Plume Interactive : écriture web et ergonomie éditoriale par Eve Demange

Ecriture web, ergonomie éditoriale, optimisation de contenu éditorial web, rédaction référencement, management de projet éditorial Internet

30 octobre 2008

Elle te plaît ma "stratégie de contenu" ?

Depuis quelques années, les entreprises comme Danone ou encore Leroy Merlin se lancent dans la "stratégie de contenu".

Ces marques accompagnent leurs clients avec du contenu éditorial à forte valeur ajoutée, se lancent dans la publication de magazine, ou sponsorisent des émissions de télévision comme la fameuse "Du côté de chez vous", ce spot sympa mais ultra rapide qui montre les maisons dingues de rêveurs farfelus.

"Miser sur les contenus nous a permis de passer du statut d’enseigne à celui de marque. Aujourd’hui, ces contenus nourrissent les valeurs que nous défendons auprès de nos clients " expliquait Marie-Reine Coudsi, Directrice éditoriale de Leroy Merlin, dans une interview accordée à Textuel-Lamine l'année dernière.

Côté web, les sites s'étoffent et deviennent de véritables magazines en ligne voire même communauté avec des forums très populaires comme celui de Francine pour la pâte à pain. Emmanuelle Brusacoram du blog webmarketing, notait récemment la transformation de sites comme celui de Kelkoo par exemple dans un excellent dossier consacré à L'écrit web.

Kelkoo avant :

kelkoo_avant

Kelkoo après :

kelkoo_apres

Sur Internet, cette nouvelle orientation répond à 2 logiques :
> fidéliser les clients avec des conseils à forte valeur ajoutée
> améliorer le positionnement du contenu de la marque dans les moteurs de recherche et contrer le contenu des blogs et des forums, parfois mieux positionnés que la marque elle-même, car plus riche et réactualisé plus souvent. Cela peut même donner de graves problèmes d'e-réputation comme celui rencontré par AGF.

Comme le constatait Emmanuelle récemment par email : " un contenu réactualisé permet d'être mieux référencé. Avec le Web 2.0 sont arrivés les blogs, wikis etc des genres éditoriaux qui devancent très souvent les marques dans les résultats de recherche sur des requêtes mots clé stratégiques (j'ai pas mal de clients qui rencontrent ce problème d'e-réputation)."

Hormis le fait que cette expression "faire de la stratégie de contenu" me choque, comme si "le contenu" était un concept en lui-même, une sorte de purée autocentrée qu'on presse en fonction des besoins, pfffiouuut un peu de contenu dans ton site web, pffffiouuuut un peu de contenu dans un magazine,... sans jamais parler de l'internaute (mais j'ai déjà parlé de cette impression ailleurs sur ce blog),   

la question que je me pose est la suivante :
1-Est-il rentable pour une marque de se lancer dans une stratégie de contenu sur Internet quand on voit les coûts de production d'un contenu éditorial de qualité ?
2-Les internautes vont-ils réellement sur les sites de Danone ou de Blédina pour trouver des infos crédibles sur la nutrition, ou plutôt sur un site officiel de référence ?

Oyé, oyé, marketeurs, référenceurs et concepteurs rédacteurs de tout poil, que pensez-vous de tout cela ?

29 octobre 2008

Jean-Marc Hardy : « L’éditorial a pris une place centrale dans le référencement »

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Le fameux auteur de redaction.be, évoque aujourd'hui le lancement de ce premier projet dédié à l'écrit web en 2001 et l'évolution du traitement du contenu éditorial Internet depuis ces temps reculés du WWW :-)

Quand as-tu lancé le site redaction.be ?

J’ai commencé à travailler avec le multimédia en 96. Je travaillais alors sur des projets de CDrom. En 1998, je suis entré dans une agence de communication et j’ai pris le train de l’Internet. En 2001, avec une grande motivation, j’ai développé un dossier complet sur l’écriture web pour structurer mes propres idées. Ce projet s’est fait sur demande de l’agence pour laquelle je travaillais et nous l’avons mis en ligne à l’adresse www.redaction.be

Le succès a été immédiat et m’a surpris moi-même. J’ai eu des réactions de partout, beaucoup venaient du Québec où ils étaient plus en avance que nous, en Europe. Le monde universitaire a référencé très vite le dossier. C’était très encourageant. Cette expérience a constitué un véritable tremplin pour lancer ma propre activité, à travers le site 60questions.net.

