Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

26 novembre 2008

Blogueur à vendre

Une nouvelle pratique commerciale consiste à payer un blogueur pour parler d'un produit, c'est-à-dire écrire du contenu "sponsorisé". Entre les pros et les antis, la bataille fait rage actuellement sur le web. Et vous, plutôt pour ou contre ?

Le blog, ce moyen d'expression original et spontané, souvent dépoussiérant et rafraîchissant, attire de plus en plus de marques. On voit ainsi fleurir d'intéressants projets de blogs d'entreprises dont nous avons parlé ailleurs sur ce blog mais également les billets sponsorisés.

Qu'est-ce qu'un billet sponsorisé ?
Moyennant finance, un blogueur s'engage à parler d'un produit sur son blog en employant éventuellement certains mots clés pour positionner bien comme il faut la marque sur les moteurs de recherche. Plus le blog est connu, apprécié, visité, plus la marque peut tirer de bénéfices, autant en terme d'image auprès des lecteurs que de visibilité sur les moteurs. Pierre Vincent Trouillet, l'auteur du blog Buena Onda, détaille cette nouvelle manne financière pour les blogueurs dans son article Google Adsense contre les articles sponsorisés (comprendre : Google Adsense "versus" les articles sponsorisés.)

Voici quelques exemples du genre :
> Grand jeu de Noël : je me plains pas, je constate pour Cdiscount par Vanessa
> Un nouveau site de Cashback, d'Olivier Levy sur le blog E-commerce


Pour ou contre les billets sponsorisés ?
Sur Internet, la bataille fait rage entre les pros de cette pratique et les farouches opposants. Signalée par Anne Lataillade, auteur de l'excellent blog culinaire Papilles & pupilles, l'intéressante réaction de l'auteur du blog Ecommerce Olivier Levy Ceci n'est pas un billet sponsorisé. Ce dernier répond aux critiques reçues concernant le manque d'éthique des billets sponsorisés en expliquant qu'il a besoin d'argent et qu'il signale toujours les articles sponsorisés.

Jean-Marc Hardy de son côté, s'est également fendu d'un billet sur son blog 60questions.net Ces blogueurs qu'on achète... maladroitement après avoir été contacté par une marque, pour exprimer son refus de telle pratique : "traduction : je recherche des blogueurs qualifiés mais qui sont prêts à se faire lobotomiser en échange de cacahouètes... Et bien non, Madame, moi, je ne mange pas de ce pain-là." Voir également la réaction de Fran6art Pour ou contre les articles sponsorisés ?

En ce qui me concerne, je ne vois pas de réelle différence entre les publi-reportages ou communiqués vus dans la presse magazine papier et les billets sponsorisés des blogs. Par contre, il s'avère en effet indispensable de signaler un tel message par un "Article sponsorisé" dans le titre, ou même une mise en forme différente (couleur de fond autre par exemple). Car sinon, comment les lecteurs pourraient-ils faire la différence entre un véritable post exprimant une opinion sincère et un contenu acheté ?

Ceci dit, ce genre de pratique risque à la longue de nuire à l'image du blog en affaiblissant son capital confiance. Je crois que ce qui plaît aujourd'hui dans la vague blog, c'est cette liberté d'expression, ce ton piquant et irrévérencieux qui manque ailleurs. Grâce à la technologie des outils de publication personnels, les blogueurs s'autopublient, n'appartiennent à personne et peuvent sans entrave critiquer tout et n'importe quoi.

Cette liberté d'expression est géniale mais fragile. Il est important de publier "sponsorisé" à bon escient, sans quoi les blogueurs risquent de perdre leur aura.

Lire aussi les interviews du blogueur Eric Dupin, Presse-citron
"De juillet à décembre 2005 l'audience du blog est passée de 100 à 1000 visiteurs"
"Il m'arrive d'optimiser pour Google mais souvent, j'écris des titres à la con



21 novembre 2008

Optimiser son contenu web : les conseils de Google

Voici les principales recommandations de Google concernant le contenu éditorial, extraites d'un article signalé par Olivier Andrieu sur Abondance.

