29 janvier 2009
Rédaction référencement : les formations
Vous êtes rédacteur web et souhaitez devenir un cador de l'écriture web optimisée pour le référencement ? Vous êtes responsable de site et souhaitez former votre équipe éditoriale ? Pour vous, petit tour d'horizon des formations qui se lancent sur ce créneau.
Depuis 2007, les moteurs de recherche, Google en tête, placent la qualité du contenu éditorial au coeur de l'indexation et du référencement naturel, mais aussi payant. Normal, ils cherchent à satisfaire les internautes et les internautes recherchent... des informations !
Mais comment doit être ce contenu de qualité ? Bien écrit, intéressant, original, court, optimisé pour la lecture en ligne et les moteurs. Bref, des compétences qui ne se trouvent pas sous le sabot d'un cheval et prennent du temps à s'acquérir.
La spécialisation de "rédacteur référenceur" commence tout juste à émerger et les formations à se mettre en place. Il reste tant à comprendre, à tester et à inventer dans ce domaine, c'est passionnant! Pour tous les pionniers de ce secteur, voici donc une sélection de formations Rédaction & référencement :
- La formation du Benchmark Group/Hypertexte "L'amélioration de votre référencement naturel par les contenus" d'une journée présentée par Cyril Dâ et Pascal Maupas deux journalistes très expérimentés et accros du web depuis longtemps (eux...).
- La formation "écrire pour le référencement" de Ranking Métrics, mise en place par Olivier Duffez consultant en référencement, dont nous avons fait l'interview sur ce blog. Le prochain module d'une demi-journée aura lieu le 10 mars 2009 à Toulouse.
- La formation universitaire "référenceur et rédacteur web" de l'IUT de Mulhouse dont Olivier Andrieu est le parrain de la première promo cette année.
- Les agences de référencement proposent souvent des formations sur-mesure. C'est le cas par exemple d'Aposition : un expert se déplace dans vos locaux et vous propose une formation particulière à l'art du référencement. Seul hic : elles sont très orientées "référencement" et très peu "rédaction et optimisation du contenu éditorial web".
- Enfin sachez que PLUME Interactive propose également une formation à l'écrit web sur deux jours, avec notamment une partie complète sur le thème "contenu éditorial & référencement" (+ cas pratiques de rédaction, fiches produit e-commerce, etc.) et les résultats des dernières études sur la lecture en ligne (Eyetrack, Nielsen, Gerry McGovern).
Cette formation peut être personnalisée selon vos besoins particuliers. Désolée de faire un peu de pub perso, mais quand même, il faut bien le dire ;-)
Et si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à le signaler !
Lire aussi
Optimiser son contenu web, les conseils de Google
26 janvier 2009
Olivier Duffez : "Le taux de rebond global ne veut rien dire. Cette donnée prend son sens par page."
Comment mesurer le ROI ou l'efficacité d'un contenu avec Google analytics, comment comprendre le fameux "taux de rebond" ? Réponse d'Olivier Duffez, consultant en référencement, organisateur de la formation Google analytics, auteur du blog WebRankingInfo et du livre Google, trucs de pros.
Pourquoi faire une formation à Google analytics lorsque l’on s’occupe du contenu ?
La formation aide les professionnels à mieux analyser l’audience de leur site Internet. Les critères à observer dépendent des objectifs qu’ils se fixent (augmenter les ventes, le nombre de visiteurs uniques, de pages vues, d’inscriptions, etc.). Mieux connaître l’outil permet d’exploiter pleinement ses capacités. On peut ensuite le personnaliser pour l’adapter à ses propres besoins et obtenir un maximum d’informations utiles sur les visiteurs de son site Internet.
Par exemple, il est possible de paramétrer le site pour obtenir des chiffres par origine géographique, France, Angleterre, Belgique. Il est possible de savoir si la requête par laquelle arrivent les internautes se trouvait en page 1 ou 2 sur le moteur, etc. Pour les sites de e-commerce par exemple, l’outil permet de suivre le comportement de l’internaute à partir du moment où il arrive sur le site jusqu’à ce qu’il achète un produit et de mieux comprendre les freins à l’achat éventuels.
Car pour améliorer ses performances de 10%, on peut :
- soit choisir d’augmenter la croissance du trafic de 10%
- soit choisir d’augmenter le taux de conversion de 10% (ou les deux !) grâce à une amélioration de l’efficacité du site.
Est-ce que cette formation s’adresse à des débutants, ou plutôt à des professionnels confirmés ?