Comment as-tu vu évoluer le traitement de l’éditorial sur les sites depuis tes débuts ?

Dans la première phase d’évolution du média, les responsables et les concepteurs de sites Internet faisaient beaucoup plus attention aux aspects graphiques et techniques qu’à la qualité du contenu éditorial.

Aujourd’hui, nous avons dépassé ce stade. Les responsables de sites et les institutions ont conscience des services que l’on peut rendre grâce à un contenu éditorial de qualité.

L’éditorial a pris également une place centrale au niveau du référencement. Même les gens qui sont peu sensibles au contenu se sentent concernés par les questions de visibilité. J’observe une réelle prise de conscience des entreprises même si elle reste encore souvent trop théorique.

Lire aussi, extraits du même interview de Jean-Marc Hardy
« Les équipes restent encore mal outillées pour gérer leur contenu »
« Il faut amener la culture de la sélectivité éditoriale »
« La mesure du trafic n’est pas encore développée au niveau de l’éditorial »
« Derrière ergonomie éditoriale, il y a expérience utilisateur »

22 octobre 2008

Choucroute & technologie

L'importance de la subjectivité humaine dans le management du contenu éditorial web m'apparut clairement lors d'une expérience culinaire étonnante. 

Dans son dernier billet "Obsessed by technology", Gerry McGovern raconte ses frustrations depuis ses débuts en 1994 dans le secteur du management de contenu web. Il défendait alors la qualité du contenu éditorial et se heurtait sans cesse à une conception très technique du métier :

"Vous n'allez pas le croire, mais je pensais que le but du web content management était de manager le contenu web. Comme j'étais stupide ! On me fit comprendre durement qu'il fallait se réveiller. Le but du web content management n'était pas de manager le contenu web. Il s'agissait seulement de technologie, de technologie et encore de technologie. Le contenu web lui-même n'avait pas d'importance. Lire la suite du billet (en anglais)

Les technologies du web évoluent à une vitesse incroyable. Mais les mentalités humaines, elles, évoluent très lentement. La qualité éditoriale sur les sites Internet est toujours largement occultée et avec elle, l'importance de l'intelligence humaine dans le processus de management du contenu web. Or, à quoi sert la plus merveilleuse des technologies si elle n'est pas nourrie d'un contenu de grande qualité ?

Récemment, alors que je me trouvais dans la cuisine face à une montagne de choucroute crue achetée au marché sans savoir comment la préparer, je décidais d'aller faire un tour sur un de mes sites favoris : marmiton.com. J'eus le soulagement de constater encore une fois que leur outil fonctionne parfaitement : marmiton me proposait 68 recettes de choucroute.

Je choisis l'une d'entre elle, extrêment bien notée (là encore, parfait fonctionnement de la machine) et complétée par plusieurs messages de ce type "mes invités m'ont dit qu'ils n'avaient jamais mangé une aussi bonne choucroute ", "D'habitude, j'ai horreur de la choucroute mais là je n'en ai jamais mangé d'aussi bonne" etc.

Toute rassurée, j'imprimais la recette et mitonnais mon plat en confiance. Le soir, mon mari me dit : "où as-tu acheté cette choucroute ? C'est la meilleure que j'aie jamais mangée !" Hormis la fierté de répondre que j'avais cuisiné moi-même ce plat délicieux, une évidence me frappa : ce petit goût de cumin mélangé aux baies de genièvre était d'une subtilité extraordinaire tout à fait humaine ! Certes, la technologie avait très bien fonctionné, certes le système de notation avait permis de pousser en premier les recettes les mieux notées. Mais cette recette était l'oeuvre d'une intelligence totalement subjective et géniale.

La technologie doit nous aider à trier l'information pour ne garder que le meilleur. Mais ce qui fait la valeur d'une information, le coeur de l'offre d'un site web, c'est la qualité humaine de son contenu. Aucune  technologie ne pourra jamais remplacer cette indispensable intelligence. Il est temps que la qualité du contenu éditorial trouve la place qui est la sienne dans l'industrie de l'Internet en général et dans le management du contenu éditorial web en particulier.