Offrez du contenu et des services de qualité :

"Créez un contenu intéressant et utile va très certainement aider votre site plus que tous les autres facteurs évoqués ici. Les utilisateurs reconnaissent le bon contenu lorsqu'ils le voient et vont très certainement renvoyer d'autres utilisateurs vers celui-ci. Cela pourra se faire via les blogs, les média sociaux, les emails, les forums ou d'autres moyens. Le buzz viral et le bouche-à-oreille contribuent à bâtir votre réputation grâce à Google et aux utilisateurs et cela va rarement sans un contenu de qualité." (Désolée pour la traduction imparfaite - traduction complète du Starter Guide Google SEO par Ramenos)

Voici les bonnes pratiques conseillées par Google en ce qui concerne le contenu visible :

> Ecrivez du texte facile à lire, avec des mots clairs et simples

> Restez organisé autour d'un thème - une idée par phrase, un thème par paragraphe. Evitez les blocs de textes hyper longs et indigestes

> Utilisez des mots pertinents et parlez le langage de vos utilisateurs.
Google propose 2 outils très utiles pour cela : Keyword Tool et Top search queries (permet aux webmasters de connaître les requêtes sur lesquelles leur site apparaît le plus souvent et celles qui conduisent le plus souvent à leur site.)

> Créez du contenu novateur et original

> Offrez des services uniques et novateurs : pensez à créer un nouveau service utile qu'aucun autre site offre. Vous pouvez également poster un travail de recherche inédit ou une nouvelle exclusive.

> Créez votre contenu en priorité pour vos utilisateurs et pas pour les moteurs de recherche.

> Soignez les intitulés de vos liens, descriptifs, concis

Bref, rien que nous ne savions déjà mais savoir ne veut pas forcément dire faire :-) Je me demande si je ne vais pas lancer une série de posts pratiques sur tous ces points...

Spéciale dédicace aux étudiants du Master LCE de l'Université de Franche Comté à Montbéliard : pour des explications claires sur le fonctionnement des moteurs de recherche, téléchargez le manuel de Google "Optimisez vos contenus", cf page 3. Assez technique, ce petit livret donne malgré tout quelques conseils utiles sur le contenu éditorial en pages 11 et 12.

Lire aussi
L'interview d'Olivier Andrieu sur PLUME Interactive
 

19 novembre 2008

Fin d'un wording bizarre

Un message pour vous signaler que depuis le dernier post "Analytics d'un wording bizarre", la semaine dernière, Google Analytics a changé le wording du bouton d'accès aux rapports d'audience sur sa page d'accueil française :

Nouvelle_page_Google_A
Prise d'écran le 19 novembre 2008

17 novembre 2008

Vendre en ligne : 5 conseils rédaction e-commerce

Sur un site d’e-commerce, les mots remplacent les têtes de gondole, la musique, le sourire du vendeur et les cabines d’essayage. Dans le monde virtuel, l’acheteur dépend entièrement des images et des textes pour se faire une idée d’un produit. Comment écrire pour bien vendre sur Internet ?

1- Se mettre à la place du client
La première qualité du rédacteur web e-commerce est d’anticiper les attentes de ses clients. Imaginez que vous recevez une personne chez vous et que vous souhaitez la mettre à l’aise : qu’est-ce qu’elle aime ? Qu’est-ce qui est important pour elle ? De quelles informations va t-elle avoir besoin ?

> Si c’est une maman qui vient acheter un jouet, elle voudra connaître la tranche d’âge, mais aussi les normes de sécurité.
> S’il s’agit d’une personne qui vient acheter un manteau, elle se renseignera sur la nature du textile, la longueur de la coupe.
> S’il s’agit d’un homme qui vient pour un téléviseur, il voudra savoir quelles sont les dimensions, la durée de la garantie.

Le mieux est de parler avec les vendeurs de magasin (si l’entreprise existe ailleurs que sur le web). En général, ils connaissent bien les attentes de leurs clients.

2- Bien connaître son produit
Les acheteurs n’ont pas besoin de lire toutes les caractéristiques d’un produit, seulement celles qui sont différenciantes et déterminantes pour l’acte d’achat. La deuxième grande qualité du rédacteur e-commerce est de bien connaître son produit afin d'être capable de sélectionner les informations les plus importantes.

