela vous permettra de vous rendre compte :
1- si vos articles sont positionnés comme vous le souhaitez
2- si vous utilisez les mots qui comptent pour vos internautes
Cette boite à outils pratique se focalise non sur le trafic, mais sur les erreurs à corriger pour améliorer les performances de votre site web. "Nous ne sommes pas en concurrence avec Google analytics ou Xiti. Nous sommes au contraire complémentaires. D'ailleurs un de nos prochains outils s'appuie sur la technique de Google analytics pour croiser les données" explique Stéphane Glasson de Web Eyes.
L'outil vérifie notamment que toutes les marques Google analytics ou Xiti sont bien installées sur les pages. Car leur disparition subite (mauvaise manip.) cause parfois de grandes frayeurs au niveau des résultats d'audience...
Côté tarif, coût pour le module référencement/contenu éditorial + le module fonctionnel : 150€ jusqu'à 10 000 pages. Un certain investissement, qui peut-être intéressant à partir d'une certaine taille de site Internet. Le mieux, c'est de tester Web Eyes gratuitement pour vous faire votre idée. En tout cas, Clea est conquise. Lire son post La recette du référencement
NDPI : Clea fait partie des plus grandes et sympathiques success stories de la blogosphère. Un jour j'aurai l'occasion de vous en parler. Et aussi de son cheese cake à la japonaise, huuum...
Quelques outils gratuits, efficaces et bien utiles :
Audit Abondance
Alyze.info
Outiref
Et sinon
Le temps des cerises (2) : Petits moelleux amandes-cerises
Gâteau citron amande à tomber par terre
03 juin 2009
Un coup de blues ? Ecoutez Steve Jobs à Stanford, USA
A tous les jeunes diplômés, mais aussi tous les pros du web qui souffrent un peu de la crise en ce moment, je recommande la vidéo du discours de Steve Jobs, LE mythique fondateur d'Apple, à l'université de Stanford. Une véritable potion anti-morosité.
Aux Etats Unis en ce moment, comme en France, c'est la fin de l'année universitaire. Là-bas, les futurs "graduate students" s'apprêtent à recevoir leur diplôme lors de la fameuse cérémonie de "graduation" (celle où tout le monde lance son chapeau noir en l'air). En septembre, ils auront quitté leur campus, leurs amis, leur vie protégée, pour commencer une nouvelle carrière professionnelle.
En 2005, lors de la cérémonie de "graduation" à Stanford, Steve Jobs a prononcé 15 minutes d'un discours précieux, inoubliable. A voir et à revoir.
Voici quelques extraits traduits :
"Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir.
Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidais de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères.
Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie."
"(...)Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez."
"(...)Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire."