> La recette de la fameuse choucroute

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Votre site web : juste des mots ?



20 octobre 2008

Olivier Andrieu : 80% du trafic moteurs vient de requêtes issues du contenu éditorial des pages

Aujourd'hui, Olivier Andrieu, auteur de la bible "Réussir son référencement web" nous parle de l'étroite relation entre optimisation du contenu éditorial et travail de référencement.

Selon votre livre, la qualité du contenu éditorial est essentielle dans la démarche d'amélioration du référencement, pourquoi ?

Lorsque l'on regarde le trafic moyen renvoyé par les moteurs de recherche sur un site web, on s'aperçoit qu'il obéit à une règle de "Longue Traîne", à savoir que 20% du trafic généré est représenté par peu de mots (parfois une dizaine seulement), qui concernent la marque et certains mots clés qui caractérisent l'activité, le métier. Mais 80% du trafic que renvoient les moteurs est caractérisé par des requêtes issues du contenu éditorial des pages, chaque requête ne générant que quelques visites mensuelles.

Pour être plus clair, je vais prendre un exemple : sur mon site (www.abondance.com), 20% du trafic "moteur" est généré par 10 requêtes ("abondance", "moteur de recherche", "référencement", "robots.txt", etc.) et 80% par près de 30 000 requêtes différentes, chacune générant entre 1 et 10 visites par mois. Avoir un contenu riche "nourrit" cette longue traîne et permet d'accroître ainsi son trafic...

Quels problèmes liés à la mauvaise qualité du contenu éditorial constatez-vous le plus souvent dans votre démarche SEO ?

L'absence de cette partie dite de "queue de longue traîne" et donc un trafic "moteur" uniquement représenté par les 20% de la marque et de quelques mots clés métiers (c'est d'ailleurs ainsi que l'on a fait du référencement pendant plusieurs années). C'est dommage car on passe à côté de l'essentiel... Notez bien que le fait d'avoir un bon contenu ne suffit pas. Il faut penser son site pour qu'il soit réactif aux critères de pertinence des moteurs de recherche afin de donner une bonne visibilité à ce contenu.

Pensez-vous que les clients sont prêts aujourd'hui à investir dans l'éditorial pour améliorer leur positionnement dans Google ?

C'est ce que je vois aujourd'hui, notamment auprès des sites qui ont une expérience dans le référencement. Ils s'aperçoivent vite que la qualité du contenu est essentielle aujourd'hui. Comme je le dis souvent, "Content is king, optimized content is emperor" :-)

Selon vous, un bon référenceur doit-il maîtriser également la partie éditoriale ?

Et un bon rédacteur doit-il maitriser le référencement ? Je pense que les deux visions sont justes et les deux métiers deviennent indissociables. Ensuite, il peut y avoir des spécificités dans un métier comme dans l'autre. Mais le rapprochement est inévitable aujourd'hui...

Dans l'idéal, comment voyez-vous la collaboration entre les métiers de la SEO et les départements éditoriaux des entreprises et/ou les métiers de l'éditorial ?

Le référencement et la visibilité sur les moteurs font en sorte que de nombreux départements sont touchés et concernés dans l'entreprise : Informatique, Internet, Communication, Marketing, Commercial, Editorial, etc. Ce sont les sites web qui auront le mieux intégré les arbitrages et les contraintes de chacun de ces départements, qui ont parfois des attentes différentes voire antagonistes, qui réussiront. Cela passe par une écoute, une compréhension de l'autre et de nécessaires et obligatoires concessions.

Merci d'avoir répondu à ces questions :-)

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8 conseils rédaction pour le référencement

17 octobre 2008

Le paradoxe Harry Potter

Derrière chaque scanneur fou se cache un dévoreur de texte web. Comment expliquer ce paradoxe ?