> Passez du temps à comprendre le catalogue et/ou demandez la collaboration d’un commercial spécialisé sur le domaine en question.
> Limitez-vous à un certain nombre de critères fondamentaux
> N‘hésitez pas à faire des liens avec des libellés clairs pour renvoyer l’internaute vers un argumentaire plus détaillé.

3- Ne montrez que les mots qui servent
Les gens n’ont pas le temps de lire les mots superflus. L’idée est de ne présenter que les informations utiles aux clients.
> Supprimez les mots bateaux, les articles quand c’est possible, les superlatifs. Chaque terme compte. La fiche produit doit contenir l’essentiel de ce qui intéresse le client.
> Faites un résumé des qualités d’un produit.
> Relisez en supprimant 30% du texte. De cette manière, vous ne garderez que la substantifique valeur de l’information.
> Faites des listes à puces, plus lisibles que les énumérations

Les textes complémentaires, également efficaces en référencement naturel, peuvent être proposés sur la même page avec une ancre : Toutes les caractéristiques de "nom du produit". De cette manière, l'utilisateur n'est pas submergé par l'information. Mais le texte complet de présentation du produit utile au référencement naturel, lui, se trouve bel et bien sur la page.
 

4- Utiliser un vocabulaire simple et factuel
Pas de blabla. L’internaute ne comprend pas le jargon et se méfie du langage marketing sur les sites web. Il cherche des informations claires, factuelles, précises, simplement formulées.

> Supprimez tous les sigles, les mots compliqués ou trop techniques, sauf lorsqu’ils sont admis et compris par tous.
> Une fois que l’acheteur est entré dans la démarche d’acheter un produit, n’essayez pas de vendre la sauce avec un discours type : « Découvrez le meilleur de l’expérience Home cinéma avec ces enceintes fantastiques ! » Ce qu’il cherche sur le site e-commerce, c’est une information concrète et précise qui va lui permettre de déterminer si ce produit répond ou non à ses besoins. C’est ce qu’il faut lui donner.

5- Intégrer les mots-clés pour le référencement dans les zones chaudes
L’internaute doit trouver le produit facilement sur Internet. Il faut donc rajouter les mots clés importants dans le texte visible de la fiche produit.

> S’il s’agit d’un manteau en alpaga, précisez ce terme plusieurs fois dans le descriptif.
> Placez les mots-clés dans le titre h1 et au début de votre texte.
> Mettez en exergue les mots-clés à l’aide des liens hypertextes.

Enfin n’oubliez jamais que les mots conduisent la vente sur un site e-commerce et ne perdez pas de vue l’objectif : mettre l'internaute dans les conditions optimales d'achat.

Lire aussi :
8 conseils rédaction pour le référencement
A quoi sert l'ergonomie éditoriale ?

13 novembre 2008

Analytics d'un wording bizarre

Un wording mal traduit gêne l'internaute dans sa navigation et peut même dégrader l'image du site Internet dans le pays visé. Pourtant, on retrouve des traductions approximatives même sur des sites référents comme celui de Google analytics/FR.

Au commencement fut la page originale Google analytics en anglais :

Page_originale_Google_analytics
Prise d'écran le 4 novembre 2008

Le wording du bouton bleu "Access analytics" est parfaitement clair : il conduit l'internaute à consulter ses rapports d'audience de Google analytics.

Google Analytics propose une traduction française de cette page sur sa page d'accueil FR :

Page_fran_aise_Google_analytics
Prise d'écran le 4 novembre 2008

Comme on peut le voir, "Analyse des accès" en français ne signifie plus grand chose. Les utilisateurs français sont donc condamnés, soit à tourner en rond ou à cliquer sur "Inscrivez-vous dès maintenant" (même s'ils sont déjà inscrits) pour finalement accéder à leur rapport analytics, soit à consulter la version originale (c'est ce que j'ai fini par faire).

Ce cas est loin d'être isolé. Gerry McGovern parlait récemment des dommages causés par les mauvaises traductions dans un billet intitulé "Is web content localization a race to the bottom ?" Les sites sont mal traduits car les entreprises n'y consacrent souvent qu'un budget minimum. Ce phénomène révèle le faible crédit accordé aux mots sur le web, et plus spécifiquement au wording (intitulés des rubriques, interface écrite) et le travail qu'il reste à faire.