Cette formation sur 2 jours est présentée par un des rares experts français ayant reçu le label Google. Elle s’adresse plutôt à des utilisateurs confirmés de l’outil. Le niveau de l’enseignement proposé est identique à celui dispensé par Google aux Etats Unis.
Comment mesurer l’efficacité d’un contenu, forcément subjectif, avec un outil comme Google analytics ?
Il est vrai que cet outil est très orienté business. Mais on peut mesurer énormément de données significatives au niveau du contenu. Si le site vit de la publicité et donc de l’attractivité du contenu, il faut d’abord se poser la question de savoir comment cette publicité est commercialisée : par nombre de visiteurs uniques, par nombre d’affichages, par nombre de clics. Ensuite, l’outil permet d’obtenir des informations précieuses comme le nombre de pages vues par visite, combien de visiteurs s’abonnent à la newsletter, combien deviennent membres, etc.
Des outils comme Google optimizer permettent également de tester plusieurs versions de son site pour savoir laquelle est la plus efficace.
Certaines données comme le "taux de rebond" ne sont pas forcément évidentes à analyser. Comment comprendre ces résultats ?
Le taux de rebond correspond au nombre de visiteurs qui sont venus sur une page et sont repartis ensuite du site sans continuer la visite. Mais le taux de rebond global du site ne veut rien dire. Cette donnée prend tout son sens par page.
Par exemple, si vous prenez le cas d’une personne qui recherche des horaires de train et qui arrive sur une page répondant parfaitement à son besoin, elle va lire l’information puis repartir. A ce moment-là, un fort taux de rebond indique la satisfaction du client. Par contre, un visiteur qui arrive sur une page d’accueil et repart sans continuer la visite, c’est très mauvais signe. C’est comme cela qu’il faut l’analyser, en prenant toujours en compte le contexte.
Google analytics permet par exemple de calculer le taux de rebond pour tous les visiteurs ou pour les nouveaux seulement. Encore une fois, l’une et l’autre donnée ne s’analysent pas de la même manière. Si un nouveau visiteur ne poursuit pas la visite, cela signifie qu’il est déçu, il n’a pas trouvé l’information qu’il cherchait. Si un habitué ne poursuit pas la visite, l’interprétation sera différente. (NDLR : Lire également Taux de rebond : analyse et explications, Guide Google analytics)
Comment faire si on ne peut pas aller à la formation Google analytics en février ?
Nous faisons très régulièrement des formations et pas seulement sur l’outil Google analytics. La prochaine est prévue en avril.
Par ailleurs, il existe le guide Google et un centre d'aide analytics.
Quels autres outils gratuits existent pour mesurer l’audience sur son site ?
Il existe aujourd’hui une vingtaine d’outils sur le marché dont la moitié au moins sont gratuits. Xiti par exemple propose une version gratuite. Mais c’est vrai que Google analytics devient de plus en plus populaire, et qu’ils ont beaucoup amélioré les possibilités de l’outil ces dernières années.
Lire aussi
Formation google analytics en février !
Testez vos intitulés en live
23 janvier 2009
Formation google analytics !
Pour concevoir un contenu intéressant pour les lecteurs, règle n° 1 : apprendre à les connaître : quelles pages lisent-ils en priorité, sur quelles catégories se rendent-ils régulièrement, quels titres les font cliquer, quels sujets les passionnent ?
Google analytics propose un outil gratuit, très efficace pour peu que l'on sache bien s'en servir. Olivier Duffez, consultant en référencement, auteur du blog WebRankingInfo et du livre Google, trucs de pros avec Olivier Andrieu organise régulièrement des formations à Paris.
Au programme :
Utilisation de l'interface de consultation de rapports
- Types de rapports et généralités sur l'interface
- Tableaux de bord : Création et gestion
- Visiteurs :
- Qui sont vos visiteurs ?
- D'où viennent-ils ?
- Tendances et fidélité des visiteurs
- Navigateurs, résolution d'écran, lecteur Flash
- Fournisseurs d'accès et réseaux d'entreprise, type de connexion
- Valeurs personnalisées pour segmenter vos visiteurs
- Sources de trafic :
- De quels sites viennent vos visiteurs ?
- Mesurer l'impact du marketing viral
- Quelle part de vos visiteurs provient des moteurs de recherche ?
- Analyse des mots-clés naturels/payants (SEO/SEM): lesquels sont les plus vendeurs ?
- Analyse de la conversion par source de trafic
- Adwords : analyse de la performance de vos mots-clés payants
- Contenu :
- Quelles pages sont les plus vues ? Par qui ? Comment ?
