Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

22 avril 2009

Sébastien Billard : "définir un petit nombre d'expressions qui vont guider la rédaction"

sebastien_billard
Faut-il déterminer un champ sémantique web précis avant de commencer à rédiger ? Comment optimiser son contenu de longue traine sur Internet ? Sébastien Billard, auteur du blog de référence Référencement, design et Cie nous donne quelques conseils.

Selon toi, faudrait-il déterminer un champ sémantique web afin d'améliorer la qualification du trafic apporté par les moteurs sur un site ?
Une page web ne peut pas être visible sur un nombre infini d'expressions-clés. Quand on écrit le contenu d'une page il est en effet bon de définir un petit nombre d'expressions (4-5 par exemple) qui vont guider la rédaction. Il ne faut pas cependant être obnubilé par ces expressions : dans la réalité, la page tendra à créer du trafic sur des déclinaisons de ces expressions également.

Il y a également je pense une réflexion à mener au niveau du site dans son ensemble, dans un souci à la fois d'efficacité du référencement, et de cohérence de la communication : si le champ lexical relatif à un même concept diffère trop d'une page à l'autre, cela peut créer de la confusion chez l'utilisateur. Une charte éditoriale peut être utile.

Quelles sont les premiers réflexes à avoir en référencement naturel pour améliorer l'apport de trafic pertinent sur les requêtes issues du contenu de longue traîne ?
La longue traîne est cette masse de trafic réalisé sur des expressions peu tapées mais dont le trafic cumulé excède celui des mots-clés "stars". La meilleure façon d'augmenter ce trafic de longue traîne est d'enrichir le contenu des pages existantes, et d'augmenter le nombre de pages du site en publiant de nouveaux contenus. Plus grande est la masse de texte et le nombre de pages, plus longue est la traîne. Mais attention à ne pas tomber dans une production de contenu trop artificielle : l'internaute doit y trouver son compte. Bien qu'exigeante, la tenue d'un blog peut participer à créer ce contenu de longue traîne, en plus de créer de la valeur relationnelle.

Comment vois-tu évoluer le référencement dans les années à venir ?
Je le vois déjà évoluer vers plus d'éditorial : les ressorts techniques sont bien maîtrisés aujourd'hui, et ceux liés à la popularité également, du moins au niveau des principes. La différence peut donc se faire par le contenu.

D'autre part, les contextes de recherche évoluent : les référenceurs évoluent donc avec. Désormais, en plus de la recherche web il faut s'intéresser au positionnement dans les moteurs cartographiques, dans les moteurs vidéos, dans les moteurs de recherche d'actualité, à la visibilité dans les réseaux sociaux...

Les fondamentaux du métier restent donc valables, mais à cela s'ajoutent de nouvelles façons d'être visible, auxquelles il faut s'adapter. Le référenceur est un être polymorphe :)

Merci d'avoir répondu à ces questions :-)

Lire aussi
Sébastien Billard : « L'idée d'un référencement éditorial fait petit à petit son chemin »



16 avril 2009

Web sémantique : valoriser le sens du contenu éditorial web

Le web sémantique, toujours work in progress, donne une place de plus en plus importante au sens des mots. Aujourd'hui les rédacteurs web et les référenceurs travaillent le contenu éditorial en ajoutant un champ lexical de mots-clés pour optimiser le référencement naturel des sites web.  Et demain, il faudra peut-être ajouter des concepts.

Les moteurs cherchent désormais à optimiser la pertinence de leurs résultats en mettant l'accent sur le sens du contenu éditorial web. Ils travaillent sur la structuration des données afin de délivrer des informations de plus en plus précises. Sera t-il possible un jour de poser une question à son moteur comme s'il s'agissait d'une véritable personne ? C'est déjà le cas pour certaines questions simples sur Google (même s'il y a des ratés :-), tandis que Yahoo travaille dur également sur le sujet depuis un an déjà. Tim Berners-Lee, l'inventeur du world wide web l'a dit : "Time for the semantic web is now".