A la question "Les internautes sont-ils sensibles à un contenu éditorial de qualité ?", Jean-François Marti de l'agence d'ergonomie Nealite répondait récemment ceci :
"Sur Internet, les gens ne lisent pas, sauf pour l’actualité chaude. Ils vont chercher des articles. Ils scannent le contenu des sites. En général, ils lisent 5-6 lignes pas plus car l’écran fait mal aux yeux. (...) Du coup, si un contenu est mal rédigé ou mal mis en forme les internautes zappent très vite.>> "

Oui les internautes scannent le contenu des sites web à la recherche de l'info qui les intéresse. Mais comme le prouve l'étude Eyetracking the news, résumée sur ce blog, ils lisent en ligne en moyenne 77% du texte contre 62% dans les magazines et 57% dans les quotidiens en presse écrite.

Comment expliquer ce paradoxe ?

Le jour de la sortie du quatrième tome d'Harry Potter, je me trouvais dans une librairie. Je revois, sidérée, un petit garçon haut comme trois pommes tirer derrière lui un énorme pavé de 500 pages en criant tout excité "Ca y est, Maman ! Ca y est, je l'ai trouvé !" J'étais en train de me dire que celui-là devait avoir un intellect surdéveloppé, quand j'en vis passer un deuxième, puis un troisième, un quatrième. Et cela dura toute la journée.

Ce petit garçon ne voyait pas qu'il trainait un pavé derrière lui, il était heureux car il savait qu'il allait connaître enfin la suite des aventures de ses personnages préférés, Harry, Dumbledore, Hermione et Cie.

La manière dont les gens lisent sur Internet procède du même paradoxe: ils scannent partout à la recherche de l'information, cliquent sur le bouton "retour en arrière", s'irritent de patienter, sautent d'un titre à l'autre et pestent en attendant le téléchargement d'un pdf. Mais lorsqu'ils ont trouvé un article intéressant, et surtout l'information qu'ils recherchent, ils se transforment en lecteurs assidus, complètement absorbés, prêt à ingurgiter des masses de texte incroyables sur un écran pourtant peu fait pour la lecture. Jakob Nielsen a bien compris ce phénomène, lui qui propose uniquement du contenu à forte valeur ajoutée sur son site, sans aucun autre artifice, ni effort de design.

Conclusion : 1- Assurez-vous que le contenu proposé à vos internautes répond bien à leurs attentes.
2- N'ayez pas peur d'investir dans la qualité de votre contenu éditorial, car c'est cette même qualité qui vous assurera l'intérêt du lecteur et sa confiance à long terme. C'est toujours cette qualité qui augmentera le nombre de liens vers votre site, qui créera le bouche à oreille, qui améliorera l'indice de densité des mots clés et donc votre positionnement dans Google. C'est encore cette qualité qui crédibilisera votre démarche et vous assurera perennité, gloire et succès :-)

16 octobre 2008

Jean-Marc Hardy : « les équipes restent encore mal outillées pour gérer leur contenu »

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Jean-Marc Hardy, l’auteur du premier site francophone dédié à l’écrit web et du livre Réussir son site web en 60 fiches nous parle des outils de gestion du contenu éditorial, essentiels pour maintenir un contenu de qualité.


Comment bien gérer son contenu éditorial aujourd’hui ?

En pratique, les équipes restent souvent mal outillées pour gérer leur contenu. Les CMS (Content management system, outil de gestion de contenu) s’avèrent souvent de grosses usines à gaz par rapport aux besoins réels. Or ce n’est pas toujours indispensable. Les outils simples sont souvent largement performants. Mais les entreprises préfèrent employer les gros moyens pour se rassurer.

Quel outil de gestion de contenu choisir ?
Le marché des CMS évolue à une vitesse impressionnante. Quand on regarde l’historique de l’évolution du palmarès des CMS durant ces dernières années, on se rend compte qu’il n’y a pas de réelle stabilité. C’est un marché qui évolue sans cesse. L’essor des blogs par exemple, les premiers outils de gestion de contenu vraiment simples, a bousculé ce marché.

Lorsqu’un responsable de site choisit un CMS, il veut trouver une solution pérenne. Or l’année d’après, il existe déjà d’autres outils. On observe là une situation paradoxale. Heureusement, je vois enfin apparaître des outils simples et vraiment encourageants.