- Analyse de la navigation : pages d'arrivée/sortie, répartition des clics
- Mesure des moteurs de recherche interne : quels mots-clés sont recherchés ?
- Objectifs dans Google Analytics :
- Performance et taux de conversion d'objectifs individuels
- Analyse de la performance du processus de conversion : points blocants?
- Monétisation d'objectifs non commerciaux
- E-commerce :
- Performance par produit/catégorie de produit
- Performance des produits par source de trafic
- Valeur moyenne du panier
- Comportement d'achat des internautes: impulsifs ou prudents ?
Pour info, eStat de Médiamétrie existe aussi, spécialement conçu pour les sites de contenu et les magazines. L'Equipe, le Figaro, la Tribune, Doctissimo l'utilisent déjà et en sont, parait-il, contents. Mais là, le service est payant.
Pour finir, je me permettrai juste une petite critique : Google analytics pourrait gagner en ergonomie, l'interface actuelle n'est pas très claire. Et la nouvelle version béta personnalisable, franchement difficile à optimiser sans aucun conseil. Dommage que les utilisateurs de Google analytics aient besoin d'une formation à l'outil...
20 janvier 2009
Eric Scherer : "Est-ce que les journalistes restent utiles aujourd’hui pour comprendre le monde ?"
Le Directeur Stratégie et Relations extérieures de l’AFP, auteur de la passionnante étude AFP-Media-Watch "The Perfect Storm" parle de l’avenir de la presse en ligne. Lui qui a dirigé les bureaux de l’AFP en Amérique du Nord connaît bien le marché américain des médias, en avance sur l’Europe.
Les journalistes utilisent Internet en priorité pour leur collecte d’information comme le montre la dernière étude de Jakob Nielsen "Press Area Usability". Mais en France, la plupart ne mesure pas encore l’impact de la révolution numérique sur la profession, n’est-ce pas ?
Il existe un retard certain en France en ce qui concerne la prise de conscience de la révolution numérique par l’écosystème du journalisme. J’ai pu m’en rendre compte aux Etats généraux de la presse. J’intervenais dans le pôle Internet pour sensibiliser la profession sur l’ampleur des changements dans notre secteur liée à l’arrivée d’Internet.
J’ai constaté que les participants étaient surpris, étonnés. Ils ne se rendaient pas compte du phénomène de fond qui se produit en ce moment même dans les médias. Je parle des journalistes, mais aussi de l’encadrement, des patrons de presse. Quant aux rédacteurs en chef, ils sont tellement concentrés sur l’actualité qu‘ils n’ont pas le temps de prendre du recul.
La presse européenne, les italiens, les allemands, ne sont pas beaucoup plus avancés. Les américains s’avèrent plus en avance sur cette prise de conscience. Mais c’est parce qu’ils constatent déjà la faillite de l’équation économique traditionnelle, la chute de la diffusion, la migration de la publicité. Comme c’est le cas souvent, les vagues traversent l’Atlantique avec 18 mois de retard.
Et les US, ont-ils trouvé une équation économique satisfaisante ?
Non. Les journaux migrent sur Internet mais personne n’a encore trouvé le bon modèle économique. Par exemple, si le New York Times arrêtait le papier et se concentrait sur Internet, il ne pourrait faire vivre que 20% de sa rédaction. Ce qui signifie une dégradation de la qualité de l’information et du contenu de 80%.
Et les exemples de sites comme Aufeminin, Doctissimo ?
Ces modèles, que je ne connais pas très bien pour être honnête, sont de pures players. Ils n’ont pas l’héritage du passé. Ils innovent et conçoivent des modèles économiques nouveaux. Quand Ford a réussi dans la voiture, il n’était pas fabricant de diligences. Il était fabricant de voitures et il a donc réinventé un tout nouveau modèle. C’est la force des nouvelles générations.
Est-ce qu'il n'y a pas un trop grand gap de génération justement, de perception, de manière de penser ?
Oui, il existe un gap de génération, c’est incontestable. Les « vieux » journalistes comme moi doivent s’adapter à la nouveauté, sinon d’autres prendront la place des médias que nous connaissons actuellement.
Quelle est, d'après votre analyse, la nouvelle mission des journalistes à l'ère d'Internet ?
La fonction des journalistes reste identique sur de nombreux points :
- La collecte des infos, fondamentale, même si elle arrive désormais de partout et pas seulement des journalistes. Tout le monde peut filmer un événement avec son téléphone portable.