NOTE : depuis ce post, Google analytics a changé le wording du bouton d'accès aux rapports d'audience sur sa page d'accueil française. On peut lire désormais "Accéder à Analytics", plus clair :-)

Lire aussi
Vendez l'information
Les titres qui font cliquer

Pour une bonne traductrice freelance : www.angelitos.fr 

10 novembre 2008

Eric Dupin : « Il m’arrive d’optimiser pour Google mais souvent, j’écris des titres à la con ! »

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Certains blogs ne décollent pas tandis que d'autres atteignent rapidement des sommets d'audience comme Presse-citron avec 10 000  visiteurs chaque jour.
Comment expliquer cette différence, y a t-il une technique d'écriture spécifique pour réussir son blog ? Eric Dupin nous donne ses recettes.


As-tu une recette, des techniques d’écriture particulières pour réussir un blog ?

Selon moi les principaux facteurs clefs de succès pour un blog sont les suivants : 
1. La technique rédactionnelle : savoir organiser ses idées, son texte, bien hiérarchiser.
2. Le contenu lui-même : qu’est-ce qu’on a à dire, est-ce que c’est pertinent ?
3. Un style d’écriture reconnaissable : ce détail qui fait que l’on achète les livres d’un auteur en particulier.
4. La rédaction d’articles et de titres optimisés pour les moteurs de recherche.

Est-ce que j’utilise moi-même ces techniques sur Presse-citron ? 
Les techniques de rédaction : oui.
Ecrire pour les moteurs de recherche : de temps en temps.

Est-ce que tu prends en compte le référencement pour écrire tes titres par exemple ?
Il m’arrive d’optimiser pour Google. Je reviens sur mon article, je mets le mot le plus important en premier dans le titre. Je mets les mots en caractère gras, je remplace les énumérations linéaires par des listes à puces. Récemment, j’ai écrit un billet sur Laure Manaudou pour étudier cette technique justement. J’ai répété 10 fois « Laure Manaudou » dans le billet. Le lendemain, l’article sortait premier sur Google. Ce jour-là, j’ai reçu 25000 visiteurs uniques, le double de ce que je fais d’habitude. Aucun intérêt car ces visiteurs ne restent pas et le taux de rebond est important, mais cela prouve qu'il est assez facile de faire du trafic sur un blog bien référencé quand on traite "certains sujets".

Mais souvent j’écris des titres à la con ! Cela fait partie du ton du blog et je n’ai pas l’intention de les changer. Par exemple, il y a des téléphones qui ont été qualifiés d’iphone killers. J’ai écrit un article là-dessus. Ca aurait pu s’appeler « 12 iphones killers, le choix des armes» avec les noms des téléphones. Mais à la place, j’ai écrit « Une belle brochette de tueurs (mais ils ne visent pas très bien) ». Le titre n'est pas explicite et pas du tout optimisé pour Google :-)

Ce n’est pas toujours évident de comprendre pourquoi un titre a du succès, ou pourquoi un lien amène du trafic. J’ai parlé de ce phénomène dans un billet qui s’appelle « La valeur relative d’un lien ». Certaines phrases comme « si vous voulez tout savoir sur le dernier sex toys ne cliquez surtout pas là » ont un effet magique.

Selon toi, un auteur de blog doit-il faire attention à la longueur de ces posts ?
La longueur ne m’a jamais dérangé sur les blogs, au contraire. En général, on apprécie la personne qui écrit, on a confiance en elle. En ce qui me concerne, plus il y de la matière, plus je suis content. Je me garde un billet comme je me garderais un bon gâteau au chocolat.

Mais parfois, il y a juste 3 lignes à lire et c’est comme une fulgurance. Par exemple sur la crise financière, il y a eu des millions et des millions de pages écrites et pourtant, Patrice Cassard a parfaitement résumé le sujet en 3 lignes : « Faites moi penser à acheter des graines pour le potager, un générateur d' électricité solaire, des armes à feu, quelques poules et une citerne pour l'eau. »

Quel type de contenu plaît le plus aux lecteurs de Presse-Citron ?
Dès que l’on parle de sujets plus personnels, cela a du succès. C’est le cas par exemple, lorsque j’écris des billets sur la musique en ajoutant une touche plus personnelle, comme un post sur la disparition des disquaires.