Justement, peux-tu nous donner le nom d’un CMS simple, pratique et efficace ?
JIMDO est un outil particulièrement génial et quasiment gratuit. Ce CMS ne convient pas pour une grosse entreprise mais pour des petits projets, comme le site d’un hôtel ou d’une association, il s’avère vraiment excellent.

Qu’est-ce qui est le plus compliqué dans la mise en place d’un outil de gestion de contenu ?
La dimension du workflow éditorial et l’aspect psychologique de la gestion du contenu. Souvent, il faut gérer la concurrence entre les départements Informatique, Communication et Marketing. Si les équipes collaborent cela peut donner un projet très puissant mais lorsqu’elles ne s’entendent pas, cette concurrence peut être un frein terrible à la réalisation des projets.

La direction générale joue un rôle fondamental dans l’organisation de la collaboration entre les différents départements. Or, souvent le top management a une connaissance limitée du média Internet car les directeurs confient tout à leur assistante. Internet progressera vraiment le jour où les gens qui vont accéder à des postes clés connaîtront ce média. De mon point de vue, il reste un réel effort pédagogique à fournir vis à vis des hauts responsables.

Ceci dit, plus une entreprise est précoce dans la mise en place de ces outils et plus cela lui donne de l’avance par rapport aux autres. Lorsque l’on regarde le palmarès mondial des meilleurs Intranet publié par Jakob Nielsen, on se rend compte que les plus performants sont ceux qui ont commencé le plus tôt.

Lire aussi

J-M Hardy :« Il faut amener la culture de la sélectivité éditoriale »
J-M Hardy :« La mesure du trafic n’est pas encore développée au niveau de l’éditorial »
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14 octobre 2008

L'étude Eyetrack07 : points clés

Sur Internet, les gens ne lisent pas comme sur le papier. Pour vous adapter aux habitudes de lecture online, je vous conseille les études Eyetrack et surtout Eyetrack07 qui compare lecture en ligne/papier. Le mieux c'est de l'acheter mais pour les plus pressés, voici un résumé de ce qu'il faut savoir.

L'étude EyeTrack III menée en 2003 avait révélé trois points importants:

- Contrairement à l'édition papier, les internautes entrent dans une page via le texte et non les photos.

- Les lecteurs en ligne sont impatients.

- Les lecteurs scannent le contenu mais deviennent particulièrement méthodiques et attentifs lorsqu'ils lisent un article qui les intéresse.

L'étude EyeTrack07, menée en 2007 avec 605 personnes sur les sites www.sptimes.com et www.startribune.com, nous apprend les éléments suivants :

- Les internautes scannent le texte à 53%

- Lorsqu'ils choisissent un article qui les intéresse, ces même personnes lisent en moyenne 77% du texte contre 62% dans les magazines et 57% dans les quotidiens en presse écrite. Plus l'article est court, plus le pourcentage reste élevé : 98% de l'article est lu en ligne pour une longueur de 3 à 10 cm. Cependant, même lorsque l'article est particulièrement long, 62% du texte en ligne est lu.   

- Le premier coup d'oeil des internautes sur une page web va :
    1- à la navigation > les barres de navigation, les listes d'articles et les teasings
    2- aux graphiques > la météo par exemple
    3- aux publicités
    4- aux titres
    5- aux photos

-   Le deuxième coup d'oeil des internautes sur la page web va :
    1- aux titres des articles
    2- aux publicités

- Sur la totalité des éléments vus en ligne durant l'étude, Eyetrack a comptabilisé le nombre d'arrêt sur les élements suivants :
    1- Blogs (4%)
    2- Galerie de photos (3%)
    3- Top des articles les plus envoyés (1%)
    4- Contenus audio (- de 1%)
    5- Sondages (- de 1%)
    6- Vidéos (- de 1%)

Comme vous pouvez le constater, les vidéos se classent à la fin. Ces résultats surprirent les conducteurs de l'étude. Ils demandèrent aux responsables de plusieurs sites online quelle était leur expérience à ce sujet. La plupart validèrent les résultats : la réponse des utilisateurs de sites d'informations à certains formats comme la vidéo est très décevante et ne justifie pas le temps et l'argent dépensés pour les produire. Ils conseillaient plutôt de recentrer le travail éditorial sur l'amélioration de l'intégration des éléments interactifs dans les articles. Est-ce dû au débit encore trop faible ? Au format intrusif dans la lecture ? Comment expliquer en comparaison le succès de sites comme YouTube ? A suivre.