- la vérification et la mise en perspective de l’actualité
- l’analyse, même si les experts concurrencent de plus en plus les journalistes dans ce domaine
- l’organisation des conversations
- l’accompagnement, le filtre éditorial qui permet de pointer les informations essentielles, l’agenda des évènements importants de la journée. Le web ne le propose pas encore.
- par contre, le journalisme d’investigation va devenir de plus en plus difficile à financer
Mais les journalistes doivent continuer à jouer leur rôle de chien de garde de la démocratie.
Quelles sont les meilleures réussites à suivre en terme de media d'information/journal en ligne ?
Le NYTimes propose indéniablement un modèle de qualité, particulièrement exemplaire en ce qui concerne certaines pratiques comme l’écriture infographique. Le site couvre l’actualité et raconte les faits à l’aide de graphiques parfaitement clairs.
Il existe un retour en ce moment à ce que vous appelez "l’éditorialisation" de l’information. Les meilleurs exemples se trouvent du côté de sites comme the Beast http://www.thedailybeast.com/ et Huffingon Post http://www.huffingtonpost.com/ Ce magazine de blogs créé il y a 3 ans par Ariane Huffington, une candidate du parti démocrate, occupe désormais la première place des sites de news US.
Que pensez-vous de la vidéo et des résultats de l’Etude Eyetrack07 qui montrait que l’utilisation de la vidéo sur les sites de news s’avérait décevante ?
La vidéo permet indéniablement d’augmenter le temps passé sur un site. Je crois qu’il y en aura de plus en plus. Youtube est passé du statut de vidéo futile à celui de vraie porte d’entrée sur le web. On voit de plus en plus de vidéos sérieuses, intéressantes. Après, il est vrai que les vidéos peuvent être intrusives dans la lecture. Tout dépend de l’attention, comment est gérée l’attention des lecteurs sur Internet.
Et le modèle de Seesmic ?
C’est intéressant. A suivre. Loïc Le Meur a beaucoup de monde mais pour l’instant, il n’a pas encore trouvé le bon modèle économique.
Comment voyez-vous l'avenir de la presse en France ?
Tout dépend si l’on pourra se réinventer, continuer à proposer une médiation entre le public et la réalité. Est-ce que les journalistes restent utiles aujourd’hui pour comprendre le monde ?
Ce qui est certain c’est que l’AFP va continuer à garantir un vrai label de rigueur, vérifier les faits, poser des balises sur l’océan des informations.
Lire aussi
Quel avenir pour la presse en ligne
Mais que font les journalistes ?
16 janvier 2009
Où placer les liens dans un texte web ?
A votre avis, quel est le meilleur endroit pour placer les liens dans un texte web : directement dans le contenu comme c'est cas sur wikipedia et dans les dossiers d'Aufeminin par exemple, ou dans un espace prévu à cet effet, comme c'est déjà le cas sur de nombreux magazines en ligne comme Le Monde, ou le Journal du net. Le débat est ouvert !
Je poursuis là une discussion amorcée sur le blog Ecrire pour le web de ma consoeur belge Muriel Vandermeulen (que je vous recommande sur le sujet de l'écrit web, pour ceux qui ne le connaitraient pas). Sur ce sujet, lire aussi ce billet d'Arnaud Briand Les bonnes pratiques du lien hypertexte.
Voici un extrait du billet de Muriel Pour ou contre l'hyperlien dans les contenus ?
Alors que les standards de l’écriture Web proscrivent énergiquement la présence de liens dans le texte, les spécialistes du référencement, eux, vont dans le sens contraire. Cela fonctionne un peu comme pour les images : le contexte textuel disposé autour d’un élément accroît et maximise son rendement.
Compromis entre webwriting et SEO…
Il existe un moyen pour satisfaire webwriters et référenceurs. La « solution » consiste à contrebalancer le manque à gagner des liens dans le contenu par un autre critère de valorisation. En d’autres mots, il s’agit de rassembler les liens sur la page en les regroupant dans une zone précise (et de préférence toujours au même endroit sur toutes les pages).>>
Muriel conseille de rassembler tous les liens dans un endroit dédié à cet effet sur la page web comme c'est le cas sur de nombreux magazines en ligne et sur de très nombreux sites. L'idée est de pas gêner la lecture avec des mots soulignés partout dans le texte. Et en effet, l'étude Eyetrack III a montré dès 2003 que les titres soulignés instauraient une ligne dans le texte. Les internautes avaient tendance à ne pas lire ce qui se trouvait sous cette séparation visuelle.