Comme l'explique Ange Pozzo di Borgo pour compléter l'excellent article d'Isabelle Gerard Contenu, référencement naturel et web sémantique : " Pour schématiser, nous travaillons actuellement les contenus avec une approche lexicale et syntaxique (recherche par termes précis, et par déclinaisons / synonymes), qui a jusqu’à présent été la norme sur Google. Mais avec le Web sémantique, la recherche devient “intelligente” et fonctionne par “concepts” (JDN : “L’opération s’effectue à partir d’une analyse du sens de la requête, c’est-à-dire en recherchant les mots sémantiquement proches de ceux qu’elle utilise. La recherche s’appuie alors sur un dictionnaire sémantique qui, à chaque mot de la langue, associe leurs différents sens”). On passe donc de la recherche par sigles (mots-clés) à la recherche par sens (champs de significations). "

En pratique, nous n'en sommes pas encore là, comme le démontre Sébastien Billard (vidéo).

Avant d'en arriver au dictionnaire sémantique, il nous reste encore beaucoup à faire pour valoriser simplement le sens du contenu éditorial web des sites :
- mettre en place des chartes éditoriales systématiques afin de pérenniser la qualité du contenu éditorial et le référencement naturel
- développer un principe commun - et efficace - de champ lexical, avec un nombre réduit de mots qui comptent selon les pages du site et des indications sémantiques à suivre pour les rédacteurs (ou alors un nombre de termes étendu et précis à intégrer dans le contenu mais cela s'avère souvent difficile à mettre en pratique)
- marquer les articles web avec un corpus organisé de tags
- mailler le contenu de manière pertinente grâce aux liens internes

Qu'en pensez-vous ?

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Posté par evedemange à 13:23 - Charte éditoriale - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Le web sémantique par Sébastien Billard

Sébastien Billard revient sur l'utilisation des balises html pour donner du sens au contenu. Il évoque la difficulté d'organiser les meta-informations de manière cohérente au niveau du web mondial.


Web semantique - Sébastien Billard
envoyé par 1ere-position

14 avril 2009

Sébastien Billard : « L'idée d'un référencement éditorial fait petit à petit son chemin »

sebastien_billard

Sébastien Billard, THE expert référencement, auteur du blog Référencement, Design et Cie et de nombreux interviews, conférences, articles de référence, fait partie des rares pros SEO qui ont toujours intégré l'aspect éditorial. Cette conception du référencement, autrefois relativement marginale, tend à se développer pour le plus grand bonheur des internautes... et des rédacteurs web ;-)

En quoi référencement et contenu sont-ils liés ? Un bon référenceur doit-il automatiquement être un bon rédacteur selon toi ?

La visibilité d'une page dans les moteurs de recherche est fonction de trois grands critères, qui interagissent entre eux :

- La structure, qui est en quelques sorte le "contenant" du site. La structure englobe tout ce qui touche au code HTML et aux technologies employées (Flash, javascript, AJAX...). Au minimum, cette structure doit permettre l'accessibilité technique de l'ensemble des contenus du site. Mais elle doit également participer à la mise en valeur de l'information, par une bonne architecture logique des pages et par l'utilisation judicieuse des balises dites "sémantiques".

- Le contenu, qui est au coeur de l'expérience web. C'est le contenu que recherchent les internautes, et c'est la pertinence du contenu que les moteurs de recherche tentent d'évaluer. J'adopte ici une définition large du contenu :il peut s'agir d'une information, ou d'un service. Mais la présentation d'un service passe toujours par un minimum d'information ;)

- La popularité, qui est une mesure de l'intérêt supposé des utilisateurs pour un contenu, qui repose sur l'analyse quantitative et qualitative des liens pointant vers ce contenu.