Tout ce qui tourne autour des blogs marche très bien également. Les lecteurs sont intéressés par ce genre d’information.

Chaque fois que j’ai fait un billet sur le sujet de la photographie, j’ai toujours obtenu beaucoup de conseils, de commentaires. Il y a une communauté très vivante et très sympa autour de la photo, un potentiel de discussion autour de ce sujet énorme sur Internet.

Comment gères-tu les commentaires sur ton blog ?

Je consulte mes mails régulièrement, au bureau ou sur mon smartphone quand je suis à l'extérieur. Je réponds aux commentaires quand je suis interpellé. Je suis moins pro-actif qu’avant, car j’ai parfois plusieurs dizaines de commentaires par articles et je ne peux pas répondre à tout.

Je supprime très rarement les commentaires mais quand cela arrive, je le fais sans état d’âme. Par exemple, quand  cela vire à l’insulte ou aux attaques personnelles (sur moi ou d'autres personnes), je n’hésite pas à prévenir puis bannir définitivement s’il le faut.

Qu’est-ce qui fait le style d’écriture Presse-citron ?
La spécificité du blogueur, c’est qu’il parle à la première personne. Il dispose d’une liberté de ton et d’écriture bien plus grande que le journaliste. Je ne me suis jamais privé de faire des billets qui n’avaient rien à voir avec le style habituel des posts de Presse-citron. On ne sait jamais à quoi s’attendre. C’est le « tempo » d’un blog.

Un peu comme un feuilleton sans fin, un organisme vivant avec des ruptures de tons, chaque article apporte sa pierre à l’édifice. Il m’arrive souvent de faire trois billets sur un sujet sérieux et le quatrième, plus court est une bêtise, complètement décalée par rapport au reste. Je crois que ces billets inattendus apportent un élément de surprise important et qu’ils ont beaucoup participé à l’attachement que les gens peuvent avoir pour Presse-citron.

Merci d'avoir répondu à ces questions !

Lire aussi

Eric Dupin : « De juillet à décembre 2005, l’audience du blog est passée de 100 à 1000 visiteurs ! »

L'interview d'Eve Demange, PLUME Interactive, sur Presse-citron



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06 novembre 2008

Blog, webzine consumer : quels contenus pour les marques ?

Des marques comme Leroy Merlin ou Nature & Découvertes choisissent de prolonger leur discours client à travers différents contenus comme le mini reportage TV, les ateliers, sur Internet les "wezines consumer" ou encore les blogs. Quel contenu choisir, pour quelle efficacité ? Venez discuter sur PLUME Interactive :


"le webzine consumer (...) permet à la marque de prendre la parole dans un univers plus neutre et moins officiel. La marque peut ainsi fournir des informations de manière cachée, ou hors de son territoire. Si le site tend vraiment à apporter un plus à l'utilisateur, alors la marque en sort grandie. Son message passe sans choquer et généralement dans son secteur d'activité, tout le monde sait que c'est telle marque qui est derrière." >> - Posté par arnaud, 03 novembre 2008 à 09:45

"Pour moi il ne s'agit pas de produire du contenu de façon industrielle, mais de produire un contenu source d'interactions. Le prérequis est la parfaite adaptation aux attentes des utilisateurs / clients, mais aussi la capacité d'échanger avec la communauté générée, de la faire vivre, d'alimenter les discussions. Les internautes aiment le contenu, ça ne veut rien dire, n'est-ce-pas ? Ils apprécient les contenus, quels que soient leurs formats, qui offrent une valeur ajoutée en termes d'information et d'expérience. Comme dans une opération séduction suivie de la gestion d'une relation, le contenu fournit le sujet, la matière de l'échange." >> - Posté par Ange, 05 novembre 2008 à 12:27

"Un cas récent : création d'un blog d'entreprise sur la thématique "décoration ethnique". Principe du contrat : abonnement mensuel webmastering. Budget : Faible (no comment). Actions mises en place (...) Résultats au bout de 15 jours, sachant que nous avons passé peu de temps sur ce blog :
- 4 articles
- 9 backlinks dont un chez Blog Angels
- 300 visiteurs uniques
- 14 inscrits feedburner
- 6 commentaires positifs (un début)
- Des sujets de posts déjà prévus, à un rythme de 1 article / semaine
- Bas de première page sur Google sur la requête "décoration ethnique", premier sur "blog décoration ethnique">> - Posté par Ange, 05 novembre 2008 à 17:32

Et vous, quelle est votre expérience ?