En ce qui me concerne, je me demande s'il ne faudrait pas au contraire généraliser la présence de liens dans le texte à condition de les intégrer harmonieusement, c'est-à-dire sans les souligner. Ce système de navigation réellement interactif fonctionne particulièrement bien sur wikipedia. On ne peut plus s'arrêter de cliquer !
D'un autre côté, les liens regroupés dans un même bloc s'avèrent utiles pour apporter des sources supplémentaires ou un éclairage nouveau sur l'article, notamment à l'aide de vidéos, de témoignages, ou d'autres articles sur des sujets similaires.
Peut-être faut-il placer des liens à la fois dans le texte et sur le côté, selon l'usage qui va en être fait :
- liens vers d'autres sources dans le texte pour éclairer un mot ou un propos de manière très contextuelle
- liens vers d'autres sources pour mettre en perspective le sujet traité et apporter d'autres éclairages, notamment à l'aide de formats éditoriaux riches (vidéos, sons, graphique, diaporama...)
Alors liens dans le texte ou pas liens dans le texte : qu'en pensez-vous?
Lire aussi
Le format article aufeminin
L'étude Eyetrack07 : points clés
14 janvier 2009
Votre site en version 3D sur Yoowalk
Welcome sur le web en 3D ! Créé en 2006 par trois mordus du web, Xavier Marvaldi ex-directeur de M6web, Jean-Vincent Segard ex d'Ubisoft et Stephane Chirie ex d'SFR, le portail Yoowalk propose une autre approche du web. Une nouvelle navigation, plus ludique, plus visuelle que textuelle et la possibilité de rencontrer vos copains "presque en vrai".
Démonstration pour PLUME Interactive (moins d'une heure pour créer son site en 3D !) :
Alors là, c'est moi devant mon blog (à droite). Vous ne le voyez pas d'ici mais je souris :-) La rue est déserte pour l'instant mais il y a quelques minutes, j'ai vu passer deux internautes pressés. J'ai pas osé les aborder.

Et là, vous êtes chez moi. Et oui, je sais c'est grand et ça manque un peu de mobilier mais les mots sur le mur, ça réchauffe un peu l'ambiance! Si l'envie vous prend de venir me rendre visite, n'hésitez pas. Et si vous y pensez, venez avec une galette, j'adore ça ;-)
Quelques améliorations restent à apporter au niveau de l'ergonomie, on met parfois un peu de temps avant de franchir la porte d'entrée et la lecture n'est pas forcément très aisée, mais l'expérience vaut franchement le détour. Et pour construire une communauté autour de son site, c'est réellement génial ! C'est Second life, à l'échelle du web. Nul doute que cette idée va grandir. Côté ecommerce, notez qu'Amazon explore également la piste d'une navigation plus ludique, avec windowshop, nouvelle version de son site.
Seul vrai hic, le référencement. D'après Stéphane Chirie : "Concernant le référencement, pour l’instant, nous n’avons pas encore développé la technologie pour que votre walksite soit comptabilisé par Google, mais c’est quelque chose que nous allons mettre en place d’ici quelques temps."
A suivre de près, donc.
13 janvier 2009
Quel avenir pour la Presse en ligne ?
A l'heure des faillites en série, la Presse vit sa troisième année consécutive de très grande difficulté. Malgré leurs peurs, les journalistes n'ont désormais plus d'autres solutions que de prendre le train du numérique, reconstruire leur légitimé sur Internet et trouver de nouveaux modèles économiques. Quel chemin prendre dans la tempête ? A tous ceux que le sujet intéresse, je vous conseille la lecture de cette excellente étude d'Eric Scherer, The perfect storm.
Le dernier rédacteur en chef que j'ai croisé avait lancé un magazine littéraire luxueux. Malgré un prix élevé, ce journal rencontrait un beau succès car les lecteurs étaient prêts à payer pour s'offrir un contenu exclusif, des textes artistiques et ciselés. Cet homme, heureux en affaires dans la Presse écrite (fait très rare à l'heure actuelle), avait réussi là où de nombreux journaux échouent, il avait gagné son pari sur la qualité du contenu.
Pourtant, il montra beaucoup d'agacement dès lors que fut abordée la question d'Internet et des réseaux sociaux. "J'ai l'impression que vous réinventez l'eau chaude !" s'exclama t-il. Avant d'ajouter "le courrier des lecteurs a toujours existé..." Je trouve que sa réaction résume bien l'attitude des journalistes français, même les meilleurs, vis à vis du web et leur méconnaissance de la puissance des transformations que cette technologie est en train d'engendrer.