Comme tu peux le voir, il est question de contenu dans chacun de ces critères. Je crois que cela montre bien que référencement et contenu sont intimement liés:)

Maintenant, un référenceur doit il automatiquement être un bon rédacteur ? Je n'ai pas la prétention de définir ce qu'un référenceur doit être. Si je m'y risquais, je me ferai probablement incendier par mes confrères :D Par contre, ma vision du référenceur idéal inclue de bonnes capacités rédactionnelles, c'est certain. Et je déplore que le référencement soit encore trop souvent vu comme une prestation technique. Heureusement l'idée d'un référencement éditorial se fait petit à petit son chemin.

Est-il nécessaire de s'adapter aux améliorations permanentes des moteurs de recherche pour indexer les contenus ?

Oui et non. Oui, car les progrès techniques des moteurs et les nouveaux usage du web ouvrent de nouvelles opportunités, qu'il peut être pertinent d'exploiter. Non car les principes de base du référencement, tant techniques qu'éditoriaux, restent les mêmes. On assiste davantage au développement de nouveaux leviers
pour la visibilité qu'à la remise en cause de l'existant.

NDPLUM : Pour les évolutions de Google, voir la réponse d'Ambroise "alec" Fensterbank, équipe qualité de Google, sur le blog Référencement, Design & Cie.

Merci d'avoir répondu à ces questions :-)

Lire aussi
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10 avril 2009

Ergonomie éditoriale : adapter le contenu web à l'usage.

Il faut écrire en "mode scan". Oui, mais que se passe t-il si mes internautes recherchent une information plus fouillée ? Ecrivez des titres explicites. Oui, mais si mes internautes aiment le style décalé-pas-explicite de mon blog, dois-je faire comme tout le monde ?   

L'ergonomie web nous a apporté de merveilleux préceptes. Et le premier d'entre tous est celui-ci : mettez-vous dans la peau de vos utilisateurs web. Je lis régulièrement (toujours avec grand intérêt) les articles du gourou américain de l'ergonomie Jakob Nielsen. La plupart de ceux consacrés à la rédaction web disent en substance ceci : "les internautes ne lisent pas, svp épargnez leurs souffrances : rédigez court." Or malgré tout le respect que je dois à ce pionnier du genre, ces affirmations sont incomplètes, voire erronées si l'on en croit les études de comportement réalisées récemment.

L'étude Eyetrack menée par le Poynter Institute en 2007 montrait par exemple que les internautes lisent en profondeur sur les magazines en ligne, voire même plus longtemps que sur les magazines papier. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les key findings de l'Etude Eyetrack07.

keyfindings

D'autres études sérieuses ont été menées depuis, et notamment celle-ci en 2008 (doc pdf):"Search is now normal behaviour. What do we do about that ?", réalisée sur la manière dont les internautes recherchent l'information sur le site de l'UK OPEN University. Voici un extrait de cette excellente analyse (désolée pour ma traduction inexacte. Si quelqu'un connait une version française, n'hésitez pas), "How do visitors read the pages on the site ?" :

"L'analyse du site montre que le temps moyen de visite par page du site web dépasse la minute. Or, en comptant 3 clics pour accéder à une page de contenu et une estimation généreuse de 10 secondes pour chaque clic, cela donne 3 minutes 30 secondes passées en réalité sur le contenu web : loin d'un schéma de lecture "skim and scan".

Cela correspond aux observations réalisées lors de nos tests utilisateurs. Quand les visiteurs arrivent sur les pages de contenu d'un site, il s'arrêtent et lisent intensément.

Ce que l'on peut conclure, c'est que sur ce site Internet au moins, les gens lisent. Nous avons souvent entendu dire que les gens scannaient et cherchaient leur chemin à travers les pages web. Et nous avons observé ce comportement sur ce site web aussi. Mais seulement sur certaines pages : celles que Ginny Redish décrirait comme "scan, select, and move on."   

Cela nous a aidé à décider que les longues pages étaient une solution appropriée pour des informations de type description d'un cours, dès lors que nous gardions une bonne signalisation en haut de page."