Lire l'article d'origine : Elle te plaît ma stratégie de contenu ?

Posté par evedemange à 17:37 - Veille contenu éditorial - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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04 novembre 2008

Eric Dupin : « De juillet à décembre 2005, l’audience du blog est passée de 100 à 1000 visiteurs ! »

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Eric Dupin, le fameux auteur du blog Presse-citron consacré aux nouvelles technologies, nous raconte comment son site est devenu en quelques mois un incontournable de l'information made in web.

Eric, qu’est-ce qui t’a donné envie de créer le blog Presse-citron ?
A l‘époque, je concevais des sites Internet en freelance et je travaillais en réseau avec d’autres indépendants. Lorsque j’ai découvert le format du blog, j’ai tout de suite pensé que c’était génial : pouvoir publier librement sur son média personnel, cela m’allait comme un gant !

Quand j’ai créé Presse-citron, aucun blog n’était rentable. Je ne me suis pas dit : « Tiens, je vais faire de ce blog un média à part entière. » Je souhaitais avant tout partager mon expérience, ma passion du média web.

Raconte nous la succès story de Presse-citron.
La première version de Presse-citron est sortie début 2003. J’exprimais un point de vue sur le traitement de l’information dans les médias avec un propos axé sur la forme plutôt que sur l’information elle-même. Je postais 3 ou 4 billets par mois et n’y consacrais pas beaucoup de temps.

En 2005, je suis reparti de zéro. J’ai tout vidé, repris un template Dotclear basique et recréé Presse-citron en me focalisant cette fois sur les nouvelles technologies. A l’époque, il y avait des blogs sur la politique, la cuisine, les sujets persos mais rien sur ce thème. Je voulais faire une sorte d’équivalent du Journal du Net ou de SVM mais version blog, parler des tendances du web, des gadgets et des technologies mobiles avec un ton personnel, en tentant de vulgariser un peu.

La nouvelle version est sortie en juillet. De juillet à décembre 2005, l’audience du blog est passée de 100 visiteurs uniques par jour à presque 1000 ! Là j’ai commencé à vraiment me prendre au jeu. J’ai continué, fait des billets remarqués, une ou deux polémiques (bien malgré moi) : des éléments qui m’ont valu une grosse notoriété d’un coup.

Mon activité de blogueur a réellement démarré en janvier 2006 quand j’ai lancé Fuzz. Cela a beaucoup contribué à la visibilité de mes activités sur le web et donc de Presse-citron

Et ton audience aujourd’hui ?
Le blog reçoit environ 10 000 visiteurs uniques par jour avec des pointes à 15000 selon l'actualité

Comment expliques-tu ce succès ?
J’ai l’impression que le blog est arrivé à un moment où il n’y en avait pas tant que ça. C’est toujours plus facile de réussir lorsque l’on démarre dans les premiers. J’avais envie de transmettre ma passion pour les applications web, originales et bien ficelées avec une capacité d’étonnement toujours renouvelée devant un nouveau gadget.

Parmi la masse des blogs qui existaient, Presse-citron parlait d’un sujet pas très original mais d’une manière différente, avec un regard à la fois enthousiaste, un peu détaché, et surtout un "style" éditorial qu’on trouve peu dans le milieu high tech. La mayonnaise a pris et les gens sont revenus, toujours de plus en plus nombreux.

Est-ce que tu as bénéficié du linkbaiting (liens naturels pointant vers le contenu du site) ?
Tout de suite, je me suis revendiqué comme lyonnais. La blogosphère lyonnaise s’est accrochée et de nombreux auteurs qui faisaient un trafic supérieur au mien ont renvoyé des liens vers mon site.

J’ai également sympathisé rapidement avec deux-trois personnes qui avaient une notoriété supérieure à la mienne et avec qui le courant est bien passé comme par exemple des blogs ou webzines sur les technologies mobiles.