Pour guider les journalistes dans l'épais brouillard qui les aveugle actuellement, Eric Scherer, Directeur du planning stratégique et des partenariats à l'AFP, a enquêté sur les nouvelles tendances de la presse en ligne. A tous ceux que le sujet intéresse, je vous conseille la lecture de son compte-rendu The perfect storm, véritable mine d'informations et d'innovations.
Voici quelques extraits :
2009 sera l'année du chaos pour les médias de l'information, mais du chaos, naîtront des opportunités. Extrait de l'Etude International Newsmedia Marketing Association (INMA) "The perfect storm has arrived. Yet in chaos, there is opportunity"
C'est une bonne période pour les journalistes, tournés vers le futur : à l'âge de l'information, le temps dédié aux contenus augmente. (...) C'est une période enthousiasmante pour des journalistes révolutionnaires, responsables et numériques !
Espoir, avec la dynamique créée par l'envolée de la vidéo dans toutes les rédactions, et un journalisme de plus en plus visuel (infographies, application flash, visualisation des bases de données) : c'est le "digital story telling." Grâce aux nouveaux outils web, les médias racontent le monde de manière différente. Voir également à ce sujet le compte rendu de l'Etude Eyetrack07.
Espoir avec le rôle déterminant à jouer pour lutter contre la tyrannie des choix sur le web et "l'infobésité", qui menacent de conduire au krach... de l'attention. Trop d'informations, pas assez de temps !
Espoir avec l'enrichissement continu de l'information par le contexte. Contexte, mise en perspective et sens, fournis par les journalistes. Contexte apporté par les nouvelles technologies (tags, métadonnées, web sémantique).
Autant d'éléments, qui offrent aux professionnels de l'information l'opportunité d'offrir au public un label de haute qualité.
L'Internet peut aussi être, en période de gros temps, une formidable opportunité de renaissance pour les médiateurs grâce à ses qualités de mise en relation, de liens social au de-là des frontières, de partage de connaissances et d'informations, de collaboration, d'actions collectives.
Mais la prise de conscience de la violence et de la richesse de la déferlante numérique reste insuffisante dans les rédactions. Le faible intérêt des journalistes à voir augmenter lecture et interactivité en ligne de leur production en témoigne.
Oui, les journalistes ont un rôle à jouer sur la qualité du contenu en ligne. J'ajouterai que la mise en oeuvre de bonnes recettes éditoriales ne suffit pas sur le web.
Comme le rédacteur en chef du magazine littéraire que je citais plus haut, il faut viser la qualité du contenu et non la quantité, quitte à réduire le nombre des sujets abordés. Aujourd'hui, Google fait mieux que n'importe quelle catégorie d'un journal en ligne en terme d'exhaustivité. Si les lecteurs n'ont pas une excellente raison de rester sur votre magazine (personnalité forte, communauté active, outils éditoriaux/services intéressants et originaux, contenu exclusif et de qualité, sources fiables et infos vérifiées), s'ils ne trouvent pas ce qu'ils sont venus chercher car l'information est trop superficielle et/ou mal présentée ils ouvriront une nouvelle fenêtre et taperont une requête dans Google.
Et si votre contenu ne répond pas à cette requête (contenu non en adéquation avec la demande, site techniquement mauvais en référencement, textes non optimisés pour le web, vocabulaire pauvre et contenant peu de mots-clés potentiels), et bien vous aurez définitivement perdu vos lecteurs.
Lire aussi
Une presse qui meurt, un journalisme qui renaît et quelques ovnis qui passent..., excellente revue de presse de Narvic sur son blog Novövision consacré au sujet des médias et du journalisme en ligne.
08 janvier 2009
Mais que font les journalistes ?
Internet existe depuis plus de dix ans en France. A l'heure où les Etats généraux de la presse écrite se terminent à Paris, la plupart des journalistes de presse écrite (particulièrement en France) vivent toujours une relation passionnelle d'amour haine avec Internet. Et pourtant, le web aurait bien besoin de leur compétence.
Lors d'un comité de réflexion sur la valeur de l'information dans la Presse à Paris en décembre 2008, je m'étonnais de ne voir aucun journaliste autour de la table ronde pour parler d'un sujet qui les concerne pourtant en priorité. Mon voisin de gauche, Gilles Bruno du blog L'observatoire des Médias, me répond que les journalistes ne sont absolument pas motivés pour participer à ces débats, et même méfiants: "les journalistes français préfèrent aller à des réunions sur l'indépendance de la presse en ce moment" me dit-il.