- Les internautes se souvenaient plus précisément des informations présentées à l'aide de formats éditoriaux alternatifs comme les questions/réponses, les graphiques ou encore les cartes.

Les conducteurs de l'étude ont par ailleurs noté que les internautes avaient tendance à "se débrouiller" tout seul en ligne pour sélectionner leur information, tandis que les lecteurs des journaux suivaient volontiers la sélection éditoriale qui avait été faite pour eux.

Cette différence peut s'expliquer :
- soit par les habitudes de lecture en ligne
- soit par la pauvreté, voire souvent l'absence, de choix éditoriaux faits sur les pages d'accueil des sites web.

Si vous voulez en savoir plus, achetez l'étude Eyetracking the news passionnante, en anglais malheureusement.

Lire aussi : L'étude de Gerry McGovern sur les titres qui font cliquer

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08 octobre 2008

8 conseils rédaction pour le référencement

Pour ceux qui n'auraient pas eu le temps de lire la bible "Réussir son référencement web" par Olivier Andrieu, voici 8 conseils aux rédacteurs extraits de cet ouvrage. Vous pouvez également retrouver ce spécialiste du sujet sur le blog d'Abondance.

Avant tout, ma citation préférée : "C'est le contenu que vous allez proposer en ligne qui va faire toute la différence entre trafic efficace et trafic stérile. Faire entrer un prospect dans une boutique vide ne sert pas à grand chose."

Je dirais même plus, faire entrer le prospect dans une boutique pleine de boites rutilantes mais remplies de denrées fades ou périmées, c'est courir le risque de décevoir le client. C'est comme entasser des objets partout et laisser les internautes fouiller : ça marche chez tati mais pas sur le web !

Une fois que vous avez choisi vos mots-clés, seul ou avec l'aide d'un référenceur, voici comment travailler le "texte visible" :

1- Appliquez les règles de l'écriture scan, efficaces pour l'internaute comme pour les moteurs. Dans la page optimisée, le mot-clé doit être répété aux endroits stratégiques :
- dans le titre visible signalé en h1
- dans les liens
- dans les premiers mots du premier paragraphe
Les 30 à 50 premiers mots (2-3 premières phrases) sont primordiaux pour le référencement.   

2-L'idéal est de pouvoir intégrer également le féminin et le pluriel du mot-clé.

3- Les mots-clés seront plus efficaces s'ils sont mis en exergue :
- en gras
- avec un lien sur le mot clé important
- efficacité maximale : mettre le lien en gras

4- Soignez la rédaction de votre balise <title> (le titre qui s'affiche dans la barre en haut du navigateur). Cette balise joue un rôle majeur en référencement naturel. Elle doit contenir un maximum de mots-clés et résumer le contenu de la page. Visez 9 à 10 mots maximum. Rien n'empêche de faire plus court.

5- Proposez un thème unique par page (cela ne vaut pas que pour le référencement...)

6- Evitez les pages bilingues ou trilingues qui ne sont pas bien lues par les moteurs

7- Soignez le libellé de vos liens. Il doit être le plus pertinent possible par rapport au contenu vers lequel vous pointez. N'utilisez jamais cliquez ici ou lisez la suite, totalement stérile. Préférez du texte plutôt qu'une image pour mettre vos liens.

8- Visez toujours la qualité du contenu plutôt que la quantité. Plus vos articles seront intéressants et originaux, plus les gens pointeront naturellement vers votre site sans que vous ayez besoin de faire des partenariats ou des échanges de liens. Plus il y aura de liens (de qualité) qui pointeront vers votre site et mieux votre site sera classé dans Google. Si vous faites des échanges de liens, proposez des partenariats de contenu ayant une réelle valeur ajoutée pour vos lecteurs.