Je connaissais également Patrice Cassard. J’étais parmi les rares cités dans sa blog-roll, cela m’a pas mal aidé, surtout en terme de légitimité.

Et maintenant quels sont tes objectifs ?
En septembre, j’avais 12000, 13000, parfois 15000 visiteurs uniques par jour. En ce moment c’est plutôt 9000. J’ai atteint un seuil depuis 6 mois. J’ai l’impression d’être au maximum de ce que je peux faire sur cette thématique. Maintenant, la progression ne se fera plus de manière naturelle et organique mais par des échanges de liens avec des gros portails.

Et l’affaire Fuzz-Olivier Martinez qui a fait a une des médias traditionnels, quelle impact sur ton audience ?
J’ai publié deux billets à ce sujet : Votre blog est cité dans un grand média et alors ? et Précisions relatives à l'impact des médias sur un site web. Cela ne m’a rapporté aucun trafic. Je suis passé sur Canal +, LCI, toujours en une avec Fuzz. J’ai eu un pic de 30% pendant 3 ou 4 jours et puis c’est tout. Ce sont deux mondes à part.

Merci d'avoir répondu à ces questions !

Lire aussi

Le web c'est comme l'islande

03 novembre 2008

La loi de l'élastique

Toutes les équipes éditoriales web, et donc par extension tous les contenus web, sont soumis à une loi simplissime et pourtant implacable : la loi de l'élastique. Ou en d'autres termes : ne concevez pas un contenu éditorial web que vous ne serez pas en mesure de gérer.

Voici une règle très simple, que tous les enfants connaissent : vouloir attacher plusieurs objets avec un élastique trop petit, c'est courir le risque de tout faire craquer. C'est comme trop gonfler un ballon : il finit toujours par exploser avec grand PAF et il ne reste plus qu'une pauvre petite peau fripée.

Ma plus difficile expérience professionnelle a résulté d'une mauvaise évaluation des ressources humaines nécessaires pour maintenir le contenu éditorial d'un site web. J'étais jeune et sur motivée. Je ne savais pas encore que, comme un élastique, chaque être humain possède ses propres limites physiques et qu'il ne faut pas mettre en place une usine à gaz éditoriale lorsque l'on ne dispose que d'un effectif réduit.

Savoir bien dimensionner son projet par rapport à l'équipe disponible s'avère une qualité capitale dans la réussite d'un projet éditorial à long terme. Certes, prévoir un site trop petit, c'est courir le risque de perdre de l'argent avec une équipe sous occupée et de surcroît, démotivée. Mais ce qui arrive le plus souvent dans notre monde de surproductivité et de gestion du stress, c'est plutôt de prévoir trop grand.

Or, avoir la folie des grandeurs en ce qui concerne l'éditorial web peut s'avérer désastreux pour les affaires :

- une équipe débordée ne produit pas un contenu qualitatif. Elle court partout pour essayer d'animer des catégories trop nombreuses. Elle ne prend pas le temps de relire ni de vérifier l'information qu'elle publie.

Les personnes de l'équipe se sentent peu à peu découragées et dépassées par les évènements. Elles se démotivent, s'en vont ou craquent physiquement et partent en arrêt maladie. D'autres personnes viennent pour les remplacer et il faut les reformer à l'outil CMS, aux spécificités du site, etc. Personne ne se porte plus garant de la qualité du contenu éditorial sur le site.

- pendant que tout le monde gaspille son énergie, les internautes constatent que le contenu du site n'est pas qualitatif, ils ne trouvent pas ce qu'ils sont venus chercher ou alors une information mal présentée, très superficielle et finalement pas très utile. Ils préfèrent donc aller taper des mots-clés dans Google pour trouver une information plus intéressante. Ils ne reviennent plus sur le site web.

Un bon conseil : si vous avez une petite équipe, mieux vaut privilégier la qualité du contenu éditorial plutôt que la quantité sur un site Internet. Ce que les internautes viennent chercher sur votre site, c'est une information à forte valeur ajoutée, adaptée à leurs besoins, bien présentée et facile à comprendre. Laissez tomber la quantité. La toile regorge déjà de la quantité.

Et vous, avez-vous déjà connu ce genre d'expérience ?



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