Et voilà, c'était bien le problème. Nous étions en train de discuter de l'avenir d'une profession dont les principaux intéressés étaient absents. C'est comme lorsque vous repérez un problème dans la vie d'un ami et que vous essayez de le résoudre à sa place. Cela ne fonctionne pas vraiment.
"La Presse d'information traverse une crise profonde et fondamentale de valeur" résume le journaliste Jeff Mignon depuis ses bureaux de Mignon-media à NYC dans cet excellent billet dont voici un extrait :
"Sans rentrer dans un débat philosophique, je suis de ceux qui pensent que l'info a peu de valeur en soi. J'ai la conviction, comme Robert Picard, que la valeur de l'information repose sur ce que l'on en fait (valeur d'usage). Et je crois que c'est vrai pour la grande majorité des acteurs du monde des médias: le lecteur/consommateur, l'annonceur, l'investisseur et la société/le citoyen. (...) L'exception vient du dernier acteur de ce monde des médias : les journalistes. Par héritage et conviction, ils pensent souvent, à tord ou à raison, que l'information a de la valeur en soi. >>"
En ce qui me concerne, j'adhère certes à cette idée que l'information doit être utile et "consumer centric", conçue autour de la demande des internautes (cela ne concerne pas que les sites d'information mais la plupart des sites sur Internet). Mais pour autant, il me semble que l'information a une valeur intrinsèque, celle rappelée par Hubert Beuve-Mery lors de la fondation du journal Le Monde en 1944 : "Un nouveau journal paraît : Le Monde. Sa première ambition est d'assurer au lecteur des informations claires, vraies et dans toutes la mesure du possible, rapides, complètes. Mais notre époque n'est pas de celles où l'on puisse se contenter d'observer et de décrire."
Les informations qui circulent sur Internet sont reprises à l'infini par tous les sites, tous les gens qui écrivent. Mais qui vérifie leur véracité ? Qui apporte un crédit à l'info aujourd'hui ? Qui se porte garant des sources ? Ce sont toujours les journalistes, de l'AFP par exemple et les experts. La profusion d'informations disponibles nous a mis dans un tel état d'ivresse que nous oublions parfois la valeur de ce bien collectif et universel. Faudra t-il qu'un scandale éclate et que de fausses informations non vérifiées, amplifiées par le web, provoquent de gros dommages, pour que cette valeur essentielle se rappelle à nous ?
Par ailleurs, j'ai constaté par l'expérience que les compétences des journalistes sont extrèmement précieuses et trop rares sur le web. Ces professionnels de l'info possèdent une formation, un regard, une éthique, une rigueur dans l'analyse et la délivrance des faits que je n'ai pas encore réussi à retrouver ailleurs. Le web a besoin plus que jamais de professionnels de l'information qui sachent faire un arbitrage intelligent et offrir du sens là où le brouhaha médiatique finit par tout brouiller. Comment serait le journalisme idéal d'aujourd'hui ? Voir cet autre excellent billet de Jeff Mignon (en anglais) My ideal media needs to be "crowdfiltered" and "crowdproduced".
Que les journalistes se rassurent, ils ont une énorme carte à jouer aujourd'hui. Mais il faut qu'ils acceptent une bonne fois pour toute de prendre le train du numérique, qu'ils comprennent comment fonctionne le web. Il faut qu'ils se réapproprient les rênes de l'info, qu'ils réinventent leur métier plutôt que d'aller trainer leurs guêtres aux manifestations sur l'indépendance de la presse. La presse n'est pas "indépendante", elle se fait désormais avec et pour les lecteurs. Et la majorité des lecteurs est sur Internet.
Lire aussi
Tous les chemins de fer mènent au web
Le web, c'est comme l'Islande
05 janvier 2009
Allez, au boulot :-)
2009 fait ses premiers pas feutrés sur un matelas de givre et de neige. Qu'annonce ce vivant rideau de flocons : bonnes ou mauvaises nouvelles pour les métiers du web ? Peut-être les deux. Difficultés, chutes, licenciements mais aussi croissance, ébullition, créativité. Mouvement quoiqu'il arrive. Et le mouvement, c'est la vie. Crise signifie opportunité en grec.