Quelques liens utiles :
Le site d'Olivier Andrieu, Abondance
Le blog de Sébastien Billard

07 octobre 2008

Jean-Marc Hardy : « La mesure du trafic n’est pas encore développée au niveau de l’éditorial »

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Suite de l'interview avec Jean-Marc Hardy, l’auteur de redaction.be, premier site francophone dédié à l’écrit web lancé en 2001 et du site pratique 60questions.net. Aujourd’hui, Jean-Marc aborde la question des outils de mesure de l’audience sur les sites Internet et du retour sur investissement concernant la qualité éditoriale du contenu.

Que penses-tu de la mesure de l’audience sur les sites Internet ?
C’est impressionnant le nombre d’entreprises qui n’ont pas de solutions de mesure efficaces. Très souvent, mes clients ont énormément de problèmes vis à vis des outils de mesure du trafic car ils manquent de fiabilité.

Par ailleurs, il s’avère difficile de mesurer le ROI (return on investment, retour sur investissement) au niveau du contenu éditorial. Sur un site de e-commerce, on peut surveiller le taux de conversion. Mais en ce qui concerne l’info pure, qu’est-ce que l’on mesure ? Le nombre de visites sur une page est-il un indicateur suffisamment pertinent ? Les statistiques de fréquentation sont plus délicates à interpréter. Amener beaucoup de trafic ne signifie pas forcément que l’expérience s’avère positive.
Un énorme pourcentage de visites sur un site peut venir de mots-clés qui ne sont pas toujours pertinents.

L’évolution du nombre d’inscrits à la newsletter peut présenter selon moi une base de mesure intéressante du succès d’un contenu.

Tes clients communiquent-ils facilement les chiffres de leur audience ?
Souvent, la personne qui nous appelle pour une mission éditoriale n’est pas celle qui accède aux informations concernant l’audience. La culture de mesure du trafic n’est pas encore développée au niveau de l’éditorial.

Il m’est arrivé de travailler par exemple à faire progresser le taux de conversion de deux ou trois pages en enfilade. Les modifications réalisées sur l’interface apportaient de réelles améliorations, faciles à mesurer. Je suis revenu vers le client pour obtenir des statistiques mais il ne m’a pas fourni de chiffres. J’ai du mal à obtenir ce genre de données.

A lire aussi
J-M Hardy: « Derrière ergonomie éditoriale, il y a expérience utilisateur »
J-M Hardy: « Il faut amener la culture de la sélectivité éditoriale » 

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02 octobre 2008

Le web, c'est comme l'Islande

Petit message du soir en réaction au billet écrit par Eric Dupin du blog Presse-citron "La fable du blogueur qui aurait mangé un journaliste" Le travail du blogueur qui délivre une information, rédige des articles, peut-il s'apparenter à celui d'un journaliste ? Vaste question, qui s'étend aux éditeurs et rédacteurs web en général.

Nous comparons Internet à ce que nous connaissons déjà. C'est comme si nous visitions l'Islande et que nous disions : "Oh, mais tu as vu, ça ressemble un peu à la Suisse sans sapin et sans neige avec du gravier noir partout" ou "Oh, mais on dirait l'île de Stromboli en plus grand et sans le volcan"... Est-ce qu'écrire un blog c'est faire du journalisme, est-ce que tenir un site d'information ou un magazine en ligne c'est être un rédacteur en chef ?

Le web, c'est comme l'Islande, il y a un peu de tout ce que nous connaissons mais en même temps ça ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. Une terre nouvelle où tout reste à explorer, tout reste à construire, où les standards et les métiers s'inventent tous les jours.

Je crois que les blogueurs ne sont pas des journalistes, ce sont des pionniers, des ré-inventeurs de l'information. Ils s'approprient les faits pour proposer leur propre regard sur un monde en perpétuelle évolution. Ils créent leur propre ligne éditoriale, dialoguent avec leurs lecteurs et s'appuient sur leur audience pour améliorer sans cesse la qualité de leur contenu. Ce n'est pas du journalisme, non, mais c'est parfois intelligent, piquant, intéressant, d'actualité, bref ça fait réfléchir et ça rafraichit (c'est bien ce que je disais, c'est comme l'Islande).

Blogueur c'est un métier qui n'existe pas ailleurs que sur le web, un dur métier car la sanction des lecteurs est immédiate, interactive, c'est un vrai métier du web, n'est-ce pas Eric ;-)




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