Ces deux études très sérieuses, menées avec grand soin, montrent que les internautes lisent de longs textes sur le web, mais simplement pas sur toutes les pages d'un site Internet.  Les internautes scannent à la recherche de toutes sortes d'infos et parfois (souvent), ils scrollent et peuvent lire de longs textes s'ils en ont besoin. Le contenu éditorial doit savoir s'adapter aux usages et aux besoins des internautes.

L'écrit web n'est pas une science empirique. On ne peut pas dire "écrivez toujours court, explicite". Certes, il faut respecter certains principes comme celui de la pyramide inversée avec les informations les plus importantes en haut de la page, les paragraphes courts avec une seule idée, les titres en gras le plus souvent possible.

Mais il ne faut pas vouloir faire court à tout prix et passer systématiquement les textes à la moulinette sous prétexte de l'écrit web. La longueur, la nature même des textes doit s'adapter aux attentes de l'internaute. Si les lecteurs recherchent un dossier de fond de 6000 signes, ils seront déçus avec un article de 1500 signes, s'ils recherchent un formulaire en pdf, ils doivent pouvoir le trouver facilement. Et les lecteurs de Presse-citron qui adorent les titres teasing-décalés-pas-explicites d'Eric Dupin doivent pouvoir continuer à rire en découvrant les titres sur Netvibes.

Voilà le véritable sens de l'ergonomie éditoriale web : l'écriture doit se mettre au service de l'usage des internautes et non respecter des règles basées sur des études qui doivent encore être largement vérifiées et approfondies.

Lire aussi
Le paradoxe Harry Potter
L'étude Eyetrack07 : points clés

07 avril 2009

Le card sorting par Benjamin Servet : "Concevoir une navigation logique à l’utilisateur"

Benjamin

A quoi sert le "card sorting" ? Comment se déroule une séance de "tri de cartes ?" Benjamin Servet, de l'agence Nealite spécialisée en ergonomie, revient sur la méthode.

A quoi sert le "card sorting" ?
Le "card sorting", tri de cartes en français, permet de structurer son contenu selon deux principes :

    > créer une organisation par thématiques selon une logique d’utilisateur. Créer des "containers" : livres, CD. Mais parfois le tri est plus complexe, certaines informations peuvent se ranger dans plusieurs familles, d’autres sont transversales.

    > hiérarchiser les besoins à l’intérieur de ces catégories. Quelles informations sont les plus importantes pour l’internaute, celles que le site doit placer en premier ? Ce principe s’avère très efficace pour structurer efficacement une fiche produit par exemple.

Comment se déroule une séance de "card sorting" ?
Il existe deux types de "card sorting", le "card sorting" ouvert et le "card sorting" fermé.

Dans le premier cas les utilisateurs doivent composer eux-mêmes les familles : on pose 40 à 100 "post-it" sur la table avec les types d’information, puis on demande à des internautes représentatifs de la cible du site Internet de classer ces post-it. Ensuite, une fois qu’ils sont rangés, on leur demande de hiérarchiser les cartes dans l’ordre d’importance pour eux.

Dans le deuxième cas, les utilisateurs doivent ranger les "post-it" dans des familles déjà composées. Les utilisateurs doivent classer les cartes à l’endroit qui leur semble le plus pertinent par rapport à leurs attentes.

Doit-on faire ces tests en groupe ou de manière individuelle ?
Ces tests sont individuels. Ensuite on regroupe les résultats et on compare. En général, on perçoit assez vite - au bout de 3 utilisateurs -  les tendances principales. Et lorsque certains contenus n’arrivent pas à être classés, c’est souvent pareil pour tout le monde. Cela signifie qu’ils sont transversaux. Ces exercices permettent de concevoir une navigation logique à l’utilisateur.

Merci d'avoir répondu à ces questions !

Lire aussi
Tri de cartes et ergonomie web sur le site ergolab (une mine d'infos !) d'Amélie Boucher, l'auteur de "Ergonomie web", éditions Eyrolles

Posté par evedemange à 10:50 - Interview d'expert - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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