Et pour ceux qui savent tirer les leçons d'une crise, ces moments de bouleversement peuvent constituer, en effet, de formidables opportunités. Une crise est un réflexe de survie. Elle éclate naturellement quand un système ne peut plus fonctionner comme avant, afin de pousser ceux ou celui qui l'expérimente vers une nouvelle voie, l'obliger à réinventer la réalité. Les pires années qui ont suivi l'éclatement de la bulle Internet au début des années 2000 n'ont t-elles pas vu naître le géant Meetic, entre autres ?
En ce qui concerne les métiers de l'éditorial en ligne, je reste persuadée qu'un bel avenir s'ouvre devant nous, avec du travail par dessus la tête:
1- Du boulot pour les rédacteurs référenceurs
La première de toutes les bonnes raisons de se réjouir, c'est l'essor du contenu éditorial grâce aux changements survenus dans la manière de référencer les sites Internet. A ce propos, je vous invite à lire les conseils de Google en matière de contenu éditorial et le petit livre blanc jubilatoire publié par Dixxit en 2007 déjà : "Référencement, la revanche du contenu". Leurs conclusions sont plus que jamais d'actualité.
Et de fait, de plus en plus de référenceurs et de responsables de sites s'intéressent au contenu (en tout cas les plus au courant). Il ne s'agit plus seulement d'optimiser une page d'entrée comme un portail ou une page produit sur un site ecommerce, mais de penser le contenu éditorial d'un site de manière globale, en collaboration avec les métiers du référencement.
2- Du boulot pour les ergonomes et les concepteurs rédacteurs
L'ère de l'ergonomie web étant maintenant bien avancée, la plupart des sites Internet qui comptent commencent à maîtriser le sujet (même s'il reste encore du travail). Pour se distinguer de la concurrence et mieux servir les internautes, il reste désormais à inventer une nouvelle ergonomie (voir la version beta Windowshop d'Amazon, géniale !) et surtout, à se pencher sérieusement sur la qualité du contenu éditorial et des services.
3- Du boulot pour les responsables de contenu communautaire
Les réseaux sociaux se développent comme jamais, ainsi que la notion de "portabilité" des réseaux sociaux. Tout est ouvert, tout peut se transférer partout, depuis son portable, depuis son téléphone sans avoir besoin de se ré-identifier à chaque fois. Une communauté discute du dernier spectacle de la Bastille à Paris ? Le contenu éditorial communautaire pourra être diffusé sur plusieurs sites, etc. Le temps n'est plus à la rétention d'information mais plus que jamais à l'échange, au partage.
4- Du boulot pour les journalistes et les responsables éditoriaux
Devant cette masse de contenu, les métiers de l'éditorial doivent plus que jamais jouer leur rôle, organiser l'information, vérifier les sources, éditorialiser le contenu. Les responsables éditoriaux des sites vont devenir de véritables rédacteurs en chef Internet, suivre le trafic, l'audience, revoir leur politique, élaborer des chartes éditoriales cohérentes. Et les journalistes qui boudent le web seuls dans leur coin, feraient bien d'accepter la crise qui les terrifie en ce moment, de se secouer les puces numériques, repenser leur métier et faire un grand bon dans la nouveauté ! Because, they are FULLY NEEDED ON THE WEB.
4- Du boulot pour les rédacteurs web
J'ai discuté avec ma voisine, une assistante maternelle de 55 ans. Sa fille lui a offert un ordinateur l'année dernière, avec une connexion haut débit. Voici ce qu'elle me dit : "Au début, je n'y comprenais rien. Mais maintenant que je commence à savoir m'en servir, je trouve que c'est formidable ! Par contre, qu'est-ce que c'est que ces noms bizarres : ebay, google, amazon... ? Pourquoi est-ce qu'ils ne choisissent pas des mots plus simples comme "le bon coin", par exemple, ça au moins, ça me parle !"
Et voilà, des années de boulot sur le wording pour les rédacteurs - pardon, sur les "intitulés" ;-)
5- Du boulot pour les formateurs et les spécialistes de la communication web
Partout les français se mettent à l'Internet. Il y a du web dans toutes les vies et des outils de publication à portée de tous ! Mais que faire sur son propre site Internet quand on n'a pas l'habitude, comment mettre en avant son entreprise, son organisation ? La communication est un vrai métier, la communication web ne s'invente pas. Voilà bien de quoi occuper une génération de formateurs et de rédacteurs spécialisés sur l'écrit web !
Le mouvement, c'est la vie. 2009 annonce pour l'éditorial web l'ébullition, la créativité, l'invention. La crise. Une bonne tranche d'existence en perspective, quoi.
Allez au boulot :-)




